Les réseaux sociaux; salutaires ou dévastateurs

Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont bouleversé notre quotidien. Les propos qui, jadis, étaient réservés, sont devenus accessibles à nos « amis », ceux et celles qui font partie de notre cercle. Si ça peut être intéressant et exaltant pour certains, il y a toujours un envers à une médaille. Les réseaux sociaux peuvent devenir nocifs suite à une chicane entre amis ou une rupture amoureuse. Dans ce dernier cas, une personne du couple souffre plus que l’autre.

C’est le sujet de cet article que je vous propose; l’effet néfaste ou bénéfique des réseaux sociaux peut être dévastateur ou salutaire. Voici donc l’histoire d’une rupture amoureuse et l’effet nuisible de s’autoflageller en surfant sur Facebook ou tout autre réseau du genre pour espérer s’en sortir.

MA PEINE D’AMOUR 2.0*

J’avais 19 ans quand j’ai rencontré Alex pour la première fois. Un vrai coup de foudre ! À l’époque, j’étais loin de me douter que notre relation allait me donner 17 années heureuses et trois beaux enfants… et que j’allais devoir vivre ma peine d’amour en regardant sa nouvelle relation éclore sur les réseaux sociaux.

C’est en 2017 qu’Alex m’a annoncé qu’il avait besoin « de vivre autre chose ». Je n’ai pas été particulièrement surprise, puisque ça faisait déjà un an que notre relation battait de l’aile. On a été si heureux ! Mais avoir des enfants a mis un stress sur notre couple. On ne se retrouvait plus. Et, un jour, il en a eu assez.

Après la douloureuse rupture, j’ai eu un choc quand j’ai vu les publications de mon ex sur Facebook. Sur sa vie sans moi : son anniversaire, son appartement, ses nouveaux amis… Ça me coupait le souffle chaque fois. C’est fou quand on pense que les réseaux sociaux n’existaient même pas au début de notre histoire, en 2000.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est devenu une sorte de perron d’église virtuel. Tout le monde peut tout voir, tout savoir en quelques clics. Selon Pierre E. Faubert, psychologue spécialisé en gestion de crises, « ces images de bonheur peuvent avoir un effet dévastateur. Pourtant, il faut garder en tête que cette joie est une représentation. C’est souvent une illusion. » Mais pour moi, la tristesse était bien réelle.

Un soir, j’ai remarqué qu’un resto que j’aime bien proposait à ses fans Facebook de mentionner la personne avec qui ils auraient envie de manger des huîtres en amoureux. Une fille a répondu avec le prénom de mon ex. C’est comme si j’avais reçu un coup de poignard.

Oui, Alex m’avait confié avoir quelqu’un dans sa vie depuis peu, une certaine Léa. Par contre, jamais je n’aurais cru que ça commençait à être sérieux ! Ma famille, nos amis et des connaissances qui ne savaient même pas encore pour la rupture m’ont tout de suite posé des questions. J’ai vite confronté Alex. Je ne voulais pas que les enfants apprennent sa nouvelle relation au détour d’une conversation.

J’étais loin d’être au bout de mes peines. Quelques semaines plus tard, j’étais au chalet pour mes premières vacances seule, avec mes enfants. Une notification Facebook m’a réveillée, m’invitant à devenir amis avec Léa, puisqu’on avait beaucoup d’amis en commun. J’ai trouvé ça tellement invasif ! Par la suite, j’ai souvent eu l’impression de ne pas pouvoir me protéger de leur amour naissant. J’ai vu des statuts, des commentaires et, le plus dur, des photos de mes enfants avec eux.

Je me suis sentie non seulement triste, mais rejetée aussi ! Ça m’obligeait à faire face à mon propre célibat…

J’aurais aimé bloquer Alex, mais je voulais voir ce que mes petits vivaient. « Il y a de meilleurs moyens de garder contact, indique Pierre E. Faubert. En regardant sur les réseaux sociaux ce que fait l’autre ou en ne prenant pas les dispositions pour ne pas être envahi d’informations, on peut se mettre en position d’invalidation et de dépréciation. Pourquoi remplir un vide avec ce qui fait mal ? »

Avec le temps, j’ai réalisé que zieuter la vie d’Alex sur Facebook ne faisait que me replonger dans ma peine. Je n’arrivais pas à guérir.

J’ai commencé à ne plus me connecter si je me sentais triste ou nostalgique. Quand je le faisais, c’est quand je me sentais prête à tout !

Pierre E. Faubert encourage cette attitude. « Si je suis allergique aux arachides, je ne vais pas en manger un bol plein. La meilleure solution, c’est de confier sa peine à un psychologue ou à une personne avisée qui a un regard profond et aimant. »

Un an et demi plus tard, je peux dire que je vais enfin mieux. Et je connais maintenant l’effet pernicieux des réseaux sociaux sur une peine d’amour ! Je dois bien sûr parler régulièrement à mon ancien amoureux pour les enfants. On essaie le plus possible d’avoir de la considération l’un pour l’autre, autant dans le réel que dans le virtuel. Je vois même une belle amitié se profiler. Je suis positive en pensant à l’avenir.

NOTE DE L’AUTEURE : Rosalie, 38 ans, a dû revoir sa relation aux réseaux sociaux pour mieux vivre sa peine d’amour dans la dernière année et demie.

* Source : Mélissa Pelletier, revue Coup de Pouce, octobre 2019

Mieux comprendre le suicide

Aujourd’hui, 10 septembre 2019, c’est La journée mondiale de la prévention du suicide. Et pour l’occasion, je vous propose le texte qui suit, signé par Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, afin de mieux comprendre le suicide.

