L’hypocrisie de nos élus

autrucheQuel titre éloquent et révélateur de ce qui se passe avec les régimes de retraites de nos élus, qu’on apprenait hier, dans la section Opinions du Journal de Montréal, sous la plume de Sébastien Robert, syndicaliste et étudiant à la maîtrise en relations industrielles à l’Université de Montréal. On en apprend des belles dans cet article et c’est à se demander si nos chers élus s’en préoccupent tant que ça, de la capacité de payer des CONtribuables.

La logique des élus municipaux et de l’Assemblée nationale est que les employés municipaux doivent faire des sacrifices pour soulager les CONtribuables et qu’un régime coûtant 18% du salaire, financé à 50/50, est raisonnable. Mais dans les faits, les élus municipaux ne contribuent qu’à 6,15% de leur salaire dans leur régime de retraite, alors que la ville, financée par les CONtribuables, doit verser 20,73% du salaire dans le régime de retraite, pour un total combiné de 26,88%, qui représente 50% plus coûteux que la limite de 18% que ces élus municipaux veulent imposer à leurs employés.

De plus, les CONtribuables financent à 77% le régime de retraite de leurs élus, puisque ces derniers ne payent 23%, par le fait même beaucoup plus avantageux que le financement 50/50 qu’ils veulent imposer aux employés municipaux, via le projet de loi 3. Il est clair que les Labaume, Coderre et Moreau de ce monde se gardent bien d’en parler.

Pour les membres de l’Assemblée nationale, c’est la même chose puisque 79% des coûts de leur régime de retraite est financé par les CONtribuables alors que leurs cotisations ne représentent que les 21% restant. Là encore c’est 2,4 fois plus élevé que ce qu’ils entendent imposer aux employés municipaux. Motus et bouche cousue là aussi.

À la lumière de ces constatations, la Loi qui découlera du projet de loi 3 doit inclure le sacrifice des élus au même titre que les employés municipaux et c’est là que le combat doit porter. Il ne faut pas qu’encore une fois, les travailleurs municipaux, qui ont obtenus ces régimes de retraite négociés aux prix d’augmentations de salaires réduites, soient les seuls à payer le prix d’une gestion déficientes des élus et des actuaires qui n’ont pas été capables, avec leurs salaires faramineux, de voir le gouffre qui s’est formé petit à petit. De l’immobilisme !

Très bon article Monsieur Robert. Espérons que ça fasse boule de neige.