C’est avec cette phrase colorée que mon père accueillait une nouvelle ou une information incroyable. Parce que c’est de merde que je vais vous entretenir dans cet article.
Les excréments d’animaux retournent à la terre sous forme d’engrais pour les végétaux et c’est connu. Mais soigner et guérir la bactérie C. difficile avec de la merde humaine saine et d’excellente qualité, on aura tout vu!
C’est pourtant ce qu’affirmait Richard Béliveau, Docteur en biochimie, dans son article paru aujourd’hui dans Le Journal de Montréal. «La transplantation de selles provenant d’une personne en bonne santé à des malades infectés par la bactérie C. difficile permet de guérir 90% des patients.» C’est toute une nouvelle!
Se développant en milieu hospitalier, cette bactérie profite de la faiblesse de certains patients pour se propager dans leur intestin, cause des dommages considérables. Très difficile à traiter avec des antibiotiques puissants, la merde s’avère un remède efficace avec une guérison phénoménale dans 95% des cas, sans effets secondaires, ni récidives. «Des scientifiques ont proposés que la reconstruction de la flore intestinale en utilisant des selles provenant de personnes saines représente une nouvelle façon de combattre cette bactérie… Et ça fonctionne de façon spectaculaire.»
C’est bien beau tout ça mais comment on prend ce médicament? «Le principe est relativement simple: des selles fraîches, qui contiennent l’ensemble des bactéries intestinales, sont suspendues dans une solution saline et administrées au malade par irrigation du côlon, coloscopie ou encore à l’aide d’une sonde nanogastrique (introduite par le nez ou la bouche) pour atteindre le petit intestin. Ce transfert permet aux bactéries bénéfiques de la flore de s’implanter dans le côlon du malade, ce qui crée un environnement hostile pour C. difficile et neutralise complètement cette bactérie.»
Vous comprendrez que cette technique a ses inconvénients; Ça prend des selles fraîches obtenues moins de 6 heures avant l’intervention. Ensuite il faut sélectionner rigoureusement les donneurs pour éviter la transmission de virus qui pourrait nuire au patient et finalement mais non le moindre, la réticence à absorber des matières fécales lors de l’administration par sonde nanogastrique.
Mais l’espoir renait et la solution a été développée par des scientifiques américains; les matières fécales sont congelées puis administrées sous forme de capsules, sans perte d’efficacité. L’expérience de cette solution a été testée sur 20 patients et 70% ont été guéris après l’absorption d’un seul traitement, alors que les 30% restants ont obtenus le même résultat positif après un second traitement une semaine plus tard.
Une bonne nouvelle, en ces temps de mauvaises nouvelles, ça se prend bien. Maintenant, si un grossier personnage vous dit – Mange d’la marde, vous pourrez au moins lui apprendre que ça peut sauver des vies.
Bonjour belle Audrey-Anne. Il y a huit ans aujourd’hui tu venais embellir notre vie de ton sourire. Comme tu grandis vite! Et pour cette belle journée spéciale pour toi, tu seras le centre d’attraction, celle qu’on admire, celle qu’on envie, celle qu’on adore.
Les amis, les parents et tous ceux qui te connaissent en profiteront pour te souhaiter la plus belle des journées avec plein de soleil dans ton joli petit cœur. C’est pourquoi, grand-maman Loulou se joint à moi pour te souhaiter la plus magique journée d’anniversaire, avec plein de jeux, beaucoup de rires, des friandises à s’en rendre malade, un gâteau géant gros comme ça, mais sans chocolat pour que ton grand frère puisse y goûter, et des tonnes de surprises.
Et n’oublies surtout pas qu’on t’aime gros comme l’univers et que même si nous sommes loin, on voudrait te serrer dans nos bras et te faire le plus gros des câlins. Mais quand on se retrouvera au temps des perce-neiges, on t’en fera un vrai de vrai. Promis!
xxx
À quelque jours de Noël, les journaux font leur rétrospective de l’année en cours qui devra céder sa place à une autre, remplie d’espoir. C’est une période de l’année que je ne déteste pas du tout.
En feuilletant les journaux, on se rend compte que le temps file, que tout va beaucoup trop vite. Il me semble qu’hier on parlait du bogue de l’an 2000 et voilà qu’on se retrouve, quinze années plus tard, et tout ce chemin est déjà derrière nous. J’avoue qu’une fois la cinquantaine venue, on avance à la vitesse Grand-V.
