Les réseaux sociaux; salutaires ou dévastateurs

Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont bouleversé notre quotidien. Les propos qui, jadis, étaient réservés, sont devenus accessibles à nos « amis », ceux et celles qui font partie de notre cercle. Si ça peut être intéressant et exaltant pour certains, il y a toujours un envers à une médaille. Les réseaux sociaux peuvent devenir nocifs suite à une chicane entre amis ou une rupture amoureuse. Dans ce dernier cas, une personne du couple souffre plus que l’autre.

C’est le sujet de cet article que je vous propose; l’effet néfaste ou bénéfique des réseaux sociaux peut être dévastateur ou salutaire. Voici donc l’histoire d’une rupture amoureuse et l’effet nuisible de s’autoflageller en surfant sur Facebook ou tout autre réseau du genre pour espérer s’en sortir.

MA PEINE D’AMOUR 2.0*

J’avais 19 ans quand j’ai rencontré Alex pour la première fois. Un vrai coup de foudre ! À l’époque, j’étais loin de me douter que notre relation allait me donner 17 années heureuses et trois beaux enfants… et que j’allais devoir vivre ma peine d’amour en regardant sa nouvelle relation éclore sur les réseaux sociaux.

C’est en 2017 qu’Alex m’a annoncé qu’il avait besoin « de vivre autre chose ». Je n’ai pas été particulièrement surprise, puisque ça faisait déjà un an que notre relation battait de l’aile. On a été si heureux ! Mais avoir des enfants a mis un stress sur notre couple. On ne se retrouvait plus. Et, un jour, il en a eu assez.

Après la douloureuse rupture, j’ai eu un choc quand j’ai vu les publications de mon ex sur Facebook. Sur sa vie sans moi : son anniversaire, son appartement, ses nouveaux amis… Ça me coupait le souffle chaque fois. C’est fou quand on pense que les réseaux sociaux n’existaient même pas au début de notre histoire, en 2000.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est devenu une sorte de perron d’église virtuel. Tout le monde peut tout voir, tout savoir en quelques clics. Selon Pierre E. Faubert, psychologue spécialisé en gestion de crises, « ces images de bonheur peuvent avoir un effet dévastateur. Pourtant, il faut garder en tête que cette joie est une représentation. C’est souvent une illusion. » Mais pour moi, la tristesse était bien réelle.

Un soir, j’ai remarqué qu’un resto que j’aime bien proposait à ses fans Facebook de mentionner la personne avec qui ils auraient envie de manger des huîtres en amoureux. Une fille a répondu avec le prénom de mon ex. C’est comme si j’avais reçu un coup de poignard.

Oui, Alex m’avait confié avoir quelqu’un dans sa vie depuis peu, une certaine Léa. Par contre, jamais je n’aurais cru que ça commençait à être sérieux ! Ma famille, nos amis et des connaissances qui ne savaient même pas encore pour la rupture m’ont tout de suite posé des questions. J’ai vite confronté Alex. Je ne voulais pas que les enfants apprennent sa nouvelle relation au détour d’une conversation.

J’étais loin d’être au bout de mes peines. Quelques semaines plus tard, j’étais au chalet pour mes premières vacances seule, avec mes enfants. Une notification Facebook m’a réveillée, m’invitant à devenir amis avec Léa, puisqu’on avait beaucoup d’amis en commun. J’ai trouvé ça tellement invasif ! Par la suite, j’ai souvent eu l’impression de ne pas pouvoir me protéger de leur amour naissant. J’ai vu des statuts, des commentaires et, le plus dur, des photos de mes enfants avec eux.

Je me suis sentie non seulement triste, mais rejetée aussi ! Ça m’obligeait à faire face à mon propre célibat…

J’aurais aimé bloquer Alex, mais je voulais voir ce que mes petits vivaient. « Il y a de meilleurs moyens de garder contact, indique Pierre E. Faubert. En regardant sur les réseaux sociaux ce que fait l’autre ou en ne prenant pas les dispositions pour ne pas être envahi d’informations, on peut se mettre en position d’invalidation et de dépréciation. Pourquoi remplir un vide avec ce qui fait mal ? »

Avec le temps, j’ai réalisé que zieuter la vie d’Alex sur Facebook ne faisait que me replonger dans ma peine. Je n’arrivais pas à guérir.

J’ai commencé à ne plus me connecter si je me sentais triste ou nostalgique. Quand je le faisais, c’est quand je me sentais prête à tout !

Pierre E. Faubert encourage cette attitude. « Si je suis allergique aux arachides, je ne vais pas en manger un bol plein. La meilleure solution, c’est de confier sa peine à un psychologue ou à une personne avisée qui a un regard profond et aimant. »

Un an et demi plus tard, je peux dire que je vais enfin mieux. Et je connais maintenant l’effet pernicieux des réseaux sociaux sur une peine d’amour ! Je dois bien sûr parler régulièrement à mon ancien amoureux pour les enfants. On essaie le plus possible d’avoir de la considération l’un pour l’autre, autant dans le réel que dans le virtuel. Je vois même une belle amitié se profiler. Je suis positive en pensant à l’avenir.

NOTE DE L’AUTEURE : Rosalie, 38 ans, a dû revoir sa relation aux réseaux sociaux pour mieux vivre sa peine d’amour dans la dernière année et demie.

* Source : Mélissa Pelletier, revue Coup de Pouce, octobre 2019

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