Les Noëls d’antan

Beaucoup axés sur les cadeaux de nos jours, les Noëls d’antan n’ont pas toujours été ainsi. Autrefois c’étaient les rassemblements familiaux qui étaient à la mode. Quelques objets ou friandises déposés dans des bas suspendus à la cheminée, faisaient l’affaire et rendait les enfants heureux.

Personnellement, étant né après la seconde Guerre Mondiale, l’époque du bas sur la cheminée m’était inconnue mais, en contrepartie, les retrouvailles en famille je les ai vécues chez mes grands-parents dont on faisait la tournée au Jour de l’An au travers des arômes des repas traditionnels qui ouvraient l’appétit, et le gros nuage de boucane (tout le monde fumait).

Cousins, cousines, oncles, tantes et tout ce qui s’appelait la parenté remplissaient la maison. Ça chantait, jouait aux cartes et les mousses s’amusaient avec les cadeaux reçus à Noël. C’était « LE party ».

Alors que je parcourais le numéro de décembre de la revue Coup de pouce, auquel ma conjointe est abonnée, je suis tombé sur la description des Noëls d’antan de trois sages de 88, 90 et 100 ans. C’est ce que je vous propose à l’approche des Fêtes pour se mettre dans l’ambiance du temps où ces réjouissances ne revêtaient pas leur caractère commercial et mercantile d’aujourd’hui. Autre temps, autre mœurs, n’empêche que c’était le bon temps, comme diraient certains… pour se rappeler le bon vieux temps.

3 SAGES SE RAPPELLENT Amélie Cournoyer

ARMAND PARADIS, 88 ANS

Armand se rappelle que la veille de Noël était tranquille quand il était enfant. Il passait la soirée en famille, avec son père, sa mère et sa sœur. Après le souper, sa sœur et lui allaient se coucher, ne dormant que d’un œil jusqu’à ce que leurs parents les réveillent pour la messe de minuit. « Je me souviens du sleigh que l’on prenait pour aller à l’église et du son des clochettes attachées aux chevaux, dit-il. L’église était tellement belle, toute décorée et illuminée pour l’occasion. »

Après la messe, la famille Paradis revenait à la maison et les enfants recevaient de petits cadeaux. « Je n’oublierai jamais le révolver-jouet avec les cartouches en bois qu’on m’a donnés, un Noël. Ils étaient accrochés à une ceinture que je pouvais mettre à ma taille. J’ai joué avec ça toute l’année ! », raconte Armand. Quant à ma sœur, elle recevait des « affaires de filles », comme des poupées.

Le 25 décembre sonnait le début des festivités chez les Paradis. « Chaque soir. À tour de rôle, une famille invitait le reste de la parenté. Entre mes tantes, il y avait même un petit concours à savoir qui ferait le meilleur dessert ou la meilleure tourtière », poursuit celui qui ne cache pas s’être régalé.

Reste que le plus gros rassemblement familial, c’était au Jour de l’An. « On partait en sleigh, emmitouflés dans d’épaisses couvertures, se souvient-il. Mon père mettait des briques chauffées sous nos pieds pour nous garder au chaud. Ça prenait seulement une demi-heure pour nous rendre chez mon grand-père, qui habitait dans le même village, mais je trouvais ça tellement long ! J’avais hâte d’arriver. » La maison du grand-père maternel était alors remplie d’invités, la table débordait de nourriture, tout le monde était heureux et s’amusait… Bref, Armand savait que la soirée finirait tard !

Son conseil de sage : « Aujourd’hui, la vie est différente qu’elle était à l’époque, mais c’est important de poursuivre les traditions, comme aller à l’église, à Noël, et de recevoir la famille, la parenté. Les rituels, ça fait du bien aux gens ! »

YOLANDE LAROCHE, 90 ANS

Celle qui a grandi au sein d’une famille de 14 enfants se rappelle que Noël demandait beaucoup de préparation… « À l’époque, le temps des Fêtes commençait au début du mois de décembre et se poursuivait jusqu’à l’Épiphanie. Noël et le Jour de l’An étaient les deux grandes fêtes au cœur de cette période de réjouissances », raconte Yolande.

