L’élection de sainte Lucie

lelection-de-sainte-lucie1Au printemps, Maman Lapin a donné le jour à cinq petits bébés : Lucas, Lucien, Luce, Lulie et Luciole. Ils sont tous roux et tout doux, sauf Luciole, qui a une belle fourrure blanche et soyeuse comme les premiers flocons de l’hiver.

Quand l’automne arrive, les jeunes lapins font de grandes parties de cache-cache dans les feuilles mortes.

– Oh, à qui est cette oreille blanche qui dépasse ? Pauvre Luciole, tu as encore perdu !

Les mois passent et l’hiver recouvre les prairies de ses premiers flocons. Les jeunes lapins se roulent sur un tapis de neige poudreuse.

– Regardez, je suis aussi blanche que Luciole ! crie Luce.

Luciole a le sourire. Au jeu de cache-cache, maintenant, c’est elle qui gagne. Un soir, un roulement de tambour fait vibrer la forêt. Le plus âgé des lapins prend la parole :

– Oyez, braves lapins ! Bientôt aura lieu dans la clairière la grande fête de la Sainte-Lucie. Les plus jeunes filles de chaque maison seront vêtues de blanc et porteront une couronne de bougies sur la tête. Tous les animaux de la forêt y sont conviés et l’on procédera à l’élection de la sainte Lucie de l’année !

– C’est la fête de toutes les lumières, expliqua Papa Lapin. Car le 13 décembre, c’est l’une des nuits les plus longues de l’année.

– Et ce matin-là, ajoute Maman Lapin, les enfants réveilleront leurs parents en leur apportant des brioches fraîches.

Luce, Lulie et Luciole n’écoutent déjà plus, elles se chamaillent comme des pies pour savoir laquelle revêtira la robe blanche pour participer à l’élection de la sainte Lucie de l’année. Maman Lapin tranche :

– Puisque vous êtes toutes les trois le même jour, vous participerez toutes les trois.

Le soir venu, toute la forêt s’anime. Maman Lapin dispose des lumignons devant toutes les fenêtres de la maison et les enfants défilent sur les sentiers avec des lampions.

Des bougies par milliers éclairent les chemins. Dans la grande clairière, tous les animaux se rassemblent. Commence alors le défilé des saintes Lucie, accompagnées par les garçons déguisés qui brandissent des étoiles d’or. Luce et Lulie, Une couronne de bougies posée sur leur tête rousse, font virevolter fièrement leur robe blanche.

Mais au milieu du cortège, on ne voit que Luciole dont la fourrure est si blanche que la lueur des flammes la fait scintiller tout entière. Le Papa de Luciole lui glisse à l’oreille :

– Tu es la plus belle de toutes les Lucie !

lelection-de-sainte-lucie2Quand tout le monde a voté, le vieux lapin se lève et d’une voix forte, il proclame :

– Luciole, tu as été élue sainte Lucie de l’année ! Approche-toi pour que tout le monde te voie !

Hésitante et tremblante de plaisir, Luciole monte sur une souche d’arbre. Tous les animaux applaudissent :

– Vive Luciole, vive sainte Lucie !

Et même Luce et Lulie, qui sont un peu déçues, sont très fières d’avoir une si jolie sainte Lucie dans leur famille.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Chantal Cazin
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Enfin la pluie

pluie2On a finalement goûté, hier soir, à la première averse de pluie digne de ce nom. Il fallait bien que j’arrose mes végétaux en après-midi, pour que Dame nature y mette son grain de sel un peu plus tard. Avoir su…! Mais bon, c’est le juste retour des choses et les végétaux ne s’en porteront que mieux. Est-ce Carole et Marcel qui apportent ce mauvais temps du Nord? Bizarre! On ne le pense pas. On croît plutôt que c’était pour laver son camion.

Leur arrivée coïncidait avec le départ de l’autre Carole, vers le Québec, pour passer le temps des Fêtes en famille… et retrouver Chopin et Charlie. On ne voit pas une amie quitter sans avoir un pincement au cœur, et pour ma Loulou, le moment du départ est toujours émouvant. Les amis de Carole, Julie et Michel, venus de la côte est pour l’accompagner, nous ont fait honneur de partager la pizza et de faire un brin de jasette avec nous pour le dîner. Des gens sympathiques et charmants que nous avions hâte de rencontrer. Mettre un visage sur des gens bien, c’est toujours agréable et ce le fut, effectivement. Ce sont eux qui nous avaient si gentiment permis de séjourner dans leur condo quelques jours au début de décembre, avec Carole. On en a profité pour les remercier du fond du cœur.

