Vous êtes constipés ? Voici un bon remède

Un remède qui ne s’ingurgite pas mais se lit. Jugez-en par vous-même. Vous avez sûrement entendu parler du congédiement faramineux d’Alain Bellemare, de Bombardier.

Je vous propose le portrait que Michel Girard en a fait, dans les pages ARGENT du Journal de Montréal du 19 mai dernier. Ce sont des situations du genre qui mettent le feu au c… du travailleur journalier qui, malgré un travail exemplaire et de qualité, peine a obtenir une augmentation salariale d’à peine 2 maigres pourcents.

Comment peut-on enrichir un administrateur de la sorte, avec les résultats qu’il a livré. Voici son pénible labeur qui l’a torturé 5 ans.

L’HOMME DE 86 MILLIONS DE DOLLARS CHEZ BOMBARDIER

Alors que Bombardier a dramatiquement périclité sous son règne, son ex-PDG, Alain Bellemare, a eu le temps de s’enrichir royalement.

En l’espace d’à peine cinq ans, soit du 13 février 2015 au 11 mars dernier, la multinationale de la famille Beaudoin-Bombardier lui a permis d’empocher 86 millions de dollars.

Cela comprend : 58,6 millions $ en rémunération; quelque 10,6 millions $ en gains sur options ; et 17 millions $ en indemnité de départ.

Alain Bellemare a ainsi encaissé un revenu annuel moyen de 17,2 millions de dollars… pour finalement aboutir au démantèlement de Bombardier, qui ne sera plus que l’ombre d’elle-même une fois que la transaction de vente de Bombardier Transport à la multinationale française Alstom sera conclue.

La question à 17 millions $ : qui est responsable d’avoir versé une telle faramineuse somme d’argent à Bellemare ? C’est le conseil d’administration de Bombardier laquelle société est contrôlée par la famille Beaudoin-Bombardier. Bellemare, lui, n’a fait qu’encaisser ce qu’il avait négocié dans son alléchant contrat.

Pour vous montrer à quel point le conseil d’administration de Bombardier déborde de « générosité » envers Bellemare, ce dernier s’est fait octroyer un paiement « spécial » de 4,9 millions $ pour la transaction de vente de Bombardier Transport à Alstom.

Ça n’a aucun bon sens de verser à Alain Bellemare un tel cadeau alors qu’il était déjà grassement payé pour effectuer sa job de PDG. Quelle gouvernance !

DÉCONFITURE BOURSIÈRE

Il est par ailleurs incroyablement frustrant pour les actionnaires de constater qu’on a versé 17 millions de dollars par année à ce PDG de Bombardier qui a vu sous son règne l’action chuter de 67 %.

Lorsqu’Alain Bellemare est entré en fonction, le 13 février 2015, le titre valait 2,63 $. Lors de sa mise à pied, le 11 mars dernier, l’action ne valait plus que 88 cents.

Et depuis, en raison de la COVID-19 sur les affaires de la compagnie, l’action a continué de péricliter, se négociant autour des 41 cents.

Ce n’est pas de la faute du nouveau PDG de Bombardier, Éric Martel. Ce qui n’aide pas la « cause » de Bombardier en cette période de pandémie, c’est de se retrouver aujourd’hui avec seulement une division d’avions d’affaires.

Cette division risque d’en arracher beaucoup plus que la division Transport, qui a été récemment cédée à Alstom en vertu d’une entente devant être conclue au cours des prochains mois.

« FAITS D’ARMES »

Sous sa férule, le volume d’affaires a baissé de 4,3 milliards $ US, pour atteindre 15,8 milliards U$ en 2019, à comparer à 20,1 milliards U$ en 2014. En cinq ans, Bellemare a enregistré quatre années déficitaires.

Ses « grands » faits d’armes ?

Il a convaincu le gouvernement de Philippe Couillard d’investir 1,3 milliards $ dans la C Series, pour ensuite donner gracieusement à Airbus le contrôle du super avion que Bombardier avait développé à un coût de 7 milliards $.

Il a « sauvé » Bombardier du précipice financier en convainquant la Caisse de dépôt et placement du Québec, en 2015, d’injecter 2 milliards $ dans Bombardier Transport. De plus, il a réussi à faire investir de la part de la Caisse un autre montant de 540 millions $ dans Bombardier Transport.

Et le clou de son règne : se faire accorder par Bombardier un « paiement spécial » de 4,9 millions $ pour vendre Bombardier Transport à Alstom. Quel PDG rusé !

LES 86 MILLIOND DE BELLEMARE

Rémunération de 58,4 millions $

2015 : 8,2 millions $

2016 : 12,6 millions $

2017 : 13,8 millions $

2018 : 13,7 millions $

2019 : 10,1 millions $

Liquidation d’options en 2018

10,6 millions $

Arrangement de départ en 2020 : 17 millions $

Indemnité de départ : 9,6 millions $

Paiement spécial (vente Bombardier Transport : 4,8 millions $

Prime pour objectifs de performance atteints : 2,6 millions $