Tout commençait début décembre avec l’abattage de quelques animaux de la ferme familiale par les hommes. On faisait ainsi des provisions de viande pour l’hiver et pour les repas du temps des Fêtes, bien sûr ! Ensuite, les femmes pouvaient entreprendre le grand ménage de la maison et cuisiner les rôtis, tourtières, cretons, tartes, gâteaux et tout ce qu’il fallait pour bien recevoir la visite. « Durant leurs moments de répit, le soir, les femmes tricotaient des vêtements ou faisaient de la broderie tandis que les hommes fabriquaient des jouets en bois. C’étaient leurs cadeaux aux enfants. Ils n’achetaient pratiquement rien dans les magasins », poursuit-elle.

Tout le mois de décembre, à l’école, l’enseignante préparait les enfants à la naissance du petit Jésus. Les sacrifices que faisaient Yolande et ses camarades de classe (travailler fort à l’école, aider les parents à la maison, rendre service, éviter la chicane) étaient écrits sur des bouts de papier. Ceux-ci devenaient les brins de paille dans la crèche : alors il en fallait beaucoup pour la rendre confortable et que le nouveau-né soit bien au chaud ! « Noël était une fête religieuse entièrement consacrée à l’arrivée de Jésus, souligne Yolande. Il n’était pas question de cadeaux. L’enfant qui avait fait des sacrifices pour faire plaisir à Jésus et qui assistait à la messe de minuit était comblé. »

Quant au Jour de l’An, ça swinguait fort dans la famille de Yolande ! « Il y avait plus de 100 personnes chez-nous, se souvient-elle. C’est à ce moment-là qu’on se donnait des cadeaux. On se gâtait, on mangeait, puis on chantait et on dansait durant une bonne partie de la nuit. »

Son conseil de sage : « Pendant le temps des Fêtes, oubliez les questions d’argent et prenez le temps de vous arrêter, afin de vous concentrer sur ce qui compte vraiment, soit les valeurs humaines, comme l’amour, l’amitié et l’entraide. »

MARIE-CLAIRE DANEAU, 100 ans

Dans la famille de Marie-Claire, le temps des Fêtes commençait par la messe de minuit. « C’était très solennel. Les gens étaient bien habillés. Il y avait une chorale spéciale qui interprétait les chants de Noël », dit-elle.

Après la messe, le domicile familial de Marie-Claire devenait le point de rassemblement de toute la parenté. Oncles, tantes, cousins, cousines… ils étaient une quarantaine en tout à s’échanger des vœux de Noël tout en dégustant des tourtières, des sandwichs de toutes sortes et une très grande quantité de beignes préparés par sa mère, ses sœurs et elle. Pour mettre de l’ambiance, un disque de chansons de Noël jouait en boucle, « mais pas trop fort pour ne pas déranger ».

Vers 2 heures du matin, les enfants recevaient leurs cadeaux. « La plupart du temps, on se donnait des gants, des tuques et des foulards que mes sœurs avaient tricotés », raconte Marie-Claire. Dans leur bas de Noël, c’est-à-dire un bas de laine accroché à leur lit, les enfants trouvaient des bonbons aux patates, un morceau de chocolat ou de sucre à la crème, puis un fruit, comme une pomme, une orange ou une banane.

Par la suite, tout le monde allait se coucher pour dormir une heure ou deux avant de se rendre à la messe de l’aurore du 25 décembre. « Mes sœurs et mon beau-frère faisaient partie de la chorale. Quand on les entendait chanter, on se sentait au ciel », se rappelle-t-elle.

Tout le temps des Fêtes, la parenté en profitait pour se visiter tous les jours, ce qui donnait lieu à des soirées dansantes. « Ma mère jouait du piano et mon père chantait. Le reste du monde dansait des valses et des sets carrés », poursuit Marie-Claire. Dans sa famille, les festivités se terminaient à la fête des Rois, le 6 janvier, par une soirée paroissiale où l’on jouait aux cartes entre voisins.

Son conseil de sage : « Concentrez-vous moins sur les cadeaux et plus sur les fêtes de famille. C’est important de vous réunir, de vous voir, d’échanger et de passer du bon temps ensemble tant que vous le pouvez, parce que personne n’est éternel. »

Et vous… ? Vous avez un souvenir à nous raconter ? Allez-y, on vous écoute…

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