« Star » académie : le miroir aux illusions

Je ne suis pas un fervent de « Star » académie. Je ne l’écoute plus et depuis quelques éditions. C’est populaire, même très populaire, mais je n’embarque pas.

Pourtant, le musicien que je suis adore la musique, les performances des artistes et leurs qualités d’interprètes.

J’en ai sur le concept. Ça ne rejoint pas du tout mes valeurs.

Une académie se définie par une école supérieure et qui dit école, dit enseignement, expérience et performance, dirigés par des professeurs spécialisés.

Pourtant, pour ces élèves, une épée de Damoclès pend au-dessus de leur tête; l’élimination. Un mot qui déclenche sa part d’émotions, d’un mauvais rêve.

Un étudiant, à l’école, passe toute une année académique à apprendre, à acquérir le savoir qui lui permettra de progresser, d’accéder à ses ambitions. Certes, la conséquence est la réussite ou l’échec, mais les possibilités durent toute une année scolaire. Le temps peut jouer en sa faveur.

Aurait-on l’idée de dire à l’académicien, après un seul mois d’étude, qu’il n’est  pas bon, qu’il ne progresse pas selon certains critères, certaines normes ? On l’élimine ! C’est le rejet, l’inacceptation, le déni.

À « Star » académie, c’est ce qui se passe. L’élimination fait en sorte que la personne ne peut bénéficier des cours qui sont donnés, de parfaire son apprentissage, de découvrir le monde du spectacle, de goûter l’extase. C’est déplorable… sauf pour les cotes d’écoute.

À tout le moins, il devrait pourvoir terminer totalement son programme « scolaire ». Comme à l’école, un système de bulletin pourrait déterminer sa note, son talent et son classement parmi tous les autres académiciens.

Le public pourrait aussi participer aux notes, dans une moindre mesure, la popularité n’étant pas un gage de réussite.

À tout le moins, on verrait évoluer toute la classe jusqu’aux derniers instants. Les spectacles quotidiens seraient une excellente preuve de leur talent, de leur  développement, de leur progrès. Une façon de mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

Dans sa formule actuelle, les somptueuses scènes, les décors colorés et les jeux de lumières, sont un miroir aux illusions, laissant flamboyer la vie intense d’une super vedette. L’adoration du public hélas est réservée à l’élite.

Qui se souvient des artistes en herbe, qui ont foulé les planches de l’académie au fil des éditions ?

Probablement pas beaucoup. On se souvient des vainqueurs et finalistes qui ont évolués durant l’expérience, sans plus. Avec l’élimination, certains n’ont fait que passer.

Les évincés sont malheureusement restés dans l’oubli pour la plupart, sans avoir pu extérioriser leur plein potentiel.

NDLR: Le masculin a été retenu, pour alléger le texte.