Je reçois de l’impôt payé en trop !

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi vous receviez un remboursement, quelquefois substantiel, au moment de produire vos déclarations d’impôts ? Vous pensiez que c’était un cadeau des gouvernements ? Une de mes belles-sœurs pensait comme ça à l’époque…

Il n’en n’est rien !

Mis à part vos déductions spécifiques à votre situation sociale, maritale, familiale ou autre, la réponse est dans le calcul que votre employeur applique au moment de retenir vos déductions sur chacune des périodes de paie. Le montant peut facilement fluctuer et il est intéressant de comprendre pourquoi.

Dans la section « Dans vos poches » du Journal de Montréal, Daniel Germain expliquait récemment ce calcul mathématique pour mieux comprendre cette gymnastique pécuniaire. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

CONNAISSEZ-VOUS BIEN TOUS LES PRÉLÈVEMENTS SUR VOTRE PAIE ?

Quand on constate ce qui est coupé sur notre paie, il y a de quoi se plaindre contre l’impôt, mais une bonne partie de l’amputation n’a rien à voir avec le fisc.

Comment les prélèvements à la source sont-ils calculés ? Que doit-on comprendre de son talon de paie ?

L’IMPÔT

Il faut savoir que chaque paie est traitée comme si le même montant vous était versé à fréquence régulière, toute l’année. Par exemple, si votre salaire brut pour deux semaines s’élève à 2000 $, l’impôt est calculé comme si vous gagniez 52 000 $ par année (26 périodes de paie X 2000 $).

Si dans un intervalle de deux semaines votre paie est plus élevée en raison des heures supplémentaires, par exemple 2200 $ au lieu de 2000 $, l’impôt sera calculé comme s’il s’agissait d’un salaire annuel de 57 200 $ (26 X 2200 $).

Prenons un exemple plus éloquent :

Si par chance vous avez une prime de 2000 $ qui s’ajoute sur la paie normale de 2000 $ sur deux semaines, l’impôt sera prélevé comme si vous gagniez 104 000 $ par année (26 X 4000 $).

Le taux moyen d’imposition peut donc varier de paie en paie. À 50 000 $ de revenus, il s’élève à 20,2 %. À 70 000 $ de revenus, il monte à 25,1 %. Il grimpe à près de 29 % lorsque le salaire atteint 100 000 $ (taux de 2020).

Tout est recalculé lors de la déclaration de revenus, et si l’impôt a été perçu en trop, il sera remboursé.

LES COTISATION SOCIALES

Certains programmes sociaux sont financés non pas par l’impôt, mais par des cotisations partagées entre les employeurs et leurs employés.

C’est le cas du Régime de rentes du Québec (RRQ), du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) et de l’assurance-emploi (AE).

Le RRQ représente une ponction de 5,70 % sur votre paie, peu importe le montant de celle-ci. En revanche, vos contributions sont plafonnées chaque année (3146,40 $ en 2020). Plus votre salaire est élevé, plus vite vous aurez atteint le plafond. C’est pourquoi ceux dont les revenus sont supérieurs n’ont plus à cotiser au RRQ à un certain moment en cours d’année.

Le même principe s’applique à l’assurance-emploi et au Régime québécois d’assurance parentale.

Dans le cas de l’AE, le taux de cotisation s’élève à 1,20 % en 2020 et la prime annuelle est plafonnée à 650,40 $.

Pour ce qui est du RQAP, la part payée par l’employé est de moins de 50 cents par tranche de 100 $ de revenus (0,494 %) $. La prime annuelle maximale s’élève à 387,79 $ en 2020.

LES AVANTAGES SOCIAUX

D’autres ponctions s’ajoutent si vous profitez d’assurances collectives et que vous participez à un régime de retraite de votre employeur.

L’ampleur de ce qu’il en coûte dépend des couvertures offertes, de la qualité du fonds de pension et de la part assumée par le patron.

En fin de compte, si vous ne voyez que la moitié de votre paie, ce n’est peut-être pas une hallucination. Ça ne veut pas dire pour autant qu’elle part en fumée.