Même si je déteste la neige, je dois avouer qu’avec les décorations scintillantes dans le parc, un peu de cette poudre blanche donnerait un visage bucolique à ce décor féérique. Cette neige qui reflète les couleurs et qui donne une « chaleur » dans le cœur serait irrésistible. Quand on voit les paysages de Noël à travers Facebook et autres réseaux sociaux, on voit bien que l’un ne va pas sans l’autre. Quand on regarde les beaux films de Noël, immanquablement, la neige vient compléter le décor et charme le tableau. On se surprend à sourire et à trouver l’image magnifique.

À treize jours de Noël, ici les rencontres s’organisent; repas-partage par petits groupes à la salle communautaire le 24, souper de Noël le 25, et l’accueil du nouvel An le 31, tout se met en branle pour que ces fêtes soient réussies et divertissantes. Certains snowbirds prendront l’avion dans quelques jours pour retourner dans leurs familles restées au pays, afin de perpétrer la tradition qui leur est chère. Ils nous reviendront avec la grippe ou un bon rhume en janvier… mais ce sont les risques dont ils sont conscients. L’amour est plus fort que tout et si ça fait déplacer des montagnes, imaginez déplacer des snowbirds… une affaire de rien.

neige-tombanteMais il en faut pour garder le fort et c’est notre mission. N’ayez crainte, nous serons fidèles au poste, même sans neige. On communiquera avec nos proches par FaceTime et, le 2 janvier, tout sera chose du passé alors que la bourrasque du nord sera remplacée par la douce brise chaude du sud. On se dira qu’on est passé au travers une autre fois et que la vie continue.

Le Noël des oiseaux

le-noel-des-oiseauxSur la branche du vieux chêne, trois mésanges, blotties les unes contre les autres pour se réchauffer, regardent les gros flocons recouvrir le sol.

– Plus la moindre graine, ni le moindre vermisseau à se mettre dans le bec, se lamente une des mésanges.

– J’ai faim, dit la plus jeune.

– Nous n’avons plus rien dans le garde-manger. Allons près du village voir s’il reste quelques miettes.

Les trois oiseaux s’élancent dans le crépuscule.

– Ce soir, c’est Noël, dit l’une des mésanges. Regardez comme le village est en fête.

Des rubans de fumée s’échappent des cheminées. Un brouhaha de voix claires et joyeuses transperce l’air glacé. Martin se dépêche : il veut rejoindre ses amis pour terminer son bonhomme de neige. Mais avant, il prend un morceau de lard dans la cuisine et des grains de blé dans la cabane du jardin et court déposer son trésor sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. Il fait si froid cette année qu’il faut penser aux oiseaux.

– Joyeux Noël, s’écrie-t-il en regardant le ciel.

Le cœur léger, il court rejoindre ses amis. Les trois mésanges rasent le sol et se posent dans la cour d’une ferme. Peut-être les poules ont-elles oublié quelques graines ? Mais leurs becs se cognent sur le sol gelé.

– Repartons un peu plus loin, suggère l’une d’entre elles. Il ne faut pas se décourager, et elles reprennent leur voyage.

– La-bas, dans le jardin de Martin ! s’écrie la plus jeune. Regardez, il a pensé à nous. Hourra !

Les trois mésanges se posent dans un bruissement de plumes sur le rebord de la fenêtre de Martin. Avec gourmandise, elles se régalent de lard et de blé. Bientôt les rejoignent deux bouvreuils, un rossignol et une tourterelle, tous affamés, alertés par les pépiements joyeux de leurs amis.

– C’est un régal, dit l’un des bouvreuils.

– Un véritable repas de fête, ajoute la tourterelle.

– Comment remercier Martin ? demande le rossignol.

Les oiseaux se regroupent et chacun émet un avis. Dans le jardin s’élève un concert de pépiements.

– Je crois savoir ce qui lui ferait plaisir, dit la plus jeune des mésanges. Écoutez…

Martin rentre chez lui pour le dîner. Quand il monte dans sa chambre pour enfiler ses chaussons, des coups aux carreaux attirent son attention. Il ouvre grand la fenêtre, tous les oiseaux lui offrent les plus beaux chants de leur répertoire. C’est un véritable récital ! La plus jeune des mésanges se pose sur son épaule. Dans son bec, elle tient une petite branche de houx qui semble dire: « Joyeux Noël Martin ! »

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Myriam Mollier
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

La ruse d’un grand-père

grand-pereIl ne faut jamais douter de la ruse d’un grand-père. Il a beau avoir l’air et être vieux, son expérience ne s’achète pas parce que c’est un don inné. L’histoire qui suit en est une preuve plus qu’évidente qu’il ne faut jamais la sous-estimer…

Une femme de 44 ans soucieuse de paraître plus jeune décide, le jour de son anniversaire, de se faire lifter le visage. L’opération réussie, elle quitte la clinique, heureuse du bon résultat. Elle s’arrête à un kiosque pour acheter une revue et demande au vendeur :

– Je peux vous poser une question? Quel âge me donnez-vous?

