Les castors regardaient tristement le torrent gelé. Il avait fait si froid cette année que des blocs de glace empêchaient l’eau de couler. Les castors n’avaient plus rien à faire.
– Grand castor, on s’ennuie! Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire?
– C’est bientôt Noël, dit la petite voix du bébé castor Victor. On pourrait aller chercher un sapin dans la forêt et le décorer!
– Mais c’est une très bonne idée, dit Grand castor.
Et une heure après, toute la tribu des castors était prête, raquettes aux pattes, bonnet sur la tête, et se mettait en route, à la recherche d’un sapin. Mais aucun ne leur plaisait : Trop petit! Trop grand! Trop jaune! Trop bleu! Trop touffu! Il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. Mais soudain, tous les castors s’arrêtèrent, bouche bée, devant un magnifique sapin vert, le plus majestueux de toute la forêt.
– Il est superbe! Dit Grand castor. Bon, Igor, à tes quenottes. Tu nous découpes clair, net et sans bavures!
Tac, tac, tac, Igor essaya, mais l’écorce était trop dure.
– Je n’y arrive pas, c’est comme si ce sapin était en fer!
– Pousse-toi de là, freluquet, dit Fédor, je ne vais en faire qu’une bouchée de ce sapin, moi!
Et Fédor s’attaqua au tronc du sapin, mais sans plus de succès.
Soudain, une vois retentit dans la forêt :
– Vous n’en avez pas assez de me mordre! Ça commence à m’énerver!
– Un coup de dents en plus dans ma belle prise, et je vous envoie une rafale de pommes de pin, compris?
– Qui parle ainsi? Demanda Gand castor, un peu inquiet.
– C’est moi, le sapin parlant de la forêt.
– Un sapin qui parle! Nous avons trouvé un sapin magique! Quelle chance! S’écria le petit Victor.
– Oui, mais il n’a pas l’air de vouloir qu’on le découpe et qu’on l’emporte à la maison, chuchota Grand castor. Et je ne tiens pas à me faire assommer par une pluie de pomme de pin!
– Je sais! Je sais! Cria le petit Victor. Si le sapin ne veut pas bouger, c’est nous qui allons venir! On va installer nos tentes autour de lui et fêter Noël ici!
– Excellente idée, Victor! Dit Grand castor. Monsieur sapin, cela vous dirait de passer Noël en notre compagnie?
– J’accepte avec plaisir votre invitation. Cela me changera des Noëls précédents, où j’étais seul à parler!
C’est ainsi que tous les castors montèrent leurs tentes autour du sapin qu’on décora de pommes de pin et de serpentins de copeaux de bois. On fit un grand feu, on y grilla des saucisses, on chanta. Grand castor raconta des histoires de castors et le sapin, des histoires de sapins.
– C’est assurément le plus beau Noël qu’on ait jamais eu, de mémoire de castors et de sapins réunis, dirent-ils en chœur.
Histoire de Claire Renaud
Illustrations par Thérèse Bonté
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
J’adore les histoires vraies. Elles racontent la vie, quelque chose de véridique qui s’est déroulé dans le temps. Les témoignages qu’on y découvre sont authentiques et rendent les faits d’une époque, dans ce temps.
Hier, comme je l’indiquais dans les éphémérides du blogue, les américains célébraient une triste histoire, celle de l’attaque sournoise et sauvage des japonais sur Pearl Harbor, au matin du 7 décembre 1941. Et ici, les vétérans des grandes guerres sont élevés au rang de héros et partout, lorsque l’occasion se présente, on salue leur courage.
Chez-nous, il suffit d’écouter les anciens combattants raconter les atrocités dont ils ont été victimes aux champs d’honneur, pour découvrir à travers leurs larmes et sanglots, toute l’horreur que cet enfer leur a laissé en héritage et ce, bien des années plus tard.
En feuilletant le journal local ce matin, j’ai découvert l’histoire suivante que je veux partager avec vous. Un épisode dramatique de Pearl Harbor, vécu par un vétéran, aujourd’hui âgé de 95 ans, et qui vit près d’ici, à Lehigh Acres. Voici donc la traduction que j’ai réalisé, sur l’histoire de ce héros; Orva Glass…
« Pour le soldat de l’armée américaine de 22 ans, Orva Glass, c’était une autre belle journée au paradis; mercure de 25°C, frémissement des palmiers sous une brise de 15-20 km/h, quelques nuages et une légère vague sur le rivage de la baie.
Son déjeuner avalé et sa toilette terminée, il se dit : Je suis fin prêt pour pendre l’autobus pour aller en ville.
