La maladie prend des vacances

VacancesSaviez-vous que la malédiction ou la chance de tomber malade et d’obtenir des soins sont inexistantes entre le 29 juin et le 24 août de la présente année. Rien ne peut nous arriver. C’est comme une sorte d’immunisation contre le destin ou la fatalité. Même que nous sommes chanceux parce que c’est deux semaines de moins qu’à l’habitude. La raison est que 39 hôpitaux de notre belle province de Québec fermeront plus de 800 lits durant cette période qui se veut une période de pointe pour que le personnel médical puisse jouir de leurs vacances annuelles.

Bien sûr, j’ironise… mais à peine. J’ai toujours trouvé cette aberration incompréhensible. Dans un domaine qui ne connaît jamais de ralentissement, dans un service d’urgence et de première ligne pour traiter efficacement les malades, c’est dénué de sens et de jugement. On n’en n’a pas assez d’attendre inlassablement après une foule de service médicaux, voilà qu’on permet des absences autorisées de masse dans une période estivale, alors qu’elles devraient s’échelonner sur toute l’année et de façon uniforme, sans perturbations. Et il devrait en être ainsi dans tous les secteurs névralgiques, d’urgence et de premières nécessités.

La maladie ou l’hospitalisation s’amènent sans crier gare, d’où l’obligation de fournir une disponibilité de services médicaux toute l’année durant. N’en déplaisent aux employés concernés, cet incontournable est inhérent à ce travail qu’ils ont choisi, ou à cette carrière qu’ils caressaient. Ils ont droit à leurs vacances comme tout le monde, mais ce droit ne peut faire en sorte que les services à la population ne puissent en souffrir, en concentrant une majorité d’absences dans une période de 6 ou 7 semaines et en plein cœur de l’été, par surcroît. Ils s’organisent comment le reste du temps ?

Les lits ne devraient jamais être fermés pour des raisons de vacances. On n’a pas les moyens de ce luxe parce que la maladie ne s’absente pas selon certaines périodes du calendrier. Avec les taxes et impôts qu’on injecte massivement dans notre système de santé c’est la moindre des choses qu’on s’attende à ce qu’une saine gestion des ressources disponibles soit appliquée, 365 jours par année.