Pas de souliers devant la cheminée

Pas de souliers devant la cheminée001Il était une fois, dans un petit village, un cordonnier du nom de Jean. Il adorait faire des chaussures, les réparer, les ressemeler, les lustrer. Il travaillait si bien que les villageois se contentaient d’avoir une seule paire de souliers qu’ils gardaient longtemps : ils les déposaient le soir et revenaient les chercher à l’aube, réparés et cirés.

Jean avait un fils, Pierre, qui aidait souvent son père au magasin. Et Pierre aimait faire des petites blagues aux clients qui venaient rechercher leurs chaussures :

– Bonjour, monsieur Coropied, voilà vos escarpins rouges!

– C’est quoi cette histoire! Je ne porte pas de chaussures de femme moi, seulement mes bons gros godillots de montagne!

– C’était une blague, monsieur Coropied. Voilà vos godillots et à bientôt!

À l’approche de Noël, Pierre eut une idée qu’il trouva grandiose : s’il gardait toutes les chaussures de tous les habitants du village chez lui, lorsque le père Noël passerait, c’est chez lui qu’il viendrait livrer tous les cadeaux! Et Pierre aurait les surprises de tout le monde pour lui tout seul!

Le lendemain, deux clients vinrent chercher leurs souliers :

– Non, désolés, papa dort encore. Repassez plus tard, répondit Pierre. Et à une autre dans l’après-midi :

– Non, désolé, Papa n’a pas eu le temps de finir son ouvrage, Revenez.

Sa réponse fut la même pour tous les villageois qui voulaient récupérer leurs chaussures. Il fallait atteindre au moins un mois.

Petit à petit, on assista à un étrange spectacle dans les rues du village : certains ne quittaient plus leurs chaussures et se promenaient donc avec leurs pantoufles aux pieds, dans la neige. D’autres avaient ressortis leurs chaussures d’été : ils étaient en sandalettes, mais avec de grosses chaussettes!

Le soir de Noël, le cordonnier descendit dans sa cave à la recherche d’une bonne bouteille de vin. Et que découvrit-il? Des chaussures de toutes sortes qui s’entassaient jusqu’au plafond.

– Qu’est-ce que c’est que toutes ces chaussures dans la cave? demanda-t-il à Pierre.

– J’ai gardé les chaussures des gens pour avoir plus de cadeaux, répondit Pierre, tout penaud.

– Ça ne va pas, non! On ne va pas priver les gens de leurs cadeaux! Nous allons rendre immédiatement ces chaussures à leurs propriétaires! En route, mauvaise troupe!

Et Jean et son fils passèrent la soirée à déposer chaque paire de chaussures sur le paillasson de chaque maison du village.

Pas de souliers devant la cheminée002Quand le père Noël passa en traîneau, il fut bien étonné :

– Oh, oh, je suis dans un drôle de village ici! Les chaussures ne sont pas devant la cheminée, mais devant la porte d’entrée. D’un autre côté, c’est gentil pour moi, ça m’évite de passer par la cheminée!

Et le père Noël déposa tous les cadeaux à côté des chaussures sous les porches des maisons.

Le lendemain matin, chacun trouva devant sa porte non seulement les cadeaux dont il avait rêvé, mais aussi ses souliers adorés!

– C’est la magie de Noël! s’écrièrent-ils tout joyeux.

Histoire de Gaëlle Dubourdieu
I
llustrations par Hervé Florès
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

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