Acheter majoritairement local, une question de survie

Acheter de l’étranger doit devenir l’exception, si on veut prospérer et sauver notre économie nationale. Depuis trop longtemps, la mondialisation a changé le portrait et fait profiter les grandes puissances dont la Chine qui, après la seconde guerre mondiale, quémandait nos sous pour sauver les pauvres petits Chinois.

Il faut être de moins en moins dépendants de ces grandes puissances et faire en sorte de faire prospérer notre environnement immédiat, plus sensibilisé à nos besoins et nos valeurs.

Le prix ne doit plus être notre premier critère d’achat. Notre économie ne s’en relèvera que mieux après cette pandémie. La mondialisation, très peu pour moi !

Claude Villeneuve a écrit un article intéressant sur le sujet, dans l’édition du Journal de Montréal du 25 avril dernier. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui. Pensez-y, pour des lendemains profitables pour nous.

L’INTÉRÊT DE LA CHINE ET LE NÔTRE

Quiconque a des parents baby-boomers a déjà entendu la blague. « Quand on était jeunes à l’école, les sœurs nous faisaient acheter des p’tits Chinois. Astheure, c’est eux autres qui nous achètent ! »

L’image, pour caricaturale qu’elle soit, illustre néanmoins l’immense retournement de notre perception de la Chine au cours des 50 dernières années. Aux bandes dessinées nous présentant les Chinois comme des petits êtres courtois aux drôles de chapeaux a succédé l’image, plus réaliste, d’hommes en habit noir rusés qui se promènent avec des valises pleines d’argent.

SI GROS, SI LOIN

La géopolitique, la diplomatie et les relations internationales, ça peut paraître très abstrait et lointain pour les gens du commun que nous sommes. À l’ère Trump plus que jamais, on suit ça presque comme un téléroman. Quand Loïc Tassé nous parle dans notre section spéciale publiée aujourd’hui des nouvelles routes de la soie, de l’alliance circonstancielle de la Chine avec la Russie ou de ses rapports méfiants avec l’Europe, c’est passionnant, mais on se sent un peu comme une fourmi qui regarde des bulldozers se rentrer dedans. C’est si gros que ça a l’air loin.

Sauf qu’en temps de crise, quand on se fait raconter qu’on espère se faire livrer des masques N95 et qu’on a peur de mourir en détresse respiratoire parce qu’on manque de propofol pour faire des sédations, ça devient très concret, la domination économique de la Chine. On lui a sous-traité notre production manufacturière, elle produit 25 % de tous les biens de la planète, dont 40 % des médicaments, et on se surprend ensuite qu’elle soit devenue la première économie au monde et qu’elle émette autant de GES.

Le résultat, néanmoins, c’est que la Chine nous tient par là où c’est sensible. Alors qu’elle nous a contaminés par un virus qu’elle a par ailleurs tenté de nous cacher, elle se promène en sauveuse en distribuant du matériel médical en Italie et on doit la supplier pour qu’elle ne nous oublie pas.

Mais oui, la Chine, c’est gros, c’est loin, et entre la faiblesse de Justin et la folie de Trump, on se demande bien, comme citoyens, qui nous protégera et quelle sorte d’emprise on peut avoir sur tout ça.

LE VRAI COÛT

Pourtant, on en a une, une prise. Et c’en est une méchante grosse, à part de ça.

Ça se passe chaque fois qu’on va sur Wayfair s’acheter des gréements et des cossins, chaque fois qu’on magasine, que ce soit à l’épicerie ou en ligne ces temps-ci et qu’on cherche le meilleur prix.

On pense que notre intérêt, comme consommateur, c’est de trouver le produit dont le nombre précédant le signe de piastre est le plus petit. Moins on paye cher, plus on pense que c’est avantageux.

Pourtant, en 2020, le coût d’un produit, on ne devrait pas le mesurer seulement à son prix de vente. Dans le coût, il faudrait aussi évaluer ce que ça va générer comme pollution de le produire à l’étranger et de le transporter jusqu’ici. Il faudrait aussi tenir compte de ce que le voisin qui produit le même bien et qui vend plus cher ne viendra plus dépenser ensuite dans nos propres commerces. On devrait calculer ce que ça coûte de nous nuire à nous-mêmes.

L’argent qu’on dépense chez nous, il circule et il nous revient. L’argent qu’on dépense en Chine, il s’en va là-bas et ne revient jamais.

ACHETER CHEZ NOUS

Nous ne pourrons pas, humbles citoyens, influencer le volontarisme de la Chine à implanter ses nouvelles routes de la soie et les sautes d’humeur de Trump à son égard. On peut toutefois ne pas opter pour un téléphone cellulaire Huawei pour éviter d’être surveillé et préférer l’ail du Québec à celui de Chine, qui est moins cher, mais qui fait davantage roter, selon Fabien Cloutier.

À la fin, la Chine a ses intérêts. Qui n’en a pas ? Il faut juste prendre conscience que ce n’est pas le même que le nôtre, ni comme citoyen, ni comme consommateur, ni comme Québécois, ni comme Nord-Américain.

Notre intérêt, à nous, c’est d’acheter chez nous, comme nous le suggère l’initiative du Panier Bleu. De rebâtir nos chaînes d’approvisionnement autour de biens manufacturés localement. De recommencer à produire nous-mêmes notre matériel médical, nos médicaments et tout ce qui est nécessaire en contexte d’urgence.

De faire travailler notre monde. De contrôler nous-mêmes l’empreinte environnementale de notre industrie.

La Chine fera ce qu’elle veut, selon son intérêt. Nous, faisons ce que nous avons à faire, selon le nôtre.

Faire une différence

Il y a de ces histoires qu’on ne peut passer sous silence. Des histoires qui font une différence dans la tragédie des CHSLD. Des gens qui s’impliquent et pour qui aucun défi est insurmontable.

Des personnes qui méritent qu’on les dévoilent au grand jour pour donner à d’autres le goût de faire une immense différence. Voici l’histoire d’Anouk, qu’elle a pris la peine de rédiger.

Anouk aurait très bien pu continuer, comme bien du monde, à sauver des vies en se lavant les mains et en regardant des séries dans le confort de son sofa.

Elle est allée prêter main-forte dans un CHSLD.

Un de ceux où ça va mal.

« À force d’entendre les appels à venir aider, j’ai eu une écœurantite de ne rien faire, de voir d’un côté des gens qui sont acharnés à aider et de l’autre, des gens qui se trouvent des hobbies. J’étais une lionne en cage, j’avais besoin d’être du côté de ceux qui aident. Ce n’est pas dans ma personnalité de rester là à ne rien faire. »

Elle s’est inscrite sur le site du gouvernement, elle a attendu qu’on la contacte, elle a fini par faire ses propres démarches en passant par une amie qui connaît le directeur d’un CHSLD en banlieue de Montréal, avec environ 150 résidents.