Au même moment, «bam, bang, boum, boum», ils ont pulvérisé la place de balles. Je pouvais entendre les «bing, bing» des projectiles frappant des objets dans la cuisine. Je devinais que quelque chose n’allait pas.
Effectivement quelque chose se produisait. Nous étions le 7 décembre 1941, à Oahu, Hawaii et les avions japonais attaquaient la flotte navale américaine, ancrée au port de Pearl Harbor, de même que l’armée, l’aviation, l’aéroport et la garnison de Schofield, à l’endroit même où Orva s’était rasé.
À 6h00 ce jour-là, 6 porte-avions japonais, naviguant à 320 kilomètres au nord d’Oahu, procédaient au décollage de 183 avions – Chasseurs, bombardiers et avions-torpilleurs – comme première vague d’attaque avec l’objectif de détruire la flotte navale américaine du pacifique, afin de permettre au Japon de développer son empire.
L’attaque a débuté à 7h55 alors que les avions japonais mitraillaient leurs objectifs de destruction au bombardement des avions américains cloués au sol des aéroports Wheeler Field, Hickam Field, Barbers Point et Kaneohe, en plus des bateaux dans le port.
Alors que la garnison de Schofiels était attaquée, Glass, un natif d’Alliance, Ohio, demeurant maintenant à Lehigh Acres en Floride, accompagné d’autres membres de la 97th Coast Artillery, montèrent dans les camions pour rejoindre leurs batteries anti-aériennes au sud-est du port.
D’après le livre Attack on Pearl Harbor : Strategy, Combats, Myths, Deceptions, de Alan Zimm, les batteries anti-aériennes souffraient d’un manque d’effectifs et n’étaient pas préparées pour une attaque du genre.
Entre 8h15 et 9h00, les hommes de la 97th Coast Artillery ont ouvert le feu avec des armes légères et ont utilisé 27 cartouches de 3 pouces. Nous n’étions pas organisés pour attaquer. Glass rajoute : Nous n’avions que quelques cartouches et on a fait pour le mieux avec ce qu’on avait.
J’avais à manipuler les munitions. Je n’avais pas le temps de réfléchir. Tout le monde était trop occupé. Des gens hurlaient «prenez les munitions là-haut!»
Dans Attack on Pearl Harbor, Zimm déclarait que la 55th Coast Artillery a été créditée d’avoir abattu deux avions japonais, alors que la 97th n’en n’avait descendu aucun.
Tout le monde tirait et tout le monde réclamait avoir atteint l’ennemi. Glass de rajouter : Mais qui a vraiment frappé, c’est difficile à dire.
À 8h40, la deuxième vague japonaise de 171 avions, attaquait Oahu, pour poursuivre sa destruction.
De son point de vue, Glass ne pouvait voir ce qui se passait dans le port. On pouvait voir voler les avions à distance; ils effectuaient des sorties. Ils survolaient le port et laissaient tomber leurs bombes. Quelquefois, ils nous survolaient également.
Un groupe d’avions s’amenait et mitraillait à profusion, puis un autre groupe faisait de même. Nous ne savions pas ce qui arrivait. Nous n’étions pas en guerre. Tout ce que nous savions, c’était d’ouvrir le feu en réplique.
À 9h45, l’attaque était terminée.
Les pertes américaines faisaient état de 2,335 militaires tués, incluant 1,104 membres de l’équipage du cuirassé Arizona, et 1,143 blessés; 68 civils ont également trouvé la mort et 35 autres ont été blessés.
Trois navires, les cuirassés Oklahoma et Arizona ainsi que le bateau d’entraînement Utah ont été totalement perdus et n’ont jamais combattu par la suite. Cinq bateaux ont été coulés, puis renfloués et réparés afin de rejoindre la flotte. 13 bateaux endommagés ont pu reprendre du service une fois réparés.
L’aviation américaine a perdu 188 contre-torpilleurs et 159 furent endommagés.
Du côté japonais, on dénombra 64 décès et un soldat fut fait prisonnier. 29 avions furent détruits ainsi que 5 sous-marins Midget.
Le lendemain, 8 décembre, les États-Unis déclaraient la guerre au Japon. Trois jours plus tard, l’Allemagne et l’Italie déclaraient la guerre aux États-Unis.
Glass demeura en devoir à Oahu, où il étudia l’électronique, avant d’être démobilisé en 1945, avant la fin de la guerre.
De retour à Alliance, il travailla 30 ans pour un concessionnaire de produits RCA et souffre toujours de troubles associés au stress post-traumatique.
