Maudit cancer !

Il y a de ces jours où le réveil se fait d’une triste façon. Hier en fut un ! En début de journée, nous apprenions le décès de notre amie de camping devenue notre voisine où nous habitons. Suzanne avait été rappelée vers son créateur en début de nuit.

Une belle femme d’à peine 67 ans qui, au milieu de l’été, respirait le bonheur et la santé. L’avenir s’annonçait bien. Puis, au milieu d’août, le malheur frappait. Un cancer fulgurant et agressif allait l’affaiblir au prix d’atroces souffrances, et l’amener dans l’au-delà moins de trois mois plus tard. Vraiment triste !

Au moment d’écrire ce texte, mes premières pensées vont vers Mario son conjoint et ses enfants, qui l’ont soutenu et accompagné sans réserve.

S’il est une chose positive que l’on peut tirer de cet événement, c’est la fin de ses souffrances. C’est bien peu, mais apaisant en même temps.

Louise et moi, la connaissions depuis 5 ans, et elle nous avait déjà conquis. Femme de tête, intelligente, toujours souriante, ambitieuse, énergique et déterminée, elle mordait dans sa vie de retraitée. Elle filait le parfait bonheur, très bien entourée et aimait relever les défis. Socialement, elle aimait s’impliquer. Ce sont les qualités que je retiendrai de cette amie fantastique et d’agréable compagnie.

Quand on y pense, c’est fou comme notre vie peut être fragile. Il faut profiter de chaque instant parce que cette vie c’est comme un prêt qui nous est donné, sans en connaitre le moment de sa quittance. Mais moi, je retiendrai un fait marquant de sa généreuse personnalité. Alors que nous formions un orchestre au camping où nous résidions, Suzanne, accompagnée d’autres femmes, décidaient de nous confectionner de jolies vestes de spectacle, d’un bleu azur. Nous avions fière allure avec cet accessoire. Soyez assurés que ce vêtement revêt maintenant une grande signification de générosité et que je le conserverai précieusement en souvenir de Suzanne.

Maintenant que tu profites de l’éternité, chère Suzanne, veille sur ta famille, tes proches et tes amis. Guide-les dans cette soudaine noirceur pour qu’ils puissent poursuivre sereinement leurs routes jusqu’à leur retour auprès de toi. Pour ceux qui restent, prenons quelques instants de réconfort pour entendre et apprécier ce que Suzanne nous dirait sûrement, en nous regardant du haut de son nuage :

« Ne pleurez pas. Ne pleurez pas si vous m’aimez, Je suis seulement passée dans la pièce à côté. Je suis moi, vous êtes vous. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné. Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait. N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste.

Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi. Que mon nom soit prononcé comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié. Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de votre pensée ? Simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je vous attends. Je ne suis pas loin. Juste à la croisée des chemins. Vous voyez, tout va bien. »

Ce n’est qu’un au revoir… repose en paix Suzanne.