« Je lui ai parlé au téléphone le soir du 14 mars et le lendemain matin, je commençais… »

Anouk n’avait jamais mis les pieds dans un CHSLD, elle est architecte, travaille à la rénovation de condos.

Elle était dans le sud quand la crise a éclaté.

La femme de 50 ans s’est informée du mieux qu’elle a pu sur le travail qui l’attendait, sur les façons sécuritaires pour se changer en arrivant au travail et surtout en finissant.

« Je m’attendais à une situation grave, pas facile, j’étais prête. Mais être prête et le vivre, c’est autre chose… »

Et elle est débarquée là, à 7h, le mercredi matin.

« Il y avait tellement de choses à faire, je courais tout le temps. J’aime être efficace dans la vie, mais là, j’avais l’impression d’être une poule pas de tête.

La préposée me disait : – va chercher le cabaret dans la cuisine. Je ne savais pas où était la cuisine… »

Ce qui l’a frappée en arrivant ?

« Ce qui m’a frappée, c’est la saleté, les draps sales, les planchers sales… »

Après ses trois premiers shifts de huit heures, elle s’est assise pour écrire ce qu’elle a vécu, elle a partagé ça sur Facebook. D’abord, ses premières impressions.

« Dans un vestiaire de fortune, une employée ou peut-être une bénévole, me demande d’enfiler jaquette, masque, visière et gants. On me conduit à l’aile des Oubliés, sans formation. Dès que je franchis la porte du vestiaire, l’odeur d’urine, de désinfectant et d’excréments me pogne au nez, même avec le masque. Certains patients demandent de l’aide, mais on ne s’arrête pas. La préposée que j’assiste m’explique qu’on a 22 patients et qu’il n’y a qu’elle et moi pour faire le travail. Deux préposées ne sont pas rentrées car elles ont obtenu un résultat positif au test du COVID-19 la veille. Ainsi commence cette aventure. C’est un champ de bataille. »

On imagine l’horreur.

Mais ce qu’on n’imagine pas, c’est l’humanité.

Anouk aurait pu raconter tout ce qui est allé tout croche, elle a décidé de parler de ces hommes et de ces femmes qu’elle a aidés.

Des humains.

Elle a donné des petits noms à ses patients, madame Petite « toute chétive et semi-consciente » à qui elle a donné du jus d’orange, du gruau et du yogourt, monsieur Hiha qui lui demande d’aller chercher ses dents. « Le dentier […] est sale, plein de nourriture séchée, croutée, durcie. Je propose de le nettoyer.

Il me dit en l’enfilant : « Oh, il tient bien, vous l’avez réparé ! »

Madame Filiforme a dormi avec ses souliers dans les pieds.

Puis, c’est au tour de madame Coquette.

« Ses cheveux sont fins et doux. Sales aussi. Elle m’explique que ça fait cinq semaines qu’elle n’a pas pris de bain. Je vérifie plus tard auprès d’une préposée et c’est vrai. Seul le nettoyage à la mitaine est permis. Donner un bain à une personne en perte d’autonomie et le décontaminer ensuite est impensable en temps de pandémie. Comme les cheveux sales sont malléables, je les lisse vers l’arrière et elle trouve que ça manque de volume. Elle est ricaneuse alors je décide de lui donner un look punk en lui remontant les cheveux en pointes. Elle prend son miroir et on pouffe de rire comme deux gamines. »

Monsieur Don Juan, 94 ans, lui a fait les yeux doux.

Dans une chambre de l’unité, deux patients sont atteints de la maladie.

« Monsieur Respirateur a bu un peu d’eau. Sa bouche est remplie de sécrétions séchées et je ne suis pas certaine que l’eau que je lui donne le soulage tant ces sécrétions doivent être inconfortables. Monsieur SOS est plus conscient. Il répète sans arrêt « aidez-moi, aidez-moi ! » Il boit avec mon aide et beaucoup de temps tout un verre d’eau. »

C’est tout ce qu’elle peut faire.

« Je me suis liée d’amitié avec madame Gentille. Elle me confie que ça fait six semaines qu’elle n’a pas parlé à sa fille. En effet, elle n’a pas de téléphone dans sa chambre. […] Je vais chercher mon cellulaire (qui implique tout un processus de désinfection), signale le numéro et remets le téléphone à madame Gentille. Elle ne sait pas comment tenir dans ces mains tremblantes mon iPhone trop petit, trop mince. Je mets le téléphone sur « speaker » et je suis témoin de leurs retrouvailles. La mère et la fille pleurent, se racontent le dernier mois, rigolent aussi. Je parle ensuite à la fille et je m’arrangerai pour apporter à madame Gentille un téléphone fourni par sa fille. »

Anouk écrit : « de tous les soins, c’est l’amour des proches qui apaise le plus ».

Puis, elle va dans une autre chambre. « Madame Attente est assise dans sa chaise roulante, un peu penchée par en avant à un bras de distance de son téléphone.

– Madame Attente, depuis 9h que vous êtes ainsi, voulez-vous que je vous déplace devant la fenêtre ?

– Non, j’attends l’appel de mon fils. Il me téléphone tous les dimanches.

– Mais on est mercredi !

– Ha… ben je suis un peu mêlée avec les jours, alors je ne veux pas prendre de chance. »

En fin de semaine, après ces trois journées passées à aider ces gens, Anouk a « pleuré toutes les larmes de mon corps ». Je lui ai parlé hier, elle revenait tout juste de finir son premier shift de cette semaine.

Ça va mieux, les renforts sont arrivés, des bénévoles, des gens de l’armée « très bien formés ».

C’est moins sale, Anouk peut passer plus de temps avec « ses » patients, elle peut leur parler, les réconforter. « Là, j’ai le temps de mieux les nourrir, je peux établir une connexion avec eux. » Elle passe environ les deux tiers de son temps dans la même unité, le tiers ailleurs où elle est appelée en urgence.

Dans son unité, il y a encore des chambres où il y a la COVID, d’autres où il n’y en a pas, avec tout ce que ça implique de procédures pour y entrer.

Comme avec madame Gentille, Anouk a prêté son téléphone quelques fois.

« J’ai vu la différence que ça fait, ça changeait même leur appétit, ils mangeaient plus après avoir parlé à leurs enfants, et pourtant ce n’était pas meilleur… »

Elle veut établir un système pour que les gens puissent appeler plus.

« Les bénévoles, que j’appelle les « préposés au bonheur », si elles ne sont pas capables de coucher les patients, elles peuvent leur brosser les cheveux, parler, et ça rend les soins plus agréables pour eux. J’espère que ça va rester, ça. »

Pendant les pauses, Anouk a eu le temps de parler à des préposés. « Pour la première fois, elles se sentent considérées pour le travail qu’elles font, ce sont un peu les héros. Mais elles ont peur que ça change, qu’après ça revienne comme avant, de perdre ce qu’elles ont gagné. » Pas juste l’argent, la reconnaissance aussi. « Ce que j’entends souvent c’est « enfin », « enfin », ils vont enfin comprendre. Les préposés ont de l’espoir, je vois de l’espoir.

