Un Noël dans une drôle de famille

Un Noel dans une drole de famillePlus que huit jours avant Noël, mais Jérémie et Matthieu n’ont le cœur à rien. Même leur amie Julie n’arrive pas à les distraire.

– Hé, les deux grognons, c’est quoi cette tête de cochon?

– Cette année, on sera juste avec nos parents pour Noël, dit Jérémie. D’habitude, on est au moins quinze à table!

– Nous aussi, soupire Julie. Mais mon père travaille le 24 et le 26. On ne peut pas partir dans le Sud.

Jérémie s’exclame :

– Vous n’avez qu’à passer le réveillon avec nous.

Julie rosit de plaisir.

– C’est une idée géniale, mais alors, c’est nous qui apportons la bûche!

Quand la cloche retentit, les trois amis courent voir Lili, à la pâtisserie.

– Bonjour Lili, dit Julie. Une bûche pour sept, pour Noël, c’est possible?

– Bien sûr, dit Lili. Ça va être gai chez vous.

– Ce sera super! Et toi, tu fais quoi? demande Matthieu.

– Rien de spécial. Je travaille tellement tard que je ne peux inviter personne.

– Eh bien, cette année, tu dînes avec nous, dit Jérémie.

Julie et Matthieu le regardent, médusés.

– Les parents, j’en fais mon affaire, dit Jérémie en souriant à Lili.

– Vous êtes des amours, dit Lili, ravie. J’apporterai des macarons et plein de bonbons!

Dans la rue, les trois amis chantent Petit Papa Noël à pleins poumons. Monsieur Amédée, l’épicier, les regarde, amusé :

– C’est bientôt Noël, hein?

– Oui, dit Julie, et cette année ce sera extraordinaire.

– Vous avez de la chance. Moi, je ne ferai rien de spécial, soupire Amédée tout gêné.

Les amis se regardent. Puis, ils s’exclament en chœur :

– Venez réveillonner avec nous! Nos parents sont d’accords!

– Vous êtes trop gentils, dit l’épicier d’une voix enrouée. J’apporte la dinde aux marrons. Pour combien de personnes?

– Quinze, dit Matthieu, l’air très sérieux. On trouvera certainement d’autres invités surprise d’ici là, non?

Et finalement, Matthieu ne se trompait pas. Au début, ses parents ont fait une drôle de tête et puis, eux aussi, ils ont invités des gens qui étaient tout seuls.

Aidés par Maman, les garçons ont dressé une table de roi et les invités sont venus les bras chargés de paquets. Ce fut un soir de Noël vraiment enchanté.

Histoire de Vincent Villeminot
I
llustrations par Aveline Avril
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

Une semaine vite passée

2014-12-14 005ACette neuvième semaine aura permis à notre amie Carole de prendre une pause dans son quotidien, avant le sprint du temps des Fêtes. Arrivée lundi dernier, l’heure du départ est prévue en milieu d’après-midi demain. Une semaine c’est vite passé mais il faut retenir les côtés positifs de cette escapade au pays de l’Oncle Sam.

D’abord la température, principalement les nuits carrément froides qu’on connaît depuis son arrivée, ont fait en sorte qu’on n’a pu profiter de la plage. Par contre elle s’est payée quelques après-midi à se faire dorer la peau avec l’aide de Galarneau qui la caressait de ses rayons ardents. Elle repart avec quelques légères couleurs. C’est un peu triste parce qu’à l’habitude, décembre est chaud tant la nuit que le jour. Heureusement que le soleil était là en journée et que la pluie s’est déguisée en courant d’air.

Ensuite, elle s’est tapée des nuits de sommeil extravagantes, faisant presque le tour du cadran. On peut affirmer sans se tromper qu’elle retourne au Québec très bien reposée. On s’est payé de la bonne bouffe et elle a pu participer à quelques activités comme le bingo, la marche et évidemment, le shopping, sans compter quelques ballades en voiturette de golf et du placotage en profusion. Carole est du genre très sociable, toujours quelque chose à raconter et de conversation agréable, sans cérémonie, comme on l’aime.

Mais toute bonne chose a une fin et Louise et moi avons apprécié sa compagnie au plus haut point et assurément, elle est toujours la bienvenue chez-nous. Nous lui souhaitons un hiver doux et calme, côté précipitations de neige, afin qu’elle reste dans notre mood qu’elle adore, soit dit en passant. Probablement une future snowbird à l’heure de la retraite qui se pointe à l’horizon à la vitesse grand V.

Pour nous, notre migration se continue. Louise a vendu son tricycle, parce que son genou gauche lui cause des ennuis qu’il faudra tenter de régler à notre retour au pays. Tant qu’à laisser rouiller la bécane, autant en faire profiter quelqu’un d’autre. Un américain s’en est porté acquéreur. Le golf va de mieux en mieux et c’est un rendez-vous chaque mardi, sur les allées du Pine Lakes Country Golf, un golf exécutif à normale 61, qui a ses difficultés et impose la précision pour bien performer. Mes partenaires de jeux sont Benoît, Michel et Mario, notre pro des Cantons de l’est.

