Une belle réflexion sur la jeunesse récalcitrante

Malheureusement, on le constate, des jeunes se foutent des consignes de la crise du Coronavirus. Ils se sentent toujours invincibles et n’en n’ont rien à cirer des ordres des autorités. Est-ce nouveau ? Est-ce une réaction normale à l’autorité ? N’est-ce pas le portrait de la réalité de notre jeunesse comme elle a toujours été ?

Quoi qu’il en soit, Joseph Facal en a fait une excellente analogie hier dans le Journal de Montréal, que je veux partager avec vous aujourd’hui, dans cet épisode de confinement sans précédent.

QUAND J’AVAIS 20 ANS

Le premier ministre Legault s’est senti obligé d’aborder ouvertement la difficulté de convaincre les jeunes de respecter les consignes d’isolement.

Pourquoi, vous pensez ?

Parce qu’il reçoit des informations à ce sujet. Il suffit d’ailleurs de regarder autour de nous.

Conscient que le messager influence le message, positivement ou négativement, le premier ministre a même demandé de l’aide aux personnalités que les jeunes suivent plus que lui.

Certes, « les jeunes », cela n’existe pas davantage que « les vieux ».

Il y a toutes sortes de jeunes, et Dieu sait que les aînés peuvent aussi être incroyablement têtus quand ils s’imaginent qu’on veut les infantiliser.

MOI ET MOI

Comment nier cependant qu’à 20 ans, comme le dit publiquement François Legault, « on écoute moins » ?

Quand j’avais 20 ans, j’avais toutes les misères du monde à m’oublier et à penser aux autres.

Quand j’avais 20 ans, je me croyais invulnérable.

Quand j’avais 20 ans, je trouvais un peu niaiseux ceux qui ne pensaient pas comme moi.

Quand j’avais 20 ans, je pensais que je savais tout ou que ce que je savais était ce qui comptait vraiment.

Quand j’avais 20 ans, je confondais le droit de chacun à son opinion avec le fait que certaines opinions sont plus solides que d’autres parce que mieux documentées.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais trouvé difficilement tolérable que mes parents me disent de rester à la maison et de téléphoner à mes amis.

Quand j’avais 20 ans, si mon père m’avait dit de m’écraser sur le divan, j’aurais pensé que je m’écraserais sur le divan au moment où je le déciderais.

Quand j’avais 20 ans, le mot « solidarité » aurait probablement provoqué un petit ricanement intérieur.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais mis en doute les informations gouvernementales.

Quand j’avais 20 ans, pour être exact, je ne prêtais pas attention aux annonces gouvernementales.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais peut-être accordé autant de crédibilité à des médias alternatifs, sauf que, oups, il n’y en avait pas.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais suspecté un grand complot ourdi par je ne sais qui pour faire de l’argent avec la crise.

LES DEUX

Quand j’avais 20 ans, si on m’avait dit qu’on peut ne rien ressentir et transmettre quand même le virus à autrui, j’aurais soupiré d’exaspération devant ce petit cours de morale.

Quand j’avais 20 ans, si on m’avait dit que parce qu’à mon âge on a la bougeotte, je suis un facteur de risque accru, j’y aurais vu une sorte d’insulte à toute ma génération.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais levé les yeux au plafond, vu de la condescendance partout et, peut-être, envoyé chier du monde.

Quand j’avais 20 ans, j’aurais trouvé que les « adultes » capotent, exagèrent, perdent leur calme et sont devenus paranos.

Quand j’avais 20 ans, j’étais à la fois très brillant et très con.

Et vous savez quoi ? Il m’a fallu près de 40 ans pour comprendre que les deux étaient compatibles.

Vous en pensez quoi ?

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