Trois gouttes de lumière…

Récemment, dans La Presse+, Stéphane Laporte publiait sa réflexion sur les vieux. Une pensée pleine de sens en cette période où ces vieux sont le sujet de discussion de l’heure dans l’opinion publique.

Aurions-nous oublié que c’est grâce à eux que nous sommes là, et que si nous nous dépassons plus des deux tiers d’un siècle, nous serons leur sosie ?

C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

VIVE LES VIEUX !

On a tout faux. Les aînés ne sont pas derrière nous. Ils sont devant nous. Les aînés ne sont pas notre passé. Ils sont notre avenir. Ils sont déjà rendus là où l’on s’en va. Ils nous ont devancés. Ils ont marché avant nous. Parlé avant nous. Dansé, chanté, aimé, volé, gagné, avant nous. Trahi, chuté, perdu avant nous, aussi.

Ce ne sont pas les derniers. Ce sont les premiers. Ce sont nos Neil Armstrong. Nos découvreurs. Nos pionniers. Ce que l’on sait, ils nous l’ont appris. Lire, compter, s’intéresser, donner. Ignorer, blesser et prendre, aussi. Selon qui ils étaient sur notre chemin, on peut tout leur devoir ou leur en vouloir pour tout. Ils sont bons ou cons, comme nous. Ou, plutôt, on est cons ou bons, comme eux.

Ce qu’ils sont aujourd’hui, c’est ce que nous serons demain. Les crèmes, la chirurgie esthétique et les filtres Instagram n’y changeront rien. On ne rajeunit pas. On vieillit. Tous autant que nous sommes. Les jeunes, aussi. Le temps d’une virgule, ils sont déjà moins jeunes. On vieillit. Chaque seconde de notre vie. Parce que vieillir, c’est vivre. Et mourir, c’est ne plus vieillir.

Alors, voulez-vous bien me dire pourquoi, nous qui sommes si remplis de promesses pour l’avenir, sommes si peu préoccupés du sort des aînés ? Ce que nous leur faisons, c’est ce qu’on nous fera. Ce que nous ne leur faisons pas, c’est ce qu’on ne nous fera pas. Si on n’agit pas envers eux par altruisme, agissons, au moins, envers eux par égoïsme.

Vous pouvez même le faire pour vos enfants. Parce que, je vous le souhaite, vos enfants seront vieux un jour. Pourquoi tant de sacrifices pour qu’ils aient une belle vie, si leur fin est triste et malheureuse ? Tous les vieux sont les enfants de quelqu’un.

La société a laissé de côté les personnes âgées. Pas juste depuis le virus. Depuis une éternité. Parce qu’on ne veut pas se voir en eux. La société vit bien dans le déni. La société croit qu’elle a 18 ans et se fait croire qu’elle s’amuse tout le temps.

Le plus dérangeant dans cette histoire, c’est lorsqu’on lit le chiffre des décès, et que ça nous rassure de constater que les victimes sont surtout des gens de 70 ans et plus. Comme si c’était moins grave. Honte à nous. Une vie est une vie. Un être humain n’est pas un char. Il ne perd pas de la valeur avec le temps.

Je sais que la mort d’un enfant nous brise le cœur. La mort d’un vieil enfant devrait le briser aussi. On comptera en combien de morceaux après. On part toujours trop tôt quand on aurait pu partir plus tard.

On se console trop rapidement de la mort des aînés. Ça explique pourquoi leur existence n’est pas notre priorité. Ça explique leurs destins de délaissés.

Ce n’est pas juste en disant « ça va bien aller » que ça va bien aller. C’est en se faisant aller. Il faut changer notre rapport avec la vieillesse. Permettre de vieillir dans la dignité. Cesser d’écarter les gens plus âgés. Tout le monde fait partie de la gang. De 0 à 200 ans.

L’âge n’est pas une défaite. L’âge est un exploit. On peut en être fier. J’ai 40 ans, ça fait 40 ans que je suis là ! J’ai 50 ans, ça fait 50 ans que je suis résistant ! J’ai 60 ans, ça fait 60 ans que je passe au travers. J’ai 70 ans, ça fait 70 ans que j’aime ce monde-là !

Ça passe vite comme ça. Hier, tu regardais Pierre Elliott Trudeau dire « finies les folies » dans ta commune. Un claquement de doigts et tu regardes son fils te dire de ne pas sortir de ton centre d’accueil.

La vie est trop courte. Chaque seconde compte. Autant celles du début que celles de la conclusion. Il y a des débuts interrompus et des conclusions interminables ; peu importe où on est rendu dans le livre, c’est la page du présent qui compte le plus. Et le présent appartient aux vivants. À tous les vivants. De toutes les origines, de tous les sexes et de tous les âges.

Il a fallu trop d’horreurs pour éveiller les consciences au racisme, espérons que cette horreur éveillera nos consciences à l’âgisme.

On a toujours tort quand on catégorise les gens. On est tous nés à la même place, sur la terre. Et on est tous de la même époque. Tous des contemporains. Le reste, ce ne sont que des milliards de différences. Les aînés ne sont pas tous pareils. Pas plus que les jeunes. Voilà pourquoi on ne peut pas dire « les aînés sont comme ci, les aînés sont comme ça ».

Ça n’existe pas, le bloc des aînés. Ce qui existe c’est ton père, ta mère, le grand-père de ton ami, la grand-mère de la voisine. Bref, des êtres humains.

Vous vous demandez alors pourquoi mon titre « Vive les vieux ! ». Parce que ça rassemble tout le monde. Nous sommes tous des vieux. Quand j’avais 5 ans, mon frère en avait 12, et je le trouvais tellement vieux. On est tous les vieux de quelqu’un, qu’on soit vieux d’un jour ou vieux de douze mille jours.

Assumons-le. Surtout que l’âge ne mesure rien. Parce que ce qui nous identifie en est à l’abri. Ce n’est pas l’âge qui fait qui nous sommes, mais c’est un mot qui lui ressemble. Changez le g pour un m. L’âme. La petite voix en nous. Qui nous fait rire, pleurer, réfléchir et frémir. Invisible et omniprésente. Sans âge.

C’est pour ça qu’on est toujours étonné quand on inscrit sa date de naissance en remplissant un formulaire. Je ne suis pas vraiment rendu là ! Notre âme a toujours l’impression qu’elle vient tout juste d’arriver. Elle reste intemporelle jusqu’au jour où il faut la rendre.

Si on veut la garder le plus longtemps possible, il faut se soucier de celles et ceux qui nous ont permis d’en avoir une.

Car, tant qu’à jouer au Scrabble, remplaçons le v de vieux par un d, et nous ne serons pas loin de la vérité. Ce sont eux qui nous ont créés.

Adieu, mère idéale !

Après sa séparation, ma mère s’est délestée de son rôle parental. Je venais tout juste de terminer mon secondaire quand elle m’a demandé de ne plus l’appeler « maman ».

