Les tiques et la maladie de Lyme

Les tiques… ça fait quelques étés à peine qu’on en entend parler. Cet acarien, parasite des animaux, se nourrit de sang. Il peut piquer l’homme et transmettre des maladies contagieuses, dont la maladie de Lyme, entre autres.

Pour bien connaître cette bestiole, quoi de mieux que l’expérience vécue par des spécialistes. Quels sont les symptômes et diagnostic ainsi que le traitement requis lorsque nous en sommes les victimes.

Dans son numéro de l’été 2019, la revue de l’Association canadienne des snowbirds, Nouvelles « CSA » en a fait son dossier santé du trimestre et c’est ce que je vous propose comme lecture aujourd’hui. Vaut mieux prévenir que guérir, comme le dit l’adage. L’article est de Robert MacMillan, M.D.

L’idée de cet article m’est venue hier soir, alors que je m’apprêtais à aller au lit. Ma hanche me démangeait, et quand j’ai commencé à me gratter, j’ai senti une petite bosse. En regardant de près, j’ai immédiatement aperçu une tique, qui s’était probablement accrochée quand je nettoyais mon terrain et que j’ai apporté les branchages dans le bois adjacent.

Je l’ai retiré doucement à l’aide d’une pincette, puis je l’ai regardée ramper sur la table avant de m’en débarrasser. Je suis certain que c’était une tique à pattes noires. Je dois voir mon médecin de famille plus tard aujourd’hui pour recevoir le traitement approprié.

TACHE NOIRE

Il y a deux ans, un matin d’été, alors que je m’habillais, mon épouse a remarqué une tache noire sur mon dos. À l’aide d’un miroir, je l’ai aperçu et j’ai tout de suite songé à un mélanome. Plus tard dans la journée, j’étais très inquiet. Mon fils, qui est médecin de famille, nous visitait et m’a examiné de près. Avec son esprit habituel, il m’a dit qu’il avait une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : la tache n’était pas un mélanome. La mauvaise nouvelle : elle avait des pattes. Jusqu’alors, je n’avais jamais vraiment songé aux tiques, puisqu’il y a encore quelques années, les médecins n’en voyaient jamais, ou même ignoraient tout de la maladie de Lyme.

Maintenant, le problème s’est rapidement répandu dans la plupart des régions du Canada, surtout dans le sud de la Colombie-Britannique, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et des provinces de l’est. Kingston, en Ontario, où j’habite, a l’un des taux d’infestation de tiques et de maladie de Lyme les plus élevés au pays

LES CAS MULTIPLIÉS PAR 14 EN 8 ANS

Le nombre de cas déclarés de la maladie au Canada est passé de 144 en 2009 à 2025 en 2017. Il est important pour nous tous de connaître les moyens de prévention et de traitement modernes relativement aux tiques et à la maladie de Lyme. L’Agence de la santé publique du Canada, de même que les agences de la santé de chacune des provinces, publient chaque année une carte qui montre les zones les plus à risque.

Les tiques se nourrissent de sang; elles sont donc le plus souvent problématiques dans les habitats où vivent des mammifères hôtes, particulièrement les chevreuils. Il y a plusieurs types de tiques, mais celle qui cause la maladie de Lyme s’appelle tique à pattes noires ou tique du chevreuil. Cette tique est porteuse d’une souche particulière de bactérie qu’elle peut transmettre aux individus qu’elle pique. Si la tique se nourrit du sang d’un individu depuis plus de 24 heures, il y a risque qu’elle transmette la maladie.

TIQUES

Prévention :

Les zones aux risques les plus élevés d’exposition aux tiques sont les boisés, les herbes hautes et les buissons, ainsi que leurs environs. Les enfants qui jouent dans de tels environnements, au chalet ou dans les aires de loisirs, sont plus exposés aux piqûres. La pratique du golf, de la chasse, du camping et de la randonnée pédestre présente aussi plus de risque de piqûre.

Pour réduire le risque, on peut traiter les vêtements et l’équipement avec des produits contenant 0,5 % de perméthrine, et il est recommandé d’appliquer sur la peau un insectifuge contenant du DEET. Le port de manches longues, de chaussettes et d’un pantalon apporte aussi un surcroît de protection.

