Triste réalité…

Je m’ennuie du nationalisme de la fin des années soixante. Le mouvement indépendantiste était en pleine effervescence avec mon idole de toujours, René Lévesque, qui nous promettait un pays et de réaliser le rêve de Jean Lesage en quelque sorte; « Maître chez-nous ».

Cinquante années plus tard c’est triste de constater comme les temps ont changé. Le référendum de 1995, perdu par la peau des fesses, a sonné le glas dans la population. Il aura eu l’effet d’un violent coup de massue qui sonnait le réveil des fédéralistes, décidés par tous les moyens, a enterré définitivement le mouvement souverainiste. On connaît la suite. Le mouvement s’effrite et au lieu de s’unir, on continue de se diviser.

Mardi dernier, Josée Legault en a fait le sujet de sa chronique dans le Journal de Montréal, qui me rejoint et que je partage avec vous. Elle fait une énumération très juste des cinquante dernières années de l’action politique au Québec. Et c’est la triste réalité…

UNE NATION EN DÉSARROI

1968 – l’année de tous les possibles. Ici, et partout en occident. Au Québec, un nationalisme nouveau prend un air festif et espérant. Les artistes sont à l’avant-garde d’une société en devenir qui se modernise rapidement. Les intellectuels foisonnent d’idées audacieuses. On découvre le monde et le monde nous découvre.

La justice sociale devient une valeur collective. On lutte pour que le français s’installe enfin comme le socle principal d’un peuple de plus en plus diversifié. À l’automne, la fondation du Parti québécois fait rêver d’un Québec pays. Chez les fédéralistes québécois, le nationalisme est l’objet de fierté et de revendications.

2018 – 50 ans à peine plus tard, on a beau se faire optimiste pour la galerie, il n’en reste pas moins que cette nation en construction prometteuse patauge depuis des années dans un désarroi dont elle refuse de prendre la pleine mesure.

POINT DE BASCULE

Sur presque tous les plans, le descriptif de 1968 est aujourd’hui renversé. Lorsqu’au sein du seul État francophone d’Amérique, la congestion automobile et le débat sur le hijab occupent autant l’espace politique, c’est que l’âme de ce peuple s’est réfugiée dans le vide occupationnel.

Quel fut le point de bascule? Le référendum de 1995 et ses tristes suites. Après la quasi-victoire du Oui, les élites politiques du Québec, tous partis confondus, souverainistes et fédéralistes, se sont mises en mode déni.

La chasse obsessionnelle au déficit zéro a pris des dimensions quasi religieuses. La corruption s’est remise de la partie. On décapite les services sociaux pour mieux gaver les médecins spécialistes. À nos risques et périls, on néglige même l’école publique.

Sans broncher, Philippe Couillard se permet de traîner ses adversaires dans la boue gluante d’une « xénophobie » imaginaire. Du jamais vu pour un premier ministre du Québec. Quant aux rêves d’un pays pour les uns et d’une province autonome pour les autres, ils volent en éclats sans faire de bruits.

SURSAUT?

Sous Martine Ouellet, la pénible agonie du Bloc québécois depuis la vague orange de 2011 se poursuit. Au PQ, depuis le dernier référendum, le vaisseau amiral prend l’eau. Comme le rappelait souvent Jacques Parizeau, sans le ciment de son projet politique, la famille souverainiste est condamnée à se disloquer. La CAQ rêvant du moment où elle pourrait enfin remplacer le PQ comme alternative aux libéraux.

Pendant ce temps, marcher dans le centre-ville de Montréal, c’est se soumettre au son écorchant d’un franglais informe et inculte. « Bonjour! Hi! » n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’une langue nationale esseulée.

Cette vision des choses, certains la trouveront déconnectée ou inutilement pessimiste. Elle est pourtant factuelle. Et l’avenir? Heureusement, il recommence chaque matin…

Malgré la déroute ambiante, qui sait en effet ce qui pourrait naître ou renaître après le scrutin du 1er octobre. Y aura-t-il ou non une prise de conscience essentielle pour retrouver notre chemin perdu? Ne reste plus qu’à l’espérer et, surtout, à y travailler très fort.

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