Laïcité : pourquoi des compromis ?

Enfin, un gouvernement décide d’en finir une bonne fois pour toute avec le niaisage des onze dernières années sur la neutralité des employés de l’État et des personnes en autorité. Le gouvernement Legault a accouché de son projet de loi qui, certes, fera des vagues et alimentera abondamment le débat, mais doit être adopté. D’ailleurs, c’est déjà commencé.

Le seul problème que j’ai avec le projet de loi c’est qu’il crée des exceptions qui n’ont pas leur raison d’être. Pourquoi permettre le port de signe religieux à ceux qui sont déjà en poste d’autorité ? On aboutit à deux groupes de personnes qui font le même travail, mais qui bénéficient d’exceptions. Aussi, pourquoi on soustrait les écoles privées et les CPE de la loi ? Ne sont-ils pas des éducateurs ? Qui dit éducateur, dit, personne ayant autorité. Ils devraient être inclus ! Point à la ligne !

La levée de boucliers est enclenchée mais la loi imposerait l’interdiction du port de signes religieux au moment d’exercer leur pouvoir d’autorité. Une fois leur travail terminé, rien ne les empêche d’afficher leurs signes religieux. Il est où le problème ? Une forte majorité de Québécois a affirmé son appui à une telle loi. Il ne faut pas reculer. Absolument pas !

Du côté anglophone, on affirme déjà défier la loi. Cette loi doit avoir du muscle pour imposer des conséquences très sévères aux hors la loi qu’on peut qualifier de désobéissance civile. Ça vous surprend ? On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

Finalement, la réaction des fédéraux et des autres provinces ne surprend personne. S’ils étaient dans nos souliers, ils feraient probablement la même chose. En période électorale, leurs propos négatifs étaient prévisibles.

On n’a pas fini d’en entendre parler mais je souhaite que la loi soit adoptée rapidement, sans créer d’exceptions à l’intérieur des groupes, dans l’ordre et le respect de tous. Ensuite, qu’on passe à autre chose.