La leçon de français (60)

LE PRÉSENT DU CONDITIONNEL : VERBES DU 3E GROUPE

Règles

Au présent du conditionnel, pour les verbes du 3e groupe, les modifications du radical sont les mêmes que pour le futur simple. Quant aux terminaisons, elles sont identiques à celles des verbes des autres groupes.

VOULOIR je voudrais

DORMIR tu dormirais

COURIR elle courrait

CUEILLIR Nous cueillerions

VENIR vous viendriez

TENIR ils tiendraient

FAIRE je ferais

ACQUÉRIR tu acquerrais

VOIR elle verrait

POUVOIR nous pourrions

DEVOIR vous devriez

SAVOIR ils sauraient

Astuce ! Pour les verbes qui doublent le « r » au présent du conditionnel, il ne faut pas confondre l’imparfait de l’indicatif et le présent du conditionnel.

Dans sa jeunesse, M. Diagana courait vite. (Imparfait)

S’il s’entraînait, Christophe courrait plus vite. (Conditionnel présent)

Attention ! Bien que du 1er groupe, les verbes envoyer et renvoyer modifient leur radical au conditionnel : j’enverrais un signal.

Exercices

1- Quel verbe complète cette phrase ?

Pascal pense qu’il … que les vacances soient plus longues.

A) fallu – B) faudrait – C) faux – D) faille

2- Complétez avec la forme verbale qui convient.

Qu’…-il des éléphants s’ils n’étaient pas protégés ?

A) adviendrait – B) advenait – C) adviendraient – D) advenaient

3- À quels temps les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Il se murmure que ce savant détiendrait une formule secrète.

A) présent du conditionnel / futur simple

B) présent de l’indicatif / futur simple

C) présent de l’indicatif / imparfait de l’indicatif

D) présent de l’indicatif / présent du conditionnel

4- Complétez la phrase avec la seule proposition qui convient.

Si vous lisiez mieux la question, … .

A) vous pouvez répondre – B) vous pourriez répondre

C) vous pourrez répondre – D) vous pouviez répondre

5- Complétez la phrase avec les formes verbales qui conviennent.

Si tu … le fin mot de l’histoire, tu … surprise.

A) savait / serait – B) savais / serai – C) sait / sera – D) savais / serais

6- Complétez la phrase avec les formes verbales qui conviennent.

Les délégués de classe … que le principal les … dans la matinée.

A) crurent / recevras – B) croyait / recevraient

C) croyaient / recevrait – D) crurent / reçut

7- Quels verbes complètent cette phrase ?

Même si je … la fin de l’histoire, je ne te … rien.

A) connaissais / dirais – B) connaissait / dirait

C) connais / disent – D) connus / dit

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B – 2) A* – 3) D – 4) B** – 5) D*** – 6) C**** – 7) A*****
* Le verbe doit être conjugué à la 3e personne du singulier du présent du conditionnel.
**Comme le verbe de la subordonnée est à l’imparfait, le verbe de la principale est au conditionnel.
*** Les deux verbes doivent être conjugués à la 2e personne du singulier.
**** Le premier verbe doit être conjugué à la 3e personne du pluriel et le second à la 3e personne du singulier.
***** Les deux verbes doivent être conjugués à la 1re personne du singulier

Des batteries recyclables pour les voitures électriques

Enfin, on pourra recycler les vieilles batteries des autos électriques, ici même au Québec. On pourra probablement vivre une baisse des prix pour renouveler sa vieille batterie. Lorsqu’on discute avec des sceptiques, c’est une question qui revient constamment : la batterie !

Il ne faut pas oublier que lorsque le moteur d’une automobile qui fonctionne à l’essence rend l’âme, on a deux choix, envoyer sa bagnole à la ferraille et s’en acheter une autre, ou on achète un moteur neuf. Dans les deux cas, le déboursé est assez important pour se comparer à la batterie d’un véhicule électrique. Quoi qu’il en soit, c’est un pas important qui rehausse et incite l’achat d’un véhicule électrique.

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LE TEXTE DE CET ARTICLE A ÉTÉ SUPPRIMÉ À LA DEMANDE DE PROTÉGEZ-VOUS QUI EN ARRIVE À LA CONCLUSION QU’IL CONTREVIENT AUX DROITS D’AUTEURS ET CE, MÊME SI LA SOURCE ÉTAIT CLAIREMENT IDENTIFIÉE.

