Abolir les commissions scolaires

La dernière frasque qui permettrait à notre gouvernement de passer à l’action, dans l’abolition des commissions scolaires, est cette menace de désobéissance civile de la part de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), que préconise sa présidente Catherine Harel-Bourdon, pour la prochaine rentrée scolaire en septembre.

Une excellente occasion de les mettre au pas, ces intellectuels allergiques à toute forme de loi ou de réforme qui implique leur organisation. On dit que le génie mène à la folie… on n’en est pas loin à la CSDM.

Vous vous souvenez de la dernière crise des bulletins chiffrés ? Au moment de l’appliquer, ils ont eu la même réaction ; on n’est pas prêt ! C’est trop rapide ! On n’a pas eu le temps de consulter, etc., etc. C’est toujours le même refrain, la même rengaine.

Allo la CSDM… ça fait dix ans qu’on en parle, qu’on en reparle et qu’on en reparle encore. Voilà que le gouvernement Legault met ses culottes et que ça ne fait pas votre affaire.

Si vous passez à l’action, c’est la mise en tutelle qui s’imposera et avec toutes les conséquences qui s’y rattachent. Dans le fond, le principal problème majeur à la CSDM ce sont ses dirigeants. Des intellos qui se prennent pour le nombril du monde. Vous partez avec deux prises contre vous, puisque 70% de la population québécoise est en accord avec la loi sur la laïcité. Tenez-vous-le pour dit !

Sur le sujet, Joseph Facal a pondu un papier intéressant sur le sujet, hier, dans le Journal de Montréal, et c’est ce que je vous propose aujourd’hui, en savourant votre café préféré.

LE VILLAGE GAULOIS ENCERCLÉ Joseph Facal

Sur l’enjeu crucial de la laïcité, le Québec francophone fait penser, dans le Canada et en Amérique du Nord, au village d’Astérix.

Nous sommes seuls et entourés de gens qui ne nous veulent pas du bien.

La différence avec la bande dessinée, c’est qu’une partie de ceux-là est déjà de notre côté des palissades.

Prenons froidement la mesure des forces dressées contre nous.

COALITION

Voyez la CSDM, la plus importante commission scolaire du Québec. Sa demande d’un délai est un subterfuge grossier visant à déguiser en détail technique une opposition de fond.

Y consentir obligerait à consentir aux autres demandes qui déferleraient.

Si le gouvernement Legault avait encore la moindre hésitation avant d’abolir les commissions scolaires, elle vient d’être balayée.

Catherine Harel-Bourdon et son entourage viennent, par leur geste, de signer leur arrêt de mort.

Rangeons ces gens dans la catégorie que Lénine a jadis qualifiée « d’idiots utiles », c’est-à-dire tous ces gens « éclairés » et « progressistes » qui font naïvement le jeu des fanatiques religieux.

Dans cette catégorie des idiots utiles, on rangera également la majorité de la classe médiatique, terrorisée à l’idée qu’on puisse lui reprocher de ne pas être du bon côté du politiquement correct.

Vous y trouverez aussi de très nombreux universitaires, bardés de diplômes, lourdement subventionnés pour débusquer de la discrimination.

Ils ont donc un intérêt objectif à en trouver le plus possible.

Ces gens contrôlent des pans entiers du monde universitaire, non parce qu’ils sont nécessairement les plus nombreux, mais parce que les professeurs qui ne partagent pas leur délire se sont éloignés, dégoûtés, et font « leurs petites affaires » dans leur coin.

Ils sont aussi soutenus par toutes les forces politiques ralliées au multiculturalisme, c’est-à-dire tous les partis québécois et canadiens, sauf la CAQ et le PQ.

La seule raison pour laquelle notre beau Justin postnational fait attention quand il ouvre la bouche ces temps-ci, c’est parce qu’il a désespérément besoin des votes du Québec cet automne.

S’il fallait qu’il soit triomphalement réélu, Ottawa se joindra aux contestations judiciaires et y mettra tout son poids.

Comme si ce n’était pas assez, tous ces gens sont appuyés par une frange heureusement minoritaire de la population francophone.

Cette frange hait plus que tout la chicane, trouve plus reposant d’être couchée que debout, et est sensible à des arguments débiles comme « qu’est-ce qu’on va penser de nous à l’étranger ? »

Ça commence à faire du monde, hein ?

SOLIDAIRES

Tous se mettront au service de jeunes femmes fanatisées sous des apparences douces, outrées qu’on leur demande de ne pas faire de prosélytisme religieux devant les enfants.

Elles nous joueront la comédie larmoyante du « on-brise-mon-rêve-de-carrière » pendant que leurs frais juridiques seront pris en charge par de puissantes organisations religieuses pancanadiennes.

Et tout ce beau monde fera, bien sûr, comme si les néo-Québécois, qui ont quitté leurs pays parce qu’ils y ont vu monter le fanatisme religieux et qui nous mettent en garde, n’existaient pas.

La lutte sera dure. Il nous faudra une solidarité sans failles.