C’est aussi une période qui amène son lot d’histoires de vie, tantôt triste comme l’incendie meurtrier de Les Coteaux à deux jours de Noël, et les histoires de miraculés devant qui la médecine ne donnait aucune chance de vivre, mais à qui le Créateur a donné une seconde chance. On dirait que durant la période des Fêtes, cette période de réjouissance, ça nous marque profondément d’une trace indélébile à tout jamais.
Il y a de cela 38 ans, le 24 décembre 1976, le téléphone sonnait en pleine nuit pour nous annoncer le décès de notre grand-mère maternelle. Année après année, le film des événements se déroule dans ma tête, dans ses moindres détails, et je me rappelle combien c’était difficile, les jours suivants, de conjuguer tristesse et joie.
Ici en Floride, les décorations illuminées brillent dans la verdure des parterres que nous sommes maintenant habitués de voir. Sincèrement, la neige ne nous manque pas. La veille, nous étions 24 personnes à partager un repas dans un restaurant voisin et par la suite, Carole et Mario nous recevaient pour danser au son de ma musique. Michel et Jacques, respectivement guitariste et accordéoniste, m’accompagnaient pour l’occasion. L’assistance était en forme et la danse a eu tôt fait de brûler les calories en trop, jusqu’à minuit, l’heure des rapprochements pour se souhaiter un Noël joyeux.
Le 25, c’était le téléphone et les communications vidéo avec les proches, la famille et les amis, sans oublier les bouches fendues jusqu’aux oreilles de nos petits-enfants, décrivant et présentant leurs nouveaux cadeaux fraîchement déballés. C’est toujours magique l’expression des enfants qui sont d’une sincérité contagieuse.
En fin d’après-midi, on a eu droit à une très belle performance de la chorale de Pioneer Village, qui s’est grandement améliorée depuis l’ajout de quelques choristes masculins et féminins, faisant de cette formation une chorale digne de ce nom avec ses beaux airs de Noël. Puis, un copieux repas de Jambon nous attendait dans la grande salle. Comme aucune danse n’était prévue par la suite, nous sommes restés près d’une trentaine de lurons, à jouer aux dés. On faisait du bruit pour 100 personnes dans cette grande salle désertée.
En conclusion, me voilà devant mon clavier, à vous raconter mon histoire d’il y a déjà 48 heures. Quand je vous dis que le temps file… Même si notre famille nous manque un brin, on se considère chanceux d’être ici, sous un chaud 73°F encore à 22h30, et d’en profiter jusqu’à ce demain qui finira bien par arriver un jour. Et vous, votre Noël, il était comment ?
À vous tous, lecteurs et lectrices assidus du blogue, je vous souhaite le plus beau des Noëls, rempli de joie, de bonheur, de paix, d’amour et de partage.
Au moment des réjouissances, ayez une pensée pour ceux et celles qui ne peuvent partager les mêmes instants et qui sont abandonnés, violentés et abusés, ou qui ont perdu tout le sens profond de cette célébration.
Enfin, gardez candidement votre cœur d’enfant pour savourer pleinement ce qui compte vraiment : le moment présent !
LE BONHEUR
À la veille de cette belle Fête de Noël et à travers les festivités qui s’annoncent, c’est aussi un temps de réflexion pour ceux et celles qui vivront cet événement dans la solitude pour différentes raisons et parfois même dans l’oubli. Tout le monde a droit à sa part de bonheur et particulièrement durant cette Fête du renouveau, de la naissance. Mais est-ce qu’on n’essaie pas de se forger justement ce bonheur dans les biens matériels, alors qu’il ne tient souvent qu’à peu de choses? C’est pourquoi je vous offre ce texte, déniché quelque part, sans signature, et qui permet d’y réfléchir, à quelques heures de l’allégresse.
«On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s’être marié, après avoir eu un enfant, et ensuite, après en avoir eu un autre… Plus tard, on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l’on sera mieux quand ils le seront. On est alors convaincu que l’on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape.
On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint, quand on possédera une plus belle voiture ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances, quand on sera à la retraite… La vérité, c’est qu’il n’y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent. Si ce n’est pas maintenant, quand le serait-ce?
La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer. Il est préférable de l’admettre et de décider d’être heureux maintenant qu’il est encore temps. Pendant longtemps, on pensait que notre vie allait enfin commencer, la vraie vie! Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu’il fallait résoudre en premier, un thème non terminé, un temps à passer, une dette à payer. Et alors la vie allait commencer! Jusqu’à ce qu’on se rende compte que ces obstacles étaient justement la vie.
