Les jambons de saint Nicolas

Les jambons de saint Nicolas« Bonjour, je suis Picotin, l’âne de saint Nicolas! C’est moi qui le porte sur mon dos quand il vient visiter les maisons, au mois de décembre. Alors, imaginez toutes les aventures qui me sont arrivées, avec un maître pareil… Tenez, je me souviens d’une histoire incroyable : Claudion, Philippe et Simon étaient les fils d’un brave bûcheron. De très gentils enfants.

Un jour, mon maître, déguisé en mendiant, cherchait une maison où passer la nuit. Le bûcheron et sa femme furent les seuls à lui ouvrir leur porte. Ils lui préparèrent un bon dîner et le firent dormir dans un lit moelleux. Moi aussi, je fus très bien traité! Claudion et Philippe m’ont donné plein d’avoine dans l’étable. Et Simon, sans compter son temps, m’a frotté de bon coeur le dos avec de la paille.

Mon maître était très touché d’un si bon accueil de ces braves gens, et il espérait bien pouvoir les remercier un jour.

Or, peu de temps après, ce fut la saison de la moisson. Le bûcheron demanda à ses fils d’aller ramasser les grains de blé. Les trois garçons y vont de ce pas. Mais ils ne voient pas le temps passer, et voici que la nuit est tombée. Impossible de rentrer chez eux, ils sont perdus!

Soudain, Philippe dit à ses frères :

– Regardez, une lumière brille au loin! Ce doit être une maison. Allons-y.

Arrivés devant la maison, un grand et gros monsieur ouvre la porte. Simon lui demande :

– Monsieur, nous sommes perdus. Pourrions-nous dormir chez vous?

L’homme, qui était boucher, les invite à entrer. Mais aussitôt que la porte est refermée, le boucher les tue et les met dans son saloir, avec les jambons. C’était un ogre!

Sept ans plus tard, mon maître retourne chez le bûcheron qui l’avait bien accueilli. Mon maître s’étonne de l’absence des gamins. La malheureuse mère éclate alors en sanglots et lui raconte qu’ils ont disparu depuis sept ans.

Le soir, mon maître prie de tout son coeur. Puis, sautant sur mon dos, il me glisse à l’oreille :

– File à l’autre bout de la forêt. Je sais où sont les enfants.

Presque arrivés chez le boucher, mon maître remet ses habits dorés d’évêque. Il sait bien qu’habillé en mendiant le méchant boucher ne lui ouvrira pas la porte! Il frappe, le boucher lui ouvre. En voyant les beaux habits de l’évêque, il l’invite à dîner. C’est un magnifique festin que le boucher à préparé! Mais mon maître n’en veut pas. Il dit au boucher :

Les jambons de saint Nicolas1– Si tu veux me faire plaisir, donne-moi de ces délicieux jambons salés qui se trouvent dans ton saloir depuis sept ans.

Le boucher blêmit. Il est démasqué! Aussitôt, il s’enfuit en courant. Mon maître va alors dans le saloir et lève trois doigts sur les trois jambons : et aussitôt après, ce sont Claudion, Philippe et Simon qui baîllent, s’ébrouent, comme s’ils se réveillaient d’un somme… Nous filons vers la maison de leurs parents : et ce fut alors des embrassades et une fête mémorable. »

Histoire de Vincent Villeminot
I
llustrations par Hervé Florès
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2004

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