À Pioneer Village, les décorations de Noël sont de plus en plus présentes et il nous semble qu’en ce sens, ce soit l’année où on en voit le plus. Ça met de l’ambiance pour les festivités de la période des Fêtes, malgré l’absence de neige, parmi les fleurs et les pelouses verdoyantes, On se rabat sur les bulletins de nouvelles du Québec pour voir quelques flocons… qu’on leur laisse.

Dans un autre ordre d’idée, je feuilletais la circulaire de Total Wine, sorte de SAQ floridienne ici, et j’ai noté quelques écarts de prix versus le site Web de la SAQ. Une Veuve Clicquot se vend 41,97$ contre 67$ à la SAQ. Un Moet & Chandon Impérial
Brut, 38,97$ alors que la SAQ demande 135,25$. Et finalement, le Dom Perignon est affiché à 145,97$ comparativement à 239,75$ à la SAQ.
Toute une différence direz-vous? Et ça ne s’arrête pas là, l’essence ordinaire est offert ici à 0,66$ le litre.

En terminant, nos amis Carole et Marcel s’amène dès demain au pays des gougounes, pour tout l’hiver, après presque quatre jours de route… On s’en reparle!

La fête de Lucie la luciole

La fête de Lucie la lucioleLucie la luciole a le cœur lourd, aujourd’hui. Ce soir, c’est la Sainte-Lucie : tous les animaux de la forêt vont faire la fête toute la nuit. Mais, pour Lucie, pas de descente aux flambeaux, pas de ballet avec les autres lucioles.

– Ce soir, tu restes à la maison avec Grand-mère, dit maman. Tu es trop petite pour danser toute la nuit!

– C’est vrai, tu es un gros bébé, dit Grand-frère. Tu ne sais même pas encore faire de la lumière la nuit!

Pauvre Lucie! Elle voulait tant danser avec les autres lucioles. À la nuit tombée, Grand-mère arrive.

– Bonjour ma Lucie. Je t’ai préparé un dîner de rêve : fondue au chocolat et chamallows grillés, à volonté. Tu ne devrais pas être déçue de ta soirée! Tiens, regarde, voilà ton petit ami Louis.

– Bonjour, jolie demoiselle. Je suis le chevalier Louis, papillon prince de la nuit, à votre service!

Tout joyeux, le papillon fait le pitre et vole autour de Lucie, qui rit. C’est la fête. Toute la maisonnée est surexcitée et Manon multiplie les recommandations :

– Les garçons, brillez de tous vos feux! Les filles, soyez légères comme des plumes. Faites honneur à la grande famille des lucioles!

Puis, elle se tourne vers Lucie et Louis :

– Et vous, mes chéris, soyez bien sages.

Lucie acquiesce, avec un petit pincement au cœur. Heureusement qu’il y a Louis et les sucreries de Grand-mère!

– Allez, les lucioles, on y va! dit maman en s’envolant dans la nuit.

– Alors, les grands, dit Grand-mère. Venez voir, le spectacle commence…

Confortablement installés devant la fenêtre, Lucie et Louis ne perdent pas une miette du spectacle… ni du bon dîner sucré de Grand-mère. Les deux amis regardent la forêt s’illuminer peu à peu. Tous les animaux ont mis des lampions devant leur fenêtre pour fêter la plus longue nuit de l’hiver.

– Ça y est! C’est la descente aux flambeaux! S’exclame Louis, la bouche pleine de chamallows fondants.

Lucie se dresse sur la pointe des pieds, pour mieux voir. Toutes les jeunes filles de la forêt, couronnées de fleurs blanches, descendent sur des traîneaux, guidés par les garçons qui portent les flambeaux. Dans la nuit, les lucioles commencent à danser. Légères, aériennes, on dirait des étoiles qui scintillent dans le ciel.

– Tu sais Louis, je crois qu’on voit tout bien mieux d’ici. C’est fa-bu-leux!

Comme c’est beau! Lucie est si heureuse qu’elle croît que son cœur va éclater de bonheur. Alors, arrive ce que Lucie attendait depuis si longtemps. Une douce chaleur envahit son corps. Et Lucie se met à briller comme une étoile dans la nuit.

– Oh, Louis, regarde, ça y est, je sais faire de la lumière dans la nuit!

Louis ne répond pas. Il regarde son amie Lucie, qui resplendit de bonheur. Elle brille, Lucie, et elle est si jolie, que Louis ne sait plus quoi dire. Alors, tout doucement, il dépose un baiser sur sa joue et lui dit :

– Bonne fête, jolie Lucie. Ce soir, c’est toi la reine de la Sainte-Lucie.

Histoire de Sophie Maraval-Hutin
I
llustrations par Thérèse Bonté
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

Pour rire de l’hiver

Humour hiver2Devant la tempête qui fait rage et la bonne bordée de neige que le Québec se prépare à déblayer, j’ai pensé que quelques bonnes blagues vous feraient oublier ce qui vous est tombé sur la tête, l’espace de quelques minutes. Ça fait tellement du bien de rire, alors pourquoi ne pas en profiter.

Une femme est partie en vacances au bord de la mer. Elle téléphone à son mari :

– Allo, mon chéri, comment va le chat?

– Il est mort!

