Vingt-quatre jours à attendre

24 jours à attendreDans un pays lointain, il y a bien longtemps, un vieil homme arriva avec une charrette bâchée. Il s’arrêta sur la place du village et dévoila une étrange machine.

– Approchez, mesdames et messieurs, et venez admirer la machine de l’Avent!

Les gens du village, curieux, s’attroupèrent autour de l’engin. Personne n’avait jamais vu une chose pareille!

– Alors, qui choisira le premier jour? Et qui prendra le dernier?

Les villageois les plus courageux s’approchèrent encore et virent qu’il y avait vingt-quatre casiers numérotés sur la machine. Finalement. Ce fut le petit Renaud, le plus espiègle des enfants du village qui cria :

– Moi, je prendrai le premier jour!

Le premier soir de décembre, vers huit heures, tout le village s’assembla autour de la machine. Soudain, le casier numéro un s’ouvrit, un oiseau mécanique en sortit et déposa une pièce d’or dans la main du petit Renaud, qui rentra chez lui tout content.

– Qui choisira le deuxième jour? Demanda alors le vieil homme.

Grosjean, le notaire, fut le plus rapide et, à huit heures, le deuxième jour de l’Avent, il reçut deux pièces d’or. Tout le monde était émerveillé. Dame Sophie, qui était très sage, proposa que les plus riches choisissent les premiers jours et les plus pauvres les derniers. Tout le monde tomba d’accord.

À ce moment, le galop d’un cheval se fit entendre. C’était Enguerran le cruel qui arrivait, entouré de ses gardes :

– On me dit qu’il y a ici une machine qui distribue toujours plus d’or! Cria-t-il. J’en veux ma part, la part du seigneur. Je prendrai donc le 24 décembre, pour recevoir vingt-quatre pièces d’or, car tel est mon bon vouloir.

C’était injuste, mais Enguerran était un seigneur cruel et tous le craignaient.

Ainsi, le mois passa. Tous les soirs, le miracle se reproduisit, et la famille qui repartait avec les pièces d’or offrait à tous un festin de viandes rôties et de vin doux. On fêta ainsi l’attente de Noël. Le 23, ce fut le mendiant du village qui reçut vingt-trois pièces d’or de l’oiseau mécanique.

Le soir suivant, veille de Noël, Enguerran le cruel revint. À huit heures, la machine fit du bruit, le dernier casier s’ouvrit, et un oiseau en sortit, tenant dans son bec une lourde bourse d’or. Mais c’était un véritable oiseau et il s’envola dans les airs, avec les vingt-quatre pièces d’or. Enguerran essaya d’attraper l’oiseau, en vain.

Le vieil homme sourit au milieu des rires des villageois :

– Tu croyais que, parce que tu étais le seigneur, la plus grosse part te revenait. Eh bien non! La machine donne à qui le mérite. Et toi, tu ne mérites rien. De rage, Enguerran s’enfuit au galop.

Et le jour de Noël, autour d’une immense table couverte de mets raffinés, on raconta jusqu’au soir comment Enguerran le puissant, avait été trompé par un petit oiseau.

Histoire de Vincent Villeminot
I
llustrations par Adeline Avril
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

Une réflexion au sujet de « Vingt-quatre jours à attendre »

  1. Quelle belle leçon à retenir de cette histoire, alors que les riches n’ont pas toujours le pouvoir de tout gagner.

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