Quand j’étais enfant, ma mère était très présente pour mon frère et moi. Elle jouait avec nous, elle sculptait des bonshommes de neige, elle nous emmenait voir des expositions, elle nous écoutait avec sincérité et compassion… Elle était fabuleuse !

Notre adolescence a changé la donne. Quand la relation entre mes parents a commencé à battre de l’aile, je suis devenue sa confidente. Je crois même avoir su avant mon père qu’elle voulait divorcer.

Après mon secondaire, elle s’est séparée de mon père. On aurait dit qu’elle vivait une deuxième adolescence. Un jour, je l’ai vue partir sur une moto avec un homme; elle portait mes jeans. Ça été une sorte de choc.

Nos conversations n’étaient plus complices. Ma vie ne l’intéressait plus. Pour s’émanciper, elle avait besoin de se décharger de son rôle de mère, alors qu’elle avait été tellement fusionnelle avec nous pendant notre enfance !

À 25 ans, j’ai perdu ma meilleure amie de l’époque. Mon premier réflexe a été d’appeler ma mère. Elle la connaissait aussi et j’avais besoin de son soutien. Elle a promis de me rappeler le lendemain, pour finalement se décommander. Elle n’était pas présente pour moi, même quand je n’allais pas bien. Je l’ai vécu difficilement.

« Le processus de deuil du parent parfois est un passage obligé. » Julie Roussin, psychologue.

Pendant 10 ans, elle est restée avec un homme manipulateur. Quand ils se sont séparés, elle a tout perdu. Elle n’avait plus de travail, plus de maison. Elle a dû rebâtir sa vie à partir de zéro, alors qu’elle était dans la cinquantaine. Elle a finalement retrouvé un emploi, un appartement, mais n’a pas renoué avec son rôle de mère.

Elle ne s’est présentée ni au mariage de mon frère ni au mien. Elle est venue voir mon bébé les trois premiers jours après sa naissance, puis elle s’est éloignée de nouveau. Pour moi, qui pensais que ma grossesse nous rapprocherait, ça été un déclic.

Un jour, je lui ai tout déballé, je pleurais au téléphone. Elle me répondait qu’elle était désolée de ne pas pouvoir me donner ce que je voulais. J’ai alors réalisé qu’elle ne serait plus jamais la mère dévoue qu’elle avait été pendant mon enfance. Cette version d’elle n’existait plus. L’idée a fait son chemin en moi et, au bout de deux ans de thérapie, j’ai fini par accepter notre relation telle qu’elle était. « Lorsque les enfants deviennent eux-mêmes parents et qu’ils comprennent la différence d’être à la hauteur de leurs idéaux dans ce nouveau rôle, il peut y avoir une attitude d’empathie envers leurs parents et de pardon à l’égard des rancœurs entretenues », explique Julie Roussin, psychologue.

Ma mère est incapable de m’accueillir dans mes peines, elle n’en a pas la force. C’est trop dur pour elle de devoir consoler sa fille qui souffre. Un genou écorché, c’était gérable. Mais mes épreuves d’adulte, c’est trop pour elle.

En revanche, elle est de bon conseil et elle ne nous fait jamais de reproche. Elle n’est pas du tout dans le jugement ou la manipulation. Je sens qu’elle nous respecte.

« À l’âge adulte, il y a certains renoncements qu’il faut absolument faire pour être heureux, affirme la psychologue. Il faut accepter l’imperfection dans notre vie, dans notre personnalité, dans notre couple, et aussi chez nos parents. Si l’on garde des attentes idéalisées envers notre mère, on entre automatiquement dans une déception constante. La solution, c’est d’entamer un processus de deuil du parent parfait. C’est un passage obligé, bien que chacun le vive à sa façon. Par contre, accepter l’imperfection ne signifie pas qu’il faille endurer des relations toxiques au prix de notre bien-être ou de notre santé mentale. »

Je suis contente de m’être débarrassée de ma colère, de ma tristesse et de mes déceptions. Quand on se voit à Noël, je sens qu’elle n’est pas complètement détendue, mais je me concentre sur le fait qu’elle se soit déplacée pour être avec nous.

Depuis que j’ai fait le deuil de la mère idéale, notre relation est plus saine. Je ne lui demande plus de me donner ce qu’elle ne peut pas offrir. Il reste juste de la place pour de l’amour.

« Annabelle (prénom fictif), 35 ans, et sa mère se parlent maintenant au téléphone une fois par semaine environ. »

Source : Revue Coup de Pouce, Mai 2020. Propos recueillis par Julie Champagne. Illustration : Marie-Ève Tremblay/Colagene.com/c

Avoir la vocation

« Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens ». Vous vous souvenez de ce proverbe ? Dans cette crise du coronavirus, il reprend de la vigueur. Son sens : Tous les métiers sont dignes d’être pratiqués. Seuls les gens qui refusent de pratiquer certains métiers sont blâmables. Voilà !

C’est mon préambule à l’histoire humaine qui suit, rapportée récemment dans l’hebdomadaire Le Reflet sur la Rive-Sud de Montréal, sous la plume de son chef de nouvelle Hélène Gingras. Elle souligne l’implication sans réserve d’un homme, imité par plusieurs, qui y met le meilleur de sa personne pour venir en aide à la clientèle vulnérable d’un CHSLD du coin.

JUSQU’OÙ VA VOTRE SENS DES RESPONSABILITÉS ?

Daniel s’est enrôlé volontairement. Il n’est pas question pour lui de quitter le navire. Autant mourir que d’abandonner son équipage. Il a trop le sens du devoir. Et du sacrifice. Des gènes de famille sans doute.

Que fait Daniel ? Il est chef de la maintenance dans un CHSLD de la Montérégie. Il enligne les quarts de travail de 12 heures depuis six semaines. Sept jours sur sept. Il n’a pris aucune journée de congé. Aucune.

« Je suis incapable de laisser mes filles », justifie-t-il à sa femme pour expliquer son acharnement.

« Dan, c’est un passionné. J’ai beaucoup de respect pour lui parce que ce n’est pas un milieu facile », répond-elle en retour.

Ses filles, ce sont ses employées. La poignée qui reste. Parce que plusieurs sont parties. De peur d’attraper la COVID-19. En manque de personnel, ils n’arrivent pas.

La vie de l’homme de 61 ans se résume à aller travailler, à manger et à dormir. C’est lui qui s’occupe de désinfecter la chambre d’une patiente positive en isolement depuis presque deux semaines. Personne dans son équipe n’a voulu y aller.

Deux fois par jour, il s’habille comme un astronaute avant d’entrer dans la pièce où elle se trouve. Il nettoie méticuleusement. Respecte les consignes sanitaires à la lettre.

Daniel n’est pas peureux. Même s’il sait qu’il court des risques. Pas question de les faire courir à ses proches. C’est sa décision. Il dort désormais dans la roulotte. Il y mange. Il s’y lave. Il y vit. Il s’est isolé de ses proches. De sa femme. Il prend malgré tout 1000 précautions.