SEUL MON COMMENTAIRE, EN PRÉAMBULE ET S’IL Y A LIEU, A ÉTÉ CONSERVÉ.

VOUS M’EN VOYEZ DÉSOLÉ.

L’avenir sombre de feu Air Transat

L’acceptation de la transaction d’Air Canada qui a avalé Air Transat sera une simple formalité. On dit que le temps arrange les choses et c’est ce qui va se passer au terme de plusieurs mois de tergiversations… les jours sombres pour les consommateurs vont apparaître. Quand j’ai appris que la FTQ et la Caisse de dépôts et placements du Québec, avaient voté pour la transaction, j’ai eu des nausées.

Tout ce que je pense des lendemains de cette transaction qui n’a fait que des actionnaires millionnaires, Yves Boisvert l’a écrit dans son article du 24 août dernier dans La Presse+, et c’est ce que je veux partager avec vous.

LES PROMESSES EN L’AIR D’AIR CANADA Yves Boisvert

Air Canada avale un de ses rares concurrents, mais que les passagers et les employés se rassurent et que les économistes récrivent leurs théories : le consommateur va triompher et on va même créer des emplois !

C’est ce qui était écrit dans le communiqué du transporteur hier, après le vote des actionnaires d’Air Transat favorable à la vente du transporteur québécois.

« Nous allons bâtir un regroupement supérieur à la somme de ses parties », a déclaré le président d’Air Canada, Calin Rovinescu. L’homme est d’une bonne humeur évidente devant ce résultat, mais peut-être aussi grâce à la vente d’une série d’options lui ayant rapporté 52 millions il y a deux semaines (l’action d’Air Canada s’est beaucoup appréciée depuis les rumeurs de transaction).

Les actionnaires d’Air Transat font une excellente affaire et ont sauté sur l’offre bonifiée. On n’ira pas les blâmer. Les temps étaient difficiles. Pour Air Canada, l’accès à une flotte d’appoint et la disparition d’un concurrent sont stratégiquement non négligeables. On n’est pas si cons, on a compris.

Là où je décroche tel un Boeing 737 MAX, c’est quand on nous promet des lendemains glorieux pour les consommateurs et pour les employés.

Évidemment que ce n’est pas vrai.

Oui, je parle de vous, le client de Rouge. Celui qui a encore une marque sur le bord de la tête laissée par le mauvais sandwich qu’il a eu l’imprudence de commander et qu’on lui a garroché. Vous, la cliente qu’on a extirpée de son siège à l’aide de pinces de désincarcération.

Savez-vous quoi ? La même administration va s’occuper de Transat. Vous êtes contents ?

On nous annonce que la marque « Transat » sera conservée. Je pense bien ! Ça ne prend pas des génies du sondage et du focus group pour savoir quelle société a la meilleure réputation…

***

Non seulement des jours meilleurs attendent le voyageur québécois, d’après M. Rovinescu, mais cette transaction se fera « tout en procurant également une plus grande sécurité d’emploi aux salariés des deux sociétés grâce à des perspectives de croissance accrues ».

Je comprends qu’on aura besoin du même nombre de pilotes et d’agents de bord, à supposer qu’on conserve tous les vols (ça aussi, c’est à voir…).

Mais depuis quand fusionne-t-on des sociétés sans faire de compressions dans les sièges sociaux ?

Notez bien la rédaction : ce n’est pas la fusion qui créera la sécurité d’emploi. Ce sont les « perspectives de croissance accrues »…

***

Revenons aux clients.

« Les voyageurs, déclare M. Rovinescu, pourront profiter des moyens améliorés des sociétés sur le marché hautement concurrentiel du voyage d’agrément à l’échelle mondiale, de l’accès à de nouvelles destinations, de correspondances accrues ainsi que de vols plus fréquents. »

Attendez un peu.

Les gens de Transat nous disent qu’ils peinent à dégager un profit sur plusieurs destinations, Sud ou Europe. Et là, Air Canada nous fait miroiter de nouvelles destinations ? Sans rien couper et sans augmenter les prix ?

Il est trop fort, le Calin.

M. Rovinescu continue : « Les consommateurs et l’économie québécoise bénéficieront grandement de la présence à Montréal d’un champion mondial axé sur la croissance dans le domaine de l’aviation, le secteur le plus international du monde, le tout créant des emplois et accentuant la réputation de la métropole en tant que centre d’aviation mondial de premier plan. »

Oh, ma gang de chanceux de Québécois, vous autres ! Pensez un peu : le secteur… le plus international… du monde ! De toute, toute, toute le monde ! Chez nous à Montréal !