Cet article était de l’édition du 3 février dernier du Journal de Montréal, dans sa section Psychologie.

MIEUX COMPRENDRE LE SUICIDE Dre Christine Grou

Chaque jour au Québec, trois personnes s’enlèvent la vie et huit sont hospitalisées pour avoir tenté de le faire. En cette 29e Semaine nationale de prévention du suicide, j’ai souhaité vous parler de cette réalité aux conséquences tragiques et que l’on vise autant que faire se peut à prévenir.

UNE ACTION, PLUSIEURS RAISONS POSSIBLES

Pour agir en amont et éviter le pire, il importe de comprendre ce qui peut pousser un individu à poser ce geste tragique, et ce, autant pour les proches que pour la personne concernée.

UN APPEL À L’AIDE

Les propos ou les gestes suicidaires ne doivent jamais être pris à la légère, qu’il s’agisse ou non d’une tentative échouée ou d’une récidive. Bien souvent, le geste suicidaire est l’expression d’une profonde détresse et d’un insupportable mal de vivre. Parfois aussi, ce geste traduit un besoin de ne plus souffrir seul ou en silence. Il s’agit alors d’un ultime appel à l’aide.

UN BESOIN DE RÉPIT

Dans certains cas, la personne suicidaire ne souhaite pas réellement mettre fin à ses jours, mais se sent incapable de continuer sa vie. Souffrante, désespérée et épuisée, elle ne voit plus d’autres solutions que de se donner la mort pour trouver enfin le repos.

LE DÉPART D’UN ÊTRE CHER

À la suite d’une rupture ou du décès d’un être aimé, une personne peut tomber dans un état de détresse si profond qu’elle va intenter à sa vie, se sentant incapable de vivre sans la présence de l’autre. C’est une façon, aux yeux de cette personne en détresse, d’aller rejoindre la personne qu’elle ne veut pas quitter.

UNE AGRESSIVITÉ ENVERS SOI-MÊME

Une personne convaincue d’être un fardeau pour ses proches peut éprouver un profond sentiment de culpabilité et croire que son entourage vivrait mieux sans elle. La croyance erronée qu’elle va ainsi « alléger » les autres de cette charge peut être à l’origine d’un geste suicidaire.

UN GESTE POSÉ ENVERS LES AUTRES

Une personne peut être convaincue que les autres sont à la source de sa douleur, et ce, même si cette perception n’est pas fondée. Elle peut en venir à vouloir punir son entourage en leur signifiant l’importance de sa souffrance.

Plusieurs facteurs de risque, lorsque conjugués à un contexte donné, peuvent augmenter les risques d’idées ou de gestes suicidaires :

– Troubles graves de santé mentale ou physique.

– Dépendances à l’alcool, aux drogues ou au jeu.

– Impulsivité et difficulté à gérer ses émotions.

– Grande culpabilité ou faible estime de soi.

– Importantes difficultés familiales ou financières.

– Difficultés importantes et à long terme sur le plan relationnel.

Certains signes et comportements précurseurs peuvent permettre de mieux reconnaître et prévenir un geste suicidaire :

– Phrases marquées de désespoir, de culpabilité.

– Messages d’adieu, directs ou indirects.

– Faire de l’ordre dans ses affaires personnelles sans raison apparente (ex. : assurances et testament).

– Intérêt soudain envers certains médicaments ou armes à feu.

– Isolement ou épuisement.

– Insomnie ou agitation.

– Négligence de l’apparence ou de l’hygiène.

– Difficultés relationnelles importantes sur une longue période de temps.

– Changement de l’humeur, des comportements et retrait des activités.

LE SUICIDE, UN GESTE BIEN SOUVENT IMPRÉVISIBLE

Malgré toute l’attention et l’affection qu’on peut porter à nos proches, il n’est malheureusement pas toujours possible d’empêcher ce geste qui ne montre pas toujours de signe précurseur. Je tiens donc à souligner également à quel point il est important de prendre soin de ceux qui ont perdu quelqu’un qui a mis fin à ses jours. Les familles endeuillées et les proches d’une personne qui s’est donné la mort vivent une souffrance que les mots ne peuvent décrire.

BESOIN D’AIDE ?

Si vous ou un de vos proches êtes en détresse, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) pour obtenir une aide immédiate partout au Québec, 24 heures par jour et 7 jours par semaine, ou rendez-vous à l’urgence.

Jalousie maladive

Amoureusement parlant, la jalousie se définie comme un sentiment douloureux que font naître les exigences d’un amour inquiet, le désir de possession exclusive de la personne aimée, la crainte de son infidélité. Voici une histoire vécue et racontée dans le numéro de mai dernier du magasine Coup de Pouce, sur le sujet. Malheureusement, toutes les histoires semblables ne se terminent pas comme celle-ci, mais dramatiquement.

C’est la lecture que je vous propose aujourd’hui.