J’ai traversé l’enfer, déclare-t-il. Beaucoup de personnes ne sont pas passés par là. J’ai été chanceux. Une balle aurait pu m’atteindre autant que n’importe qui d’autre et je suis ici, à 95 ans, et toujours en vie.
Dans mon esprit, c’est comme si c’est arrivé hier. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas oublier.»
Source : The News-Press, dimanche 7 décembre 2014 – Pearl Harbor – Day of infamy
Dans la chambre à coucher, il faisait noir depuis longtemps. Katia dort paisiblement : c’est l’heure où ses jouets commencent à discuter. Cette nuit, c’est Henri, le cheval à bascule, qui s’adresse à Sophie, la jolie poupée brune de Katia, celle qu’elle a reçue à Noël l’an dernier.
– Sophie, nous avons décidé de te dire un secret. Tu te souviens de Noël, quand Katia t’a trouvée dans un paquet entouré de rubans?
– Oh oui, monsieur Henri.
– Eh bien, Sophie, dans une semaine, ce sera de nouveau Noël et Katia recevra de nouveaux jouets. Alors, il se passera avec toi ce qu’il s’est produit pour nous : Katia va t’oublier.
Sophie éclate de rire :
– Bien sûr que non, Katia ne va pas m’oublier. Elle s’occupe de moi comme une vraie petite maman.
Mais Henri lui répond :
-Moi, quand elle avait deux ans, elle faisait de longues chevauchées sur mon dos de bois. Et puis, un jour de Noël, elle m’a abandonné, à cause du tricycle.
Roger le tricycle avance sur ses trois roues.
– C’est vrai, dit-il, un jour de Noël je suis entré dans sa vie, et Katia a roulé sur moi pendant deux ans. Et puis, un jour de Noël, il y a eu le vélo, et elle ne m’a jamais plus parlé…
Sophie se bouche les oreilles, elle ne veut pas les croire. Elle se rappelle du Noël de l’année dernière : il y avait l’odeur du sapin, les bougies… et Katia, cette jolie petite fille, l’avait prise dans ses bras. Elle lui avait donné son nom, Sophie, et lui avait dit qu’elle serait sa maman pour toujours. Est-ce que Katia avait menti? Noël est-il vraiment le plus triste des jours pour les vieux jouets? Sophie la poupée allait en avoir le cœur net.
Sans un bruit, elle s’approcha du bureau. C’est là que Katia a laissé la lettre qu’elle va bientôt envoyer au père Noël. Sophie monte sur le dos d’Henri, attrape le papier. Le vieil ours chausse ses lunettes et commence à lire :
«Cette année, Katia a demandé beaucoup de jouets. Des puzzles, de la peinture, un déguisement de fée…»
Sophie dit à ses amis :
– Vous voyez, rien ne va me remplacer.
Mais l’ours lui répond :
– Attends, Sophie, il reste deux choses sur la liste.
Tous les jouets retiennent leur souffle. Et l’ours dit :
– Une nouvelle poupée, toute blonde.
Le cœur de Sophie se serre. . Elle sent les larmes lui monter aux yeux. Puis le vieil ours lit la dernière ligne :
«Une robe neuve pour ma poupée Sophie.»
Alors, les larmes de Sophie se transforment en sourire. Cette année, à Noël, elle aura de nouveaux habits… Et en plus, Katia va lui offrir une petite sœur!
Histoire de Vincent Villeminot
Illustrations par Hervé Flores
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Nous avons eu droit à tout un spectacle ici, à Pioneer Village, ce dernier jeudi. Gérard Arsenault, un résident du parc, nous présentait ses acolyte et choriste Paul-Émile, ainsi que Louise, lors d’un spectacle à saveur acadienne, haut en couleur et en harmonies. Partis de la formation du trio Les Gélélou en 1968 pour quelques années, cette soirée marquait, en quelque sorte, un retour aux sources pour cette formation folklorique de l’époque.
Pour l’occasion, l’équipe de bénévoles avait transformé la salle en boîte à chansons avec ses lumières tamisées et son ambiance feutrée. Mario et moi, étions chargés respectivement de l’éclairage et du son. C’était aussi soir de première avec le nouvel équipement d’éclairage multifonctionnel de scène, récemment installé. Les commentaires à ce sujet ont été très élogieux.
Dès 19 heures, le trio enchainaient les 24 pièces choisies de son répertoire, au grand plaisir des 208 personnes présentes. En fait, l’événement a fait salle comble. Un savant mélange de musique anglophone et francophone a tôt fait de captiver la majorité des spectateurs au point où on les voyait taper des mains et du pied pour battre le rythme. Reconnus pour leurs harmonies riches, Les Gélélou ont séduit l’auditoire par leur justesse vocale. Après discussions avec Gérard, il me disait que le dernier été a servi à peaufiner le spectacle et préparer les arrangements musicaux, qui ont demandé une bonne quinzaine de répétitions. Le résultat valait le déplacement puisqu’à la fin, la salle demandait un rappel qui s’est soldé par la performance de deux pièces supplémentaires.