– Oh! Tu aurais pu me ménager, me dire qu’il se promenait sur le balcon, qu’un bruit l’a effrayé, qu’il a basculé et… Enfin, tant pis! Et, comment va Maman?

– Euh, elle se promenait avec lui sur le balcon…

——————————————————————

Un homme trouve un pingouin dans la rue. Il croise un policier :

– J’ai trouvé ce pingouin. Qu’est-ce que je dois en faire?

– Ben, je ne sais pas moi. Amenez-le au zoo!

Le jour suivant, le policier croise le même homme avec le pingouin :

– Eh bien, vous ne l’avez pas emmené au zoo?

– Si, si, il a adoré. Maintenant, on va au cinéma!

——————————————————————-

Une blonde qui vient d’être opérée demande à son chirurgien :

– Docteur, quand vais-je pouvoir reprendre ma vie sexuelle?

Étonné, le chirurgien ajoute :

– C’est la première fois, madame, qu’on me pose cette question après une opération des amygdales !!!

——————————————————————-

Un camionneur s’arrête à un restaurant en bordure de la route. Il donne sa commande :

– Je voudrais trois pneus plats, une paire de phares pour brouillard et une planche à roulette.

La nouvelle serveuse, pour ne pas paraître stupide, accepte la commande. Elle va voir le cuisiner et lui répète la commande en disant :

– Ce gars, où est-ce qu’il se croit… dans un magasin de pièces d’autos?

– Non, dit le cuisinier. Trois pneus plats veulent dire trois crêpes. Une paire de phares pour brouillard veut dire deux œufs aux jaunes non crevés et les deux planches à roulettes, deux tranches de bacon croustillant.

– Oh… OK ! dit la serveuse, j’ai compris ! Elle réfléchit un instant puis remplie un petit plat de fèves au lard. Elle va le porter au camionneur. Celui-ci demande :

– Pourquoi les fèves au lard?

Elle lui répond : J’ai pensé que le temps d’attendre votre commande, vous aimeriez faire le plein de gaz!

——————————————————————–

Une dame entre chez Birks. Elle regarde autour d’elle puis aperçoit un beau bracelet en diamants. Au moment où elle se penche pour le regarder de plus de près, elle se surprend à lâcher un pet. Très gênée, elle regarde autour d’elle avec anxiété pour voir si personne n’avait remarqué qu’elle avait pété et pria pour qu’aucun vendeur ne se trouve près d’elle lors du pet.

Au moment où elle retourne, son pire cauchemar se concrétisa sous la forme d’un vendeur se tenant justement derrière elle… et il était beau en plus de ça. Calme, il affiche toutes les qualités dont on s’attendrait d’un professionnel dans un magasin comme Birks. Il salue poliment la dame avec :

– Bonjour, Madame. Comment pouvons-nous vous aider aujourd’hui?

Rougissant et inconfortable, mais espérant toujours que le vendeur ait manqué d’une manière ou d’une autre son petit « incident », elle demande :

– Monsieur, quel est le prix de ce beau bracelet?

Il lui répond :

– Madame, si vous avez pété juste à le regarder, vous allez sûrement chier dans vos culottes quand je vous dirai le prix.

Le cerf de Noël

Le cerf de NoelMartin et Clémentine sont en train de préparer le sapin de Noël. Ou plutôt, ils essaient… Car tandis qu’ils installent les boules et les guirlandes, ils sont sans cesse interrompus. Toutes les trois minutes, en effet, le vieux cerf Léonce vient cogner du sabot à leur porte, en pleurnichant. La truffe humide et basse, il leur dit :

– Les faons n’ont plus le temps d’écouter mes histoires, ils ne pensent qu’au père Noël.

Et puis encore :

-Les jeunes cerfs n’ont plus le temps de mâcher des écorces avec moi, ils ne pensent qu’au repas de Noël.

Et il pousse des brames tristes à pleurer.

Après deux heures de ce remue-ménage, Martin et Clémentine en ont assez. Martin sort sur le seuil de la chaumière, il prend sa plus grosse voix et il dit au vieux cerf :

– Écoute, Léonce, ça suffit. Tu vois bien que nous avons à faire. Ce n’est pas de notre faute si tu n’aimes pas Noël…

Et il claque la porte.

Maintenant, Martin et Clémentine ont terminé de préparer le sapin. C’est un arbre magnifique, avec une belle étoile dorée au sommet, de magnifiques boules qui rutilent à l’extrémité de chaque branche et des guirlandes de couleur qui égaient l’atmosphère.

Martin est satisfait. Ils ont bien travaillé. Mais au moment où il se retourne pour féliciter sa petite sœur, il voit deux larmes rouler sur les joues de Clémentine. C’est sûrement à cause du vieux cerf Léonce qu’on entend encore gémir dehors… Martin dit à Clémentine :

– Ne laisse pas ce râleur nous gâcher notre joie. C’est bien la seule personne que je connaisse, homme ou animal, qui n’aime pas Noël.

Mais Clémentine lui dit :

– Tu étais moins sévère avec lui quand il nous promenait sur son dos, cet été.

Et elle éclate en sanglots.