JALOUSIE TOXIQUE

Je sortais d’une douloureuse peine d’amour lorsque j’ai rencontré Jacob. Au début, il était très attentionné, et j’ai rapidement emménagé chez lui. J’étais heureuse mais, très vite, les remarques ont commencé : « Tu ne peux pas porter ça pour sortir : tous les gars vont regarder ton décolleté ! », « Ta robe n’est pas trop moulante ? » ou « Tu devrais porter le chandail que je t’ai offert, il te va si bien ! »

Ces premières marques de jalousie ne m’affectaient pas outre mesure. Je défendais mon chum en affirmant que sa petite jalousie était cute. Mais, tranquillement, je me suis mise à me questionner. Étais-je aguicheuse ? François St Père, psychologue spécialisé dans la thérapie de couple, explique que le mécanisme de la jalousie est complexe. « La jalousie se définit comme une tentative subtile de contraindre la liberté de l’autre. C’est souvent insidieux. Au début d’une relation, on est emballé. La jalousie peut être même interprétée comme une forme d’amour. On se dit que l’autre doit vraiment nous aimer pour avoir si peur de nous perdre. Mais plus la relation avance, moins les tentatives sont subtiles et plus elles deviennent répétitives. »

Ensuite, il a commencé à bouder quand un homme m’adressait un sourire. J’avais droit à des : « Suis-le donc, un coup parti ! » ou « T’es pas gênée de faire ça devant moi ? » J’ai fini par arrêter d’aller faire l’épicerie, non pas parce qu’il m’en empêchait, mais parce que j’étais lasse de me justifier. Plus ça allait, plus je m’isolais à cause de ses comportements inadéquats. Et si nous sortions, je rasais les murs pour ne pas attirer l’attention. « La jalousie est un cercle vicieux, note François St Père, auteur de l’ouvrage Le burnout amoureux. Notre liberté est brimée, ce qui nous pousse à nous isoler. Et le fait qu’il n’y ait plus qu’une seule personne qui pose un regard sur nous affecte notre estime de soi. On devient même fortement convaincu qu’on ne mérite pas d’être aimé et qu’on n’a pas de valeur. »

Son emprise était telle que j’ai même abandonné mes études. Quand j’avais des travaux d’équipe, je devais prendre rendez-vous dans un lieu public pour que Jacob puisse m’espionner. Je n’en pouvais plus de ce regard au-dessus de mon épaule…

Comme je finissais tard à mon travail, il venait aussi m’y conduire et m’y chercher. Je trouvais ça gentil. Mais, petit à petit, il a commencé à arriver avant la fin de mon quart pour m’attendre dans les bureaux. Si je disparaissais de sa vue, j’avais droit à tout un interrogatoire, une fois dans la voiture. « Pourquoi es-tu allé là ? Pourquoi untel t’a suivi ? Pour te sauter, j’imagine ? » À la maison, il était évident qu’il espionnait mon ordinateur, car il me parlait de sujets dont j’avais discuté dans des messages privés. Une fois, pendant que nous faisions l’amour, il a même osé me demander si j’avais couché avec un homme qui m’avait fait une demande d’amitié sur les réseaux sociaux.

J’ai enduré cette vie pendant deux ans. « Parfois, on le sait avec notre tête que ça n’a pas de sens mais, émotionnellement, ce n’est pas aussi évident. On devient convaincu qu’on ne mérite pas mieux », indique François St Père.

Un jour, une amie que j’avais négligée depuis longtemps est venue me voir au travail. C’est elle qui m’a ouvert les yeux. Elle m’a brassée comme seule une amie peut le faire. J’ai pleuré, je l’ai détestée et je suis rentrée chez moi. J’ai ruminé ce qu’elle m’avait dit pendant quelques jours. Puis je me suis réveillée : « Elle a tellllllement raison » Un jour, mon chum étant au travail, j’ai appelé mon amie et lui ai dit que j’étais prête à partir. Elle est venue me chercher et je n’ai plus revu Jacob. Pendant des mois, il m’a écrit pour s’excuser et me dire qu’il ne comprenait pas. J’ai bloqué son numéro et l’ai menacé de porter plainte.

Même si cette histoire est derrière moi, elle a laissé des traces. Profondes. Dans mes relations amoureuses aussi bien qu’amicales. À la moindre remarque sur mon habillement ou mes agissements, je me braque. « C’est normal, explique l’expert. À la suite d’un traumatisme – dont celui que cause la jalousie –, notre cerveau emmagasine des informations. Ensuite, dès que survient un élément – remarque, geste, allusion – qui réactive notre mémoire émotionnelle, on réagit instinctivement. » Ça entraîne parfois des frictions avec mon conjoint actuel, car j’interprète mal ses paroles. Au compliment : « Wow ! Tu es sexy ! » moi, j’entends : « Tu es trop peu vêtue. » J’ai laissé, un jour, la jalousie s’infiltrer dans ma vie. Elle ne s’y aventurera plus jamais.

Source : Nadine Descheneaux, Coup de Pouce, mai 2019

Cancer d’un parent : l’annoncer aux enfants ?

Qu’il s’agisse du cancer ou d’une autre maladie grave, l’annoncer à ses proches est une véritable épreuve que certains ne parviennent pas à dépasser. Pourtant, oser dire, expliquer est souvent utile pour soi mais aussi pour ceux qui vous entourent.

À PEINE LE DIAGNOSTIC EST-IL POSÉ QU’IL FAUT DÉJÀ L’ANNONCER

Une fois refermée la porte de la consultation, à peine l’uppercut reçu en pleine face, ce mot « cancer » catapulté dans l’espace par la personne en blouse blanche, qu’il vous faut déjà tenter d’accuser le coup pour rentrer chez vous. Il y a ce mot qui fait peur, que chacun voudrait ne jamais avoir entendu, ce mot qui provoque une certaine sidération tellement il est chargé de sens : cancer, maladie grave potentiellement mortelle. Surgissent alors les images de ceux que vous connaissez et qui s’en sont sortis et ceux qui n’ont pas eu cette chance et, étrangement, c’est souvent le souvenir de leur absence qui ressurgit à ce moment-là.

