La folie du magasinage

Dès la réouverture récente des magasins, la masse de monde s’est précipitée aux portes de ces commerces pour jouer au sport national des Québécois; le magasinage. Beaucoup, beaucoup jeunes dont certains avaient un beau 1250$ à dépenser pour ce premier mois de cadeau… il y en aura trois autres. Pourquoi travailler quand on peut magasiner les poches pleines. Hein ?

Toujours est-il que c’était la folie furieuse au Quartier Dix30 de Brossard. Des files imposantes un peu partout pour trouver l’aubaine du siècle. En fait, le bordel comme au temps du boxing day. Une marée humaine, debout comme des piquets, en attente de leur tour. Et les masques ?
Et la distanciation sociale ? Quossé ça ? Les invincibles n’en portaient pas et ne s’éloignaient pas.

Pour magasiner en temps de pandémie, il faut être maso. Moi, je déteste. Pourtant, dans mon ancienne vie, j’adorais, mais pas au point de se faire espionner. C’est enrageant, comme le soulignait Denise Bombardier dans le texte qui suit, paru récemment dans le Journal de Montréal, et que je veux partager avec vous.

J’ENRAGE !

Si mon époux anglais flegmatique ne m’avait pas déconseillé d’écrire tout ce qui m’horripile dans la crise actuelle, les masques, par exemple, représentant le drapeau du Canada, celui du Québec ou des Canadiens de Montréal, qui provoquent des réactions négatives chez les uns et les autres, je l’aurais écrit.

Non, ça ne va pas bien, comme l’a dit Martin Petit à TLMEP. Eh oui, il m’arrive d’être d’accord avec des humoristes qui ont réellement le sens de l’humour.

Je tonitrue devant ces « pas de tête » qui envahissent nos parcs et nos rues sans respecter les règles de distanciation sociale et qui, ivres au sens propre comme au figuré, réclament le droit d’exercer sans entraves leur liberté.

DISTANCE RÉGLEMENTAIRE

Je fulmine en lisant une consigne de la SAQ alors que je fais la queue à la distance réglementaire, mon masque collé à la figure à cause de la chaleur, « Il est fortement déconseillé aux personnes de 70 ans d’entrer dans le magasin. »

Je bous, intérieurement, lorsqu’un métrosexuel sans masque, qui se croit fringant, me double dans l’allée du supermarché en roulant en sens contraire de la flèche. Il heurte le côté de mon chariot sans s’en excuser. Devant mon regard courroucé, il lance, « C’est quoi, ton problème ? »

Je perds mon sang-froid en écoutant la nouvelle pub du gouvernement du Québec, qui nous prescrit de réserver pour chaque résident d’un domicile des assiettes et couverts dont il aura l’usage exclusif.

J’écume de rage devant de jeunes spécialistes de la rectitude politique dans les médias qui font semblant de s’intéresser aux vieux et à leurs vertus lorsqu’ils en parlent. Des jeunes qui derrière leur mièvrerie ont inventé le slogan, « Tasse-toé, mononcle ! ».

Je regrette de porter le nom de Bombardier dont j’étais si fière lorsqu’à travers le monde des douaniers, en particulier, s’informaient de mon lien de parenté. La plupart du temps, je disais que j’étais de la même famille pour ne pas décevoir mes interlocuteurs.

Je crains que le nom du joyau québécois soit entaché pour toujours par des gens sans morale et assoiffés d’argent. De l’argent qui vient en partie des poches des contribuables québécois. Bombardier, à l’évidence, ne peut plus être un espoir pour l’avenir économique d’un Québec abîmé par les retombées de la pandémie.

DÉSOLANT

Je me désole que des prophètes d’une modernité technologique discutable annoncent un avenir culturel révolutionnaire, qui ferait fi de tous les créateurs qui, à ce jour, ont permis au Québec de réaliser de grandes œuvres. Je suis triste pour les artistes et les artisans qui croient encore que l’émotion s’exprime par la rencontre de l’art avec son public dans l’intimité physique. Car la technologie peut être un piège, un gadget si le créateur ne lui insuffle pas son âme propre.

Je me refuse à croire que l’enseignement à distance est l’instrument privilégié de transmission des connaissances. Rien ne peut remplacer un être humain passionné, enfiévré qui inscrit les jeunes dans la continuité historique, intellectuelle et spirituelle des civilisations.

J’enrage de ne pouvoir enlacer tous les humains de ma race, comme chante bellement Vigneault.

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