Martin sent également une grosse boule monter dans sa gorge. Au fond, il sait bien que sa sœur a raison et qu’il a été injuste avec leur compagnon. Que peuvent-ils entreprendre pour se faire pardonner? Martin a une idée. Les enfants enfilent leurs manteaux, sortent dans la nuit chercher le cerf et se mettent au travail. En se hissant sur la pointe des pieds, Martin fait courir une guirlande sur les bois de Léonce et épingle l’étoile dorée sur le haut.

Sa sœur y fixe les bougies et entoure l’encolure d’un beau ruban d’argent. Puis les enfants accrochent une grosse boule rouge au bout de chaque oreille de l’animal. Et Clémentine ajoute même un petit père Noël à l’extrémité de la queue du vieux cerf. Martin dit à Léonce :

– Décoré comme cela, tu serviras de sapin de Noël ambulant à tous les animaux de la forêt.

Léonce bondit de joie :

– Maintenant que j’adore Noël, est-ce que je pourrais goûter un peu de la dinde de Noël?

Histoire de Vincent Villeminot
I
llustrations par Hervé Florès
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

Salmigondis

SalmigondisUne «toune» accrocheuse
Est-ce que ça vous arrive d’avoir une chanson particulière qui vous trotte en boucle dans la tête? Une mélodie accrocheuse qu’on ne peut chasser de son subconscient et qui ne vous lâche pas? Eh bien moi, ça se produit là là! Depuis que la musique de Noël est diffusée sur les radios locales, il y en a une qui me titille au point de toujours l’avoir en tête. Et dès que j’entends les premières notes, c’est instinctif, je monte le volume.

Il s’agit de la chanson All I Want For Christmas Is You, de Mariah Carey. Une «toune» de 1994 que je viens de découvrir… Il était temps! Une pièce qui débute lentement mais qui soudainement, après quelques mesures, s’emballe. Beaucoup de rythme pour une chanson de Noël mais qui est entraînante. C’est mon coup de cœur de décembre.

La visite est là
Depuis lundi, 23 heures, notre amie Carole est arrivée avec sa grosse valise rouge écarlate, sa bonne humeur et sa joie de quitter la froidure et la neige du Québec pour refaire ses réserves de vitamines soleil durant une semaine. Avec ce qu’on annonce au Québec comme accumulation de neige au cours des prochains jours, disons qu’elle a frappé dans le mille. Par contre, la madame est un tantinet malchanceuse puisque les prochaines nuits seront froides (ce n’est pas grave on dort) ici en Floride et le mercure ne devrait pas dépasser 20-22°C le jour.

Mais on lui a proposé plein d’activités de snowbirds pour lui donner un avant-goût de ce qui l’attend, lors qu’elle décidera de jouir de sa retraite… Comme le bingo crème glacée, qu’on lui fera goûter demain. On fera en sorte qu’elle prenne goût à cette vie trépignante au pays des gougounes.

Louise et le bingo
La chance continue de sourire à ma Loulou. Sans gagner à chaque soir de bingo, disons que son automne a été fructueux jusqu’à maintenant. On s’entend que ce ne soit pas des montants faramineux et à ce jour, aucun investisseur n’est venu nous faire des propositions d’investissement. Les piastres, parce qu’ici ce sont encore des piastres en papier, s’accumulent, au point de ressembler à une méchante palette. Louise et son bingo, c’est sa tasse de thé! Carole, la Lucifer du coin et aussi adepte du bingo, passe la prendre tous les lundis et mercredis que chaque semaine apporte, avec la ferme intention de tout rafler le magot.

Moi, le bingo ne m’a jamais fait vraiment fait fantasmer et je n’y vais pas. Mais le Ice Cream Bingo… Wow! Ça vaut le déplacement chaque deuxième jeudi du mois et ça commence toujours par une dégustation orgiaque des toutes sortes de saveurs de crème glacée. Vous devriez voir la bande d’aînés se geler la fraise à grands coups de cuillères… et tout ça pour 3$. Au diable les calories, même s’ils offrent aussi des sorbets, on peut bien se payer la traite une fois par mois. C’est bon pour le moral.

Et pour terminer en humour
Pour la première fois de ma vie, je suis allé à la mosquée… J’ai assisté à leurs pratiques et à leurs prières, puis tout à coup j’ai vu Mahomet. Il était là. Je me suis mis à genoux. Figurez-vous et à ma grande surprise il vient à moi, se penche, met ses mains sur ma tête et s’exclame d’une voix forte: « TI VAS MARCHER ! ! ! » Je lui répondis : je n’ai aucun problème de motricité.

Il ignore ma remarque et hurle encore d’une voix plus forte: « TI VAS MARCHER ! ! ! » Là, je refais une tentative pour lui expliquer que je n’ ai aucun problème avec mes membres inférieurs, mais en vain…. Il répétait de plus en plus fort : « TI VAS MARCHER ! ! ! » Après les prières, je suis sorti et bien croyez-moi si vous voulez, il avait raison ce crisse-là. On m’avait piqué mon char !!!!

Le sapin des castors

Le sapin des castorsLes castors regardaient tristement le torrent gelé. Il avait fait si froid cette année que des blocs de glace empêchaient l’eau de couler. Les castors n’avaient plus rien à faire.

