Un hiver incertain pour les Snowbirds

C’est ce que je répète tous les jours en constatant les déclarations de Donald Trump sur la COVID-19. Ses propos sont dénués de sens et, se prenant toujours pour Dieu le Père, se croît supérieur à tout le monde.

Plusieurs constats nous font hésiter, Louise et moi. La progression du corona virus dans le monde et principalement aux États-Unis où, présentement la situation est hors de contrôle et principalement en Floride, en Californie et au Texas; justement des États privilégiés par les Snowbirds.

Vient ensuite le climat social en Floride. Un État républicain qui met Trump sur un piédestal. Imaginez la situation si, au soir de l’élection présidentielle du 3 novembre, Trump devait subir une défaite serrée. Débile comme il est, il ne voudra pas accepter le verdict de la population et risque de déclencher des manifestations loin d’être pacifiques. Quand on est conscient de la libre circulation des armes à feu chez nos voisins du Sud, nul ne saurait prédire la suite. Des tensions sociales pourraient naître.

La guerre de sécession de 1861 était une guerre civile entre les États du Sud et du Nord, entre 1861 et 1865. Avec un fou comme Donald Trump, qui idolâtre les dictateurs, il pourrait mettre le feu aux poudres. Rien n’est impossible avec un débile du genre. Surtout quand on connaît l’importance désastreuse qu’il donne à la vie humaine. Il divise atrocement son peuple et il traite comme des bêtes et des moins que rien, ceux qui s’opposent à ses idées.

Finalement, les assurances-voyages. Qu’adviendra-t-il des couvertures en regard de cette pandémie ? Si elle est couverte, la protection aura un coût astronomique. On parle déjà d’une somme de plus de 3000 $ par personne, actuellement pour 6 mois. Un vaccin ou un remède ? Les instances médicales s’entendent pour affirmer qu’un vaccin ne pourrait être disponible qu’en 2021 au mieux. Et si c’est le cas, il faudra combien de temps pour vacciner toutes les personnes. Seulement en Amérique, on parle de centaines de millions de doses.

Présentement, pour nous, la probabilité que nous passions le prochain hiver au Québec est de l’ordre de 75 %. Évidemment la situation peut s’améliorer mais on en doute beaucoup. À mesure qu’on approche de l’automne, le pourcentage grimpe. Passer un hiver au Québec nous permettrait de vivre dans la quiétude tant physique que morale et de faire redescendre la poussière. On pourra toujours laisser passer la tempête et se reprendre en 2021-2021.

Denise Bombardier émettait son opinion récemment sur la Floride paradisiaque des snowbirds, dans le Journal de Montréal. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui, en complément de mon préambule.

QUEL AVENIR POUR LES SNOWBIRDS ?

Ces temps-ci, ils ont les yeux rivés sur leur « paradis d’hiver », devenu un des endroits les plus contagieux de la planète. La COVID-19 y sévit avec force. Car l’État où le président Donald Trump possède sa résidence permanente, Mar-a-Largo, est dirigé par ses partisans.

Une de mes voisine floridienne, Québécoise, propriétaire d’un condo, m’a confié que dans sa déprime covidienne elle rêve chaque jour à son petit nid qui l’attend là-bas. Plus juste de dire qu’elle y rêvait, car elle a désormais le sentiment que la Floride a basculé et que les trumpistes qu’elle côtoyait dans son immeuble sont en fait des fous furieux. Bref, elle ne sait plus si, advenant la fin de la pandémie, elle aura envie de « retourner dans cette Floride-là ».

L’hiver, d’autres centaines de milliers de Québécois descendent sur les plages encore protégées de la Floride, qui n’est plus juste un refuge pour vieillards. C’est une Floride rajeunie, plus sophistiquée, cosmopolite et accueillante où les conflits raciaux s’étaient apaisés après l’élection de Barack Obama.

TENSIONS

Le règne de Trump a déchiré l’État. Dans l’immeuble que j’habite, les partisans de Trump ont pris du galon. Entre eux et les résidents démocrates, les tensions sont désormais palpables. Quant au Québécois, 20 % des résidents, ils sont tous anti-Trump, donc considérés par les trumpistes comme des gauchistes radicaux.

La Floride retrouvera-t-elle ses attraits d’antan si Trump est réélu ? Les fractures sociales étant déjà présentes, l’accueil des snowbirds risque d’être froid. Et quel Québécois souhaite vivre parmi des Américains triomphants, armés, racistes et xénophobes ?

Qui eût cru qu’un virus répandu à la grandeur de la planète briserait peut-être ce bonheur de vivre à 30°C, les pieds dans l’Atlantique, pendant qu’au Québec le thermomètre affiche -30°C ? Oui les snowbirds désespèrent de retourner au sud. « Mets du feu dans la cheminée », chanteront-ils alors ?