Vous n’avez souvent que peu de temps entre la consultation d’annonce et le retour au domicile où votre famille vous attend ou attend votre appel. Il va falloir l’annoncer aux proches ce qui relève parfois d’un impossible à exprimer. Certains vont avoir besoin d’un temps pour eux afin de réaliser que le cauchemar est bien réel, d’autres vont avoir besoin d’en parler au plus vite à leur conjoint, un proche de la famille ou un(e) ami(e). Il n’y a pas de généralité, pas de bonne façon de réagir, chacun va faire ce qu’il peut face à cette annonce traumatique puisqu’elle vient bouleverser le quotidien, modifier les priorités, il y aura un avant et un après.

LE DIRE AUX ENFANTS OU PAS ?

Le mot « cancer » a tout juste été prononcé qu’il vous faut déjà assurer, et rassurer. Quoi qu’on en dise, chacun souhaite protéger ses proches des mauvaises nouvelles de la vie, et pour certains, protéger c’est ne rien dire, surtout aux enfants. Certains d’entre vous vont attendre pour en parler, d’autres préféreront y aller progressivement parfois sans prononcer le mot qui fait si peur, d’autres choisiront de le dire et enfin certains ne diront rien. Chacun a son idée sur le sujet mais quand on y est directement confronté, c’est une toute autre histoire, les « y’a qu’à – faut qu’on » laissent place au doute, au questionnement. Quand vos enfants se plantent devant vous, avec sur le visage une certaine inquiétude visible, c’est compliqué d’oser mettre des mots pour expliquer ce tsunami que vous traversez.

Ce que certains d’entre vous disent souvent c’est : « Devoir dire aux êtres que j’aime le plus au monde que j’ai une maladie grave, comme parole d’amour, y’a mieux non ? » ou bien « Je ne peux pas leur faire ça, ils sont si petits encore », « Je vais attendre de voir à quel point c’est grave », « Je ne vais rien dire, je ne veux pas qu’ils souffrent » etc… Si l’un de vos proches vous a accompagné(e) pendant l’annonce, vous allez pouvoir faire bloc. Pas si sûr parce que vous êtes tous les deux touchés, différemment, mais tous les deux. Si vous rentrez seul(e), l’annonce au conjoint est souvent la première étape. Elle devrait être la plus simple, elle ne l’est pas toujours. Il y a parfois dans l’ordre ou le désordre, l’annonce aux parents, aux frères et sœurs, à certains amis en repoussant l’annonce aux enfants parfois.

C’est tellement difficile d’expliquer déjà ce que l’on ne s’explique pas forcément à soi-même. Alors, parlez à qui vous semble capable de l’entendre parce qu’en mettant des mots sur cette annonce cela peut vous permettre de réaliser ce qui vous arrive, de sortir du brouillard dans lequel ce diagnostic vous a plongé(e). Et c’est étrange mais le plus souvent, vous sentez poindre un peu de culpabilité, comme si c’était de votre faute, comme si vous étiez coupable de faire souffrir vos proches avec cette annonce. S’il y a là un coupable c’est avant tout le cancer, c’est lui qui vient bouleverser tous les aspects de votre vie.

POURQUOI LE DIRE ?

Certains ne vont pas pouvoir, pas vouloir en parler à leurs enfants, c’est tout à fait respectable ou alors il faudra un peu de temps pour le faire. Si c’est trop difficile, il est aussi possible de leur parler en présence d’un proche afin de mettre des mots différents, de partager cette douloureuse annonce. Globalement, ce qui est sûr c’est qu’il vaut mieux expliquer aux enfants pourquoi brusquement à la maison rien n’est plus comme avant, les appels téléphoniques plus nombreux, les chuchotements chaque fois que des visiteurs arrivent, le stress, les habitudes même légèrement modifiées. Les enfants sont des éponges émotionnelles, à l’affut de tout, ils savent très bien ressentir quand une atmosphère est particulière, comprendre que vos yeux rouges ne sont pas dus à une allergie mais à votre tristesse etc…

Je prends souvent l’exemple du TGV qui tombe en panne en pleine campagne. C’est toujours plus angoissant quand aucune information n’est donnée. Les premières minutes, ça va, après on commence à s’inquiéter du retard puis on imagine toutes sortes de raisons de plus en plus stressantes. En revanche, si très vite, le contrôleur annonce que le train vient de croiser la route d’un chevreuil et que l’on vérifie que le nez du TGV est fonctionnel alors on se détend tout de suite, l’attente est plus facile. Dites-vous que pour les enfants c’est pareil. S’ils sentent que quelque chose de grave est arrivé et qu’on ne leur dit rien, ils s’imaginent le pire, comme nous. Alors, dans la mesure du possible, c’est mieux de leur parler. Et puis, c’est aussi une question de confiance. S’ils découvrent plus tard qu’on leur a menti, les enfants gardent en eux une méfiance par la suite, ne sachant jamais si on leur dit bien toute la vérité ou pas.

MAIS COMMENT LEUR DIRE ?

L’important est de choisir le moment, non pas le bon moment parce qu’il n’y en a pas pour annoncer sa maladie, mais le meilleur possible en évitant le soir juste avant leur coucher. Si vous avez plusieurs enfants, cela peut se faire ensemble ou si vous jugez que les âges ne permettent pas d’employer les mêmes mots pour tous, chacun à son tour. Parlez à vos enfants avec vos mots à vous, comme cela vous vient, faites-vous confiance, vous êtes leur parent donc vous les connaissez mieux que personne et puis votre amour vous guidera. Si vous avez un nourrisson, parlez-lui aussi pour qu’il ne soit pas mis à part de ce que vit toute la famille, qu’il soit avec vous. Ce qui semble important c’est de nommer la maladie pas forcément tout de suite le mot cancer, peut-être de parler de cellules anormales au niveau de tel organe, d’expliquer les bilans en cours, la façon dont vous allez être soigné(e).

