L’aventure des jouets

L'aventure des jouets001– J’en ai assez de cette ficelle qui me fait lever et baisser le bras en cadence, comme une marionnette, dit l’ours brun de la vitrine de Noël. Je commence à avoir des crampes.

– Et moi, j’en ai assez de tourner toujours dans le même sens sur ces rails, dit le train électrique. Le soir, j’ai un mal de locomotive incroyable.

– Et moi donc! ajoute la poupée. Je me balance toute la journée dans ma nacelle, ça me donne mal au cœur!

– Les amis, il faut que nous sortions de cette vitrine, que nous allions prendre l’air et nous dégourdir les pattes et les essieux, sinon nous allons tous tomber malade!

– Mais comment faire? Demande la poupée. Nous ne pourrons pas nous libérer tous seuls!

– Moi, je peux vous aider! It la petite voix de Tom, le bonhomme en plastique qui conduit le camion de travaux. Comme je suis tout petit, ils ont oublié de m’attacher! Cette nuit, je vous libère, et demain, je vous rattache comme avant, ni vu ni connu!

– Tu es sûr que tu ne te mélangeras pas les boulons, avec tous ces fils qui vont dans tous les sens?

– Faites-moi confiance!

Le soir venu, le remue-ménage commence dans la vitrine des jouets. Tom défait un nœud par-ci, coupe un fil par-là, arrête le train, fait descendre la poupée de sa nacelle…

– À vous la liberté! Mais attention, les jouets, revenez avant minuit, parce qu’il me faudra du temps pour tout réinstaller.

– D’accord Tom! Allons-y, les amis, partons à la découverte de la ville illuminée. En avant, crie l’ours brun.

La petite troupe des jouets sort sans peine du grand magasin en utilisant un conduit d’aération. Toboggan et atterrissage sur le trottoir!

– Oh! Comme c’est beau! Les rues sont toutes décorées! Toute la ville fête Noël!

– Eh! Regardez là-bas, la fontaine est éclairée!

Tous les jouets se jettent dedans et font une énorme bataille d’eau. Quand ils reviennent, il est minuit passé et Tom n’est pas content :

– Vous avez vu l’heure! Et dans quel état vous êtes! Tout trempés!

Les jouets n’écoutent pas, ils n’ont qu’une envie : dormir, et rêver aux mille lumières de la ville. Tom a du mal à attraper leurs bras pour rattacher les ficelles, à remettre le train sur ses rails. Et le lendemain, les enfants sont bien surpris en regardant les vitrines : l’ours lève le bras vers l’arrière dans le mauvais sens, le train tourne bien, mais c’est le dernier wagon qui conduit! Quant à la poupée, elle était si fatiguée qu’elle est montée à califourchon sur son berceau! C’est du beau!

– Ça, c’est une drôle de vitrine de Noël, dit un petit garçon à sa maman.

Histoire de Claire Renaud
I
llustrations par Éric Puybaret
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

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