– Grand castor, on s’ennuie! Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire?

– C’est bientôt Noël, dit la petite voix du bébé castor Victor. On pourrait aller chercher un sapin dans la forêt et le décorer!

– Mais c’est une très bonne idée, dit Grand castor.

Et une heure après, toute la tribu des castors était prête, raquettes aux pattes, bonnet sur la tête, et se mettait en route, à la recherche d’un sapin. Mais aucun ne leur plaisait : Trop petit! Trop grand! Trop jaune! Trop bleu! Trop touffu! Il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. Mais soudain, tous les castors s’arrêtèrent, bouche bée, devant un magnifique sapin vert, le plus majestueux de toute la forêt.

– Il est superbe! Dit Grand castor. Bon, Igor, à tes quenottes. Tu nous découpes clair, net et sans bavures!

Tac, tac, tac, Igor essaya, mais l’écorce était trop dure.

– Je n’y arrive pas, c’est comme si ce sapin était en fer!

– Pousse-toi de là, freluquet, dit Fédor, je ne vais en faire qu’une bouchée de ce sapin, moi!

Et Fédor s’attaqua au tronc du sapin, mais sans plus de succès.

Soudain, une vois retentit dans la forêt :

– Vous n’en avez pas assez de me mordre! Ça commence à m’énerver!

– Un coup de dents en plus dans ma belle prise, et je vous envoie une rafale de pommes de pin, compris?

– Qui parle ainsi? Demanda Gand castor, un peu inquiet.

– C’est moi, le sapin parlant de la forêt.

– Un sapin qui parle! Nous avons trouvé un sapin magique! Quelle chance! S’écria le petit Victor.

– Oui, mais il n’a pas l’air de vouloir qu’on le découpe et qu’on l’emporte à la maison, chuchota Grand castor. Et je ne tiens pas à me faire assommer par une pluie de pomme de pin!

– Je sais! Je sais! Cria le petit Victor. Si le sapin ne veut pas bouger, c’est nous qui allons venir! On va installer nos tentes autour de lui et fêter Noël ici!

– Excellente idée, Victor! Dit Grand castor. Monsieur sapin, cela vous dirait de passer Noël en notre compagnie?

– J’accepte avec plaisir votre invitation. Cela me changera des Noëls précédents, où j’étais seul à parler!

C’est ainsi que tous les castors montèrent leurs tentes autour du sapin qu’on décora de pommes de pin et de serpentins de copeaux de bois. On fit un grand feu, on y grilla des saucisses, on chanta. Grand castor raconta des histoires de castors et le sapin, des histoires de sapins.

– C’est assurément le plus beau Noël qu’on ait jamais eu, de mémoire de castors et de sapins réunis, dirent-ils en chœur.

Histoire de Claire Renaud
I
llustrations par Thérèse Bonté
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

Un militaire vétéran de 95 ans, toujours hanté par les atrocités d’une guerre

J’adore les histoires vraies. Elles racontent la vie, quelque chose de véridique qui s’est déroulé dans le temps. Les témoignages qu’on y découvre sont authentiques et rendent les faits d’une époque, dans ce temps.

Hier, comme je l’indiquais dans les éphémérides du blogue, les américains célébraient une triste histoire, celle de l’attaque sournoise et sauvage des japonais sur Pearl Harbor, au matin du 7 décembre 1941. Et ici, les vétérans des grandes guerres sont élevés au rang de héros et partout, lorsque l’occasion se présente, on salue leur courage.

Chez-nous, il suffit d’écouter les anciens combattants raconter les atrocités dont ils ont été victimes aux champs d’honneur, pour découvrir à travers leurs larmes et sanglots, toute l’horreur que cet enfer leur a laissé en héritage et ce, bien des années plus tard.

En feuilletant le journal local ce matin, j’ai découvert l’histoire suivante que je veux partager avec vous. Un épisode dramatique de Pearl Harbor, vécu par un vétéran, aujourd’hui âgé de 95 ans, et qui vit près d’ici, à Lehigh Acres. Voici donc la traduction que j’ai réalisé, sur l’histoire de ce héros; Orva Glass…

Pearl Harbor2« Pour le soldat de l’armée américaine de 22 ans, Orva Glass, c’était une autre belle journée au paradis; mercure de 25°C, frémissement des palmiers sous une brise de 15-20 km/h, quelques nuages et une légère vague sur le rivage de la baie.

Son déjeuner avalé et sa toilette terminée, il se dit : Je suis fin prêt pour pendre l’autobus pour aller en ville.
Au même moment, «bam, bang, boum, boum», ils ont pulvérisé la place de balles. Je pouvais entendre les «bing, bing» des projectiles frappant des objets dans la cuisine. Je devinais que quelque chose n’allait pas.

Effectivement quelque chose se produisait. Nous étions le 7 décembre 1941, à Oahu, Hawaii et les avions japonais attaquaient la flotte navale américaine, ancrée au port de Pearl Harbor, de même que l’armée, l’aviation, l’aéroport et la garnison de Schofield, à l’endroit même où Orva s’était rasé.