« Ça faisait une semaine qu’il me préparait », confie cette dernière au Reflet.

Leur vie à deux se résume désormais à échanger une assiette pleine vidée de sa nourriture. À remplacer la poche de lavage sale par des vêtements propres. Ils ne s’approchent plus l’un de l’autre.

Chaque avant-midi, son épouse désinfecte les moindres recoins de la roulotte une fois Daniel parti. Elle ouvre les fenêtres. Change parfois ses draps. Afin d’offrir un peu de confort à son mari.

Des Daniel qui s’oublient pour les autres en ce moment, il s’en compte des centaines au Québec. Dans toutes les sphères d’activités des services essentiels. Heureusement. Et ils méritent toute notre admiration.

Persiflage…

La pandémie actuelle révèle toutes sortes de lacunes dans nos systèmes sociaux. D’une journée à l’autre on découvre des anomalies qui traînent depuis des années et qui n’ont pas été prises au sérieux. Je suis d’accord avec ceux qui préconisent une enquête spéciale sur tout le système des CHSLD pour enfin faire la lumière sur ce qu’on y découvre. Tout a été écrit et malgré tout, on en apprend encore.

Mais cette enquête devra déboucher sur du concret, immédiatement. Si nos gouvernements ont pu débloquer des sommes faramineuses pour leurs citoyens dépourvus de revenus, durant cette crise, pour subvenir à leurs plus élémentaires besoins, ils devront faire de même pour la réforme urgente des CHSLD. Le temps des promesses est terminé. Il faut passer à l’action coûte que coûte. Il faut foutre dehors les administrations sans scrupules et en prendre le contrôle absolu et public.

Richard Martineau ironisait à peine dans son article qu’il publiait le 18 avril dernier, dans les pages du Journal de Montréal. Et le titre de son texte était assez évocateur de cette situation trop longtemps tolérée. Un texte cru et sans détour. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui.

DEVENIR RICHE GRÂCE AUX VIEUX

Tu veux faire un coup d’argent, mon ami ?

Tu veux t’en mettre plein les poches ?

Eh bien, suis mon conseil : ouvre des maisons pour vieux.

Tu ne le regretteras pas.

UNE RESSOURCE RENOUVELABLE

D’abord, comme les démographes le répètent depuis des années, la population du Québec vieillit à la vitesse grand V.

Des vieux, en veux-tu, en v’la !

C’est la manne, mon ami ! Oublie le vent et le soleil : la meilleure ressource naturelle renouvelable du Québec, c’est les vieux.

Pour chaque vieux qui meurt, il y a trois baby-boomers qui se font poser un dentier !

Non seulement tu ne manqueras jamais de clients, mon chum, mais tu devras ouvrir d’autres maisons de vieux pour répondre à la demande !

Surtout qu’au Québec, les vieux on ne les garde pas à la maison, nooooon.

On les parque ! Dans des maisons pour vieux !

Regarde les chiffres, mon ami : le Québec détient le record national du parcage de vieux ! Aucune autre province ne parque autant ses vieux que le Québec !

On se dit « solidaire », au Québec, on se pète les bretelles avec nos belles valeurs, mais tout ça, c’est de la frime.

Dès que tu comptes 80 chandelles sur ton gâteau, viens pépé, prends ta valise, on va faire un tour de machine !

DU BON MANGER TEXTURÉ

Et sais-tu ce qui est génial avec les vieux ?

Ils ne se plaignent pas !

D’abord, la moitié sont Alzheimer, ils ne savent même pas où ils sont.

Et l’autre moitié se contente de rien.

Un café filtre, un biscuit en forme de feuille d’érable, et ils sont heureux !

Pas besoin de leur servir de la grande gastronomie.

Tu te souviens du docteur Barrette, qui avait invité les journalistes à une dégustation de manger mou à Québec ?

Une pelotée blanche, une pelotée brune, et tout le monde est content !

Je te le dis, mon chum, ça coûte plus cher nourrir des chiens !

Pour ce qui est du divertissement, tu as sûrement un beau-frère ou un cousin qui joue de l’orgue. Tu lui refiles un 50 en dessous de la table, pis tes clients vont avoir l’impression d’être allés à la Place des Arts !

Tu peux pas perdre, mon ami, c’est un sure thing, je te dis !

J’ai sept maisons de vieux, pis le cash n’arrête pas de rentrer !

Quoi ? Tu as peur que la visite remarque que tes clients ne sont pas bien traités ?

Voyons, Joe, allume !

Personne ne va les visiter ! C’est ça, la beauté de la chose !

Tu peux faire ce que tu veux, personne ne va le savoir ! De toute façon, après deux ans, ils meurent, fa que…

UN BEAU CHÈQUE

Tu te demandes comment avoir des permis pour exploiter tes maisons ?

Voyons… T’as pas regardé la Commission Charbonneau ? « Un chum, c’t’un chum », ça ne te dit rien ?

T’as juste à envoyer des chèques au bon parti, c’est tout !

C’est comme ça que ça se règle, au Québec ! Tu peux avoir un casier judiciaire long comme le bras, personne ne va te mettre des bâtons dans les roues !

Ah non, mon ami, crois-moi : les maisons de vieux, c’est l’avenir !

Grâce à l’argent que ça me rapporte, je vais pouvoir vieillir à l’extérieur du Québec.

NDLR : Vite l’enquête publique, ça presse !

La vérité en pleine face

Très criant de vérité que l’article de Denise Bombardier, paru dans l’édition du Journal de Montréal du 17 avril dernier.

On a beau crier sur tous les toits que c’est horrible ce qui se passe dans les CHSLD et que nos vieux n’obtiennent pas les services auxquels ils ont droit, mais il y a aussi des réalités troublantes qu’on ne peut passer sous silence; les conditions médicales des résidents dont l’Alzheimer et le fait que seulement 10 % de ces mêmes résidents, reçoivent la visite de leurs proches.

C’est la lecture que je vous propose aujourd’hui, parce que l’essentiel de cet article rejoint grandement mon opinion.

DES CHSLD TRANSFORMÉS EN MOUROIRS

Lorsque des médecins des CHSLD en sont rendus, comme a écrit Yves Boisvert dans La Presse, à qualifier de génocide gériatrique ce qui se passe actuellement dans certains de ces mouroirs, c’est humainement dévastateur pour tout le Québec.

Les CHSLD sont des lieux pour des personnes en fin de vie. La majorité y décède à l’intérieur de deux ans.

La compassion devrait donc être une priorité humanitaire permanente pour ceux qui nous gouvernent. Or, depuis des décennies, ces résidences sont les parents pauvres du système hospitalier. Le manque de ressources et du personnel est flagrant. La pandémie fait éclater cette vérité.

Rien ne préparait la majorité des Québécois à ces scènes d’horreur qui se passent derrière les murs de ces lieux de souffrance. Les personnes en fin de vie sont vulnérables, angoissées et dociles.

