Encore et toujours l’assimilation qui nous guette

Pas normal qu’au Québec on ait encore notre langue à défendre. C’est bien beau la mondialisation, mais qu’en restera-t-il dans une trentaine d’années ? Celles-ci avancent et l’usage du français empire. Il faut être complètement aveugle pour ne pas le voir et sourd pour ne pas l’entendre. Les jeunes, c’est à vous de prendre le bâton du pèlerin pour sauver le français au Québec.

Sophie Durocher a écrit un article intéressant sur le sujet, dans l’édition d’hier du Journal de Montréal. Évidemment que je partage son opinion, puisque c’est son texte que je partage avec vous aujourd’hui. Assoyez-vous confortablement avec votre tasse de café pour prendre connaissance de cette assimilation à très petites doses.

BONJOUR, HI, BYE BYE LE FRANÇAIS Sophie Durocher

Je suis découragée. Abattue. Déprimée. Dégoûtée. Affligée. Démoralisée. Atterrée.

Je viens de regarder le documentaire I speak Français qui sera diffusé le 20 mars à Télé-Québec, et je suis maintenant convaincue que les milléniaux québécois trouvent l’anglais tellement chill que le Québec sera une province bilingue, comme le Nouveau-Brunswick, quand je serai grand-mère.

MON DRAPEAU EN BERNE

La journaliste Karina Marceau a commandé un sondage pour connaître l’opinion que les jeunes de 18-24 ans ont du français. Ils sont fiers de parler la langue, mais la trouve compliquée pour rien, et ne voient pas où est le problème de parler franglais. Mais la donnée qui m’a donné froid dans le dos est la suivante : 60% des jeunes Québécois sont en faveur de l’assouplissement de la loi 101 pour permettre d’avoir une éducation en anglais dès le primaire. Attendez : ce chiffre monte à 91% auprès des jeunes de la ville de Québec.

On touche ici au paradoxe québécois : à force de protéger le français, on a fini par faire croire à nos plus jeunes que la bataille était gagnée et que plus rien ne menaçait la langue de Molière au Québec.

Que va-t-il arriver, d’après vous, si les enfants des milléniaux ont accès à l’école en anglais ? Toute une génération va envoyer sa progéniture s’éduquer dans la langue du commerce et on va garder le français comme une langue qu’on parle à la maison, un peu folklorique, pour parler à grand-maman et grand-papa quand on va leur rendre visite.

Comme le dit une jeune fille interviewée dans le documentaire : « Je regarde la télé en anglais, je regarde des films en anglais et je n’écoute que de la musique anglaise ». Alors, pourquoi s’emmerder à apprendre les règles du participe-passé ?

Je ne sais pas ce qui est le plus décourageant du documentaire. Entendre la députée de Québec solidaire Catherine Dorion, toujours prête à mettre une tuque sur la qualité du français, souhaiter qu’on foute la paix aux jeunes en arrêtant de leur dire qu’ils parlent mal.

Ou voir ces deux jeunes francophones, entrepreneures du web à Québec, qui expliquent le plus sérieusement du monde qu’elles se parlent le plus souvent en anglais. C’est tellement catchy !

LA LANGUE DE CHEZ NOUS

Il me semble que si l’on veut que cette cause-là ne soit pas perdue, il va falloir que les plus vieux prêchent par l’exemple et donnent un sérieux coup de barre.

Pourquoi les politiciens parlent-ils si mal ?

Pourquoi les publicitaires permettent-ils que des fautes de syntaxe, des erreurs grossières, des expressions fautives se glissent dans des messages qu’on entend à répétition ?

Comment voulez-vous que des milléniaux soignent leur français quand les influenceurs parlent de leur team ou que les vedettes parlent de leur best ? L’autre jour, j’ai même entendu une chroniqueuse culturelle à Radio-Canada parler de donner du love à un artiste. Et l’animateur n’a pas bronché et ne l’a pas reprise. Misère, du love, pour l’amour du Bon Dieu ! Je comprends que certains mots anglais, intraduisibles, soient utilisés. Mais depuis quand les mots « amour », « équipe », « meilleur » sont-ils devenus ringards ?