À 6h00 ce jour-là, 6 porte-avions japonais, naviguant à 320 kilomètres au nord d’Oahu, procédaient au décollage de 183 avions – Chasseurs, bombardiers et avions-torpilleurs – comme première vague d’attaque avec l’objectif de détruire la flotte navale américaine du pacifique, afin de permettre au Japon de développer son empire.

L’attaque a débuté à 7h55 alors que les avions japonais mitraillaient leurs objectifs de destruction au bombardement des avions américains cloués au sol des aéroports Wheeler Field, Hickam Field, Barbers Point et Kaneohe, en plus des bateaux dans le port.

Alors que la garnison de Schofiels était attaquée, Glass, un natif d’Alliance, Ohio, demeurant maintenant à Lehigh Acres en Floride, accompagné d’autres membres de la 97th Coast Artillery, montèrent dans les camions pour rejoindre leurs batteries anti-aériennes au sud-est du port.

D’après le livre Attack on Pearl Harbor : Strategy, Combats, Myths, Deceptions, de Alan Zimm, les batteries anti-aériennes souffraient d’un manque d’effectifs et n’étaient pas préparées pour une attaque du genre.

Entre 8h15 et 9h00, les hommes de la 97th Coast Artillery ont ouvert le feu avec des armes légères et ont utilisé 27 cartouches de 3 pouces. Nous n’étions pas organisés pour attaquer. Glass rajoute : Nous n’avions que quelques cartouches et on a fait pour le mieux avec ce qu’on avait.

J’avais à manipuler les munitions. Je n’avais pas le temps de réfléchir. Tout le monde était trop occupé. Des gens hurlaient «prenez les munitions là-haut!»

Dans Attack on Pearl Harbor, Zimm déclarait que la 55th Coast Artillery a été créditée d’avoir abattu deux avions japonais, alors que la 97th n’en n’avait descendu aucun.

Tout le monde tirait et tout le monde réclamait avoir atteint l’ennemi. Glass de rajouter : Mais qui a vraiment frappé, c’est difficile à dire.

À 8h40, la deuxième vague japonaise de 171 avions, attaquait Oahu, pour poursuivre sa destruction.

De son point de vue, Glass ne pouvait voir ce qui se passait dans le port. On pouvait voir voler les avions à distance; ils effectuaient des sorties. Ils survolaient le port et laissaient tomber leurs bombes. Quelquefois, ils nous survolaient également.

Un groupe d’avions s’amenait et mitraillait à profusion, puis un autre groupe faisait de même. Nous ne savions pas ce qui arrivait. Nous n’étions pas en guerre. Tout ce que nous savions, c’était d’ouvrir le feu en réplique.

À 9h45, l’attaque était terminée.

Les pertes américaines faisaient état de 2,335 militaires tués, incluant 1,104 membres de l’équipage du cuirassé Arizona, et 1,143 blessés; 68 civils ont également trouvé la mort et 35 autres ont été blessés.

Trois navires, les cuirassés Oklahoma et Arizona ainsi que le bateau d’entraînement Utah ont été totalement perdus et n’ont jamais combattu par la suite. Cinq bateaux ont été coulés, puis renfloués et réparés afin de rejoindre la flotte. 13 bateaux endommagés ont pu reprendre du service une fois réparés.

L’aviation américaine a perdu 188 contre-torpilleurs et 159 furent endommagés.

Du côté japonais, on dénombra 64 décès et un soldat fut fait prisonnier. 29 avions furent détruits ainsi que 5 sous-marins Midget.

Le lendemain, 8 décembre, les États-Unis déclaraient la guerre au Japon. Trois jours plus tard, l’Allemagne et l’Italie déclaraient la guerre aux États-Unis.

Glass demeura en devoir à Oahu, où il étudia l’électronique, avant d’être démobilisé en 1945, avant la fin de la guerre.

De retour à Alliance, il travailla 30 ans pour un concessionnaire de produits RCA et souffre toujours de troubles associés au stress post-traumatique.

J’ai traversé l’enfer, déclare-t-il. Beaucoup de personnes ne sont pas passés par là. J’ai été chanceux. Une balle aurait pu m’atteindre autant que n’importe qui d’autre et je suis ici, à 95 ans, et toujours en vie.

Dans mon esprit, c’est comme si c’est arrivé hier. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas oublier.»

Source : The News-Press, dimanche 7 décembre 2014 – Pearl Harbor – Day of infamy

Le Noël des vieux jouets

Le Noël des vieux jouetsDans la chambre à coucher, il faisait noir depuis longtemps. Katia dort paisiblement : c’est l’heure où ses jouets commencent à discuter. Cette nuit, c’est Henri, le cheval à bascule, qui s’adresse à Sophie, la jolie poupée brune de Katia, celle qu’elle a reçue à Noël l’an dernier.

– Sophie, nous avons décidé de te dire un secret. Tu te souviens de Noël, quand Katia t’a trouvée dans un paquet entouré de rubans?

– Oh oui, monsieur Henri.

– Eh bien, Sophie, dans une semaine, ce sera de nouveau Noël et Katia recevra de nouveaux jouets. Alors, il se passera avec toi ce qu’il s’est produit pour nous : Katia va t’oublier.