Seule petite note discordante cependant; ce spectacle s’inscrivait dans une série de trois événements bilingues, devant avoir lieu durant l’hiver à Pioneer Village, et à ce titre la narration servant de préambule aux chansons faisait défaut, étant livrée très majoritairement en anglais, devant un public francophone pour la plupart. Dommage! Pour tout le reste, l’événement fut couronné de succès, à mon humble avis, bien sûr.
– J’en ai assez de cette ficelle qui me fait lever et baisser le bras en cadence, comme une marionnette, dit l’ours brun de la vitrine de Noël. Je commence à avoir des crampes.
– Et moi, j’en ai assez de tourner toujours dans le même sens sur ces rails, dit le train électrique. Le soir, j’ai un mal de locomotive incroyable.
– Et moi donc! ajoute la poupée. Je me balance toute la journée dans ma nacelle, ça me donne mal au cœur!
– Les amis, il faut que nous sortions de cette vitrine, que nous allions prendre l’air et nous dégourdir les pattes et les essieux, sinon nous allons tous tomber malade!
– Mais comment faire? Demande la poupée. Nous ne pourrons pas nous libérer tous seuls!
– Moi, je peux vous aider! It la petite voix de Tom, le bonhomme en plastique qui conduit le camion de travaux. Comme je suis tout petit, ils ont oublié de m’attacher! Cette nuit, je vous libère, et demain, je vous rattache comme avant, ni vu ni connu!
– Tu es sûr que tu ne te mélangeras pas les boulons, avec tous ces fils qui vont dans tous les sens?
– Faites-moi confiance!
Le soir venu, le remue-ménage commence dans la vitrine des jouets. Tom défait un nœud par-ci, coupe un fil par-là, arrête le train, fait descendre la poupée de sa nacelle…
– À vous la liberté! Mais attention, les jouets, revenez avant minuit, parce qu’il me faudra du temps pour tout réinstaller.
– D’accord Tom! Allons-y, les amis, partons à la découverte de la ville illuminée. En avant, crie l’ours brun.
La petite troupe des jouets sort sans peine du grand magasin en utilisant un conduit d’aération. Toboggan et atterrissage sur le trottoir!
– Oh! Comme c’est beau! Les rues sont toutes décorées! Toute la ville fête Noël!
– Eh! Regardez là-bas, la fontaine est éclairée!
Tous les jouets se jettent dedans et font une énorme bataille d’eau. Quand ils reviennent, il est minuit passé et Tom n’est pas content :
– Vous avez vu l’heure! Et dans quel état vous êtes! Tout trempés!
Les jouets n’écoutent pas, ils n’ont qu’une envie : dormir, et rêver aux mille lumières de la ville. Tom a du mal à attraper leurs bras pour rattacher les ficelles, à remettre le train sur ses rails. Et le lendemain, les enfants sont bien surpris en regardant les vitrines : l’ours lève le bras vers l’arrière dans le mauvais sens, le train tourne bien, mais c’est le dernier wagon qui conduit! Quant à la poupée, elle était si fatiguée qu’elle est montée à califourchon sur son berceau! C’est du beau!
– Ça, c’est une drôle de vitrine de Noël, dit un petit garçon à sa maman.
Histoire de Claire Renaud
Illustrations par Éric Puybaret
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Jean Béliveau a rejoint son Créateur mardi soir, à l’âge vénérable de 83 ans, après une vie on ne peut plus remplie. Ce Monsieur, plus grand que nature, aura marqué la vie de beaucoup de personnes, tout autour de la planète. Toutes les stations de radio et de télévision, de plus de vingt pays, sans oublier les réseaux sociaux, lui ont rendu un hommage bien mérité.
Ce qui a surtout retenu mon attention, c’est sa grandeur humaine qui a été mise à l’avant plan, plus que ses exploits sportifs. Il a été dans l’organisation des Canadiens de Montréal, comme joueur et administrateur, plus de 60 ans. Capitaine des glorieux durant 10 ans, il détient encore ce record de longévité conjointement avec Saku Koivu, en plus d’être, encore aujourd’hui, le meneur au chapitre des points en séries éliminatoires. Il vient maintenant d’entrer dans la légende immortelle.
