Perceptions différentes pour un meurtrier d’enfant

Quelle triste histoire que celle du meurtre de la petite Rosalie Gagnon, survenu cette semaine à Québec, dont le corps a été découvert dans un bac à ordures. Si sa mère n’a pas été accusée formellement d’infanticide, c’est que les policiers sont à amasser la preuve pour porter des accusations officielles.

Tout a été dit et écrit sur cette horreur inqualifiable depuis les événements et dans l’opinion publique, les qualificatifs employés ne sont pas acerbes envers la présumée meurtrière, plusieurs sont même compatissants… Mais si c’était un homme le coupable? Probablement qu’il serait déjà condamné et on exigerait une peine à perpétuité. On n’a qu’à se rappeler l’affaire Guy Turcotte… les propos étaient plus cinglants, sévères et de façon unanime il méritait la peine de mort pour son crime odieux et répugnant, sans autre forme de procès. Bref, il ne méritait pas de vivre.

Hier, dans les pages du Journal de Montréal, Richard Martineau en a fait le sujet de son article et je suis tout à fait de son avis. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui…

MEURTRES D’ENFANTS : DEUX POIDS, DEUX MESURES?

Se pourrait-il que notre réaction face aux parents qui tuent leurs enfants change selon le sexe de la personne qui commet l’irréparable?

Quand c’est un père qui tue ses enfants, on dit – avec raison – que c’est un monstre, un salaud.

Mais quand c’est une mère – comme Sonia Blanchette, qui a noyé ses trois enfants –, on la prend en pitié en disant qu’elle était épuisée, dépressive, laissée à elle-même…

UN RÉFLEXE SEXISTE

On parle beaucoup de sexisme, par les temps qui courent. Eh bien, cette modulation de notre indignation est sexiste. Un meurtre est un meurtre.

Les enfants de Sonia Blanchette sont aussi morts que ceux de Guy Turcotte. Le fait qu’ils ont été tués par leur mère plutôt que par leur père ne change rien à leur triste sort.

Leur mort est aussi scandaleuse, impardonnable et révoltante. Autre cas de sexisme : le magazine L’Actualité consacre la page couverture de sa plus récente édition au « burn-out parental ».

Or, qu’est-ce qu’on voit sur la photo? Une mère épuisée devant ses deux enfants. Les pères épuisés, ça n’existe pas? Des papas monoparentaux, qui sont au bout du rouleau? Qui sont dépressifs, qui ne savent plus quoi faire?

Pourtant, dans son touchant récit Dérives, Biz de Loco Locass a parlé en long et en large de la dépression qui l’a foudroyé après la naissance de son premier enfant.

« Dans mes bras, mon pauvre fils était exténué d’avoir trop pleuré. J’allais le bercer dans le salon à la lueur d’un réverbère. La pluie laissait de longues traînées tristes sur les vitres et, malgré tout, j’étais incapable de compassion pour mon propre bébé, pourtant si vulnérable dans la noirceur, le silence et la solitude. »

Le burn-out parental frappe tout le monde. Les hommes comme les femmes.

UN CRIME CRAPULEUX

Ou l’on devrait se montrer aussi indulgents envers les pères qui commettent l’irréparable qu’envers les mères.

Ou l’on devrait se montrer aussi sévères envers les mères qui tuent leurs enfants qu’envers les pères.

On dit que les hommes tuent leurs enfants pour se venger, alors que les mères tuent leurs enfants par « compassion », pour ne pas qu’ils souffrent…

Dites ça à Patrick Desautels, l’ex-conjoint de Sonia Blanchette, pour voir. Pas sûr que ça va soulager sa souffrance… Cet homme est autant une victime qu’Isabelle Gaston, l’ex de Guy Turcotte. Les parents doivent protéger leurs enfants, point. Tu sens que tu es sur le point de péter les plombs? Va chercher de l’aide ou laisse ton enfant dans le hall d’entrée d’un hôpital, avec une note accrochée à la poussette. Il n’y a rien qui justifie, explique ou excuse le meurtre d’un enfant. C’est un crime crapuleux. Le pire qu’on puisse commettre.

MESSAGE DE SOLIDARITÉ

Actuellement, un « message de solidarité » circule sur les médias sociaux.

L’auteure s’adresse aux « mamans de ce monde » à qui il peut arriver « de baisser les bras » et « de ne plus savoir quoi faire » parce qu’elles sont épuisées.

Pas sûr qu’on se serait montré aussi « compréhensif » si la petite Rosalie Gagnon avait été tuée par son père…

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