Sophie éclate de rire :

– Bien sûr que non, Katia ne va pas m’oublier. Elle s’occupe de moi comme une vraie petite maman.

Mais Henri lui répond :

-Moi, quand elle avait deux ans, elle faisait de longues chevauchées sur mon dos de bois. Et puis, un jour de Noël, elle m’a abandonné, à cause du tricycle.

Roger le tricycle avance sur ses trois roues.

– C’est vrai, dit-il, un jour de Noël je suis entré dans sa vie, et Katia a roulé sur moi pendant deux ans. Et puis, un jour de Noël, il y a eu le vélo, et elle ne m’a jamais plus parlé…

Sophie se bouche les oreilles, elle ne veut pas les croire. Elle se rappelle du Noël de l’année dernière : il y avait l’odeur du sapin, les bougies… et Katia, cette jolie petite fille, l’avait prise dans ses bras. Elle lui avait donné son nom, Sophie, et lui avait dit qu’elle serait sa maman pour toujours. Est-ce que Katia avait menti? Noël est-il vraiment le plus triste des jours pour les vieux jouets? Sophie la poupée allait en avoir le cœur net.

Sans un bruit, elle s’approcha du bureau. C’est là que Katia a laissé la lettre qu’elle va bientôt envoyer au père Noël. Sophie monte sur le dos d’Henri, attrape le papier. Le vieil ours chausse ses lunettes et commence à lire :

«Cette année, Katia a demandé beaucoup de jouets. Des puzzles, de la peinture, un déguisement de fée…»

Sophie dit à ses amis :

– Vous voyez, rien ne va me remplacer.

Mais l’ours lui répond :

– Attends, Sophie, il reste deux choses sur la liste.

Tous les jouets retiennent leur souffle. Et l’ours dit :

– Une nouvelle poupée, toute blonde.

Le cœur de Sophie se serre. . Elle sent les larmes lui monter aux yeux. Puis le vieil ours lit la dernière ligne :

«Une robe neuve pour ma poupée Sophie.»

Alors, les larmes de Sophie se transforment en sourire. Cette année, à Noël, elle aura de nouveaux habits… Et en plus, Katia va lui offrir une petite sœur!

Histoire de Vincent Villeminot
I
llustrations par Hervé Flores
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

Un spectacle à saveur acadienne

2014-12-04 003Nous avons eu droit à tout un spectacle ici, à Pioneer Village, ce dernier jeudi. Gérard Arsenault, un résident du parc, nous présentait ses acolyte et choriste Paul-Émile, ainsi que Louise, lors d’un spectacle à saveur acadienne, haut en couleur et en harmonies. Partis de la formation du trio Les Gélélou en 1968 pour quelques années, cette soirée marquait, en quelque sorte, un retour aux sources pour cette formation folklorique de l’époque.

Pour l’occasion, l’équipe de bénévoles avait transformé la salle en boîte à chansons avec ses lumières tamisées et son ambiance feutrée. Mario et moi, étions chargés respectivement de l’éclairage et du son. C’était aussi soir de première avec le nouvel équipement d’éclairage multifonctionnel de scène, récemment installé. Les commentaires à ce sujet ont été très élogieux.

Dès 19 heures, le trio enchainaient les 24 pièces choisies de son répertoire, au grand plaisir des 208 personnes présentes. En fait, l’événement a fait salle comble. Un savant mélange de musique anglophone et francophone a tôt fait de captiver la majorité des spectateurs au point où on les voyait taper des mains et du pied pour battre le rythme. Reconnus pour leurs harmonies riches, Les Gélélou ont séduit l’auditoire par leur justesse vocale. Après discussions avec Gérard, il me disait que le dernier été a servi à peaufiner le spectacle et préparer les arrangements musicaux, qui ont demandé une bonne quinzaine de répétitions. Le résultat valait le déplacement puisqu’à la fin, la salle demandait un rappel qui s’est soldé par la performance de deux pièces supplémentaires.

Seule petite note discordante cependant; ce spectacle s’inscrivait dans une série de trois événements bilingues, devant avoir lieu durant l’hiver à Pioneer Village, et à ce titre la narration servant de préambule aux chansons faisait défaut, étant livrée très majoritairement en anglais, devant un public francophone pour la plupart. Dommage! Pour tout le reste, l’événement fut couronné de succès, à mon humble avis, bien sûr.

L’aventure des jouets

L'aventure des jouets001– J’en ai assez de cette ficelle qui me fait lever et baisser le bras en cadence, comme une marionnette, dit l’ours brun de la vitrine de Noël. Je commence à avoir des crampes.

– Et moi, j’en ai assez de tourner toujours dans le même sens sur ces rails, dit le train électrique. Le soir, j’ai un mal de locomotive incroyable.

– Et moi donc! ajoute la poupée. Je me balance toute la journée dans ma nacelle, ça me donne mal au cœur!

– Les amis, il faut que nous sortions de cette vitrine, que nous allions prendre l’air et nous dégourdir les pattes et les essieux, sinon nous allons tous tomber malade!

– Mais comment faire? Demande la poupée. Nous ne pourrons pas nous libérer tous seuls!