Il a toujours fait l’unanimité et respecté le peuple. Les anecdotes rapportées par monsieur tout-le-monde et par les gens de hockey sont à l’unisson pour décrier combien il était exceptionnel. Déjà on s’active pour immortaliser son souvenir; peut-être nommer un trophée de la Ligue Nationale de Hockey en son nom, ou nommer le futur amphithéâtre de Québec en son honneur.
Quoi qu’il en soit, il sera exposé en chapelle ardente au Centre Bell, dimanche et lundi et ce sera une reprise de l’hommage grandiose réservé à une autre légende disparue; Maurice Richard.
Chacun a son anecdote ou sa petite histoire sur Monsieur Béliveau, mais la mienne date du début des années soixante, alors qu’il était l’invité d’honneur à l’école de mon quartier, afin de clôturer la saison de hockey amateur à Longueuil. Il m’avait remis sa carte de hockey, autographiée de sa main. Ce qui m’avait surtout frappé, en plus de sa taille gigantesque, c’était qu’on pouvait lire facilement sa signature, suivie de son fameux numéro 4. Par la suite, je l’ai croisé à quelques reprises et chaque fois, il demeurait aimable, poli et gentleman. Monsieur Béliveau, c’était la grâce, la noblesse et l’élégance, tant sur patin que dans la vie de tous les jours.
Cette réputation est loin d’être surfaite et j’ai bien aimé la délicatesse de la direction du Wild, avant le match qu’ils disputaient aux Canadiens hier soir au Minnesota; tout en soulignant le décès de Monsieur Béliveau, jumelé également au décès dimanche dernier de Murray Oliver, ex-joueurs des défunts North Stars du Minnesota,
l’hymne national du Canada a été interprété en français et en anglais. De la grande classe, à l’instar de Jean Béliveau lui-même.
Au revoir Monsieur Béliveau. Vous faites partie des rassembleurs et de là-haut, vous pourrez mesurer l’ampleur de votre passage sur cette terre, tout en continuant de briller parmi les étoiles. Probablement que le Rocket vous attend déjà.
Mattéo et Léo avaient fait un gros bonhomme de neige au milieu du champ. Il avait un nez carotte, des yeux clémentines, une bouche abricot sec, des cheveux haricots verts, des bras balais et, comme accessoires, le nouveau bonnet de Léo, les gants de ski de Mattéo et son écharpe bleue.
Ils avaient joué avec lui tout l’après-midi, et le bonhomme de neige était heureux. La nuit vint, et le bonhomme de neige se sentit un peu seul.
Il eut du mal à s’endormir et attendit avec impatience le lendemain. Mais les deux amis n’arrivèrent qu’après l’école et ne restèrent que jusqu’au dîner.
Et le bonhomme de neige fut de nouveau seul.
Au bout de deux jours, il était triste comme un congère.
– Ça ne va pas, bonhomme de neige? Lui demandèrent les deux amis.
– Les garçons, sans vouloir vous vexer, je commence à m’ennuyer tout seul dans mon champ. Je vous attends toute la journée et je ne peux pas bouger. J’irais bien voir un peu de pays et me faire des amis.
– D’accord, répondirent les deux copains. Nous allons t’aider.
Les deux garçons essayèrent de le mettre dans une brouette, mais le bonhomme de neige était trop lourd. Ils décidèrent de l’installer sur leur luge, mais elle était trop petite.
– Il faut lui chausser mes skis, dit Léo. Il descendra la pente tout seul.
Léo alla chercher ses skis et les glissa, non sans peine, sous le bonhomme de neige.
– Tiens, mes bâtons, dit Léo, pour tourner, ça aide. Et mon masque, pour voir le relief. Et pour s’arrêter, chasse-neige, les skis en V. Bon courage et à un de ces jours!
Et Léo lâcha le bonhomme de neige qui partit à toute vitesse, tout droit. Il franchît la clôture, traversa la route, évita de justesse une voiture, entra dans un jardin, frôla un sapin, sortit par le portillon du fond, en équilibre sur un ski. Mais là, les choses se compliquèrent. Il arriva dans le jardin d’enfants, prit le toboggan à l’envers et fit un vol plané spectaculaire.
Mattéo et Léo coururent vers le champ où le bonhomme de neige était tombé. Ils trouvèrent les skis, le masque, l’écharpe et le bonnet, mais point de bonhomme de neige.
– Ça alors! Il a disparu!
Disparu? Vraiment? Ça non! Quand le bonhomme de neige se réveilla, mille flocons tournaient autour de sa tête. Il écarquilla ses yeux clémentines et vit des dizaines de bonshommes de neige autour de lui.
