Une excellente initiative

Quelques fois, un regard suspicieux dans le voisinage nous fait se poser des questions sur ce qui s’y déroule vraiment. En temps de pandémie, alors que les commerces jugés non essentiels sont fermés, nous trouvions énigmatique que le stationnement du centre d’escalade le Canyon de La Prairie, soit occupé et qu’un va et vient survienne à l’occasion.

On a eu notre réponse récemment, en prenant connaissance d’un article paru dans l’hebdomadaire régional « Le Reflet », le 4 février dernier. Un texte sous la plume d’Audrey Leduc-Brodeur, qui nous révélait l’initiative communautaire extraordinaire de ce centre. Voici ce qu’elle racontait…

UN REFUGE POUR LES SANS LOGIS À LA PRAIRIE

Le salon et la cuisine du local. (Photo : Le Reflet – Vicky Girard)

Jusqu’au 31 mars, des citoyens en situation d’instabilité résidentielle peuvent trouver refuge dans un local du centre Canyon Escalade à La Prairie exceptionnellement aménagé pour les recevoir.

Sur place, ils y trouveront des lits, un petit salon, une cuisinette, ainsi que des douches. Le service de lavage est offert par l’organisme l’Avant-garde à La Prairie, qui chapeaute le projet nommé Refuge grands-froids.

Depuis le 23 janvier, les cinq espaces réservés à des personnes sans toit fixe sont occupés. Parmi elles, des parents monoparentaux, des gens qui ont quitté leur demeure à la suite d’une chicane, d’autres qui dorment chez des amis temporairement, etc.

« Le refuge leur donne un répit », indique Connie Bleau, directrice générale de l’Avant-garde.

Celle-ci ne s’étonne pas de la popularité des nouvelles installations. La demande est pressante et les ressources sont à pied d’œuvre pour y répondre.

« Nous travaillions déjà avec les gens de la région se retrouvant sans logis. Un lien de confiance s’est créé, car ils nous connaissent. Généralement, nous devions les relocaliser à des refuges situés à l’extérieur de notre territoire et ce n’est pas ce qu’ils veulent », explique Mme Bleau.

La directrice générale fait remarquer que la crise du logement remonte avant la pandémie.

« Elle a simplement mis en lumière une situation que nous connaissions déjà, souligne-t-elle. C’est une grande réussite de voir que tous les acteurs du milieu collaborent pour pallier cet enjeu. »

L’organisme a été approché par le Comité de lutte à la pauvreté pour mettre en place le projet, incluant la mise sur pied d’une équipe d’une dizaine d’intervenants formés pour recevoir et accompagner les visiteurs.

« Le mouvement de solidarité sociale qui s’est créé pendant la pandémie » a facilité le recrutement, fait savoir Mme Bleau.

« C’est déstabilisant demander de l’aide. Les personnes sans logis ne veulent pas être déracinées. Elles souhaitent rester dans leur milieu. »

Connie Bleau

Un foyer permanent

L’Avant-garde en santé mentale ne cache pas sa fierté de collaborer à cet effort collectif sans précédent dans la région, puisque ce mandat colle à sa vocation, fait-il remarquer.

« Les gens sont de plus en plus fragilisés, à mesure que la pandémie perdure. Nous avons tous une limite, mais la solitude se vit difficilement », soulève la directrice générale.

Son équipe accueille, sensibilise et accompagne les personnes qui souhaitent se loger temporairement au refuge. Qu’elles veuillent y rester une nuit ou plus, elles y trouveront du soutien pour dénicher un foyer permanent, fait savoir Mme Bleau.

« C’est ce que la plupart d’entre elles désirent », souligne celle qui se réjouit de pouvoir également brosser un meilleur portrait de la communauté grâce à ce projet.

En détails

L’accès au Refuge grands-froids est gratuit. Celui-ci est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il faut appeler au 450 907-1333 avant de s’y présenter. Il est situé au 1775, chemin de Saint-Jean à La Prairie. L’Avant-garde n’a pas de critères autres que celui de ne pas pouvoir se loger pour la nuit. En cas de santé mentale, le diagnostic n’a pas d’importance, précise l’organisme.