Les personnes qui fréquentent de telles zones, surtout si le nombre connu de tiques à pattes noires et de cas de maladie de Lyme est élevé, sont fortement encouragées à faire tous les soirs un examen de vérification de la présence de tiques sur tout leur corps. Les tiques préférant les parties du corps sombres et chaudes, l’examen devrait couvrir les cheveux, l’aine, le nombril, les oreilles les aisselles et le derrière des genoux.

Traitement des piqûres de tique :

Pour prévenir la transmission de la bactérie qui cause la maladie de Lyme chez les humains, il faut bien traiter les piqûres de tique. Lorsqu’une tique est détectée, elle doit être retirée dès que possible. La plupart des gens peuvent le faire eux-mêmes en la retirant de la peau lentement et soigneusement afin d’extraire l’insecte au complet.

Mettez la tique dans un pot au cas où vous auriez besoin de la faire identifier. Si elle n’est pas retirée, vous devriez voir un médecin. S’il s’avère que la tique est accrochée depuis moins de 36 heures, il suffit de nettoyer à fond la piqûre avec de l’eau et du savon, étant donné que l’insecte nécessite plus de temps pour transmettre la bactérie infectieuse. On peut juger du temps écoulé depuis la piqûre d’après la période d’exposition connue, le niveau d’engorgement de la tique et la rougeur de la piqûre.

Si la piqûre a eu lieu il y a plus de 36 heures ou à un moment indéterminé, le traitement actuel (qui doit être administré dans les 72 heures suivant le retrait de la tique parasite) consiste en l’administration d’un antibiotique prophylactique oral, habituellement de la doxycycline, en dose unique ou multiple. Les femmes enceintes et les enfants de moins de huit ans reçoivent un autre antibiotique.

MALADIE DE LYME

Les tiques à pattes noires ne transmettent pas toutes la bactérie qui cause la maladie de Lyme à la personne piquée. Quoi qu’il en soit, après la piqûre – constatée ou non, traitée ou non –, il y a risque de contacter la maladie de Lyme, à plus forte raison si elle n’est pas traitée en temps opportun. La prévalence de la maladie par rapport à l’incidence des piqûres de tiques dans chaque zone est surveillée par les agences de la santé de chacune des provinces.

Symptômes et diagnostic :

Les symptômes peuvent se manifester dans les 30 jours suivant la piqûre sous forme de fièvre, de douleurs articulaires ou musculaires, de maux de tête ou d’éruption cutanées localisées. La rougeur peut apparaître au plus tôt sept jours après la piqûre, et dans certains cas, elle ressemble à une cible. L’apparition des symptômes peut varier et être vague, ce qui complique le diagnostic, surtout si la personne ignore qu’elle a été piquée par une tique.

Même si la maladie est maintenant beaucoup plus courante et les médecins mieux informés, beaucoup de patients n’ont pas été diagnostiqués par le passé et ont énormément souffert avec l’évolution de la maladie. Au Canada, les analyses de confirmation en laboratoire de la maladie se sont perfectionnées et un traitement approprié peut être entrepris tôt pour améliorer les chances de guérison.

Traitement :

Lorsque le diagnostic est confirmé, le traitement avec l’antibiotique approprié peut commencer. Les directives de traitement changeant souvent, il est indiqué de faire appel à un spécialiste des maladies infectieuses. Si dans la plupart des cas, le traitement est efficace avec la bonne antibiothérapie, certains patients continuent d’avoir des symptômes débilitants longtemps après l’éradication du microorganisme infectieux.

Les piqûres de tiques et la maladie de Lyme sont maintenant des problèmes médicaux courants dont vous devriez être conscient, car la prévention et un traitement prophylactique peuvent vous éviter les symptômes plus graves de la maladie de Lyme, qui sont parfois difficiles à guérir.

Des professionnels de la santé plus informés, des analyses en laboratoire plus efficaces et de meilleurs antibiotiques aident désormais à gérer cette affection maintenant beaucoup plus courante.