– Où suis-je? demanda-t-il.
– Au royaume des bonshommes de neige. Les enfants croient que nous avons disparu, mais nous vivons là, tous ensemble. Allez, chausse tes nouveaux skis. À voir ta chute, tu as encore des progrès à faire!
Et le bonhomme de neige s’élança, soutenu par ses nouveaux amis.
Histoire de Claire Renaud
Illustrations par Quentin Greban
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Quand je dis que notre bon gouvernement, avant de taxer davantage les CONtribuables, devrait faire le ménage dans sa propre cour, c’est de cela que je veux parler. Le journal nous apprend que les ministères ont dépensé près d’un quart de million de dollars seulement pour de l’eau de source durant l’exercice financier 2012-2013. Ce n’est pas rien. On a de super usines de traitement des eaux et la qualité de notre eau potable est excellente, alors expliquez-moi pourquoi une telle dépense plus que superflue.
Pire encore, les détenus en ont consommé pour 80 000$. C’est quoi le problème? Un grand verre avec quelques glaçons et de l’eau québécoise sortie tout droit du bon vieux robinet et le tour est joué. Tout un privilège accordé à des personnes qui sont là pour payer leur dette à la société. Un muffin avec ça?
Et les juges en plus qui se complaisent avec leur petite bouteille d’eau, pour faire tendance. Une délicieuse carafe d’eau du robinet avec un peu de glace et un soupçon de citron, devrait faire amplement l’affaire. Je ne serais même pas surpris que certains ministères arrosent leurs plantes vertes avec de l’eau de source. Après tout, avec l’argent des CONtribuables, the sky is the limit!
Au chapitre des augmentations de toutes sortes, le gouvernement majoritaire souhaité par la population, nous annonce les pires horreurs pour l’année 2015 et on n’a pas fini de découvrir toute l’arrogance dont ils sont capables. Vous pensez à l’épicerie, à l’essence, aux frais de garderie, à l’électricité où tout autre poste budgétaire, ils vont tous augmenter au grand déplaisir des CONtribuables, bernés comme toujours par des profiteurs qui magouillaient il n’y a pas si longtemps encore. Janvier c’est le mois du siphonage!
Et tout ça pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 mais en bout de ligne la dette québécoise continuera d’augmenter et de dépasser les 270 milliard de dollars. Alors ne vous en faites pas chers CONtribuables vous avez le gouvernement que vous avez toujours voulu et vous devrez le subir jusqu’en 2018
Et pour terminer sur une bonne note, le bon ouernement devra trouver 2,3 milliard de dollars l’an prochain pour boucler son budget et pendant ce temps-là, les banques continuent d’engranger des profits exorbitants et d’imposer des frais de service pour n’importe quoi, sans que nos dirigeants ne leur demande de faire leur part eux aussi.
Ça donne définitivement la nausée!
Dans un pays lointain, il y a bien longtemps, un vieil homme arriva avec une charrette bâchée. Il s’arrêta sur la place du village et dévoila une étrange machine.
– Approchez, mesdames et messieurs, et venez admirer la machine de l’Avent!
Les gens du village, curieux, s’attroupèrent autour de l’engin. Personne n’avait jamais vu une chose pareille!
– Alors, qui choisira le premier jour? Et qui prendra le dernier?
Les villageois les plus courageux s’approchèrent encore et virent qu’il y avait vingt-quatre casiers numérotés sur la machine. Finalement. Ce fut le petit Renaud, le plus espiègle des enfants du village qui cria :
– Moi, je prendrai le premier jour!
Le premier soir de décembre, vers huit heures, tout le village s’assembla autour de la machine. Soudain, le casier numéro un s’ouvrit, un oiseau mécanique en sortit et déposa une pièce d’or dans la main du petit Renaud, qui rentra chez lui tout content.
– Qui choisira le deuxième jour? Demanda alors le vieil homme.
Grosjean, le notaire, fut le plus rapide et, à huit heures, le deuxième jour de l’Avent, il reçut deux pièces d’or. Tout le monde était émerveillé. Dame Sophie, qui était très sage, proposa que les plus riches choisissent les premiers jours et les plus pauvres les derniers. Tout le monde tomba d’accord.
À ce moment, le galop d’un cheval se fit entendre. C’était Enguerran le cruel qui arrivait, entouré de ses gardes :
– On me dit qu’il y a ici une machine qui distribue toujours plus d’or! Cria-t-il. J’en veux ma part, la part du seigneur. Je prendrai donc le 24 décembre, pour recevoir vingt-quatre pièces d’or, car tel est mon bon vouloir.
C’était injuste, mais Enguerran était un seigneur cruel et tous le craignaient.