Cette perspective aide à comprendre qu’il n’y a pas un chemin qui mène au bonheur. Le bonheur EST le chemin. Ainsi passe chaque moment que nous avons et plus encore quand on partage ce moment avec quelqu’un de spécial, suffisamment spécial pour partager notre temps et, que l’on se rappelle que le temps n’attend pas.
Alors, il faut arrêter d’attendre de terminer ses études, d’augmenter son salaire, de se marier, d’avoir des enfants, que ses enfants partent de la maison ou, simplement, le vendredi soir, le dimanche matin, le printemps, l’été, l’automne ou l’hiver, pour décider qu’il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour être heureux.
LE BONHEUR EST UNE TRAJECTOIRE ET NON PAS UNE DESTINATION!
Il n’en faut pas beaucoup pour être heureux. Il suffit juste d’apprécier chaque petit moment et de le sacrer comme l’un des meilleurs moments de sa vie.»
– Pom, pom, pom, chantonne le père Noël, tout guilleret. Ce soir c’est ma grande tournée. Aucun enfant ne sera oublié!
Il enfile son beau costume rouge bordé de fourrure blanche, son bonnet et ses bottes fourrées, attrape sa grande hotte en osier, ouvre la porte de l’atelier à jouets et… catastrophe! Le père Noël n’en croit pas ses yeux. Voitures téléguidées, poupées, ours en peluche, tout a disparu! Le père Noël sent la moutarde lui monter au nez. De sa grosse voix, il appelle ses amis lutins, ceux qui fabriquent les jouets :
– Saperlipopette de saperlipopette! Les lutins, on a volé tous vos jouets.
Aussitôt, tous les lutins accourent, affolés.
– Oh non, c’est vraiment pas juste, pleure Clémentine, la plus petites des lutines. Après tout le mal qu’on s’est donné…
– Et les petits enfants qui n’auront rien au pied du sapin, se lamente Félicien, le roi des lutins.
Le père Noël regarde sa montre :
– Mes amis, pas de panique! Il nous reste dix heures pour retrouver nos jouets. Quant à ce coquin de voleur, il va passer un sale quart d’heure, foi de père Noël!
Il prend Félicien et Clémentine sur ses épaules, et les voilà partis tous les trois dans la neige et le froid. Félicien s’écrie :
– Regardez, père Noël, les traces des voleurs, là, près de l’atelier!
Le père Noël découvre des empreintes de grosses pattes, grandes comme une poêle à frire. Et à côté, des traces de pattes larges comme les assiettes d’une dînette; et puis aussi, une troisième série d’empreintes, comme si on avait traîné quelque chose par terre.
– Ce sont nos jouets qu’ils ont traînés? demande Clémentine.
– Pour le savoir, les amis, suivons ces traces, lance le père Noël, qui marche d’un pas décidé, malgré la neige qui tombe sur eux à gros flocons.
Bientôt, le père Noël a de la neige jusqu’aux genoux, puis jusqu’au ventre. Il marche longtemps, très longtemps.
– Père Noël, sommes-nous perdus? demande Clémentine, toute angoissée.
Le père Noël est bien embêté. Heureusement, Félicien s’écrie :
– Là-bas!
Et de son minuscule doigt de lutin, il montre une petite lumière qui brille entre les flocons. Vite, vite, de la neige jusque sous les bras, le père Noël arrive devant un igloo. À l’intérieur, on entend des rires, des chants.
– Sortez de là! crie le père Noël d’une voix forte.
Silence… Et puis la grosse truffe noire de Bébert, l’ours polaire, sort de l’igloo, suivie du fin museau argenté de Bernard, le renard bleu, et de la grosse tête ronde de Bartok, le phoque.
– Les traces, c’était vous! s’écrie Félicien.
– Vous n’avez pas honte? gronde le père Noël.
– Rendez-nous nos jouets! exige Clémentine.
– Les paquets sont dans notre igloo, disent les trois animaux, honteux.
– On est désolés, mais on est les seuls à ne pas avoir de cadeaux, grogne le phoque.
– Alors qu’on habite tout à côté de chez vous, reproche Bébert l’ours.
Le père Noël éclate de rire :
– Vous avez raison, c’est injuste.
– Dès l’année prochaine, vous nous enverrez votre liste, dit Clémentine.
