À petites doses… on ne s’en aperçoit pas

Lentement mais sûrement la route de l’assimilation continue de se tracer. Les raisons sociales sont de plus en plus présentes dans notre environnement. Même dans les commerciaux télévisée, la langue anglaise est omniprésente et les annonceurs en abusent. Pourquoi ? Parce que les raisons sociales et les marques de commerce sont exclues de la loi 101. Les annonceurs en profitent abusivement, sans résistance aucune, en s’en donnant à cœur joie.

Prenez le simple exemple suivant; le dentifrice Crest, 3D White. Le 3D White est enregistré comme une marque de commerce exemptée de la loi 101. Portez attentivement attention aux nombreux commerciaux télévisés et vous verrez par vous-même la prolifération des expressions, prononciation et marques de commerce dans la langue de Shakespeare.

Gilles Proulx, cet ardent défenseur de la langue française, tout comme moi, qualifie cet envahissement de pandémie, tout comme celle de la COVID. Les deux sont mortelles mais, malheureusement, une seule exige des consignes, suivies à 95 %.

Voici son article récemment publié dans les pages d’opinions du Journal de Montréal.

L’AUTRE PANDÉMIE

Il va sans dire, si une nation se refuse à laisser sa langue et son identité embrasser le cours normal de son évolution, elle se condamne elle-même à s’écrouler comme un vieil arbre sous le poids du vent des grands changements. Toutefois, il serait rigoureusement faux de prétendre qu’évolution rime avec assimilation et disparition.

RESPONSABILITÉ MUNICIPALE

Le gouvernement nous répète ad nauseam que l’on doit continuer de se protéger. Aussi louable et nécessaire que ce soit cet appel à l’effort collectif, il passe cependant, outre le fait qu’une autre pandémie nous traverse et nous menace : celle de l’anglicisation galopante du grand ensemble du territoire du Québec, où nos petits vendeurs du temple se persuadent qu’ils perdront leur emprise sur les jeunes générations sans l’appât d’une raison sociale anglaise.

C’est ainsi que, depuis bien avant l’avènement de la COVID-19, le Québec distinct s’est vu frappé de plein fouet par cet autre virus qui nous a fait céder au plancher « All the way », qui envoie promener nos chiens chez MarioDogs et nous envoie siroter un verre au Verdun Beach Guinguette, avec nos livres achetés chez Drawn & Quarterly, avant de terminer par un petit tatouage au Tattoo shop du coin. Maintenant, pourquoi nos villes n’ont-elles pas le pouvoir d’intervenir face à la prolifération de ces commerçants qui nous font courir à notre perte ?

ACTION FRANCHE

Il revient à la CAQ d’agir face à ce phénomène de détérioration, en faisant de la restauration de la loi 101 une priorité. Sans quoi, je crains que leur prétention au titre de parti nationaliste soit dangereusement compromise. À ce propos, où en est donc leur comité de révision rassemblant des membres de toute tendance politique ? Il m’apparait limpide que seule une action franche et sans louvoiement pourra constituer le masque dont a désespérément besoin le Québec pour se protéger face à cette autre pandémie.

C’est le bon moment de se tenir debout

Le gouvernement du Québec demande à ses citoyens d’acheter des produits locaux. Il semble que Costco ne comprenne pas ce que cela veut dire.

Vendre local, ça ne veut pas dire de vendre à vos voisins. Ça veut dire d’acheter des produits locaux, pas à 14 000 kilomètres, pour la revente.

Alors que les pommes du Québec sont parmi les meilleurs de la planète, voilà que ce géant achète des pommes de Nouvelle-Zélande. C’est de la pure provocation envers nos producteurs, ici, au Québec, tout à côté, qui méritent amplement mieux.

La balle est maintenant dans notre camp. À nous tous de boycotter largement ces pommes. Qu’elle pourrissent sur les étalages pour donner à Costco l’envie de ne pas répéter l’expérience.

APPEL AU BOYCOTT

Voilà ce qui se produit quand tu as le monopole des entrepôts au Québec. Le magasin qui vend de tout pour écraser la concurrence. Immédiatement, je les compare à Canadian Tire et Walmart entre autres, qui ont profité de la pandémie pour laisser la porte ouverte à leurs clients en vendant des produits non-essentiels, alors que les marchands locaux devaient fermer leurs portes.

J’appelle ça de l’abus, de la compétition déloyale.

Alors il nous faut faire preuve de solidarité et de ne pas acheter ces pommes du bout du monde, et encourager unilatéralement nos producteurs locaux.

Voilà l’occasion de montrer votre solidarité et de faire en sorte que la volonté d’acheter des produits conserve tout son sens et demeure notre priorité, lorsque produits ou fabriqués ici. Il y va de la survie de nos artisans de la pomme et de tous nos entrepreneurs.