Le vendeur répond :

– Disons 30 ans environ.

La femme lui sourit et dit :

– En réalité, j’ai 44 ans.

Elle va dans un McDonald, commande un hamburger et pose la même question au caissier, qui lui répond :

– Je pense que vous devez avoir dans les 30 ans.

La femme ravie et heureuse :

– Non, j’ai 44 ans.

Elle prend l’autobus et s’assoit à côté d’un vieil homme charmant à qui elle demande :

– Pardonnez-moi, Monsieur, quel âge me donnez-vous?

Le vieux monsieur la regarde dubitativement et lui répond :

– Voyez-vous, Mademoiselle, j’ai 85 ans et je ne vois plus très bien. Mais lorsque j’étais jeune, j’avais une méthode pour deviner l’âge des femmes. Je glissais ma main dans leur culotte et je pouvais ainsi deviner leur âge. Je ne me suis jamais trompé.

La femme a l’occasion de confirmer son rajeunissement, et comme il n’y a personne d’autre dans l’autobus… Elle donne son accord au grand-père. Celui-ci glisse sa main dans la culotte de la femme, et après 10 minutes exactement, l’homme dit :

– Vous avez 44 ans!

– Mais c’est incroyable! Dites-moi comment vous faites!

Et le vieux de lui répondre, en souriant gentiment :

– J’étais juste derrière vous au McDonald!

La lettre au Père Noël

la-lettre-au-pere-noel– Maman, maman, crie Pierre en sortant de l’école, il faut écrire la lettre au Père Noël. Aujourd’hui ! Tout de suite ! Louis l’a envoyée depuis longtemps !

– Du calme, répond Maman, que vas-tu lui demander ? Tu as déjà reçu beaucoup de cadeaux pour ton anniversaire.

– Ce n’est pas juste, soupire Pierre. Mon anniversaire tombe juste avant Noël et tout le monde pense toujours que j’ai eu assez de cadeaux. J’espère que le Père Noël ne sera pas du même avis !

Pierre rêve d’une nouvelle voiture télécommandée plus grosse que la rouge de l’année dernière, d’une patinette et de patins à roulettes, et d’un château fort avec tous les chevaliers… Sur le chemin de la maison, le nez enfoui dans son écharpe, il donne des coups de pied dans les dernières feuilles de l’automne.

Mais qu’est-ce qui colle sous son soulier ? Toute mouillée, toute trempée, une enveloppe blanche décorée de sapins verts un peu tordus et de boules rouges pas très rondes dépasse des feuilles mortes. Pierre la ramasse, l’examine et lit :

Cher Père Noël,

Cette année, maman ne sera pas là à Noël, car elle va avoir un bébé. Papa ne sait pas comment préparer Noël, il ne l’a jamais fait tout seul. Mais moi, je te demande de passer nous voir, comme l’année dernière, même si la maison n’est pas bien rangée. Mon petit frère Arthur veut une voiture téléguidée et ma petite sœur Iris un ours, tout doux, tout mou. Pour décorer la maison, j’ai besoin de pinceaux et de peinture. Mais si tu pouvais apporter quelques belles décorations pour le soir de Noël, ce serait bien : papa n’est pas très doué.

Penses-tu que maman rentrera pour Noël ?

Mathilde Rayon

Pierre relève la tête,

– Mais c’est Mathilde, la fille qui habite à côté de chez nous ! C’est la lettre au Père Noël, elle a dû la perdre.

Pierre réfléchit un moment, puis il demande à sa maman :

– Tu veux bien qu’on les invite pour Noël ? Comme ça, ils seront moins tristes…

– C’est d’accord, répond Maman. Je téléphonerai à son papa.

Une fois dans sa chambre, Pierre fouille dans tous ses jouets. Il trouve la voiture rouge télécommandée – un petit coup de chiffon et elle est comme neuve – et un beau nounours un peu râpé parce qu’il a été trop aimé. Il prend ensuite des ciseaux, du papier de couleur, et il découpe avec soin des sapins, des boules et des étoiles. Avec un papier doré, il écrit dessus :

« Joyeux Noël ».