Ainsi, le mois passa. Tous les soirs, le miracle se reproduisit, et la famille qui repartait avec les pièces d’or offrait à tous un festin de viandes rôties et de vin doux. On fêta ainsi l’attente de Noël. Le 23, ce fut le mendiant du village qui reçut vingt-trois pièces d’or de l’oiseau mécanique.
Le soir suivant, veille de Noël, Enguerran le cruel revint. À huit heures, la machine fit du bruit, le dernier casier s’ouvrit, et un oiseau en sortit, tenant dans son bec une lourde bourse d’or. Mais c’était un véritable oiseau et il s’envola dans les airs, avec les vingt-quatre pièces d’or. Enguerran essaya d’attraper l’oiseau, en vain.
Le vieil homme sourit au milieu des rires des villageois :
– Tu croyais que, parce que tu étais le seigneur, la plus grosse part te revenait. Eh bien non! La machine donne à qui le mérite. Et toi, tu ne mérites rien. De rage, Enguerran s’enfuit au galop.
Et le jour de Noël, autour d’une immense table couverte de mets raffinés, on raconta jusqu’au soir comment Enguerran le puissant, avait été trompé par un petit oiseau.
Histoire de Vincent Villeminot
Illustrations par Adeline Avril
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004
Bonjour maman. Déjà trois ans se sont écoulés depuis ton départ vers d’où on ne revient plus, et le souvenir de cette triste nuit du 1er décembre occupe toujours mes pensées. Mes émotions sont ambivalentes, passant de la tristesse de ton départ, à la sérénité de te sentir heureuse de ta nouvelle vie absente de douleurs.
Là-haut sur ton nuage, tu peux voir que papa est toujours bien entouré, et continu son chemin avec toute la force qu’on lui connait. Puisses-tu continuer de veiller sur nous et guider nos pas dans le chemin qui nous est destiné.
Je t’aime…
« Une mère, c’est si beau que même Dieu en a voulu une. »
Nous sommes en plein long congé de la Thanksgiving en cette sixième semaine hors du Québec. Si la télé vous montre la ruée vers les étalages des boutiques d’électronique, pendant les bulletins de nouvelles, dites-vous que ce n’est pas du cinéma ou de la fiction; c’est la pure réalité. Durant la journée, alors que tous les commerces sont fermés, la meute planifie sa soirée pour passer à l’action dès que ceux-ci ouvrent leurs portes. À grand coup de sorry, ça se piétine et ça se bouscule, comme la misère sur le pauvre monde, pour ne pas rater l’aubaine sur l’objet de convoitise. La ruée se poursuit comme ça toute la nuit. On a appris également que les achats en ligne ont explosées au point d’obliger les centres d’expédition à embaucher du personnel supplémentaire pour répondre à la demande.
Mais toute cette euphorie, en sages que nous sommes, nous a convaincu de rester au complexe pour profiter du succulent repas traditionnel servi à la salle communautaire. Dinde, pommes de terre en purée, patates douces, légumes, sauces et tout ce qui accompagne ce menu incluant le dessert, nous étaient servis pour la bagatelle de 10$. Avouez que pour ce prix, c’était l’aubaine, sans se marcher sur les pieds! Et, contrairement au Welcome dinner du 15 novembre dernier, les assiettes débordaient littéralement de victuailles. Selon les organisateurs, un nouveau record de 260 convives a été établi pour l’événement, pulvérisant l’ancienne marque de 150.
Exceptionnellement, on a eu droit à la danse et les canadiens ont pris le plancher d’assaut sous le regard ébahi des américains, du moins ce qu’il en restait. Par contre, pas question de veiller tard; à 20 heures, la disco-mobile s’éteignait. Fin des émissions et allez au dodo, gens aux tempes grises, avant de vous exciter au point de ne pouvoir dormir… Ouppélaye! L’art de casser un party. Qu’à cela ne tienne, nous sommes rentrés dans nos confortables chaumières alors que le mercure portait déjà son foulard.
Hier, les québécois s’étaient donné rendez-vous à la foire Allemande-américaine de Cape Coral pour un marché de Noël, avec des dégustations de mets typiques, des kiosques d’artisanat, des bars pour profiter de bonnes bières avec des collets épais comme ça… Enfin bref, l’affiche promettait beaucoup. À notre arrivée vers 14h30, on avait plutôt l’impression que c’était terminé. En moins de 15 minutes, on avait déjà fait le tour; un vrai Val-Jalbert. En fait, nous étions trop tôt puisque l’ouverture était prévue pour 15h. On a bien goûté au porc pané en bâton mais pour la saveur, on repassera. D’autres ont choisi les crêpes aux patates avec le même commentaire. Par contre, la bière était définitivement à la hauteur. Elle était savoureuse et bienvenue pour satisfaire un gosier asséché après une si longue marche.
