Deux décès inqualifiables

L’effroyable événement de Saint-Apollinaire n’a pas de qualificatif pour le décrire. Pour tuer ses propres enfants, il faut obligatoirement que quelque chose ne tourne pas rond dans la boîte à poux.

Même si ce sont en majorité des hommes qui commettent l’irréparable, il ne faut pas hésiter à consulter des spécialistes pour se sortir de ses tourments.

Le seul espoir sur lequel on peut compter est que les hommes sont de plus en plus ouverts à se confier, à parler lorsqu’on ne trouve plus d’issu à son mal à l’âme. Les deux fillettes avaient toute l’avenir devant elles. Des rêves à réaliser. Des lendemains pleins d’espoir qu’un père malade a décidé d’interrompre pour toujours.

Hier, dans les pages du Journal de Montréal, Richard Martineau y est allé d’un excellent texte qui nous porte à réfléchir et surtout à inciter les agresseurs à consulter. Il cite en exemple, une automobile ou un mal physique quelconque pour lequel on n’hésite pas à consulter rapidement.

On doit appliquer la même prévention lorsqu’on ne voit plus la lumière au bout du tunnel, lorsque la déprime et la colère nous font souffrir et nous empêchent d’être rationnel.

C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

ENCORE

Chaque fois que ça arrive – car, oui, ça arrive malheureusement –, j’écris la même chronique.

Et je vais la réécrire aujourd’hui.

Et la prochaine fois.

Et la fois suivante encore.

Car il faut dire et redire ces choses tant et aussi longtemps que des hommes tueront leurs enfants pour se venger de leur ex.

OUVRE TON CAPOT

Les gars, pourquoi vous n’allez pas consulter quand ça ne va pas entre vos deux oreilles ?

Quand le moteur de votre auto fait de drôles de bruits, vous n’hésitez pas deux secondes et allez dans un garage pour qu’un spécialiste ouvre le capot et regarde ce qui ne va pas.

Eh bien, vous devriez faire la même chose quand vous entendez un drôle de bruit dans votre tête, quand vous sentez que la rage et la colère sont en train de prendre le dessus.

Allez voir un spécialiste.

On est en 2020, les boys, y a pas de honte à ça.

T’as mal au ventre, tu vas voir un spécialiste du ventre. T’as mal au dos, tu vas voir un spécialiste du dos. Bien si t’as mal à l’âme, tu vas voir un psy.

Qu’est-ce que ça donne ?

Ça te permet de ventiler, de faire le point, de dire tout ce que tu ressens sans être jugé.

À QUB, avant-hier, j’ai dit quelque chose que je n’avais jamais dit – par pudeur, par orgueil.

Il y a une vingtaine d’années, j’ai vécu une grosse peine d’amour.

Je n’étais pas violent ni colérique contre mon ex, non, juste triste. J’arrivais pas à remonter la côte, à me remettre sur pied.

J’ai pris les Pages Jaunes, j’ai cherché sous le mot PSY (comme tu cherches un plombier ou un électricien), puis j’en ai choisi un au hasard.

Le premier que je suis allé voir était épouvantable, une vraie caricature. Si le créateur de Tintin avait dessiné un psy, ça aurait été lui.

Tournesol, mais avec des cheveux blancs.

Tout juste s’il n’avait pas un buste de Freud sur son bureau. Trois minutes, et je savais que j’avais fait le mauvais choix.

NOS ENFANTS NE NOUS APPARTIENNENT PAS

Le deuxième était le bon.

Super cool, drôle, gentil.

Ça a tout de suite cliqué.

Je suis allé le voir une couple de fois, et ça m’a fait un bien fou.

Il m’a aidé à passer à travers une zone de turbulence. Aujourd’hui, tout baigne, je suis en amour avec une femme merveilleuse et je suis père de trois beaux enfants, que j’adore par-dessus tout.

Parlant des enfants…

Les enfants ne nous appartiennent pas. Ce ne sont ni des objets ni des animaux domestiques.

Idem pour nos blondes.

Tu capotes parce que ta blonde t’a laissé ? C’est dur, oui, mais ce n’est pas la fin du monde.

La blessure va se refermer. La vie va continuer.

Ta femme n’est pas une extension de toi-même. Dans la vie, on tombe en amour, puis on tombe en désamour.

C’est comme ça.

On ne peut pas obliger quelqu’un à nous aimer.

Passe à travers. Fais un homme de toi.

Montre à tes enfants que tu es fort. Que tu es bon.

Que le regard qu’ils portent sur toi soit rempli d’admiration.

Pas d’effroi.