Il fabrique aussi des guirlandes rouges et vertes qu’il déroule en spirale. Ensuite, il commence sa lettre au Père Noël :

Cher Père Noël

Cette année, je crois que tu auras moins de chemin à faire, car Mathilde est invitée chez moi, avec sa famille, et ce sera une grande fête. J’ai commencé à ranger ma chambre et j’ai préparé des décorations de Noël pour les deux maisons. Surtout, ne te dérange pas pour cela. Pour les cadeaux aussi, j’ai trouvé ce qu’il fallait. Mais si tu pouvais ramener la maman de Mathilde et son bébé chez eux pour Noël, ce serait un vrai bonheur

Merci Père Noël.

Pierre Blanc.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Stéphane Couillerot
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

On découvre à tout âge

towtab1Vous connaissez les TowTab? Le terme anglais n’est pas trop évocateur et je l’aime mieux en français « serviette comprimée ». Beaucoup plus joli, vous en conviendrez. Moi je n’en savais absolument rien jusqu’à il y a deux jours, alors que j’étais à déguster de délicieuses ailes de poulet ultra croustillantes, en compagnie de ma douce moitié et de Carole, chez Hogbody’s Bar & Grill, un restaurant près d’ici, towtab2spécialiste en la matière. Pour mes lecteurs de Pioneer Village, l’établissement est situé au 10440 Bayshore Road, à North Fort Myers, à mi-chemin entre l’interstate 75 et le Lee Civic Center. Petite publicité gratuite, chaque mardi, les ailes de poulet sont à 50 sous. Miam, miam!

Pour revenir à nos moutons, à la fin du repas, Carole me tend une « paparmanne » comme dirait ma grand-mère. Par chance ce n’était pas ça, même si la ressemblance est à s’y méprendre, mais j’aurais pu vouloir y goûter… Ouf! et heureusement pour moi.,elle me dit de laisser towtab3tomber cette chose dans mon verre d’eau. Sitôt dit, sitôt fait, la « paparmanne » se gonfle et se transforme en une jolie serviette mouillée super résistante qu’on déroule pour se laver les mains. Wow! Je n’en revenais tout simplement pas. Tu parles d’une invention! Une idée de génie tu veux dire.

towtab4Évidemment, vous devinez bien ma question; où t’as pris ça? Chez Jean Coutu, qu’elle me répond. Cette chose se vend dans un petit contenant, genre pilulier, qui en contient 6 et qui se glisse discrètement dans un sac à main pour ces dames, où le coffre à gant pour les mecs. Cette découverte a fait ma journée. Dès mon retour au pays, j’en fais bonne provision. Et je vous le répète; la serviette est d’excellente qualité, très solide au point où elle n’est pas facile à déchirer.

towtab5Pour vous donner une petite idée de cette transformation, les clichés qui accompagnent cet article vous en donnent la preuve. Certains me diront que ça fait des lunes que ça existe… Possible! Mais moi, humble mortel devant l’Éternel, je viens de le découvrir. Comme quoi même vieux, on peut encore découvrir. Imaginez le potentiel de cette chose… On pourrait en faire des poupées gonflables… Pourquoi pas! Les possibilités sont infinies. Tout ce qu’il faut c’est de l’eau. Et sur une île déserte, ce n’est pas ce qui manque. Des heures de plaisir.

L’aventure des petits santons

laventure-des-petits-santonsQuand s’ouvre la porte de la boutique, quelques flocons de neige viennent blanchir le sol de l’entrée. Un souffle froid fait frissonner les santons de Provence.

– Brrr, dit l’un d’eux en tremblant, il ne fait pas chaud ici.

Ils sont arrivés hier de leur pays natal, poussés par le mistral. Ils ont fait un long trajet, délicatement enveloppés dans du papier de soie, enfermés dans une caisse. Ils ont hâte, maintenant, de retrouver la douceur d’une crèche et les lumières de Noël. En attendant, ils sont bien installés dans la vitrine, sur un lit de copeaux.

Emmitouflés dans leurs écharpes, des enfants collent le nez contre la vitre. Les petits personnages en terre cuite sont rêveurs. Où vont-ils être invités à fêter Noël ? La petite cloche de la porte tinte. Une fillette avec sa maman s’agenouille pour examiner de plus près les santons.

– Fais attention Lisa, ils sont fragiles !

– Maman, ce monsieur appuyé sur son bâton, c’est Joseph ?

– Oui, et juste à côté de lui, en robe bleue, c’est Marie.

– Mais où est-il, le bébé ?

– Là-bas, dans son berceau de paille. Mais on ne le mettra dans la crèche que la nuit de Noël.

L’Âne gris relève la tête. Avec son ami le bœuf, ils réchaufferont de leur souffle le nouveau-né. Le petit berger et son agneau leur chuchotent à l’oreille :

– Puisque nous sommes devenus amis pendant le voyage, ce serait bien de rester tous ensemble pour fêter Noël.