Suis ému.

***

Les communiqués des sociétés cotées en Bourse finissent comme les publicités américaines de médicaments.

Vous savez, quand on vous dit : achetez tel médicament contre le mal de tête pendant 21 secondes ? Et que les neuf secondes suivantes, l’annonceur parle moins fort et très, très vite pour énumérer tous les dangers du médicament pour les gens qui ont mal aux genoux, les gauchers, les cyclistes, ceux qui éternuent sans raison, les chauves, les ébénistes, pour qui ce médicament entraîne des risques d’insomnie et parfois la mort au terme d’atroces douleurs ?

Eh bien, les communiqués de sociétés « publiques », c’est pareil. Elles sont obligées de faire ce type de mise en garde qui défont toutes les belles phrases que vous venez de lire au sujet des lendemains glorieux.

Ainsi, après les citations mirobolantes de M. Rovinescu, on peut lire ces phrases très honnêtes : « Le présent communiqué contient des énoncés prospectifs au sens de la législation applicable sur les valeurs mobilières. Comme, de par leur nature, les énoncés prospectifs partent d’hypothèses, y compris celles décrites ci-dessous, ils sont sujets à d’importants risques et incertitudes. Les énoncés prospectifs ne sont donc pas entièrement assurés, en raison, notamment, d’éventuels événements externes et de l’incertitude générale qui caractérise le secteur. Les résultats réels peuvent donc différer sensiblement des résultats évoqués dans ces énoncés prospectifs du fait de divers facteurs. »

Ah, les sacrés événements externes ! L’incertitude générale qui caractérise le secteur ! Tellement vrai, tout ça.

C’est à se demander comment le Calin a pu nous faire toutes ces belles promesses. Promesses, j’allais dire en l’air, à la lumière de la mise en garde suivante : « Air Canada n’a ni l’intention ni l’obligation d’actualiser ou de réviser ces énoncés à la lumière de nouveaux éléments d’information ou d’événements futurs ou pour quelque autre motif, sauf si elle y est tenue par la réglementation en valeurs mobilières applicable. »

Bon voyage, tout le monde.

50 ans de pur plaisir musical

C’est un secret de Polichinelle, mon amour de la musique. Tous mes instants de loisirs sont consacrés à cette activité en solo et avec mon groupe Boomerang. On joue de tout, pour s’amuser, faire danser, se rappeler et rejouer les grands succès des années 40 à ce jour. Dieu sait combien cette époque regorge de succès millionnaires.

Un groupe fêtait en août, son cinquantième anniversaire d’existence et c’est le groupe SANTANA, du nom de son soliste Carlos Santana. Cédric Bélanger en a fait le sujet de son article dans les pages du cahier Weekend du Journal de Montréal du 24 août dernier. Étant amateur de ce groupe musical avec ses grands succès comme Black Magic Woman, Oye Como Va et Evil Ways entre autres, je voulais le partager avec vous qui êtes peut-être aussi des adeptes du son particulier de Carlos Santana. Le voici.

LE MOIS HALLUCINANT DE SANTANA
Cédric Bélanger

Il y a cinquante ans, le guitariste américano-mexicain Carlos Santana connaissait un gros mois d’août. Après une prestation mémorable à Woodstock, le 16, il présentait le premier album du groupe qui porte son nom, le 30. La carrière d’un des plus redoutables guitaristes de l’histoire du rock and roll était lancée.

Si on veut y aller d’un clin d’œil facile, mais ô combien de circonstance, on peut même parler d’un mois d’août hallucinant pour Santana.

Pourquoi hallucinant ? Parce que le guitariste, a-t-il relaté récemment dans une entrevue accordée au New York Times, a donné son célèbre concert à Woodstock sous l’effet de la mescaline que lui avait offerte Jerry Garcia, des Grateful Dead, à son arrivée sur le site, au début de l’après-midi.

Croyant que son groupe allait jouer durant la nuit suivante et que l’effet de la drogue se serait évanoui, Santana a ingurgité la mescaline pour apprendre ensuite qu’il devait monter sur scène deux heures plus tard.