Dans un deuxième temps, il sera possible de leur en dire plus s’ils le souhaitent, d’expliquer les effets secondaires possibles des traitements pour qu’ils ne confondent pas ces effets avec une aggravation de la maladie. Leur parler de la fatigue, du besoin de repos, de la disponibilité peut-être moins importante pour eux mais de cet amour inconditionnel qui ne change pas. Certains auront besoin de plus de détails, d’autres demanderont s’ils peuvent retourner jouer dans leur chambre, d’autres viendront se serrer contre vous.

QUELLES RÉACTIONS ATTENDRE ?

Selon le caractère de chacun, les réactions seront différentes, immédiates ou échelonnées dans le temps. Ce que l’on me dit souvent c’est qu’il est quasi impossible de leur parler sans être dans l’émotion et c’est normal. Il est logique d’être parfois un peu triste car c’est un moment difficile. Certains vont avoir du mal à parler, d’autres vont pleurer. Sans pour autant s’effondrer devant les enfants, le fait de vous voir dans l’émotion leur permet de s’autoriser à exprimer aussi leurs propres ressentis donc c’est important de s’autoriser à le faire sinon, ils feront comme vous, l’air de rien, ils dissimuleront ce que cette annonce leur fait vivre.

Ce dont vos enfants vont avoir besoin dorénavant, c’est de pouvoir vous poser ou poser à un membre de la famille désigné toutes les questions que la situation implique, au jour le jour, parfois en lien avec ce que vivent d’autres enfants ou ados de leur classe, de ce qu’ils ont pu entendre, de ce qu’ils imaginent. Vous pouvez aussi poser sur la table du salon un livre ou une BD destinée aux enfants ou adolescents, afin qu’ils puissent le ou la feuilleter s’ils en ressentent le besoin.

Si vous avez des enfants, adolescents qui posent beaucoup de questions, qui ont besoin de plus d’explications, vous pouvez aussi demander à l’oncologue s’il peut vous recevoir en famille, ou envisager de discuter en présence d’un(e) psychologue du service qui vous suit ou de toute autre personne dont la présence vous rassure aussi.

Quoi qu’il en soit, faites comme cela vous semble être le mieux, avec vos mots à vous, votre façon de faire mais parlez à vos enfants, ils en ont besoin, c’est ce qui les aidera le plus. Et avec la confiance et l’amour, vous parviendrez à affronter ensemble cette tempête.

Source : Psychologies.com

Je ne suis pas câlin

Vendredi dernier, 1er mars, je publiais un article sur les câlins. Alors, voici l’envers de la médaille… « Je ne suis pas câlin ».

Ils n’embrassent ni ne cajolent. Peu enclins à dévoiler leur amour au grand jour, ils sont sur la réserve. Presque sur la défensive… Pourquoi faire preuve de retenue ? Comment réduire la distance ? Voici un article d’Aurore Aimelet sur le sujet.

TÉMOIGNAGE

« J’adore mes enfants, affirme Sophie, 37 ans, photographe. Mais je ne sais pas les prendre dans mes bras, ou les cajoler gratuitement. Ces gestes ne sont pas naturels chez moi. Et je m’en veux d’être aussi froide. » A l’heure où l’on prône les vertus du « peau-à-peau », il n’est pas facile de porter fièrement sa pudeur. « Notre société valorise et encourage le contact, reconnaît Laurie Hawkes, psychologue et psychopraticienne.

Nous devons être tendres, chaleureux, décomplexés… L’introversion est vite jugée dysfonctionnelle. » Pour autant, les marques d’affection sont-elles nécessaires ? « L’échange est fondamental à notre équilibre, admet la psychanalyste Dominique Devedeux. Le toucher est structurant pour l’individu, qui y puise sa sécurité affective. Mais des résistances peuvent bloquer notre désir d’aller vers l’autre. »

POURQUOI ?

Je reproduis ce que je connais

Laurie Hawkes constate que, dans certaines familles, « l’émotion, l’affect, voire le corps, sont mis à distance. Ce qui est ressenti est gardé pour soi ». Or, nous avons tous tendance à marcher sur des sentiers battus. « Inconsciemment, il est bien plus sécurisant de reproduire ce que nous avons vu et expérimenté, enfant », poursuit Dominique Devedeux. Notre mère ne nous embrassait jamais ? Sa réserve ayant été érigée en norme, comment désormais couvrir l’autre de baisers ? Nos parents étaient distants ? Vingt ans plus tard, nous voilà emmurés dans ce même schéma conjugal. « L’inconscient est paresseux ! sourit la psychanalyste. Automatiquement, l’individu calque son comportement sur celui dont il sait comment il fonctionne. »

Je m’autocensure

Ce n’est pas le désir de rendre tangible l’amour qui fait défaut, « car nous avons tous en nous cet élan », précise Dominique Devedeux. Laurie Hawkes rappelle que « tout petit, l’enfant produit des gestes spontanés, selon Winnicott. Naturellement, il cherche le contact avec sa mère – ou toute autre figure maternante. Si ce besoin n’est pas accueilli et accepté, alors le geste est interrompu. Le bébé a honte d’avoir ressenti un tel désir, comme si celui-ci n’était pas bon ou digne, puis il « gèle » son corps ». Des expériences malheureuses et répétées inhibent notre spontanéité. Pour Dominique Devedeux, « nous nous défendons d’exprimer notre amour et justifions notre réserve par des « Je ne sais pas comment faire« , « Quand on n’a rien reçu, on n’a rien à donner« , ou encore « Ce n’est pas moi« . Ces croyances nous installent dans l’austérité ».

