Honorer un défunt

Un jour ou l’autre, un proche nous quittera pour toujours. Dès lors, on repassera sa vie et on voudra bien lui rendre hommage. Immortaliser sa mémoire pour toujours. Mais comment ?

J’ai reçu cet article récemment, qui donne des conseils pour y parvenir. Il est de Pamela Fournier, rédactrice d’éloges funéraires, entre autres. Sa page personnelle, « Services linguistiques Pamela Fournier », est disponible sur Facebook. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui…

LA PAGE DU DERNIER HOMMAGE Pamela Fournier

Tant de paroles muettes, tant de mercis oubliés… Il est très possible de sentir que les mots nous ont été volés lors de la perte d’un proche. Mais heureusement, il est possible de rédiger un dernier hommage, une exceptionnelle deuxième chance de dire au revoir et merci. C’est aussi une façon unique de se faire entendre par tous les gens qui ont estimé le défunt.

Un être cher meurt. Les étapes se suivent et s’enchaînent à toute vitesse lors de la préparation de la cérémonie des funérailles. Il faut choisir le cercueil, l’urne, les fleurs, la musique, les lectures… Mais il faut aussi choisir les mots. Comment choisir les mots, ceux qui nous brûlent la gorge, ceux que nous aurions aimé dire et surtout, ceux qui resteront à jamais écrits ?

Pour certains, il sera très difficile de rédiger un texte rendant hommage à la personne décédée. Ce qui est important de comprendre ici, est qu’il n’existe pas de bonne ou de mauvaise façon de dire adieu. Il n’y a pas de marche à suivre particulière ou de critères à respecter. Il n’est pas nécessaire que ce soit un très long texte avec une introduction et des paragraphes structurés. Il ne s’agit pas d’écrire à la manière de Molière, mais bien de se synchroniser avec ce que dicte notre cœur.

LE JOUR DE LA LECTURE

Préparez-vous ensuite pour la cérémonie, le jour de la lecture officielle. Exercez-vous à lire votre texte. Faites-le à maintes reprises, à voix haute et devant un miroir. Faites les pauses nécessaires après les virgules et les points, afin que les gens vous comprennent bien. Mettez-y votre chaleur, vos émotions. Et si, au moment de faire la lecture officielle, vous ne vous sentez plus capable de poursuivre, acceptez-le. Prenez une pause ou pleurez si vous en avez envie. Les gens de l’auditoire comprendront et respecteront votre peine.

Peut-être qu’ils ont, eux aussi, envie de regarder le sol, de se moucher, de reprendre leurs esprits. Gardez en tête que votre but est d’adresser un dernier message à une personne que vous avez profondément aimé, en compagnie de tous ceux et celles qui l’estimaient.

Vous pourrez garder votre texte à portée de main et le relire lors des journées plus difficiles. La personne aimée est peut-être partie dans l’invisible, mais ce qu’elle représentait pour vous demeurera bien vivant dans votre cœur et bien réel sur cette page du dernier hommage.

Rendre hommage à un être cher, c’est lui accorder un dernier moment d’amour, grâce à la force et la puissance inouïes de vos propres mots. Faites-vous confiance. Tout est là.

QUAND PARLE LE CŒUR

Voici quelques idées qui peuvent vous aider à trouver l’inspiration pour rédiger votre hommage et venir chercher l’émotion :

Créez une atmosphère

1- Choisissez un moment où vous êtes calme et où vous n’êtes pas trop occupé à l’organisation des funérailles.

2- Écoutez une chanson qui vous fait penser à la personne aimée ou bien une mélodie qui vous inspire.

Papier et crayons en main

3- Écrivez tout ce qui vous vient en tête en pensant au défunt. Allez-y dans n’importe quel ordre, faites confiances aux mots qui viennent.

4- Répondez aux questions suivantes, susceptibles de vous aider dans votre rédaction : quelles étaient les principales qualités du défunt ? Par quoi le distinguait-on (son sourire, son rire, sa prestance, etc.) ? Quelles étaient ses passions et intérêts ? Quel est le nom des gens qu’il aimait ? Qu’est-ce qu’il a accompli d’important dans sa vie ? Quelles étaient ses valeurs (l’amour, le partage, la famille, la liberté, etc.) ? Qu’est-ce qui le caractérisait (par exemple : il faisait toujours des clins d’œil. Il avait le don de faire ressortir le positif, il aimait les repas du dimanche soir, etc.) ?

5- Avez-vous une anecdote à raconter ?

6- S’il avait une chanson ou un poème préféré, écrivez-en un extrait.

7- Regroupez ensuite toutes vos idées et faites-en un plan. Vous pouvez y indiquer les points avec lesquels vous voudriez commencer, puis ceux avec lesquels vous voudriez finir.

8- Rédigez le texte comme bon vous semble. Les fautes importent moins que le message à livrer.

Pendant la rédaction, vous aurez peut-être envie de pleurer. Laissez l’émotion monter. Les larmes sont le signe que vous avez trouvé les bons mots.

Lorsque l’écriture de l’hommage sera complétée, faites une petite révision. Assurez-vous que les mots se disent bien à l’oral et que vous êtes à l’aise avec l’enchaînement de ceux-ci.

Source : Revue PROFIL (CFGM), Vol. 31, no 1