Sans prendre racine, nous sommes repartis vers le Gulf Coast Town Center pour visiter quelques boutiques en compagnie de Carole et Mario, puis souper au Miller’s Ale House de l’endroit, pour enfin assister à la prestation des Hat Boys sur la grande scène extérieure. Un beau spectacle avec ses airs Motown et Oldies, mêlés à des chansons de Noël sous un frisquet et venteux 18°C.
Finalement, parlant de Noël, la féérie des lumières multicolores prend forme ici à Pioneer Village. Je vous promets de photographier les plus belles décorations pour les exposer dans l’album photos Floride – Hiver 2014-2015, en marge droite du blogue. Et comme on dit aux petits bouts d’choux énervés à la veille de la grande Fête; – Soyez patients!
Aujourd’hui en parcourant ma page facebook, j’ai été attiré par le cri du cœur d’une maman qui a mis au monde un enfant atteint de Trisomie 21, une anomalie chromosomique congénitale provoquée par la présence d’un chromosome surnuméraire pour la 21e paire. Physiquement, ces personnes ont une morphologie quelque peu particulière et avec les progrès de la médecine et le suivi paramédical (telle que l’orthophonie), la qualité de vie des personnes trisomiques 21 s’est considérablement améliorée, ainsi que leur espérance de vie.
Malgré tout, les préjugés sont tenaces et le regard des autres peut être dur pour des parents. C’est précisément l’objet de cette réflexion; comprendre les différences au point de ne plus les voir. Ma nièce de 23 ans en est atteinte et elle fait la fierté de toute la famille. Elle est attachante, sociable, souriante, pleine d’énergie et justement, mord pleinement dans sa vie. Certes, elle est dans son monde, mais pour nous, aucune barrière n’existe. En observant bien ces personnes, on a beaucoup de leçon de vie à apprendre et c’est pourquoi je veux partager la confession de cette mère avec vous, afin de vous sensibiliser à son quotidien.
« J’ai de la peine ce matin! J’ai le cœur blessé! Vous allez me dire, pourquoi???
Je n’écris pas souvent, je suis sur plusieurs groupes de mamans et ce matin on parlait de la Trisomie 21. Un sujet avec lequel je vis à tous les jours. Un sujet qui me tient à cœur. Un sujet pour lequel je vais me battre jusqu’à la fin de mes jours.
Comme plusieurs ici vous savez que mon tout petit François-Xavier est trisomique. Mon fils est comme tous les autres petits garçons. Il aime ce que tous les petits garçons aiment; les autos, des bateaux, sa tablette, son Nintendo DS, et ses crayons. Mon fils est heureux. Mon fils respire le bonheur comme surement la plupart de vos cocos! Mon fils ne manque de rien. Il va dans un CPE, il commence à parler, il sait plusieurs lettres de l’alphabet, il compte jusqu’à 10. Mon fils n’est pas mieux que les autres mais c’est MON FILS, mon trésor, le trésor le plus précieux que la vie m’a donné, mis à part ma fille!
De grâce avant de répondre à des questions de ce genre, posez-vous seulement une question: est-ce que je blesse une maman en disant cela?
Je ne suis pas une égoïste parce que j’ai décidé de m’occuper de mon fils au lieu de le laisser mourir à sa naissance! Parce que oui il a eu 3 opérations majeures. J’ai sacrifié ma carrière pour prendre soins de mon fils, des gens entrent et sortent de chez nous. Des ergothérapeutes, des physiothérapeutes, etc.! Malgré tout cela je me sens bien seule quand les gens me regarde avec dégout, je me suis sentie bien seule quand je me suis fait demandé: – pourquoi vous l’avez gardé?
… Désolée du roman mais je voulais juste vous sensibiliser à ce que je peux (et toutes les mamans d’enfants différents) vivre!
(C’est un texte que j’ai écrit ce matin sur une page de maman) Je sais qu’à moi seule je ne pourrai jamais changer les choses. Mais je vais peut-être toucher plusieurs personnes. Et qui sait peut-être changer la vie d’une maman…
Dannie, maman de François-Xavier, T21. »
En conclusion à cette réflexion, je vous invite à relire l’article, sur le sujet, que j’avais publié le 3 décembre 2010 sur ce blogue, en cliquant le lien suivant : https://normandnantel.com/2010/12/03/dieu-et-les-enfants-handicapes/