Rapport de « Snowbird »

Voici mon troisième rapport. Les Fêtes sont déjà passées, parce que la Fête des Rois n’est pas célébrée par ici. Dès que Noël est derrière, plusieurs décorations regagnent le remisage. Il faut dire que sans neige l’engouement est moindre. Après le Jour de l’An, plus aucune trace n’apparaît, ou du moins, très peu. Des Québécois osent prolonger l’illumination, mais demeurent minoritaires.

Ceux qui avaient quitté pour rejoindre leurs familles au Québec sont maintenant de retour… avec le « rhube » pour quelques-uns, et rien pour les autres.

Le complexe reprend ses allures de mal éclairé. Quelques lampadaires sont éteints depuis longtemps et il est très imprudent, la nuit tombée, de marcher sans une lampe de poche. Les autorités ont beau répéter les consignes, il y en a toujours pour qui ça passe un pied par-dessus la tête.

Ce manque de lumière est propice à des visites impromptues de cambrioleurs et le temps des Fêtes a fait quelques victimes. Des autos et camions ont été visités, surtout à proximité des entrées et sorties du parc. Malheureusement pour ses habitants, Pionner Village demeure un des rares complexe à ne par avoir de barrières. Entre donc qui veut et c’est facile de passer incognito. Peut être qu’un jour, les assureurs exigeront une meilleure protection des zones d’accès et de sorties. Pour le moment, ça demeure une passoire.

Le premier janvier est aussi le moment ou le complexe affiche « complet ». C’est plein partout ! Les snowbirds québécois et les Américains des États du Nord s’amènent pour les trois gros mois de l’hiver. Croyez-moi, ils roulent de grosses montures. Mon nouveau voisin de droite, de l’Illinois, a une caravane à sellette de 43 pieds avec 5 rallonges escamotables, tirée par un gros monstre de camion F350 diésel… de la grosse machine. Même phénomène chez les propriétaires de motorisés. Ils occupent toute la place, dans des sites aménagés à une autre époque, alors que les véhicules récréatifs dépassaient rarement 32 pieds. The sky is the limit, comme ils se plaisent à affirmer. Quant à celui de gauche, sa grosse caravane de parc est aussi longue et imposante.

Plusieurs maisons sont à louer par le parc pour 2 300 U$ mensuellement. C’est aussi le début des tournois de pétanque qui sont très prisés; deux en janvier, un en février et un dernier en mars, qui se terminent toujours par un souper aux hotdogs, les meilleurs en ville, parce que les Américains ne savent pas cuire des bons hotdogs. Nous sommes les meilleurs et ce, sans équivoque.

Les nouveaux terrains de bocce et le shuffleboard sont également les lieux de prédilection des adeptes de ces deux autres activités populaires. Canicule, temps frais, nuageux, venteux, rien n’arrête ces mordus. Ça bouge dans le coin et en plein soleil.

Le marché de la revente des maisonnettes semble prendre de l’ampleur. On a vu récemment, des propriétés à vendre depuis longtemps, trouver preneurs. Il faut dire que la population des résidents est vieillissante et pour les Canadiens, le taux de change important, change la donne, occasionnant un roulement prévisible. À titre d’exemple, après quatorze ans d’ancienneté sur le complexe, nous faisons partie des plus vieux snowbirds, sans tenir compte des résidents annuels du parc qui sont tous des citoyens américains, non-couverts par la règle des 180 jours maximum de séjour, annuellement.

En Floride, par les temps qui courent, la température est très confortable avec des mercures entre 22 et 30°C et beaucoup d’ensoleillement. Janvier étant un mois d’incertitudes, côté météo, on prévoit du temps plus frais dès la fin de semaine prochaine. Il faut dire que janvier est habituellement froid certains jours. Disons, sans se tromper, que c’est le pire mois de l’hiver en termes de temps froid. Il y a déjà eu des exceptions, mais justement, c’était des exceptions.

Pour terminer, je veux revenir sur les prix à la consommation ici et sur la conséquence du taux de change. Le remplissage d’une bombonne de 30 livres de propane coûte 18-19 dollars, chez Costco au Québec. Ici, chez Tractor Supply Co., un endroit affichant le meilleur prix, le même remplissage m’a coûté 19,10 U$, soit 25,75 CDN$. Imaginez lorsqu’on doit faire l’épicerie… on court les aubaines.

Le Publix, l’épicerie du coin, vend souvent certains produits selon la formule buy one get one. Tu en achètes un et le deuxième est gratuit. Admettons que le prix unitaire soit gonflé quelque peu, ça reste une forme d’aubaine. C’est ce qu’on surveille. Cependant, la taxe de vente à 6% seulement, permet d’absorber un peu du taux de change… un tout petit peu.

Dire qu’entre 2010 et 2012 nos monnaies étaient au pair… le bonheur total mais de courte durée. Entendez-vous des exportateurs canadiens se plaindre de ce temps-là ? Bien sûr que non, ils font des affaires d’or. En 2010, ils pleuraient ! Le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres.

On s’en reparle dans une quinzaine…