– Regroupons-nous, dit l’âne. Cette petite fille nous choisira peut-être.

Un ange brandissant une trompette les gronde gentiment :

– Où que vous soyez, réjouissez-vous de pouvoir vivre ce jour de fête.

Le bœuf grogne :

– Bien sûr, bien sûr, mais cela compte, l’amitié. Je préfère rester avec l’âne gris plutôt que de partir avec ce grognon de chien.

– Gardons notre calme, les apaise Joseph. D’ailleurs, où sont les rois ? Ils étaient près de nous il y a quelques minutes.

– Là, nous nous sommes mis un peu à l’écart, répondent ensemble Gaspar, Melchior et Balthazar. N’oubliez pas que nous n’arriverons de nos pays lointains que le 6 janvier, le jour de l’Épiphanie.

– Nous ne pouvons pas nous séparer ainsi, après un si long périple. Vous devez rester avec nous, exigent le pêcheur au filet et le tambourinaire.

– Et nous avons encore plein d’histoires à vous raconter ! ajoutent la femme à la cruche et le meunier.

Lisa les regarde intensément.

– Maman, est-ce que je peux choisir les santons ?

L’âne, le bœuf et le petit berger observent la fillette. Ses deux petites mains se tendent vers eux, les frôlent, hésitent, puis hop ! les attrapent.

– Je voudrais ceux-là, dit-elle, avec Marie, Joseph et Jésus.

– N’oublie pas les Rois mages ! rappelle sa maman.

– Ils sont là, ils sont là, crie de toutes ses forces le jeune berger.

Lisa s’empare des trois Rois mages. Puis le meunier, la femme à la cruche, le pêcheur au filet et le tambourinaire rejoignent vite le comptoir du magasin.

– Ouf ! on est au complet, se réjouissent l’âne et le bœuf.

– Maintenant, c’est sûr, s’exclame le petit berger, on fêtera longtemps Noël ensemble.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Chantal Cazin
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Une virée à l’est

2016-11-30-066Quand on séjourne en Floride, il se présente des occasions de se diriger vers la côte est, plus frétillante et luxuriante pour changer un peu d’air. Certains vont plus à l’extrême sud-est pour explorer les Keys et leurs rivages d’un magnifique bleu aqua, alors que d’autres sont attirés par la scénique route A1A qui offre des coups d’œil magnifiques de l’océan Atlantique et principalement entre West Palm Beach et Miami avec ses résidences à faire rêver et ses condominiums haut de gamme.

C’est cette opportunité qui s’est offerte à nous, alors que notre amie Carole disposait du condominium d’amis à Boca Raton, au nord de Pompano Beach, pour trois journées. Pour s’y rendre, on doit traverser Alligator Alley, qui est une partie de l’Interstate 75 reliant les deux côtes entre Naples et Fort Lauderdale. Le trajet se réalise en 150 minutes.

Toujours est-il que l’endroit était magnifique et de grand luxe, avec garage intérieur. Le somptueux condo, confortable à souhait au huitième étage, donnait une vue imprenable sur la mer et on se laissait bercer par le son agréable et continu des vagues qui s’échouaient sur la plage. Le complexe hautement sécuritaire, offre tous les services et accommodements; salle d’exercice, billard, salon communautaire dans lequel un joli piano à queue noir, n’attendait que le musicien en moi. J’en ai profité pour faire quelques mélodies, avec Carole qui a défilé son talent de chanteuse. Pour des amateurs, on s’est pas mal débrouillé.

La raison principale de notre visite était les décorations de Noël gigantesques qu’un résident de Pompano Beach affichait sur sa maison transformée en féérie pour les yeux. D’ailleurs, la photo qui accompagne cet article en est une preuve. Ça en valait le détour. Les autres images sont aussi disponibles en marge droite du blogue dans la section Albums photos, sous le titre « Floride – Hiver 2016-2017 ».

2016-11-30-032Les trois journées ont été très bien remplies et c’est sans surprise que notre hôte nous faisait visiter quelques boutiques d’immenses centres commerciaux, dont l’immense Sawgrass Mills à Sunrise, ainsi que les bons restaurants qu’elle avait judicieusement sélectionnés, ne laissant rien au hasard. Connaissant la région pour y avoir déjà séjourné plusieurs années, on a grandement apprécié cette petite virée dans l’est, qui est passée en coup de vent, mais qui a ressassé quelques bons souvenirs. Soleil et chaleur étant du rendez-vous, seule une petite averse est venue s’interposer au moment de photographier les décorations de Noël, mercredi soir.

