Avoir la vocation

« Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens ». Vous vous souvenez de ce proverbe ? Dans cette crise du coronavirus, il reprend de la vigueur. Son sens : Tous les métiers sont dignes d’être pratiqués. Seuls les gens qui refusent de pratiquer certains métiers sont blâmables. Voilà !

C’est mon préambule à l’histoire humaine qui suit, rapportée récemment dans l’hebdomadaire Le Reflet sur la Rive-Sud de Montréal, sous la plume de son chef de nouvelle Hélène Gingras. Elle souligne l’implication sans réserve d’un homme, imité par plusieurs, qui y met le meilleur de sa personne pour venir en aide à la clientèle vulnérable d’un CHSLD du coin.

JUSQU’OÙ VA VOTRE SENS DES RESPONSABILITÉS ?

Daniel s’est enrôlé volontairement. Il n’est pas question pour lui de quitter le navire. Autant mourir que d’abandonner son équipage. Il a trop le sens du devoir. Et du sacrifice. Des gènes de famille sans doute.

Que fait Daniel ? Il est chef de la maintenance dans un CHSLD de la Montérégie. Il enligne les quarts de travail de 12 heures depuis six semaines. Sept jours sur sept. Il n’a pris aucune journée de congé. Aucune.

« Je suis incapable de laisser mes filles », justifie-t-il à sa femme pour expliquer son acharnement.

« Dan, c’est un passionné. J’ai beaucoup de respect pour lui parce que ce n’est pas un milieu facile », répond-elle en retour.

Ses filles, ce sont ses employées. La poignée qui reste. Parce que plusieurs sont parties. De peur d’attraper la COVID-19. En manque de personnel, ils n’arrivent pas.

La vie de l’homme de 61 ans se résume à aller travailler, à manger et à dormir. C’est lui qui s’occupe de désinfecter la chambre d’une patiente positive en isolement depuis presque deux semaines. Personne dans son équipe n’a voulu y aller.

Deux fois par jour, il s’habille comme un astronaute avant d’entrer dans la pièce où elle se trouve. Il nettoie méticuleusement. Respecte les consignes sanitaires à la lettre.

Daniel n’est pas peureux. Même s’il sait qu’il court des risques. Pas question de les faire courir à ses proches. C’est sa décision. Il dort désormais dans la roulotte. Il y mange. Il s’y lave. Il y vit. Il s’est isolé de ses proches. De sa femme. Il prend malgré tout 1000 précautions.

« Ça faisait une semaine qu’il me préparait », confie cette dernière au Reflet.

Leur vie à deux se résume désormais à échanger une assiette pleine vidée de sa nourriture. À remplacer la poche de lavage sale par des vêtements propres. Ils ne s’approchent plus l’un de l’autre.

Chaque avant-midi, son épouse désinfecte les moindres recoins de la roulotte une fois Daniel parti. Elle ouvre les fenêtres. Change parfois ses draps. Afin d’offrir un peu de confort à son mari.

Des Daniel qui s’oublient pour les autres en ce moment, il s’en compte des centaines au Québec. Dans toutes les sphères d’activités des services essentiels. Heureusement. Et ils méritent toute notre admiration.

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