J’ai peur de l’autre

Mais derrière ces bons prétextes se cache la peur d’éprouver à nouveau de la honte. « Nous craignons et anticipons la réaction de l’autre, son rejet, sa moquerie, son embarras, explique la psychanalyste. L’autre, cet éternel inconnu, représente une menace. » Dont il faut rester à l’écart ! À moins de trouver un être inoffensif, innocent ? « Certains introvertis s’autorisent une proximité physique avec un nouveau-né ou même… un animal ! remarque Laurie Hawkes. Parce que celui-ci n’est pas un danger. » Mais dès lors que l’enfant grandit ou que c’est un adulte qu’il nous faudrait dorloter, le passé resurgit et tout notre corps, notre cœur, notre esprit, nous dit ! : « N’y va pas, souviens-toi, tu vas te brûler les doigts. »

QUE FAIRE ?

Prendre le risque de la rencontre

Dominique Devedeux, psychanalyste, suggère d’oser : « Puisque, naturellement, le désir d’aller vers l’autre demeure intact, peut-être pouvez-vous essayer d’aller au-delà de vos résistances et, au lieu d’étouffer la pulsion, vous autoriser à l’écouter ? Pourquoi ne pas tenter, de temps en temps, un geste ? » Choisissez quelqu’un de confiance, dont vous savez l’amour irréfutable. Et voyez ce qu’il arrive ! Cette expérimentation peut vous suffire à vous rassurer et apaiser vos anticipations du pire.

Danser !

« Il s’agit de réapprendre la proximité physique, analyse Laurie Hawkes, psychologue et psychopraticienne. Je propose souvent aux personnes très réservées de se mettre à la danse. C’est une activité qui suppose d’être en lien avec son partenaire, mais qui demeure cadrée. Les règles, les consignes sont sécurisantes. » À vous de trouver le rythme qui vous convient : salsa, tango, rock…

S’interroger en thérapie

Pour Laurie Hawkes, « si le blocage remonte à l’enfance, une thérapie peut aider la personne à explorer l’angoisse ». Ne vous tournez pas nécessairement vers une thérapie corporelle, qui pourrait vous faire peur et renforcer le symptôme. Vous pouvez aussi penser à libérer votre corps de sa tension interne en optant pour des séances de relaxation, de méditation, de yoga. « Il s’agit de se faire du bien, de se faire plaisir, conclut Dominique Devedeux. Rester en retrait, c’est se priver du sel de la vie. »

TÉMOIGNAGE

Emmanuelle, 41 ans, ophtalmologiste

« Mon homme, c’est le feu, et moi, la glace ! J’ai aussi beaucoup de mal à dire « Je t’aime ». Dans ma famille, on ne se dit rien, on ne se touche pas ; et si, par malheur, on se frôle, on s’excuse ! Ça fait rire Arnaud, qui prend un malin plaisir à embrasser tout le monde. À ses côtés, je m’ouvre un peu et parviens à exprimer davantage mes sentiments. Plutôt que de rester sur ma banquise, j’ai pris l’habitude de lui écrire, de lui dire aussi qu’il compte pour moi, ou qu’il est un homme formidable. Parce que tout le monde mérite de se sentir aimé. »

Source : Psychologies.com

Tout apprendre sur les câlins

Le câlin est le principal moyen qu’utilise un être humain lorsqu’il veut démontrer son affection. Prendre quelqu’un dans ses bras est un geste simple, mais bien moins anodin que l’on pourrait le penser. Alors, pourquoi les câlins sont-ils indispensables à notre équilibre. Céline Rivière, neuropsychologue, évoque ses nombreux bienfaits.

Pourquoi les câlins nous font du bien ?

Céline Rivière : La première raison, c’est qu’un câlin va libérer une hormone : l’ocytocine. On l’appelle hormone de l’attachement, ou hormone du bonheur. Cela se produit dès que l’on prend dans ses bras, ou que l’on est pris dans les bras de quelqu’un pendant au moins vingt secondes. Produite par le cerveau, elle a un effet d’apaisement et engendre une sensation de bien-être immédiat. Elle fonctionne lorsque l’on est en état de calme et de plénitude. C’est bien évidemment le cas lors d’un câlin, mais cela peut aussi se produire lorsque vous êtes allongé sur une plage au soleil ou quand vous méditez. C’est l’antagoniste de l’hormone du stress, la cortisone. Mais ce n’est pas seulement une question hormonale. Les câlins nous font du bien car ils nous renvoient au tout petit enfant que nous étions. Celui qui est câliné, pris dans les bras de quelqu’un, en sécurité. Et lorsqu’une personne nous adresse un geste assimilable à de la bienveillance et à de l’amour, on est envahi par un sentiment de bien-être.

Que disent les recherches en neuroscience ?

Céline Rivière : Elles éclairent le rôle des neurones miroir. Quand l’autre en face de nous réalise une action, cela éveille la même chose en nous au niveau de notre activité neuronale. Par exemple, si je vois quelqu’un se gratter ou bailler, je vais avoir envie de faire pareil. De la même manière, si je vois quelqu’un arriver vers moi pour me prendre dans ses bras, je vais ressentir quelque chose de l’ordre de la bienveillance, du positif. Je serai en confiance.

Au niveau de la peau, les corpuscules tactiles – des petits récepteurs – nous permettent d’envoyer un message au cœur pour lui indiquer le bien-être que l’on ressent lorsque l’on est touché. On se sent alors beaucoup plus apaisé.

Qu’est-ce que l’on entend exactement par câlin ?

Céline Rivière : Un câlin, c’est prendre complètement l’autre dans ses bras. Cela n’a absolument rien de sexuel. C’est se mettre contre l’autre, dans sa chaleur, contre son cœur.