Merci Carole pour ta grande générosité!

Une folle nuit dans la cuisine

une-folle-nuit-dans-la-cuisineDans la maison de Paul et Juliette, tout est silencieux. Même le chat s’est endormi. Dehors, à la queue leu leu, trois petits bonnets rouges courent jusqu’à la porte d’entrée et se faufilent par la chatière.

– C’est par là, dit Ygrec, le premier lutin, en indiquant la direction de la cuisine.

– Chut ! moins de bruit si vous ne voulez pas réveiller tout le monde, conseille Zed, le deuxième.

– Nous avons la nuit devant nous pour tout préparer, continue Doublevé, très excité. Tout d’abord, allumons le four. Où sont les allumettes ?

– Nous sommes là, répond une voix pointue sortant d’une boîte. Grattez l’une d’entre nous, c’est notre travail.

– Que venez-vous faire là ? demande la chocolatière, en haut d’une étagère.

– Les sablés de Noël, répond Doublevé, pour remercier les enfants de leurs petits cadeaux.

– Bien sûr, comprend un bol. Chaque soir, ils déposent du lait sur le rebord de la fenêtre.

– Nous allons vous aider, propose en chœur la batterie de casseroles. Au travail tout le monde !

La cuisine s’agite. La porte du réfrigérateur s’ouvre pour laisser sortir le beurre et lui donner le temps de ramollir. Un grand saladier de terre cuite saute sur la table et attend patiemment les ingrédients. Œufs, farine, levure et sucre se précipitent derrière lui et bondissent au fond du plat.

– Mélangeons-nous pour obtenir une pâte bien lisse.

Les trois lutins réveillent la spatule profondément endormie, pour malaxer le beurre. Puis la cuillère en bois, encore ensommeillée, titube vers le saladier, plonge dans les ingrédients et soudain, Excitée par l’agitation ambiante, mélange frénétiquement la pâte qui se forme.

– Nous avons oublié le sel, se souvient Ygrec.

– Je suis là, mais vous ne devez utiliser qu’une seule pincée, rappelle-t-il en se présentant.

Doublevé dépose dehors sa pâte lisse et jaune. C’est le moment pour tous les instruments de passer sous le robinet d’eau chaude pour faire une toilette. Un peu plus tard, le rouleau de cuisine et les emporte-pièces se mettent à l’œuvre.

– Han, han, souffle le rouleau en étalant a pâte le plus parfaitement possible. Puis une étoile, un Père Noël et un sapin bondissent dedans. Un cœur et un petit âne les rejoignent, transformant la pâte en dentelle. Très vite, les petites silhouettes se laissent enduire de jaune d’œuf.

– Hi, hiii, ça chatouille, rigolent-elles.

– Et hop ! Dans le four, bien à plat sur la plaque, les invite Doublevé.

Pendant la cuisson, une odeur alléchante se répand dans la cuisine. Un quart d’heure plus tard, ânes, cœurs, sapins, étoiles et Père Noël se présentent à leurs amis, appétissants et dorés.

– Merci à tous. Dit Zed, grâce à vous, nous allons faire une belle surprise aux enfants.

Un concert d’applaudissements lui répond. Puis, chacun regagne sa place et se rendort un sourire aux lèvres.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Dominique Anglade ne fait pas le poids

dominique-angladeCette semaine on apprenait la fermeture, avant la fin de 2017, de la Biscuiterie Christie de Montréal, faisant de fait 454 travailleurs en perte d’emploi. Des emplois rémunérés en moyenne à 25$ l’heure. Évidemment, il ne faut pas être devin pour se rendre compte que la multinationale Mondelēz International veux transférer la production de cette usine dans un endroit à faible coût.

Notre ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, a déjà lancé la serviette; selon elle, la décision de la compagnie est finale et irrévocable. Elle est loin d’être combative et n’est pas à la hauteur de son mandat.

Curieusement, le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, lorsque cette même compagnie menaçait de quitter les USA, a adopté la ligne dure en invoquant des conséquences financières pour cette compagnie, le cas échéant. Ils ont fait volte-face. Et curieusement, Michel Girard, dans les pages financières du journal de Montréal de ce matin, en parle en détail. Alors je vous fait partager son opinion, qui est aussi la mienne, en vous reproduisant son article intégralement.

« Christie » que ça va mal!

Que c’est désolant de voir le gouvernement Couillard baisser les bras devant la décision de Mondelēz de fermer les portes de son usine «Biscuits Christie» à Montréal et de mettre ainsi à pied ses 454 travailleurs d’ici la fin de 2017.