Plusieurs souffrent d’Alzheimer ou sont atteintes de problèmes cognitifs divers. Elles sont aussi abandonnées par leur famille, car 10 % seulement des résidents sont visités par leurs proches.

MAL-AIMÉS

Les aînés, expression que l’essayiste Christian Dufour qualifie d’appellation infantilisante, sont des mal-aimés, contrairement au discours lénifiant sur nos vieux.

À quoi a-t-on pensé lorsque dans le but de soigner des patients atteints de la COVID-19 on a vidé les hôpitaux des personnes âgées malades pour les transférer dans les CHSLD ? Beaucoup ont été contaminées et sont mortes dans la solitude par décret gouvernemental.

Rétrospectivement, on peut dire que le trio lyrique, comme je l’ai qualifié dans une chronique, a fait preuve d’un optimiste contagieux. Les Québécois se sont crus à l’abri.

Le Dr Arruda et la ministre de la Santé ont donné des ailes au premier ministre Legault, qui a réussi à imposer sans effort un confinement général. Mais les milliers de lits d’hôpitaux vidés et le nombre alarmant de chirurgies reportées pour faire place à des malades dont le nombre – et c’est tant mieux – est bien moindre que ce que l’on craignait sont des mesures qui ont eu des conséquences sur les CHSLD où sont mortes la plupart des victimes de la COVID-19.

VALEURS

Le Québec ne sortira pas de cette pandémie sans traumatisme et sans remettre en question le bien-fondé de certaines valeurs associées à notre culture.

Il est faux de crier sur les toits que nous aimons les vieux. Il existe un clash générationnel qui s’est accentué avec l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle.

Bien des enfants qui ont subi le divorce de leurs parents divorcent à leur tour de leurs parents en quelque sorte. Et ils fréquentent peu leurs grands-parents.

La frénésie de vivre le présent chez nombre de jeunes, coupés de la mémoire collective, cette vieillerie non recyclable, est inscrite désormais dans les mœurs et l’organisation sociale.

Dans certains CHSLD actuellement, les vieux n’ont plus le temps de mourir à leur rythme. Ou ils supplient qu’on les laisse mourir.

Demandez aux soignants épuisés et terrifiés qui les côtoient de témoigner pour que cela se sache.

Pour que l’on se souvienne de cet hiver 2020, le plus terrible dans toute l’histoire du Québec.

Barrette le provocateur

Voulez-vous bien me dire pourquoi on se donne tout ce mal pour donner la parole à Gaétan Barrette. À la radio, c’est rendu un incontournable absolument inutile. Il y va de son arrogance pour donner son avis sur l’actuelle pandémie. Cessez de lui donner du temps d’antenne. Il ne le mérite pas.

Quand on sait, qu’avec l’aide de ses sbires Couillard et Bolduc, ils sont directement responsables du capharnaüm en santé alors qu’ils gouvernaient le Québec. Trois médecins qui ont tout donné à leurs confrères en mettant tout le système de santé, et principalement les CHSLD, dans la merde. Et aujourd’hui, on devrait prendre les interventions de Barrette pour des vérités. Très mal placé le monsieur.

Le texte qui suit est de Christian Bolduc, Historien, prof. et rédacteur. M.A. en histoire des relations internationales au XXe siècle. Patriote québécois, républicain, laïc et indépendantiste. Il résume assez bien comment Barrette, Couillard et Cie., ont contribué largement au bordel en santé qu’on connaît présentement. Un genre de procès public. Ils ont reçu leur sentence en leur montrant la porte de sortie sans équivoque en 2018. C’est trop peu. Mais on reste avec l’hécatombe, leurs ruines.

TA YEULE BARRETTE, TA YEULE…

Depuis quelques jours, il se pavane dans les médias pour donner son avis d’expert à propos de la pandémie à la COVID-19 qui touche le Québec et le monde entier.

Ce radiologiste de formation qui a, durant son mandat de quatre ans à la tête du ministère de la Santé (2014-2018), gavé financièrement ses amis médecins au détriment des travailleurs de la santé et des patients, est pourtant le principal vecteur de l’effondrement actuel de la structure de soins qui prévaut dans le réseau de la santé au Québec.

Une structure de soins au sous-financement chronique qui croule littéralement sous la pression du coronavirus et du manque d’effectifs. Pourtant, on savait depuis 2006 que les CHSLD, notamment, étaient à risque d’implosion…

Retour sur un massacre à la tronçonneuse….

ABOLITION DU COMMISSARIAT À LA SANTÉ ET AU BIEN-ÊTRE

Mais revenons un peu dans le passé, si vous le voulez bien. En mars 2016 pour être plus précis. C’est l’heure du budget pour le gouvernement Couillard.

Dans un coin caché du volumineux document, on décide d’abolir le poste de Commissaire à la santé et au bien-être créé dix ans plus tôt par… le ministre de la santé d’alors, un certain Philippe Couillard. Ce chien de garde du ministère de la santé, composé d’une dizaine de chercheurs, avait pour seul mandat d’évaluer l’efficacité et la pertinence des programmes mis en œuvre par le ministre.

Dorénavant, le ministre Barrette pourra agir sans filet et sans surveillance. Ce qu’il fera sans vergogne.

C’est que le ministre est autoritaire, autocrate, narcissique, colérique, « loner » et buté. Il accumule les décisions à l’emporte-pièce, souvent contre l’avis d’experts.

Sa réforme en santé, la suppression de 2000 postes et d’organismes voués à la santé, le surfinancement des médecins, lequel a été fait sur le dos des infirmières, préposées aux bénéficiaires et des patients, etc. sont autant d’exemples flagrants d’un corporatisme de classe aussi méprisant que méprisable.

S’il y a, évidemment, l’histoire des patates en poudre servies aux bénéficiaires et l’horrible traitement des patients qui n’ont droit qu’à un bain par semaine dans les CHSLD – une réalité qui ne semble pas affecter le ministre outre mesure – c’est la détérioration générale du réseau de la santé sous l’autorité du bon docteur Barrette qui retient l’attention.

L’imposition, entre 2014 et 2016, d’un programme sauvage d’austérité dans les services qui a permis de générer, à l’approche d’élections générales, des surplus budgétaires de l’ordre de 2,2$ milliards. Lesquels ont ensuite permis au gouvernement Couillard de distribuer ses cadeaux aux seuls médecins, car les usagers et autres citoyens ont eu droit, eux, à des reculs nets en salaires et en qualité de soin.