Les câlins favorisent-ils les liens sociaux et sont-ils efficaces face au stress ?

Céline Rivière : Exactement. Lorsque l’ocytocine est activée, on va beaucoup plus vers l’autre, on a moins peur. On se sent moins seul aussi, être touché c’est ne pas être seul. C’est le cas avec les Free Hugs. Même si la durée du câlin ne dure qu’un court instant, pendant ce temps-là, on se sent reconnecté à quelqu’un. C’est ainsi un antidépresseur naturel.

Pourquoi est-ce si difficile, dans notre société, de prendre quelqu’un dans ses bras ?

Céline Rivière : Parce que l’on a peur de sa réaction. Ce n’est jamais facile d’aller vers l’autre, on a toujours l’impression qu’il peut nous rejeter. Or, être rejeté, c’est ce qu’il y a de pire. C’est pour cela qu’il est parfois plus facile de câliner un animal. On ne craint pas qu’il puisse le faire. Et si au bout d’un moment ils s’en vont, c’est notamment le cas avec les chats, nous ne pensons pas que c’est grave. Ce n’est pas parce qu’ils nous jugent, mais seulement parce qu’ils en ont reçus suffisamment.

Que l’on fasse ou que l’on reçoive un câlin : le fonctionnement est le même ?

Céline Rivière : Oui, parce que l’on est dans le partage, dans l’échange. Quand on donne un câlin, on reçoit de l’autre.

Est-il vrai que ce simple geste a un effet sur le système immunitaire ?

Céline Rivière : Oui, une étude a été menée par une équipe de chercheurs américains de l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh. Elle a révélé que l’on est moins enrhumé, moins touché par la grippe et tous ces petits virus qui s’attrapent en hiver, lorsque l’on est touché, câliné.

Et face à certains troubles, tels que l’autisme ?

Céline Rivière : Les autistes ont un problème avec le toucher et le regard. Pour rééduquer cela, on peut notamment passer par les animaux, car le contact est souvent beaucoup plus facile qu’avec les humains. Cet échange va produire l’ocytocine. On le fait beaucoup avec des chevaux ou des chats car ce sont des animaux qui ne cherchent pas le regard, contrairement à nous. Ils en savent beaucoup plus que nous sur la manière de se comporter avec les autistes. Chez eux, c’est instinctif.

Câliner un proche ou un inconnu procure-t-il les mêmes bienfaits ?

Céline Rivière : Pas les mêmes, mais dans tous les cas on en tire des bénéfices. Avec les Free Hugs, on partage l’idée selon laquelle on va être dans un état de bienveillance. C’est un câlin qui va englober l’autre. Mais on peut se sentir bien dans les bras de quelqu’un et pas dans ceux d’un autre. L’échange fonctionne au niveau des énergies de chacun. Quelque part, il y a un côté magique que l’on n’explique pas.

Les câlins sont-ils indispensables ?

Céline Rivière : Ils le sont dès les premières secondes de la vie. D’ailleurs, dans les unités de prématurés, on s’est rendu compte que les enfants prennent 50% de poids en plus lorsqu’ils sont touchés. C’est pour cela que maintenant, on va tout de suite mettre le bébé qui vient de naître en peau à peau avec sa maman. C’est ce qui permet d’établir le contact.

Pour obtenir des bénéfices réguliers, à quelle fréquence devrions-nous faire des câlins ?

Céline Rivière : Tous les jours. Pour un enfant, cela ne semble pas énorme, contrairement à l’adulte qui a grandi avec des peurs et qui craint d’être rejeté. Cela ne signifie pas pour autant que l’on n’a pas envie d’en donner et d’en recevoir, c’est juste que la plupart du temps on n’ose pas. Il nous faut briser ce tabou et ouvrir des barrières. Autre point, il faut savoir que le câlin doit durer au moins vingt secondes pour pouvoir libérer l’ocytocine. Et comme il dure en moyenne trois ou quatre secondes chez l’adulte, on va multiplier les câlins. Cinq par jour ce serait idéal.

Tout le monde n’aime pas forcément les câlins. Pour certaines personnes, ce geste n’est pas naturel, alors elles marquent de la distance. Vous êtes concerné ? Découvrez l’article qui en traite, demain sur ce blogue.

Quels conseils en tirer dans notre vie quotidienne, familiale, amoureuse ?

Céline Rivière : Au fond, plus on touche mieux on est. Il existe une corrélation entre le nombre de câlins que l’on donne et reçoit chaque jour, et la longévité des couples. Donc, si vous voulez avoir une relation qui dure et qui soit dans la sérénité, il faut se toucher. C’est la même chose avec les enfants : plus tôt on leur fait des câlins, plus ils se sentent en sécurité. En plus cela favorise leur apprentissage. Pour eux comme pour nous, plus on se sent en sécurité, plus on est disponible pour laisser notre intelligence s’exprimer, apprendre et comprendre.

Source : Psychologies.com

Propos recueillis par Charline Vergne.

Travail : 4 pistes pour réduire son stress

Selon une étude, 52% des salariés connaissent un niveau élevé d’anxiété, 29% présentent un niveau dépressif élevé et 24% sont en hyperstress, c’est-à-dire à un niveau de stress trop élevé. Si ces chiffres inquiètent, c’est que la conséquence d’un stress excessif est assez simple : le trop plein, l’absentéisme et, dans le pire des cas, le burn-out. Faut-il pour autant considérer que le stress fait partie désormais de notre vie professionnelle ?