Et c’est ainsi qu’au petit matin, comme tous les matins de Noël depuis très, très, très longtemps, les petits enfants sautèrent de joie en découvrant les jolis jouets que le père Noël et ses amis avaient déposés dans leurs souliers.
Histoire de Vincent Villeminot
Illustrations par hérèse Bonté
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2015, pour la suite des merveilleux contes de Noël.
La fébrilité du temps des Fêtes se fait de plus en plus sentir en cette dixième semaine de migration. Autour de nous, les espaces vides sont de moins en moins présentes et les activités se multiplient.
Une fois le coup de main donné à Mario pour terminer la peinture de ses salles de bains, c’était aux Guay de goûter à l’espace de leur nouvelle chaumière à cinq roues. Le temps de rouler un mastodonte tire à sa fin et l’automne 2015 leur permettra de rouler léger.
Nos amis Carole et Marcel sont arrivés depuis lundi dernier, sans pépins cette fois et dans une douce chaleur bienveillante. Les nuits sont demeurées froides mais ça s’améliore de ce côté. En jetant un coup d’œil sur les jours entourant Noël, on sera sous l’influence d’un système météo qui laissera quelques averses, comme au Québec, n’en déplaise aux patineurs et skieurs qui s’en promettaient. Mais bon, il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur, parce qu’on n’y peut rien.
Ce vendredi, notre amie Carole (avec le chandail rayé sur l’image), nous conviait à une sortie de groupe, composé de 16 joyeux lurons et luronnes. Premier arrêt; le Congo River Golf, un joli et saisissant minigolf, très concept avec ses carcasses de Jeep et carlingue d’avion, dans un décor de jungle assez impressionnant surtout près des étangs d’alligators. Un 90 minutes de plaisir où Mario s’en est donné à cœur joie en hurlant comme un gorille. D’ailleurs, il a flanqué une de ses frousses aux deux Carole, alors qu’il s’était caché dans un bosquet pour les attendre et surgir en hurlant. Cette frasque lui a valu quelques coups de savate.
Puis nous nous sommes arrêtés au Whole Foods Market de Naples, une épicerie fine dont leur pain frais me fait saliver. J’en ai profité pour en faire bonne provision, pendant que les autres furetaient dans les allées, découvrant l’endroit. C’est définitivement un commerce où je me promets bien de revenir. Il est assez difficile de trouver du bon pain par ici. Souvent sucré et sans saveur, lorsqu’on tombe sur une caverne d’Ali baba, l’adresse trouve facilement refuge dans le GPS. Ceux qui me connaissent savent très bien que je ne peux résister devant un bon pain croûté bien frais… Et s’il est fumant, c’est pire.
Troisième destination de ce périple; Le Cheecake Factory. Toujours à Naples, ce restaurant est un incontournable si on passe par là, avec sa somptueuse décoration et son menu épais comme ça. Vous l’aurez deviné, sa spécialité demeure sans contredit ses exquis gâteaux au fromage tellement riches et bourratifs, qu’ils peuvent composer un repas à eux-seuls. L’échelle de prix est raisonnable et c’est le seul endroit en Floride, à ma connaissance, où le pâté chinois figure au menu. Cette fois-ci, Louise et moi avons avalé un tendre bifteck Diane, qui fondait littéralement en bouche.
Bien gavé, la journée s’est terminée à Bonita Beach, dans le champ d’un ranch local, où ses propriétaires illuminent l’endroit de milliers de lumières et de décorations de Noël de toutes sortes, durant tout le mois de décembre. Il y avait foule comme d’habitude et ceux du groupe qui en étaient à leur première visite, l’ont découvert. Un émerveillement pour quiconque en est à sa première visite
Et ce n’est pas fini! Hier, à Pioneer Village, les voiturettes de golf affichaient leurs plus beaux atours pour précéder le Père Noël lors de son défilé annuel. Une parade haute en son et couleur où ses participants distribuaient à la volée, un nuage de bonbons tout au long du parcours qui s’est poursuivi durant plus d’une heure. Et le Père Noël était magnifique avec sa superbe barbe naturelle, accompagné de la Mère Noël qui s’était mise sur son 36 pour cette sortie propre. Ils avaient fière allure! D’ailleurs, vous pouvez visionner les clichés, dans l’album Floride – Hiver 2014-2015 de la section Albums photos, en marge droite du blogue.
