Acheter majoritairement local, une question de survie

Acheter de l’étranger doit devenir l’exception, si on veut prospérer et sauver notre économie nationale. Depuis trop longtemps, la mondialisation a changé le portrait et fait profiter les grandes puissances dont la Chine qui, après la seconde guerre mondiale, quémandait nos sous pour sauver les pauvres petits Chinois.

Il faut être de moins en moins dépendants de ces grandes puissances et faire en sorte de faire prospérer notre environnement immédiat, plus sensibilisé à nos besoins et nos valeurs.

Le prix ne doit plus être notre premier critère d’achat. Notre économie ne s’en relèvera que mieux après cette pandémie. La mondialisation, très peu pour moi !

Claude Villeneuve a écrit un article intéressant sur le sujet, dans l’édition du Journal de Montréal du 25 avril dernier. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui. Pensez-y, pour des lendemains profitables pour nous.

L’INTÉRÊT DE LA CHINE ET LE NÔTRE

Quiconque a des parents baby-boomers a déjà entendu la blague. « Quand on était jeunes à l’école, les sœurs nous faisaient acheter des p’tits Chinois. Astheure, c’est eux autres qui nous achètent ! »

L’image, pour caricaturale qu’elle soit, illustre néanmoins l’immense retournement de notre perception de la Chine au cours des 50 dernières années. Aux bandes dessinées nous présentant les Chinois comme des petits êtres courtois aux drôles de chapeaux a succédé l’image, plus réaliste, d’hommes en habit noir rusés qui se promènent avec des valises pleines d’argent.

SI GROS, SI LOIN

La géopolitique, la diplomatie et les relations internationales, ça peut paraître très abstrait et lointain pour les gens du commun que nous sommes. À l’ère Trump plus que jamais, on suit ça presque comme un téléroman. Quand Loïc Tassé nous parle dans notre section spéciale publiée aujourd’hui des nouvelles routes de la soie, de l’alliance circonstancielle de la Chine avec la Russie ou de ses rapports méfiants avec l’Europe, c’est passionnant, mais on se sent un peu comme une fourmi qui regarde des bulldozers se rentrer dedans. C’est si gros que ça a l’air loin.

Sauf qu’en temps de crise, quand on se fait raconter qu’on espère se faire livrer des masques N95 et qu’on a peur de mourir en détresse respiratoire parce qu’on manque de propofol pour faire des sédations, ça devient très concret, la domination économique de la Chine. On lui a sous-traité notre production manufacturière, elle produit 25 % de tous les biens de la planète, dont 40 % des médicaments, et on se surprend ensuite qu’elle soit devenue la première économie au monde et qu’elle émette autant de GES.

Le résultat, néanmoins, c’est que la Chine nous tient par là où c’est sensible. Alors qu’elle nous a contaminés par un virus qu’elle a par ailleurs tenté de nous cacher, elle se promène en sauveuse en distribuant du matériel médical en Italie et on doit la supplier pour qu’elle ne nous oublie pas.

Mais oui, la Chine, c’est gros, c’est loin, et entre la faiblesse de Justin et la folie de Trump, on se demande bien, comme citoyens, qui nous protégera et quelle sorte d’emprise on peut avoir sur tout ça.

LE VRAI COÛT

Pourtant, on en a une, une prise. Et c’en est une méchante grosse, à part de ça.

Ça se passe chaque fois qu’on va sur Wayfair s’acheter des gréements et des cossins, chaque fois qu’on magasine, que ce soit à l’épicerie ou en ligne ces temps-ci et qu’on cherche le meilleur prix.

On pense que notre intérêt, comme consommateur, c’est de trouver le produit dont le nombre précédant le signe de piastre est le plus petit. Moins on paye cher, plus on pense que c’est avantageux.

Pourtant, en 2020, le coût d’un produit, on ne devrait pas le mesurer seulement à son prix de vente. Dans le coût, il faudrait aussi évaluer ce que ça va générer comme pollution de le produire à l’étranger et de le transporter jusqu’ici. Il faudrait aussi tenir compte de ce que le voisin qui produit le même bien et qui vend plus cher ne viendra plus dépenser ensuite dans nos propres commerces. On devrait calculer ce que ça coûte de nous nuire à nous-mêmes.

L’argent qu’on dépense chez nous, il circule et il nous revient. L’argent qu’on dépense en Chine, il s’en va là-bas et ne revient jamais.

ACHETER CHEZ NOUS

Nous ne pourrons pas, humbles citoyens, influencer le volontarisme de la Chine à implanter ses nouvelles routes de la soie et les sautes d’humeur de Trump à son égard. On peut toutefois ne pas opter pour un téléphone cellulaire Huawei pour éviter d’être surveillé et préférer l’ail du Québec à celui de Chine, qui est moins cher, mais qui fait davantage roter, selon Fabien Cloutier.

À la fin, la Chine a ses intérêts. Qui n’en a pas ? Il faut juste prendre conscience que ce n’est pas le même que le nôtre, ni comme citoyen, ni comme consommateur, ni comme Québécois, ni comme Nord-Américain.

Notre intérêt, à nous, c’est d’acheter chez nous, comme nous le suggère l’initiative du Panier Bleu. De rebâtir nos chaînes d’approvisionnement autour de biens manufacturés localement. De recommencer à produire nous-mêmes notre matériel médical, nos médicaments et tout ce qui est nécessaire en contexte d’urgence.

De faire travailler notre monde. De contrôler nous-mêmes l’empreinte environnementale de notre industrie.

La Chine fera ce qu’elle veut, selon son intérêt. Nous, faisons ce que nous avons à faire, selon le nôtre.