Avec le numérique, qui ne laisse que peu de temps entre le moment où nous recevons une information et celui où nous allons la traiter, tout va plus vite. Selon une étude Stimulus, les deux sources principales de stress sont une grande quantité d’informations à traiter chaque jour (pour 72% des répondants) et le manque de temps (pour 62% d’entre eux). Sachant cela, il me semble fondamental de s’attaquer aux sources du problème, chacun(e) d’entre nous, individuellement. Comment ? Voici quelques pistes.

À DÉCOUVRIR

Un quart des salariés en hyperstress. C’est le résultat de l’étude Stimulus réalisée auprès de 32 137 salariés travaillant dans 39 entreprises de secteurs d’activité très variés. 52% des salariés connaissent un niveau élevé d’anxiété, 29% sont à un niveau dépressif élevé (l’échantillon étudié ici est composé de 6 875 salariés, répartis dans 16 entreprises, là aussi de secteurs d’activité variés).

1- RÉDUIRE LE NOMBRE D’INFORMATIONS À TRAITER

Avant d’écrire un courriel, posez-vous la question suivante : le courriel que je vais faire pourrait-il être remplacé par un coup de fil ? C’est tout bête mais un mail va générer une réponse, puis probablement une autre, et encore une. Si vous faites des dizaines de courriels par jour, vous générez vous-même votre surplus d’information. Oui, écrire un courriel peut paraître plus simple à faire à court terme, mais pensez au flux d’information généré par chacun d’entre eux. Sans même parler des courriels avec quatre destinataires et dix personnes en copie !

2 heures par jour. C’est le temps consacré en moyenne par les cadres à la lecture de leurs courriels, selon l’Observatoire de la responsabilité́ sociétale des entreprises… Imaginez le temps que vous pourriez récupérer pour vous chaque jour !

2- RÉCUPÉRER DU TEMPS POUR SOI

Volkswagen, Puma et BMW ferment leurs serveurs courriels de leur siège social de 18h15 à 7h du matin. Ce sont de grandes entreprises, internationales qui sont plutôt en bonne santé, non ? On a beau dire, recevoir à 22h un courriel de la part de son supérieur, est anxiogène, quel que soit le sujet !

Comment éviter cela ? En parlant, tout simplement. Dites à votre patron que vous coupez votre boîte de courriels à partir du moment où vous partez de votre travail. S’il y a une urgence, il/elle pourra vous appeler, mais pas de courriel. Pourquoi cette technique fonctionne ? Pour deux raisons simples :

– Vous montrez que vous êtes présent(e) en cas de besoin

– Il est beaucoup plus difficile d’appeler que d’envoyer un courriel. Déranger au téléphone est beaucoup plus impliquant que d’envoyer un courriel et cela force l’expéditeur potentiel à se poser une question que l’on se pose de moins en moins : « est-ce véritablement urgent ? » Dans 99% des cas, la réponse sera non.

Bien entendu, ces techniques s’appliquent également aux week-ends et aux vacances ! Il est urgent de réapprendre à déconnecter. Essayez de trouver le dernier jour durant lequel, du réveil au coucher, vous n’avez absolument pas pensé au travail d’une manière ou d’une autre… Si la réponse n’est pas « le week-end dernier », il faut agir !

3- RÉAPPRENDRE LA LENTEUR

La vitesse est devenue gage de qualité dans bien des cas. Et pourtant, bien souvent, c’est nous-mêmes qui nous imposons des délais de fou, sans même prendre le temps d’essayer de les rallonger. Si votre supérieur vous demande « fais-moi ça, c’est urgent », savez-vous vraiment ce que « urgent » veut dire ? Pour certains, cela signifie dans l’heure, pour d’autres, tout de suite ou dans la journée. Nous n’avons pas nécessairement, la culture de la gestion de projet ; nous avons une terrible tendance à cumuler les tâches sans véritablement les planifier.

Jerémiah Dillon, salarié chez Google, explique sa stratégie pour gérer son temps : chaque semaine, il se fixe des objectifs précis, passe le moins de temps possible en réunion et, surtout, répartit par jour ses tâches en fonction de leur difficulté : le mardi et le mercredi, jours durant lesquels nous sommes le plus productif, les plus complexes, le vendredi les moins.

4- APPRENDRE À DIRE « NON »

Pour réapprendre la lenteur, il faut savoir dire « non », et ce n’est pas toujours simple. Si votre patron vous demande un dossier pour ce soir alors que vous avez d’autres échéances, compliqué de lui lancer un « non » sèchement. Par contre, vous pouvez lui répondre : « non, j’ai d’autres urgences à gérer pour l’équipe mais je peux te le faire pour demain avant midi, ça serait ok pour toi ? ». Au lieu d’être un simple blocage, vous apportez simultanément une solution. Si vous savez être ponctuel(le), cela fonctionne. Si vous dites « oui », vous serez en retard sur d’autres tâches et génèrerez du stress additionnel.

Richard Branson, président et fondateur du groupe Virgin explique que la ponctualité est source de productivité pour une raison toute simple : vous ne vous dispersez pas. Vous devez en permanence avoir en tête les échéances que vous avez à gérer. Vous n’êtes ni Wonder Woman, ni Superman, nous avons toutes et tous nos limites, ne serait-ce que de temps, encore faut-il les connaître pour ne pas les dépasser en permanence et nous mettre en situation de stress perpétuel.

Le stress n’est pas une fatalité. Il existe bien d’autres solutions qui peuvent compléter ces quatre pistes de travail, comme le fait, chaque jour, de faire quelque chose qui nous fasse plaisir mais c’est déjà un bon début. Reprendre la maîtrise de son propre temps permet de ne plus avoir cet horrible sentiment d’être dépassé par lui ! Essayez, cela prend un petit peu de temps pour changer, mais cela fonctionne.

Source : Gaël Chatelain, Psychologie