Pour terminer cette journée en beauté, le Comité social nous conviait gracieusement à un repas communautaire qui a fait salle comble, suivi du spectacle des Pretenders, une troupe de 14 comédiens qui parodient le répertoire de chansons country et populaire, accompagné de sketches humoristiques. Un excellent divertissement de 90 minutes qui s’est terminé par une ovation debout de l’assistance. Voilà pourquoi on ne voit pas défiler le temps au pays des snowbirds.
Il était une fois, dans un petit village, un cordonnier du nom de Jean. Il adorait faire des chaussures, les réparer, les ressemeler, les lustrer. Il travaillait si bien que les villageois se contentaient d’avoir une seule paire de souliers qu’ils gardaient longtemps : ils les déposaient le soir et revenaient les chercher à l’aube, réparés et cirés.
Jean avait un fils, Pierre, qui aidait souvent son père au magasin. Et Pierre aimait faire des petites blagues aux clients qui venaient rechercher leurs chaussures :
– Bonjour, monsieur Coropied, voilà vos escarpins rouges!
– C’est quoi cette histoire! Je ne porte pas de chaussures de femme moi, seulement mes bons gros godillots de montagne!
– C’était une blague, monsieur Coropied. Voilà vos godillots et à bientôt!
À l’approche de Noël, Pierre eut une idée qu’il trouva grandiose : s’il gardait toutes les chaussures de tous les habitants du village chez lui, lorsque le père Noël passerait, c’est chez lui qu’il viendrait livrer tous les cadeaux! Et Pierre aurait les surprises de tout le monde pour lui tout seul!
Le lendemain, deux clients vinrent chercher leurs souliers :
– Non, désolés, papa dort encore. Repassez plus tard, répondit Pierre. Et à une autre dans l’après-midi :
– Non, désolé, Papa n’a pas eu le temps de finir son ouvrage, Revenez.
Sa réponse fut la même pour tous les villageois qui voulaient récupérer leurs chaussures. Il fallait atteindre au moins un mois.
Petit à petit, on assista à un étrange spectacle dans les rues du village : certains ne quittaient plus leurs chaussures et se promenaient donc avec leurs pantoufles aux pieds, dans la neige. D’autres avaient ressortis leurs chaussures d’été : ils étaient en sandalettes, mais avec de grosses chaussettes!
Le soir de Noël, le cordonnier descendit dans sa cave à la recherche d’une bonne bouteille de vin. Et que découvrit-il? Des chaussures de toutes sortes qui s’entassaient jusqu’au plafond.
– Qu’est-ce que c’est que toutes ces chaussures dans la cave? demanda-t-il à Pierre.
– J’ai gardé les chaussures des gens pour avoir plus de cadeaux, répondit Pierre, tout penaud.
– Ça ne va pas, non! On ne va pas priver les gens de leurs cadeaux! Nous allons rendre immédiatement ces chaussures à leurs propriétaires! En route, mauvaise troupe!
Et Jean et son fils passèrent la soirée à déposer chaque paire de chaussures sur le paillasson de chaque maison du village.
Quand le père Noël passa en traîneau, il fut bien étonné :
– Oh, oh, je suis dans un drôle de village ici! Les chaussures ne sont pas devant la cheminée, mais devant la porte d’entrée. D’un autre côté, c’est gentil pour moi, ça m’évite de passer par la cheminée!
Et le père Noël déposa tous les cadeaux à côté des chaussures sous les porches des maisons.
Le lendemain matin, chacun trouva devant sa porte non seulement les cadeaux dont il avait rêvé, mais aussi ses souliers adorés!
– C’est la magie de Noël! s’écrièrent-ils tout joyeux.
Histoire de Gaëlle Dubourdieu
Illustrations par Hervé Florès
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Tout un bouleversement dans la vie de ma petite-fille de 8 ans, Audrey-Anne. Comme son frère il y a deux ans et son père à peu près au même âge, elle vient d’apprendre que le Père Noël n’existe pas. Elle ne l’a pas vu venir celle-là et le coup fut dur à encaisser. Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête d’un enfant, au moment d’apprendre l’affreuse nouvelle? La banque de souvenirs du gros bonhomme rouge écarlate qui apportait tous ces beaux cadeaux défile dans sa tête sans vraiment comprendre. C’est une déception, un petit drame. Je trouve ça triste d’une certaine façon, mais la vie est ainsi faite et c’est un signe qu’elle sort lentement de l’enfance. Elle grandit!