Essayez maintenant d’imaginer ce qu’on aurait pu faire avec tout cet argent aujourd’hui…

Pourtant, le Québec possède déjà un des systèmes de santé les plus performants au Canada. Mais ça, c’était avant le saccage de la réforme Barrette qui a modifié en profondeur les structures…

UNE CATASTROPHE PRÉVUE, RÉELLE ET DÉNONCÉE

Pourtant, ce ne sont pas les lanceurs d’alertes qui ont manqué durant cette triste période pendant laquelle Barrette a été ministre. L’avocat Jean-Pierre Ménard, qui lutte depuis trois décennies pour protéger les droits des patients québécois, disait en 2016 que la réforme Barrette faisait reculer les soins à un niveau inégalé

« On est à la limite de la maltraitance dans certains CHSLD à l’égard des besoins de base », pourfend Me Jean-Pierre Ménard, qui qualifie la réforme Barrette « d’échec total ».

Un manque à gagner de un milliard de dollars par année qui amène son lot de problèmes d’hygiène, de nourriture, d’activité, de soins adéquats, etc. Un recul net que cet avocat explique par le manque de financement et de soutien aux soins. Un nivellement par le bas qui entraîne, en CHSLD, un allongement des listes d’attentes et une dégradation des soins par un manque de personnel qualifié, suffisant en nombre et bien rémunéré.

Sans oublier l’ancien ministre libéral Claude Castonguay, le père de l’assurance-maladie, qui est allé d’une charge à fond de train contre la réforme Barrette. Que ce soit pour la rémunération excessive des médecins ou les nominations de médecins aux postes de direction des centres hospitaliers, Castonguay ne mâche pas ses mots pour décrire l’incompétence et le mépris du ministre :

« Nous avons eu l’occasion d’apprécier cette courte vue du docteur Barrette dans le cas de la procréation assistée, alors que des milliers de couples québécois seront abandonnés à eux-mêmes avec plus ou moins de moyens pour concrétiser leurs rêves de fonder une famille. Il en a rajouté sur la récente décision du Conseil du statut de la femme quant à son ouverture au recours à une mère porteuse dans la mesure où elle ne reçoit pas une rémunération. Il répétait, tels les autres perroquets de la volière, que le corps de la femme ne doit pas être considéré comme une marchandise. La remarque est incongrue lorsqu’elle vient d’un interlocuteur qui n’a jamais lésiné pour s’en mettre plein les poches dans ses fonctions précédentes et qui compte naïvement sur l’altruisme des mères porteuses. Si on paye la gardienne d’enfants, il ne devrait pas y avoir problème à payer celles qui les gardent en leur sein. »

Il y a, enfin, le site SantéInc. qui pose un regard sans complaisance sur la centralisation administrative de la réforme Barrette à l’heure du bilan santé du gouvernement Couillard. La centralisation du réseau entre les mains du ministre de la santé fait, entre autres, l’objet d’une critique acerbe quant à la méthode « one man show » du ministre Barrette :

« Centralisation » est un mot qui revient souvent lors des discussions avec les différents acteurs du réseau. Pour diriger les nouveaux établissements, Gaétan Barrette a choisi et nommé 34 présidents-directeurs généraux, avec des revenus et des responsabilités qui ont augmenté. Les cadres affirment qu’on les considère maintenant comme des exécutants des PDG, qui prennent leurs directives auprès du ministre, » disait la présidente-directrice générale de l’AGESSS Montréal (l’Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux), Chantal Marchand, lors du déclenchement des élections provinciales de 2018.

Mais qu’importent les faits, Barrette détient la vérité et l’annonce à qui veut bien l’entendre. Il est le grand responsable du bordel ambiant, de l’attitude méprisante des médecins (spécialistes) qui ont demandé, pas plus tard qu’aujourd’hui, jusqu’à 2 500$ par jour pour aller donner un coup de mains dans les CHSLD, du personnel insuffisant, épuisé, méprisé et surchargé ainsi que du manque flagrant de ressources dans un réseau qui fait pourtant notre fierté collective.

Et ça, Barrette, c’est de ta faute. J’aurais préféré que tu fasses acte de contrition, que tu témoignes d’un peu d’empathie pour les travailleurs sacrifiés et les patients, et que tu adoptes un profil bas pour tout ce bordel que ton absence d’humanité a largement contribué à alimenter.

Mais c’est mal te connaître, je sais… « faque » ta yeule Barrette. Ta yeule.

Un tour du monde de découvertes

Impressionnant et étonnant ! Oui, on en apprend tous les jours. Vous vous direz certainement, à la lecture de ces évidences, « Je ne savais pas ça »! Des informations extrêmement intéressantes.

ÉTATS-UNIS

Le système routier inter-étatique Eisenhower exige qu’à tous les cinq milles de route, un mille soit en droite ligne. Ces sections de route en ligne droite permettraient aux aéronefs d’y atterrir en temps de guerre ou en situation d’urgence.

ALASKA

Plus de la moitié des côtes océaniques des États-Unis se trouve en Alaska.

AMAZONIE

Les forêts pluvieuses de l’Amazonie produisent plus de 20 % de toute l’oxygène du monde entier. Le fleuve Amazone déverse une telle quantité d’eau dans l’océan Atlantique qu’à cent milles de l’embouchure, on peut puiser de l’eau douce. Le volume d’eau de l’Amazone est plus considérable que celui des huit plus grands fleuves du monde combiné à ceux de tous les cours d’eau des États-Unis.

ANTARCTIQUE

L’Antarctique est le seul territoire de la planète qui n’appartient à aucun pays. Il est recouvert par quatre-vingt-dix pour cent de toute la glace du monde. Cette glace représente soixante-dix pour cent de toute l’eau douce de la planète. Aussi étrange que cela paraisse, l’Antarctique est essentiellement un désert; il y tombe annuellement deux pouces d’eau. Bien que recouverte de glace (sauf 0,4 % de sa surface), l’Antarctique est l’endroit le plus sec de la terre, avec un degré d’humidité absolu plus faible que celui du désert du Gobi.

BRÉSIL

Le Brésil tient son nom de la noix et non le contraire.

CANADA

Il y a au Canada plus de lacs que dans l’ensemble du reste du monde. Canada est un mot indien signifiant « Gros Village ».

CHICAGO

Après Varsovie, c’est à Chicago que l’on trouve la plus grande population de Polonais du monde.

DÉTROIT

L’avenue Woodward à Détroit au Michigan, est aussi connue sous le nom de M-1, du fait qu’il s’agit de la première route revêtue du monde.

DAMAS, SYRIE

Damas en Syrie était une cité florissante deux ou trois mille ans avant la fondation de Rome en 753 avant notre ère, la faisant ainsi la plus vieille ville habitée encore existante.

ISTANBUL, TURQUIE

Istanbul en Turquie est la seule ville du monde située sur deux continents.

LOS ANGELES

Le nom complet de la ville de Los Angeles est : El Pueblo de Nuestra Senora la Reina de Los Angeles de Porciuncula et peut être abrégé à 3,63 % de sa longueur : L.A.

VILLE DE NEW YORK

Le terme « Big Apple » fut donné à New York par les musiciens de jazz en tournée dans les années 30; ils avaient l’habitude d’utiliser l’expression slang « apple » pour toutes les villes. Il y a davantage d’Irlandais à New York qu’à Dublin en Irlande; plus d’Italiens qu’à Rome et plus de Juifs qu’à Tel Aviv, Israël.

