Les CONtribuables

Poches vides2Pour ceux et celles qui me lisent régulièrement, je fais souvent allusion aux CONtribuables dans mes opinions politiques. Mais qui sont-ils ? De quelle classe je veux parler ? Bonnes questions ! Alors un ami m’a fait parvenir le texte qui suit, tiré d’une pièce faisant référence à l’époque de Louis XIV, soit plus de 400 ans. Dans l’extrait, Colbert était le contrôleur des Finances du Roi Louis XIV de France en 1665, alors que Mazarin était le confident du Roi Louis XIV. Brutale réalité qui a transcendé les siècles et que nos gouvernements appliquent encore sans réserve.

Vous comprendrez que pour moi, le CONtribuable est celui dont ces deux notables font mention ; un CONcitoyen de la classe moyenne, ni riche ni pauvre, qui a un bon salaire mais qui est taxé à outrance sans pouvoir même songer à s’en mettre de côté, tant le fardeau fiscal l’empoisonne. Voici l’échange…

Colbert :
– Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

Mazarin :
– Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.

Colbert :
– Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin :
– On en crée d’autres.

Colbert :
– Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

Mazarin :
– Oui, c’est vrai, c’est impossible !

Colbert :
– Alors, les riches ?

Mazarin :
– Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres !

Colbert :
– Mais alors, comment fait-on ?

Mazarin :
– Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des honnêtes citoyens qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là… plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser ; c’est un réservoir inépuisable.

Extrait du « Diable Rouge«