Je la revois alors que, revêtu du costume magique du bon Père Noël (la photo qui accompagne cet article), je m’assoyais sur la chaise du salon spécialement placée pour l’occasion, avec ma grosse cloche et mes tonitruants Ho! Ho! Ho! qui réveillaient la marmaille. La maman arrivait avec la petite dans ses bras, les yeux presqu’endormis qui soudainement scintillaient comme des perles devant la vue de ce beau Père Noël féérique. Enfin son rêve se réalisait. Elle venait sans craintes s’assoir sur mes genoux en me regardant candidement, alors que je lui parlais sans presque modifier ma voix. Elle était conquise, dans sa bulle, comme hypnotisée. Dès le premier cadeau, c’était l’euphorie et toujours sans oublier de remercier le Père Noël. Elle réagissait exactement comme son frère, qui a joué le jeu de ne pas dévoiler LE secret, lorsqu’il l’a découvert.
Une fois les cadeaux remis, je quittais en disant aux enfants que j’allais continuer ma distribution de cadeaux, ce qu’un vrai Père Noël connait par cœur. Alors que les enfants et parents se déplaçaient au sous-sol, ma complice m’ouvrait la porte et je me faufilais dans la chambre des maîtres pour remettre mes vrais habits et bien sûr, cacher dans l’auto le costume. Puis je sonnais à la porte comme si rien ne s’était passé, pour me faire raconter par les enfants ce qui venait de se passer.
Ah que j’appréciais ce moment! Jamais, ils n’ont posé de question sur le fait que je n’étais pas là lorsque le Père Noël avait fait son entrée. Mes raisons étaient déjà prêtes, au cas où… Et j’ai vécu ces belles émotions durant toute leur enfance. Pour un grand-papa comme moi, c’était un incontournable. C’était indescriptible comme émotion et j’irais même jusqu’à dire enivrant.
Même si elle ne croît plus au mythique bonhomme, il faut lui laisser le temps de digérer tout ça et de lui expliquer tout le bonheur et la joie que le Père Noël lui a procuré et surtout la magie qui l’entoure. Les enfants ont besoin de rêves, de découvrir, de vivre l’imaginaire. Il lui faut garder la flamme pour que plus tard, elle puisse transmettre cette douce folie à ses enfants. Il faut qu’il persiste un doute sur l’existence du bonhomme.
Hollywood, dans ses films sur Noël, entretien ce mythe. Un classique comme Miracle sur la 34e rue, atteint son objectif de rentrer dans le jeu et de faire croire que le vrai Père Noël existe, qu’il a quelque chose de fascinant, de magique.
Moi, à 63 ans, je n’ai jamais cessé d’y «croire» et je m’émeus encore lorsque je visionne des films qui mettent en vedette le Père Noël. Lorsque j’en croise un, mes souvenirs d’enfance remontent à la surface et je revois tous les enfants que j’ai assis sur mes genoux alors que je le personnifiais. Certains pleuraient, d’autres s’interrogeaient mais la magie s’installait.
Avec Louise, on a longtemps donné de notre temps pour répondre aux enfants, qui écrivaient au bonhomme par l’entremise de Postes Canada, toujours dans l’esprit de Noël et avec nos cœurs d’enfants. Croyez-moi, ça fait un grand bien à l’âme et ça rajeuni le cœur.
C’est pourquoi, encore aujourd’hui, je parle aux petits comme aux grands, d’un gros bonhomme jovial et bon avec sa longue barbe blanche et ses magnifiques habits rouge et blanc, qui sème le bonheur et la joie dans le cœur de tous les enfants et même de ceux devenus grands; le Père Noël. La magie de Noël, c’est un peu ça pour un enfant.
Au pays du père Noël, là-haut dans les nuages, règne un grand remue-ménage. Dans leur dortoir, les lutins ne veulent pas se lever, les lutins ne veulent pas travailler!
– J’ai fabriqué des poupées jusqu’à minuit. Je n’en peux plus, je reste au lit chouine Bernie.
– Je n’ai pas assez dormi, grogne Fripon. Je reste sous mon édredon.
Perlin, le plus vieux lutin, tente de les raisonner :
– Si nous n’allons pas travailler, les enfants seront privés de jouets!
Mais, pour toute réponse, Perlin n’a droit qu’à un immense concert de ronflements. Les lutins se sont rendormis, tant pis pour lui! Vite, Perlin court prévenir le père Noël.
– Père Noël, les lutins sont fatigués. Ils refusent de travailler, dit-il.
