«Bein l’affaire est beurrée d’marde!»

C. difficileC’est avec cette phrase colorée que mon père accueillait une nouvelle ou une information incroyable. Parce que c’est de merde que je vais vous entretenir dans cet article.

Les excréments d’animaux retournent à la terre sous forme d’engrais pour les végétaux et c’est connu. Mais soigner et guérir la bactérie C. difficile avec de la merde humaine saine et d’excellente qualité, on aura tout vu!

C’est pourtant ce qu’affirmait Richard Béliveau, Docteur en biochimie, dans son article paru aujourd’hui dans Le Journal de Montréal. «La transplantation de selles provenant d’une personne en bonne santé à des malades infectés par la bactérie C. difficile permet de guérir 90% des patients.» C’est toute une nouvelle!

Se développant en milieu hospitalier, cette bactérie profite de la faiblesse de certains patients pour se propager dans leur intestin, cause des dommages considérables. Très difficile à traiter avec des antibiotiques puissants, la merde s’avère un remède efficace avec une guérison phénoménale dans 95% des cas, sans effets secondaires, ni récidives. «Des scientifiques ont proposés que la reconstruction de la flore intestinale en utilisant des selles provenant de personnes saines représente une nouvelle façon de combattre cette bactérie… Et ça fonctionne de façon spectaculaire.»

C’est bien beau tout ça mais comment on prend ce médicament? «Le principe est relativement simple: des selles fraîches, qui contiennent l’ensemble des bactéries intestinales, sont suspendues dans une solution saline et administrées au malade par irrigation du côlon, coloscopie ou encore à l’aide d’une sonde nanogastrique (introduite par le nez ou la bouche) pour atteindre le petit intestin. Ce transfert permet aux bactéries bénéfiques de la flore de s’implanter dans le côlon du malade, ce qui crée un environnement hostile pour C. difficile et neutralise complètement cette bactérie.»

Vous comprendrez que cette technique a ses inconvénients; Ça prend des selles fraîches obtenues moins de 6 heures avant l’intervention. Ensuite il faut sélectionner rigoureusement les donneurs pour éviter la transmission de virus qui pourrait nuire au patient et finalement mais non le moindre, la réticence à absorber des matières fécales lors de l’administration par sonde nanogastrique.

Mais l’espoir renait et la solution a été développée par des scientifiques américains; les matières fécales sont congelées puis administrées sous forme de capsules, sans perte d’efficacité. L’expérience de cette solution a été testée sur 20 patients et 70% ont été guéris après l’absorption d’un seul traitement, alors que les 30% restants ont obtenus le même résultat positif après un second traitement une semaine plus tard.

Une bonne nouvelle, en ces temps de mauvaises nouvelles, ça se prend bien. Maintenant, si un grossier personnage vous dit – Mange d’la marde, vous pourrez au moins lui apprendre que ça peut sauver des vies.

Une réflexion sur “«Bein l’affaire est beurrée d’marde!»

  1. Diane Therrien

    Et que maintenant, avec pareille déclaration, on peut dire que l’expression « Ça vaut pas d’la marde » prend un tout autre sens….. Intéressant mon Normand, bravo !

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