Cancer : diagnostic rapide bientôt

MONTRÉAL | D’ici cinq à dix ans, il pourrait être possible de diagnostiquer un cancer avec une simple prise de sang. La « biopsie liquide » suscite déjà de nombreux espoirs chez les spécialistes.

On savait depuis les années 1950 que les tumeurs relâchent des cellules cancéreuses dans le système, mais la technologie scientifique ne permettait pas jusqu’ici de les identifier dans un échantillon de sang. Un diagnostic officiel de cancer ne peut donc être fait sans une biopsie de tissu, une opération qui s’avère être très douloureuse pour certains types de cancer, ceux du sein et du pancréas, entre autres.

« Pour un cancer du cerveau par exemple, une prise de sang serait beaucoup moins invasive qu’une opération à la tête. En plus, on pourrait suivre l’état du cancer beaucoup plus régulièrement, alors qu’une biopsie au cerveau, on ne peut pas faire ça n’importe quand », a ajouté le Dr Richard Béliveau.

Spécialiste dans la recherche sur le cancer, le Dr Béliveau s’enthousiasme à propos des récentes avancées techniques, qui devraient rendre possible un diagnostic par biopsie liquide d’ici quelques années.

En plus d’être moins pénible pour les patients, la biopsie liquide représenterait des économies importantes pour l’État, une prise de sang étant évidemment moins coûteuse qu’une opération.

UNE RÉVOLUTION ?

La biopsie de tissu demeurerait cependant nécessaire dans certaines situations, notamment pour déterminer la manière d’opérer, lorsque c’est nécessaire.

« La biopsie liquide est potentiellement une révolution, mais il faut rester prudent. Ça ne remplacera pas la biopsie de tissu. Ce sera complémentaire », a nuancé le docteur en biochimie clinique Nicolas Tétreault, qui a un intérêt marqué pour les biopsies liquides.

Reste que lors du forum annuel de la Fondation du cancer du sein, qui se tenait samedi au Centre des sciences de Montréal, où était invité Nicolas Tétreault, la biopsie liquide a créé un intérêt indéniable.

« Peut-être qu’un jour, avec l’intelligence artificielle, on n’aura plus du tout besoin de biopsie de tissu. Mais pour le moment, la biopsie liquide est quand même une importante avancée », a conclu, enjouée, l’une des vice-présidentes de la fondation, Jida El Hajjar.

Source : Étienne Paré, Journal de Montréal, 11 mai 2019

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