Le père Noël se lisse la moustache et se gratte la barbe. Puis il répond :
– Pauvres lutins, ils doivent être épuisés : ils ont fabriqué tant de jouets. Si je leur préparais une surprise pour les remercier.
Tout doucement, le père Noël confie sa surprise dans l’oreille de Perlin. Puis il ajoute :
– Va vite te coucher. Et à ton réveil, dis aux lutins qu’une surprise les attend ce soir à la clairière des rennes!
Pendant ce temps, le père Noël court à l’usine des jouets. À pas de velours, il fait sortir les jouets jusqu’à la clairière des rennes. Et là, que se passe-t-il en cachette? Seuls le père Noël et Perlin sont au courant!
– Tu connais la surprise du père Noël? Demande Fripon à Perlin.
– Moi, bien sûr que non. répond Perlin en retenant un sourire.
Les lutins se pressent alors jusqu’à la clairière des rennes. Là-bas, les arbres ornés de lanternes scintillent de mille feux. Des centaines de petites chaises sont disposées en cercle. Le père Noël fait son entrée et annonce :
– Petits lutins, cette année, vous avez vraiment bien travaillé. Pour vous remercier, voici la grande parade des jouets!
La clairière se transforme alors en magnifique piste de cirque. Les singes mécaniques battent la mesure. Les chevaux à bascule font un tour de piste. Les caniches en peluche sautent dans des cerceaux de bois. Tout à coup, les poupées s’élancent dans le ciel et font un numéro de trapèze. Elles voltigent dans les airs, gracieuses comme des papillons. Mais déjà, les ours en peluche improvisent une pyramide, applaudis par les poupons. Les camions de pompier et les petites voitures défilent en faisant résonner leurs klaxons.
Les lutins applaudissent si fort qu’ils ne sentent plus leurs menottes. Soudain, le père Noël et tous les jouets se rassemblent et soufflent des milliers de bulles de savon sur la piste. On dirait une tempête de neige magique! Les lutins ébahis s’écrient :
-Merci, père Noël, ce spectacle a effacé notre fatigue. Demain, nous continuerons à fabriquer les plus beaux jouets pour les enfants du monde!
Depuis, chaque année, là-haut dans les nuages, le père Noël organise la grande parade des jouets, pour le plus grand plaisir des lutins.
Histoire de Clotilde Cacheux
Illustrations par Quentin Greban
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Là-haut dans le ciel, à mille lieues de la Terre, le père Noël se prépare à partir pour la grande tournée des jouets. Attelés au traîneau, ses huit fidèles rennes l’attendent dans la nuit glacée de Noël. Le père Noël coiffe son bonnet, chausse ses bottes, enroule son écharpe autour du cou, enfile son doux manteau rouge… Et soudain, il s’écrie :
– Saperlipopette, j’ai perdu mes gants blancs!
Il a beau chercher dans l’armoire, sur la table, sous les coussins du canapé et même dans la cheminée, pas moyen de les retrouver. Le père Noël peste :
– Si j’avais écouté les lutins, j’aurais attaché mes gants à mon manteau. Tant pis pour moi, je vais avoir bien froid!
Mais le temps presse! Le père Noël se hâte jusqu’à son traîneau et lance le départ :
– Mes amis les rennes, en voiture : les enfants nous attendent!
Guidée par le père Noël qui connaît la route par cœur, les rennes s’élancent droit devant, dans le ciel. Soudain, la neige se met à tomber à gros flocons et un vent glacial s’abat sur la nuit de Noël. Bien emmitouflés dans leur fourrure d’hiver, les rennes galopent courageusement dans la tempête. Mais sur le traîneau, c’est une autre affaire! Le père Noël a les mains rougies par le froid. Impossible de guider plus longtemps ses huit fidèles rennes!
À toute allure, ils se mettent à tournoyer dans le ciel, entraînant dans une folle farandole le traîneau, les cadeaux et le père Noël. Le père Noël a beau crier :
– Arrêtez-vous, arrêtez-vous!
Le vent souffle si fort que les rennes ne l’entendent pas. À force de tourner et de tourner encore dans le ciel, le père Noël et les rennes sont complètement étourdis! Mais rien ne peut les arrêter! Heureusement, la ronde infernale des rennes fait résonner les grelots du traîneau dans le ciel. Pelotonnés dans leur nid, les oiseaux de l’hiver se réveillent. Une famille de mésanges donne l’alerte :
– Tous à vos postes, le père Noël a des ennuis!