Mondēlez International (anciennement Kraft Foods) est une multinationale américaine qui fabrique, entre autres, les populaires marques de biscuits Christie, Oréo et LU. À la suite de l’annonce de la fermeture de l’usine montréalaise, la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, a laissé entendre qu’il n’y avait pratiquement rien à faire avec les dirigeants de Mondēlez Canada, leur décision étant, semble-t-il, finale.

Le syndicat des employés de l’usine montréalaise de biscuits trouve que le gouvernement Couillard manque de combativité pour sauver leurs 454 emplois. Le syndicat a raison sur un point majeur: c’est bien beau vouloir créer 250 000 emplois en cinq ans, mais sauver les emplois existants devrait rester la priorité du gouvernement Couillard.

AU PAYS DE TRUMP

Deux poids, deux décisions. Alors que le gouvernement Couillard avoue son impuissance devant la décision de la multinationale Mondēlez de fermer son usine montréalaise, le nouveau président élu des États-Unis, Donald Trump, a réussi, lui, à faire réfléchir la multinationale américaine avant de continuer à délocaliser des usines à l’extérieur des États-Unis. Sa méthode? M. Trump a tout simplement lancé un message sans équivoque à Mondēlez et autres entreprises qui veulent quitter les États-Unis pour produire ailleurs à plus bas prix: il y aura des conséquences. Financières, s’entend.

Avec Trump au pouvoir, ce sera le retour du Made in America. Et gare aux entreprises américaines qui vont délocaliser leurs usines! Chez-nous, au Québec, on reste trop souvent passif devant la délocalisation d’emplois. Qu’a fait Québec pour empêcher les projets de Bombardier de transférer ailleurs une panoplie d’emplois? Qu’a-t-il fait pour éviter qu’Air Canada transfère ailleurs des emplois d’entretien de ses avions? Malheureusement pas grand-chose!

CHIFFRES TROMPEURS

En l’espace d’un an, le taux de chômage au Québec a baissé de 1,3 point de pourcentage, passant ainsi de 7,5 à seulement 6,2%. C’est le plus bas taux depuis 1976, l’année des Jeux olympiques de Montréal. C’est très bien. Mais ne nous emballons pas trop vite avec ce taux de chômage à 6,2%. Pourquoi? Parce qu’une portion importante de la baisse enregistrée en novembre (-0,6 point de point de pourcentage) est attribuable à la diminution de la population active, laquelle comprend les travailleurs et les personnes cherchant un emploi.

Par ailleurs, en un an, il s’est créé au Québec 80 600 emplois. Bravo! Mais de ce nombre imposant, seulement 28 600 emplois à temps plein ont été créés, soit le tiers. Autre constat pas piqué des vers: presque la moitié des emplois créés au cours des 12 derniers mois proviennent du secteur… public, soit 39 100 emplois. Vive l’impôt!

Coline et l’orange magique

coline-et-lorange-magique1Coline habite tout en haut de la montagne. L’hiver, tous les voisins se retrouvent pour raconter des histoires. Ce soir, c’est Coline qui prend la parole :

– Ma marraine est une fée ! Elle a une orange géante qui l’emmène où elle veut, et…

Le voisin Gustave la rabroue :

– Cesse de raconter des sornettes ! Je la connais ta marraine, et si c’est une fée, je veux bien être transformé en cheval !

Tout le monde rit et Coline, vexée, part se coucher. Elle commence juste à s’endormir, quand quelqu’un frappe au carreau :

– C’est Marraine !

Vite Coline enfile son manteau et la voilà partie dans l’orange magique tirée par un cheval gris.

– Où veux-tu que nous allions ? lui demande la fée.

– En ville ! Je n’ai jamais vu les lumières de Noël…

En une seconde, l’orange les emporte au-delà des montagnes, dans le ciel de la ville.

– Regarde, Marraine ! toutes ces lumières… s’exclame Coline.

– Tu n’as encore rien vu, lui dit la fée.

coline-et-lorange-magique2D’un coup de baguette, elle lui envoie des milliers de petites étoiles qui brillent. Les arbres, les toits, les rues sont couverts de poussière magique. La ville entière scintille. Les gens qui regardent les vitrines de Noël rient et courent dans tous les sens pour attraper la poussière d’étoile qui vole partout.

Les lampadaires clignotent gaiement pour dire bonjour à Coline et à sa marraine et, dans les vitrines, les jouets dansent la farandole ! Les phares des voitures s’allument et, dans les maisons, les guirlandes des sapins clignotent toutes seules. Coline n’en croit pas ses yeux ! C’est toute une ville de lumière qui s’étend sous l’orange magique !

