Sont-ils artisans de leur malheur?

Photo : Journal de Montréal

Bien triste fin que celle de ce cycliste de haut niveau, décédé tragiquement mercredi dernier, alors qu’il descendait sur la voie Camillien-Houde, à Montréal, avant d’entrer en collision avec un automobiliste qui effectuait un virage en U illégal. Le choc a été fatal pour le jeune Clément Ouimet, un espoir montant du monde du cyclisme québécois.

On peut présumer que cet athlète roulait à une grande vitesse, ce qui ne lui a laissé aucune chance. C’est à se demander pourquoi ces cyclistes roulent à fond de train dans un environnement où circulent des automobiles, camions et autres véhicules. Je m’interroge sur cette question parce que la dangerosité est très importante. À preuve, les compétitions de vélos se déroulent toujours en circuit fermé, réduisant ainsi les risques.

L’entraînement devrait se faire dans des endroits sécurisés. Par exemple, le circuit Gilles-Villeneuve pourrait leur offrir une plage exclusivement réservée de 4 heures, en matinée, durant la semaine. Ce serait déjà un début. Avec leurs bécanes ultralégères et aérodynamiques, ils sont vulnérables, peu visibles et la moindre petite fausse manœuvre peut les expédier rapidement dans le décor. Le corridor de sécurité instauré depuis quelques années a beaucoup sensibilisé les automobilistes à leur présence sur la route, mais si cette route se partage, il existe un Code de la sécurité routière qu’ils observent très peu.

Hier après-midi, je circulais en auto dans la ville de Saint-Philippe sur la Rive-Sud de Montréal et j’observais un cycliste qui me précédait, dont j’évaluais sa vitesse à 35-40 km/h. Dans ce secteur, les routes sont étroites, sans accotements et avec des poteaux sur la chaussée en bordure des trottoirs. Sur deux kilomètres, il a traversé trois intersections achalandées et avec signaux d’arrêt obligatoire dans tous les sens.

Conservant toujours sa vitesse, il ne s’est jamais immobilisé, obligeant les conducteurs à le laisser passer. Il DEVAIT faire son ARRÊT obligatoire. De quel droit s’est-il permis de transgresser impunément le Code? Et cette situation est très fréquente chez les cyclistes! Ils ne partagent pas la route… ils se l’accaparent. Il a mis sa propre vie en jeu pour ne pas perdre sa cadence. C’est de l’insouciance. Et à ce jeu là, il ne faisait pas le poids.