En un clin d’œil, tourterelles, mésanges, oies sauvages s’élancent à tire-d’aile jusqu’au traîneau. D’un adroit coup de bec, les tourterelles et les oies sauvages tirent sur les brides et freinent les rennes. Mais que font les mésanges? Toutes ensemble, elles ouvrent grand leur bec et soufflent, soufflent sur les mains du père Noël.
Le père Noël sent une douce chaleur lui réchauffer les mains. Enfin, il réussit à remuer un doigt, puis deux, puis trois… jusqu’à dix. Il bouge ses deux mains! Il fait repartir le traîneau, escorté par les mésanges, les oies sauvages et les tourterelles. La neige s’est arrêtée, la bise est tombée. Les rennes prennent de la vitesse et filent tout droit vers la Terre.
– Petits oiseaux, murmure le père Noël, nous allons atterrir sur cette maisonnette. Je vais me glisser dans la cheminée et la grande tournée des jouets va enfin commencer!
Histoire de Clotilde Cacheux
Illustrations par Hervé Florès
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Quand on parle d’une organisation de classe, l’équipe de hockey les Canadiens de Montréal est un incontournable. Dès qu’un joueur porte cet uniforme, ce flamboyant tissus riche d’une histoire plus que centenaire, il est à même de constater ce qu’il représente dans le monde du sport professionnel et comment ceux-ci sont adulés par un public connaisseur et amoureux de sa Sainte flanelle.
Cet écusson est connu et respecté à travers la planète, comme un symbole mythique et elle attire les foules partout où elle passe. Il suffit de visiter les amphithéâtres de la Ligue Nationale de Hockey, pour constater l’engouement des amateurs, lorsqu’ils confrontent l’équipe locale. Les billets se font rares et il faut s’y prendre de bonne heure pour espérer en obtenir. Ils font salle comble. Cette équipe attire les foules et a sa large part de partisans sur toutes les patinoires adverses. Un phénomène assez rare.
Ayant conquis 24 coupes Stanley au fil des ans, elle est au hockey ce que sont les Yankees de New York au baseball. Leurs légendes ne se comptent plus et on soupçonne même les fantômes d’imposer leurs pouvoirs surnaturels dans l’issue de certains matchs importants. On raconte encore des exploits des Maurice Richard, aujourd’hui décédé et qui a pris sa retraite en 1960. Jean Béliveau, lui aussi retraité depuis 1971, qu’on a porté en terre récemment et Guy Lafleur, le dernier des grands, des immortels, à qui on vient de passer le flambeau des légendes. À l’extérieur du Temple, les bronzes font foi d’un passé glorieux, inégalé et prestigieux.
Ce qui est remarquable chez cette équipe, c’est son implication dans la communauté. Depuis quelques années, elle finance et implante de nouvelles patinoires d’une qualité exceptionnelle dans les quartiers défavorisés de Montréal. Elle s’implique dans nombre d’événements caritatifs.
Pour une cinquantième année consécutive et initié par le regretté Jean Béliveau, les joueurs visitent les enfants malades dans les hôpitaux montréalais, avant la fête de Noël. C’est magique à chaque fois, autant pour les parents que les enfants eux-mêmes. Ceux-ci rayonnent avec des yeux grands comme ça, à la vue de ces dieux sur patins. Les joueurs savourent chacun de ces moments et leurs commentaires témoignent de leur sensibilité au malheur des autres. C’est beaucoup plus qu’une sortie promotionnelle, C’est un tsunami d’amour inconditionnel. Ils se sentent interpellés par ces leçons de vie et de courage que les enfants démontrent. Les petits soucis de la vie ou d’une performance sportive deviennent très vite secondaires. Des moments purement gratifiants.
C’est ça les Canadiens de Montréal. De la classe avec un grand C, et un exemple de citoyen corporatif qui remet au centuple, à sa communauté. Une grande organisation qui prend soin de tout son monde et de ceux qui ont contribués à écrire son histoire. On n’a qu’à entendre les joueurs obtenus par transactions, ou les anciens, déballer leur concert d’éloges et affirmer haut et fort que cette grande famille est unique sur tous les plans et qu’il se fait des choses à Montréal, la Mecque du hockey, qui ne se font pas ailleurs.
Dans le vestiaire des Glorieux, cette phrase; «Nos bras meurtris vous tendent le flambeau. À vous de le porter bien haut», accompagnée des photos des gladiateurs d’une autre époque, résume bien ses 105 années d’histoire.