La naissance du King

En préambule, je vous dirais que la journée d’hier a été moche, côté température. Parti de Géorgie tôt en matinée, c’est sous les nuages et quelques taches bleues d’un ciel hypocrite que nous roulions en direction d’un lieu sacré qui a vu naître le « King » Elvis Presley. Pour s’y rendre, il nous a fallu traverser trois États; La Géorgie, l’Alabama (qui nous a fait reculer nos montres d’une heure, fuseau horaire oblige) et le Mississippi. Ce dernier État a célébré notre arrivée avec une pluie diluvienne, où la visibilité était réduite à 150 pieds maximum, jusqu’à Tupelo, lieu de naissance d’Elvis.

Depuis le temps qu’on attend le moment, nous y étions, hier à 13h00. Et même si la pluie était là, on n’allait pas rater l’occasion. Les photos qui meublent cet article vous donnent une idée de ce qu’était ce patelin en 1935, année de naissance du « King ». Surtout sa petite maison de 15 pieds sur 30 tout au plus, sans électricité ni eau courante. Vous voyez les deux appartements qui la composaient; une chambre et une cuisine. Six, sept enjambées suffisaient à la traverser. La bécosse était à l’extérieur, comme c’était la mode à l’époque.

Vernon Presley, le père d’Elvis, avait construit cette maison avec l’aide de Jessie, son père, et Vester, son frère, en 1934 ainsi que les 180$ nécessaires à sa construction, empruntés à son employeur. La famille Presley était pauvre. Cette maisonnette de deux pièces n’était éclairée que par une ampoule incandescente dans chacun des appartements et c’est là qu’Elvis Aaron Presley a vu le jour le 8 janvier 1935. Elvis était un des deux enfants de Vernon et Gladys. Son jumeau identique, Jessie Garon, était mort-né.

La ville de Tupelo a acheté la maison et refait son environnement en 1957, alors que les Presley étaient à Memphis. Elvis avait demandé un parc pour les jeunes du voisinage et il avait donné un concert bénéfice pour la cause, la même année. La propriété est toujours érigée à son endroit original et a été restaurée, décorée de meubles de l’époque et ouverte au public qui veulent la visiter.

C’est un endroit qui vaut le détour et on met 90 minutes pour le découvrir. Le site comporte un musée, un chemin de vie qui trace ses 42 ans, une statue de l’idole à 13 ans, une petite église de l’époque, déplacée et restaurée, où on y présente ses prestations de prières et des rassemblements dominicaux d’hier. De plus, plusieurs autres attractions retracent la vie de l’artiste. Bien sûr, une boutique cadeau offre toute une panoplie d’objets à des prix raisonnables.

Depuis le temps qu’on se le disait, nous y sommes passés. Et si Tupelo a été le théâtre de la naissance d’un grand artiste, on peut constater l’influence qu’il aura eu pour toute une génération. Plusieurs visitent Tupelo et Graceland sans même l’avoir connu et se rendent compte de la grandeur qu’il avait. Lorsqu’on circule dans ces lieux on peut sentir son esprit et son influence et on ne peut que se rappeler ce qu’il a fait pour la musique.

Aujourd’hui c’est Graceland qu’on visite et croyez-moi, je ne voudrais passer à côté pour rien au monde. Quand on voit ces lieux pour la première fois, beaucoup d’images meubles nos pensées. Elvis, c’était mon adolescence et mes premières années adultes. Avec Louise, au début de nos fréquentations, j’avais même dessiné Elvis pour lui offrir un portrait de son idole. Les disques et succès se répétaient de semaines en semaines. Beaucoup comme les Beatles, Elvis demeure un immortel de la musique populaire.

On s’en reparle parce qu’ici, à Memphis, au Tennessee, les trois prochaines journées seront imprégnées de la Vedette, d’Elvis, de l’Idole, du « King ». Restez à l’écoute.

Pour ceux et celles qui se demandent comment se déroule notre périple, on a roulé 779 kilomètres aujourd’hui (deux de moins qu’hier) sans embûches et entraves à la circulation. En prime, on n’a pas eu à se déplacer très loin pour souper. Voisin de l’hôtel, un excellent restaurant mexicain offre la cuisine du pays à prix dérisoire. J’avais demandé conseil au garçon d’hôtel qui me l’avait conseillé : excellent choix et délicieux.

Un conseil : au départ de Fort Myers, en Floride, deux journées sont amplement suffisantes pour se rendre ici à Memphis, au Tennessee. Rien de stressant. Cependant, l’Interstate 20, au Mississippi, est assez ennuyant. Remarquez que la pluie n’a rien amélioré, mais c’est tranquille… encore pire que les deux Carolines. Ayez avec vous un compagnon ou une compagne qui aime jaser sinon, de la bonne musique d’Elvis (pourquoi pas) fera très bien l’affaire. Si vous pensez à ceux qui se tapent Turcot, Champlain et Hippolyte-Lafontaine au Québec chaque jour, vous apprécierez !