Quand l’heure de rentrer est venue, Coline jette un dernier regard en arrière et, en un éclair, l’orange file vers la montagne. Par la fenêtre, Coline envoie des baisers par milliers à sa marraine, la fée. L’orange magique disparaît déjà dans le ciel et le soleil commence à poindre. C’est alors que Coline remarque, dans le champ du voisin, un cheval gris qu’elle n’avait jamais vu. Son dos est couvert de poussière d’étoile…

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Myriam Mollier
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

L’élastique est à la veille de péter

ca-va-peter-ca-va-peter-l-1On regarde aller tout ce qui gravite autour du système judiciaire et on a vraiment l’impression, et je dirais même convaincu, que tout va de travers; les policiers en sont rendus à porter un chapeau de rennes, avec leurs pantalons de camouflage multicolores, ça traîne et ça ne fait pas sérieux. Puis, les millions de dollars en fraude fiscale qui pourraient échapper à l’État, une grève des juristes, sans oublier le joli cadeau de la Cour suprême avec l’arrêt Jordan qui occasionnera des arrêts de procédure dans plus de 200 procès criminels.

Pour faire encore plus décourageant, le plaidoyer de culpabilité de Gilles Vaillancourt, l’ordure de Laval, enregistré hier et qui permettra à ce détritus de purger deux années de prison, après 25 ans de corruption, dont il n’aura même pas à en dévoiler le modus operandi en cour. Il promet de rembourser 9 millions de dollars sur les 15 millions qu’il a volé à ses propres CONtribuables. En plus de profiter criminellement de ses CONcitoyens, voilà que la couronne est satisfaite du jugement. Moi j’en aurais honte! Il s’en tire à bon compte le salaud!

Et que fait le gouvernement libéral, traînant lui-même une réputation de corrupteur? Rien! Comme Selphie Trudeau, il parcourt le monde dans toutes sortes de réunions bidon qui ne mènent nulle part. Depuis des années, il manque de juges à la cour et la  ministre Vallée en nommera un jeudi, tout en ne prévoyant pas en nommer d’autres. Édifiant! Et Philippe Couillard qui en rajoute en disant attendre les rapports de comités pour faire avancer les choses. Encore de l’argent des CONtribuables gaspillée et du temps perdu pour rien. Pourquoi un comité? N’avaient-ils pas toutes les réponses en campagne électorale? Et finalement, nos «zamis» de la Cour suprême, qui nous adorent d’un amour fraternel, viennent de jeter un gros pavé dans la marre avec l’arrêt Jordan. Ça va bien Madame la marquise.

Les criminels notoires et ceux en cravates, ont saisi l’astuce; rendre leurs crimes tellement compliqués, que les 18 mois de l’arrêt Jordan deviennent le pied de nez au système de justice qui est totalement désorganisé. Ça fait plus de 12 ans que le système judiciaire québécois est engourdi, embourbé, un peu comme notre système de santé et rien n’a changé. Au contraire, ça s’est amplifié au point de devenir une Tour de Babel. La justice, c’est pour les bandits… ça fait longtemps que tout le monde sait ça!

On l’a vu avec l’élection récente de Trump aux États-Unis; le petit peuple en a assez et la révolte gronde au point d’en être contagieuse. L’élastique est à la veille de péter. Dans moins de deux ans, nos politiciens québécois vont nous promettre mer et monde pour espérer prendre le pouvoir. C’est toujours cette même stratégie usée à la corde qu’on nous sert. C’est le POUVOIR qu’ils recherchent point à la ligne; voyager à travers le monde, visiter Pierre, Jean, Jacques… des balivernes, mais c’est prestigieux à leurs yeux. Puis, ils vont continuer à s’engueuler à l’Assemblée nationale pour des peccadilles partisanes sans aboutir à rien. Il nous faudra être vigilants et n’oublions pas que NOUS possédons le pouvoir d’envoyer un message clair aux politiciens de carrière, comme l’ont fait les Américains.

On voit ce qui se passe actuellement chez-nous; on a deux médecins qui promettaient de régler la santé une bonne fois pour toute avec le résultat que nous sommes encore plus embourbés que jamais. Rien ne bouge, sauf Barrette qui a le temps de pitonner sur Twitter pour se plaindre de ne pas avoir été invité à participer à l’émission Tout le monde en parle. Il nous donne une bonne idée de ses priorités. Il était tellement assoiffé de pouvoir, qu’il a changé de parti deux fois, pour finalement mettre le grappin dessus.

Au final, l’ami Carlos saura qui taxer, ou plutôt surtaxer, pour le manque à gagner. Vous avez trouvé qui sera l’heureux élu?