L’immaturité doit obliger le confinement

Samedi dernier, confortablement assis sur mon balcon sous un soleil de plomb, j’observais mon environnement. Il faisait beau et chaud, une scène idéale pour jouer dehors.

Le confinement dans la grande agglomération de Montréal était toujours en vigueur, le balcon devenait notre coin extérieur pour en profiter pleinement.

Autour, on pouvait voir les attroupements de personnes souriantes. Très peu de masques, que je préfère à des « couvre-visage » parce que plus explicite, et j’avais l’impression que soudainement, les familles de plus de 10 personnes étaient nombreuses. À un moment donné, trois cyclistes, avec leur « p’tit kit » de compétition se suivaient à grande vitesse carrément dans l’cul, au point où leur nez était brun. Je suis sûr qu’ils venaient probablement d’une autre planète. Ces athlètes sont loin d’être à l’abri de l’ennemi invisible… parlez-en à Georges Laraque.

Et l’été est encore loin ! Nous ne sommes qu’à la mi-printemps. Les consignes ? C’est quoi ça ? On s’en balance parce que ça n’arrive qu’aux autres. Il fait beau, la vie est belle et bla bla bla.

C’est ce manque flagrant de maturité collective qui devrait inciter l’ami François Legault et ses acolytes Horacio et Danielle, à repousser leur projet de déconfinement. Les délinquants irresponsables sont trop nombreux. Beaucoup ne sont pas prêts ! C’est aussi simple que ça et nos agissements méritent le maintien du confinement. Le chat est parti les souris dansent.

Dans le même ordre d’idée, je vous propose aujourd’hui le texte de Josée Legault, publié hier dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. Le dévoilement d’une évidence déplorable.

LES AUTRUCHES NE PORTENT PAS LE MASQUE

Il fallait le voir pour le croire. Ce samedi, sous le soleil, les parcs de Montréal débordaient de monde. On se serait cru au festival de Woodstock. La distanciation était peu respectée. Les attroupements se multipliaient. Le port du masque était rarissime. Le tout débordant sur les rues adjacentes.

En ville, il règne une dangereuse atmosphère d’insouciance béate. Un faux sentiment d’invincibilité face à la COVID-19 crève les yeux.

Je le vois parce que j’habite devant un des grands parcs de la métropole. Samedi, impossible d’y aller en sécurité, je suis allé marcher sur une rue adjacente.

Comme je portais le masque, c’est moi qu’on regardait avec méfiance ! Je me suis même fait dire de rester chez moi si j’ai « trop peur de sortir » !

La veille, ma chronique portait sur l’urgence d’imposer le masque à Montréal. Belle ironie.

LES MAUVAIS MESSAGES

Avec la distanciation et le lavage de mains, le port du masque contribue à se protéger soi-même et les autres du virus, mais rien n’y fait.

Les Montréalais sont encore nombreux à se cacher la tête dans le sable.

Les autruches, c’est connu, ne portent pas le masque…

Certains, plus conscients, veulent en porter, mais peinent à s’en trouver.

Vrai, mais on trouve des tutoriels simples sur le web pour en fabriquer. Cette rareté de masques dans les lieux publics est aussi le résultat de semaines de confusion et de mauvais messages lancés par la santé publique jusqu’à tout récemment.

Horacio Arruda a même déjà dit que « le masque n’est pas un moyen de prévention des infections dans la communauté ». Or, dès la mi-mars, le port du masque pour ralentir la contagion communautaire, incluant pour les asymptomatiques, était déjà discuté en Europe dans les cercles médicaux.

MORTS ET SÉQUELLES

Au début mai, le leadership politique sur le sujet manque encore à l’appel.

Pour ne pas continuer à perdre du terrain face au virus, imposer le masque est pourtant une urgence sanitaire. D’autant plus à Montréal. Pourquoi ? La grande région montréalaise est l’épicentre du virus au Québec.

La contagion communautaire est loin d’y être « sous contrôle » et le nombre de cas confirmés est sous-estimé. Le dépistage est insuffisant et se limite surtout aux symptomatiques.

Or, selon une étude de l’Université de Bonn, une personne sur cinq infectée par le virus et contagieuse n’a aucun symptôme.

Pour l’île de Montréal et ses couronnes nord et sud, si cette donnée s’avérait fondée, ça ferait potentiellement beaucoup de monde.

Un jour viendront le déconfinement de la ville, l’ouverture d’écoles et de magasins. Sans le port obligatoire du masque, combien en infecteront encore d’autres ?

Le virus ne frappe que les « vieux », se disent même certains, mais 56 % des cas confirmés ont moins de 60 ans.

Les décès sont concentrés dans les CHSLD et résidences privées pour aînés – un fait révoltant et non pas une « consolation » –, mais combien d’adultes de moins de 60 ans y survivront avec des séquelles majeures ?

Le système hospitalier montréalais est déjà sous tension. Si le nombre de patients augmente trop, il craquera.

Alors, ce masque ? Portez-le.

Vous sauverez des vies et peut-être même la vôtre…

2 réflexions sur “L’immaturité doit obliger le confinement

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