Le guide alimentaire canadien… pas pour toutes les bourses

Le nouveau guide alimentaire canadien semble faire l’unanimité auprès des nutritionnistes et autres spécialistes de la nutrition. Une grosse différence comparativement au précédent où la viande a pris un sacré coup de pied au c… Même constat pour les produits laitiers, ce qui n’augure rien de bon pour les producteurs qui ont leur part de problèmes depuis l’an dernier.

Cependant, la portion de fruits et légumes prend la moitié de l’assiette et c’est justement là que le portefeuille familial doit être bien garni. Si vous faites l’épicerie, je ne vous apprends rien sur leurs prix exorbitants, je parle principalement des fruits. Quand vous arrivez au rayon des noix, même constat ! Ce n’est pas donné. Le 75$ de Couillard vient d’en prendre pour son rhume.

Donc, le nouveau guide alimentaire canadien ne tient pas compte de l’augmentation substantielle du panier d’épicerie et les familles à faible revenu devront faire des choix. Et, finalement, c’est ce qui est malheureux dans cette nouvelle façon de manger santé. Ce n’est pas pour toutes les bourses. Les restos vont revoir leurs prix et on devra cuisiner plus souvent. Entre les bouchons de circulation, les courses, les activités familiales… les journées n’ont toujours que 24 heures. Il faudra user d’ingéniosité et d’organisation.

À ce sujet, j’ai bien aimé l’article que Josée Legault publiait hier, dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui.

NE PAS OUBLIER L’ESSENTIEL Josée Legault

La dernière mouture du guide alimentaire canadien, c’est la vie idéale couchée sur du papier. Il faut donc cuisiner plus souvent. Savourer nos aliments. Prendre nos repas en bonne compagnie. Prendre conscience de nos habitudes alimentaires.

Des fruits et des légumes en abondance. Moins de viande. Plus de légumineuses. De l’eau au lieu du jus. Plus de grains entiers. Bref, c’est comme si Ricardo s’installait chez Rachette Béry, la fameuse épicerie nature. Ne manque plus que les séances de méditation entre un plat de tofu fumé et une soupe aux légumes-racines.

BÉMOLS

Blague à part, le nouveau guide est applaudi par la plupart des nutritionnistes. Les quelques bémols sont néanmoins réels. Comment prendre suffisamment de protéines ? Dans nos vies de fou, où trouver le temps pour faire tout ça ? Manger « en bonne compagnie », ça s’achète où quand ce n’est pas possible ?

Surtout, combien de gens peuvent vraiment se payer des paniers d’épicerie aussi parfaitement santé ? La question, loin d’être anodine, est sérieuse. Pour le réaliser, on n’a qu’à parcourir les allées fournies de nourriture pas chère dans les Dollarama. Ce n’est sûrement pas « par choix » s’il y a autant de gens qui y font une part substantielle de leur marché.

SANTÉ ET PRÉVENTION

Et pourtant, mieux manger et cuisiner plus, il le faut. Là-dessus, le nouveau guide reprend ce que l’on sait déjà. C’est aussi une question de santé et de prévention. L’expansion hallucinante du diabète n’en est qu’un indice parmi d’autres.

Toute la difficulté est de le faire le mieux possible selon nos circonstances respectives. En cela, le nouveau guide aura ça de bon. Il nous fait reprendre conscience de l’importance de mieux se nourrir. Il nous rappelle à l’essentiel.

Or, aussi beau soit-il, il n’effacera pas pour autant l’inéluctable réalité des inégalités sociales. Devant le panier d’épicerie, quoi qu’en pensent certains millionnaires prétentieux, nos porte-monnaie ne sont pas tous égaux.