– Moi, je peux vous aider! It la petite voix de Tom, le bonhomme en plastique qui conduit le camion de travaux. Comme je suis tout petit, ils ont oublié de m’attacher! Cette nuit, je vous libère, et demain, je vous rattache comme avant, ni vu ni connu!

– Tu es sûr que tu ne te mélangeras pas les boulons, avec tous ces fils qui vont dans tous les sens?

– Faites-moi confiance!

Le soir venu, le remue-ménage commence dans la vitrine des jouets. Tom défait un nœud par-ci, coupe un fil par-là, arrête le train, fait descendre la poupée de sa nacelle…

– À vous la liberté! Mais attention, les jouets, revenez avant minuit, parce qu’il me faudra du temps pour tout réinstaller.

– D’accord Tom! Allons-y, les amis, partons à la découverte de la ville illuminée. En avant, crie l’ours brun.

La petite troupe des jouets sort sans peine du grand magasin en utilisant un conduit d’aération. Toboggan et atterrissage sur le trottoir!

– Oh! Comme c’est beau! Les rues sont toutes décorées! Toute la ville fête Noël!

– Eh! Regardez là-bas, la fontaine est éclairée!

Tous les jouets se jettent dedans et font une énorme bataille d’eau. Quand ils reviennent, il est minuit passé et Tom n’est pas content :

– Vous avez vu l’heure! Et dans quel état vous êtes! Tout trempés!

Les jouets n’écoutent pas, ils n’ont qu’une envie : dormir, et rêver aux mille lumières de la ville. Tom a du mal à attraper leurs bras pour rattacher les ficelles, à remettre le train sur ses rails. Et le lendemain, les enfants sont bien surpris en regardant les vitrines : l’ours lève le bras vers l’arrière dans le mauvais sens, le train tourne bien, mais c’est le dernier wagon qui conduit! Quant à la poupée, elle était si fatiguée qu’elle est montée à califourchon sur son berceau! C’est du beau!

– Ça, c’est une drôle de vitrine de Noël, dit un petit garçon à sa maman.

Histoire de Claire Renaud
I
llustrations par Éric Puybaret
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

Un monument s’éteint!

Jean BéliveauJean Béliveau a rejoint son Créateur mardi soir, à l’âge vénérable de 83 ans, après une vie on ne peut plus remplie. Ce Monsieur, plus grand que nature, aura marqué la vie de beaucoup de personnes, tout autour de la planète. Toutes les stations de radio et de télévision, de plus de vingt pays, sans oublier les réseaux sociaux, lui ont rendu un hommage bien mérité.

Ce qui a surtout retenu mon attention, c’est sa grandeur humaine qui a été mise à l’avant plan, plus que ses exploits sportifs. Il a été dans l’organisation des Canadiens de Montréal, comme joueur et administrateur, plus de 60 ans. Capitaine des glorieux durant 10 ans, il détient encore ce record de longévité conjointement avec Saku Koivu, en plus d’être, encore aujourd’hui, le meneur au chapitre des points en séries éliminatoires. Il vient maintenant d’entrer dans la légende immortelle.

Il a toujours fait l’unanimité et respecté le peuple. Les anecdotes rapportées par monsieur tout-le-monde et par les gens de hockey sont à l’unisson pour décrier combien il était exceptionnel. Déjà on s’active pour immortaliser son souvenir; peut-être nommer un trophée de la Ligue Nationale de Hockey en son nom, ou nommer le futur amphithéâtre de Québec en son honneur.

Quoi qu’il en soit, il sera exposé en chapelle ardente au Centre Bell, dimanche et lundi et ce sera une reprise de l’hommage grandiose réservé à une autre légende disparue; Maurice Richard.

Chacun a son anecdote ou sa petite histoire sur Monsieur Béliveau, mais la mienne date du début des années soixante, alors qu’il était l’invité d’honneur à l’école de mon quartier, afin de clôturer la saison de hockey amateur à Longueuil. Il m’avait remis sa carte de hockey, autographiée de sa main. Ce qui m’avait surtout frappé, en plus de sa taille gigantesque, c’était qu’on pouvait lire facilement sa signature, suivie de son fameux numéro 4. Par la suite, je l’ai croisé à quelques reprises et chaque fois, il demeurait aimable, poli et gentleman. Monsieur Béliveau, c’était la grâce, la noblesse et l’élégance, tant sur patin que dans la vie de tous les jours.

Cette réputation est loin d’être surfaite et j’ai bien aimé la délicatesse de la direction du Wild, avant le match qu’ils disputaient aux Canadiens hier soir au Minnesota; tout en soulignant le décès de Monsieur Béliveau, jumelé également au décès dimanche dernier de Murray Oliver, ex-joueurs des défunts North Stars du Minnesota, Jean Béliveau2l’hymne national du Canada a été interprété en français et en anglais. De la grande classe, à l’instar de Jean Béliveau lui-même.

Au revoir Monsieur Béliveau. Vous faites partie des rassembleurs et de là-haut, vous pourrez mesurer l’ampleur de votre passage sur cette terre, tout en continuant de briller parmi les étoiles. Probablement que le Rocket vous attend déjà.