OHIO

Il n’y a aucun lac naturel dans l’état d’Ohio… ils ont tous été creusés.

ÎLE PITCAIRN

L’île la plus petite et portant le statut de pays est Pitcairn en Polynésie, mesurant seulement 1,75 mille carrés, soit 4,53 km carrés.

ROME

La première ville à atteindre un million de population est Rome, en Italie (en 133 av. J.-C.). Sur chaque continent on trouve une ville dénommée Rome.

SIBÉRIE

La Sibérie contient plus de 25 % des forêts mondiales.

O.S.M.M.

L’Ordre Souverain Militaire de Malte est présentement le plus petit état souverain du monde. Il est situé dans la ville de Rome en Italie et, a la surface de deux courts de tennis. En 2001, sa population était de 80 habitants, soit 20 de moins que la Cité du Vatican. Il s’agit d’une entité souveraine en vertu de la loi internationale, tout comme le Vatican.

DÉSERT DU SAHARA

Dans le désert du Sahara en Algérie, il existe une ville nommée Tidikelt qui n’a pas reçu une goutte de pluie depuis 10 ans. Techniquement cependant, l’endroit le plus sec de la terre est dans les vallées de l’Antarctique près de l’île de Ross. Aucune pluie n’y est tombée depuis deux millions d’années.

ESPAGNE

Espagne signifie littéralement « Terre des lapins ».

ST-PAUL, MINNESOTA

À l’origine, St-Paul, Minnesota, était appelé Pig’s Eye (oeil de porc) d’après le nom de Pierre « Pig’s Eye » Parrant qui fonda la première entreprise commerciale de la ville.

ROUTES

Les risques de rouler sur une route sans recouvrement sont de : 1 % aux États-Unis et de 75 % au Canada.

RUSSIE

Le trou le plus profond jamais foré par l’homme est le Kola Super Deep Borehole en Russie. Il atteint une profondeur de 12,2 km, soit 7,62 milles. Il a été foré dans un but scientifique et on y a fait des découvertes inattendues, dont un immense gisement d’hydrogène. Un dépôt si massif que la boue qui en jaillissait était brûlante.

CHUTES

Les chutes Angel (les plus hautes du monde) situées au Venezuela ont une hauteur de 3 212 pieds (979 mètres). Elles sont 15 fois plus hautes que les chutes Niagara.

Confidences d’un papa solo

Ma femme est morte d’un cancer foudroyant alors que notre fils avait six ans et notre fille, seulement cinq mois. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé seul avec mon chagrin, mes doutes et deux petits êtres que j’aimais plus que tout.

Quand je suis devenu veuf, à 43 ans, j’avais tout à apprendre. Je n’avais jamais cuisiné ou fait le lavage. J’ai appelé ma mère en panique, le bébé dans les bras, parce que je ne savais pas quoi faire. À l’épicerie, j’installais Nicholas et Audrey dans le panier et je questionnais les autres clients pour savoir comment faire cuire les différentes pièces de viande.

Je suis retourné sur la route comme représentant pour assurer la sécurité financière de notre famille, et j’ai engagé une nounou. J’ai été chanceux, nous n’avons jamais manqué de rien.

Nicholas et Audrey m’accompagnaient partout. Dans les soirées entre amis, si les enfants n’étaient pas bienvenus, je déclinais l’invitation. C’était avec eux ou pas du tout. Je les emmenais en voyage d’affaires à travers le pays. Je les ai élevés en anglais, pour qu’ils puissent échanger avec les autres et qu’ils ne s’ennuient pas lors de ces voyages.

Le plus difficile, c’était les commentaires de la famille et de la belle-famille. On me répétait que c’était impossible qu’un homme élève seul deux jeunes enfants. Il y a 22 ans, quand il y avait un divorce, la garde des enfants revenait systématiquement à la mère. Mon défi leur semblait insurmontable. On ne se gênait pas pour remettre en question chacune de mes décisions, même pour des trucs aussi banals que les vêtements que j’avais choisis pour ma fille d’un an. J’ai exclu certaines personnes de ma vie. Je ne voulais pas de cette négativité.

Des années plus tard, j’ai laissé mes adolescents profiter des vacances. On me disait qu’ils n’apprendraient jamais à travailler, alors que, pour moi, il était plus important de voyager, de passer de bons moments en famille. J’ai élevé mes enfants de manière qu’ils soient débrouillards et indépendants. Aujourd’hui, ce sont de jeunes adultes merveilleux, et je suis si fier d’eux ! Les gens parlent de leur belle maison, de leur dernier voyage dans le Sud, de leur voiture neuve. Pour moi, la plus belle chose dans la vie, ce sont nos enfants. J’ai eu la chance de voir les miens grandir et s’épanouir.

Ce qui me remplit de bonheur ? Peu importe les obligations, je parle tous les jours à mes enfants, même si c’est juste par texto pour se dire qu’on s’aime.

« Fier papa de Nicholas et Audrey, Michel a de nouveau rencontré l’amour et sera bientôt grand-père par sa belle-fille. »

Source : Revue Coup de Pouce, Avril 2020. Propos recueillis par Julie Champagne. Illustration : Anne Villeneuve/c.

Et voilà que ça recommence…

Quoi de plus édifiant qu’une photo. Celle qui agrémente cet article évoque très bien ce qui se passe en Chine et plus précisément à Wuhan, lieu présumé où la présente pandémie a pris naissance.

L’image elle-même « sent » l’insalubrité. Ces marchands continuent toujours de vendre leurs cochonneries dans un environnement toujours insalubre. Ils n’ont rien compris ou n’ont rien d’autre à offrir. En bon québécois, ce sont des cochons.

La photo est tirée du Journal de Montréal de vendredi dernier. En l’agrandissant, on peut voir combien les paniers sont crasseux et dans un environnement tout aussi dégoûtant. Imaginez l’intérieur. De plus, les tiges de métal qu’ils utilisent pour brasser leur « marchandise » sont rouillées. Autre détail saisissant, un des « vendeurs » porte son masque en laissant son nez à découvert.

Est-ce que cette image vous inspire confiance ? Moi non ! Et j’apprécie que la photo ne puisse produire des odeurs parce qu’elle serait sans doute nauséabonde.

La Chine… très peu pour moi. Ça ne m’attire pas du tout. Récemment, quelqu’un m’a envoyé une vidéo où on peut voir un marché à ciel ouvert, dans une rue en fait, où les étalages sont par terre, alignés de façon à ce que les voitures et camions puissent circuler par-dessus en les chevauchant ! Une fois passés, la vie continue sans autre formalité. Et ça marche !

Et après, on s’interroge sur les pandémies. Quand des cochons humains vendent leurs détritus à d’autres cochons humains, ça donne ce qui arrive. Une fois la pandémie résorbée, ils recommencent comme si de rien n’était.