« J’hallucinais sur la scène. Mon langage corporel le prouve. Je luttais avec ma guitare. Pas de manière conflictuelle, mais comme un surfer, je luttais pour maintenir un équilibre. »

DES SOUVENIRS MERVEILLEUX

Dopé ou pas, Santana avait quand même profité au maximum de cette vitrine exceptionnelle. Encore aujourd’hui, la prestation de son groupe, le seul débarqué à Woodstock sans avoir fait paraître au préalable au moins un album, est considérée comme une des plus marquantes du célèbre rassemblement musical.

Santana en avait profité pour déballer sept des neuf titres de ce fameux premier album finalement lancé deux semaines plus tard. L’interprétation vers la fin de sa prestation, alors qu’il avait réussi à dompter l’effet de la drogue, de Soul Sacrifice avait particulièrement marqué les esprits. En quelques minutes, Santana était devenu un grand nom du rock.

De cette journée, le vétéran musicien préfère se rappeler l’ambiance qui régnait sur le site.

« C’était une chose merveilleuse et je vais m’en souvenir jusqu’à ce que je quitte cette planète. Comment les gens peuvent se rassembler dans l’unité et l’harmonie, j’en ai été témoin avec mes yeux et mon cœur. Pas de bagarres. À partager du granola ou une couverture. J’ai vu que les humains peuvent coexister dans la bienveillance. »

EVIL WAYS, LE FEU DE LANCE

Malgré l’élan donné au groupe par leur concert à Woodstock, le premier extrait de son album, Jingo, n’a pas obtenu le succès escompté. Il a fallu attendre le second single Evil Ways, sorti en décembre 1969, pour que Santana se hisse pour la première fois dans le top dix aux États-Unis.

Originaire de San Francisco, le sextuor avait concocté un son unique en son genre, pour l’époque, en insérant dans son blues-rock d’évidentes influences jazz, latines et même des rythmes africains.

Santana a cimenté son statut de star du rock dès l’album suivant. Sorti en septembre 1970, Abraxas comprenait alors des reprises de Black Magic Woman et Oye Como Va qui allaient devenir des classiques de son répertoire.

Un grand chapitre de la riche histoire du rock était en train de s’écrire.

Le groupe Santana a lancé son vingt-cinquième album, Africa Speaks, en juin. La formation est actuellement au cœur d’une tournée qui souligne les vingt ans de la sortie de son album qui lui a valu son plus grand succès commercial, Supernatural.

Un autre exemple de la folie religieuse

La folie religieuse peut nous mener directement à la mort, dans des souffrances atroces.

Voici l’histoire sordide, racontée par Francine Laplante, accompagnatrice, et publiée dans La Presse+ du 22 août dernier.

SOUFFRIR AU NOM DE DIEU Francine Laplante

« J’ai vu dans ses yeux l’espoir : le désir de déjouer le verdict et l’amour de la vie », confie Francine Laplante.

À ce jour, j’ai accompagné plus de 40 enfants et jeunes adultes jusqu’à leur dernier souffle. Plusieurs sont morts dans mes bras. Croyez-moi, ce n’est pas une donnée qui honore mon implication. Chaque mort revêt un immense sentiment d’échec.

À la fin du mois de juillet dernier, j’ai perdu mon amie des Antilles. Une belle grande jeune fille qui était entrée dans ma vie il y a deux mois à peine. Elle était condamnée, un maudit cancer avait pris le contrôle de son corps deux ans plus tôt.

Dès notre première rencontre, je suis tombée amoureuse de ma nouvelle protégée, qui n’était pas encore hospitalisée. La chimie a opéré immédiatement entre nous deux. J’ai vu dans ses yeux l’espoir : le désir de déjouer le verdict et l’amour de la vie.

J’ai embarqué tête première dans cette nouvelle histoire d’amour en connaissant très bien la fin, même si personne ne connaissait le moment exact. J’ai pleinement vécu avec elle tous les instants en portant mon attention sur le moment présent.

MOMENTS DE COMPLICITÉ

Car il y avait ce besoin de s’imprégner de bonheur, de sagesse et de résilience. Je me suis consacrée à faire briller ses yeux et faire battre son cœur chaque jour un peu plus fort. Puisque son état s’est détérioré, il y a alors eu une hospitalisation. Mes visites étaient presque quotidiennes. J’entrais dans sa chambre, elle me tendait la main et nous passions de longs moments en silence dans cette complicité.

Pendant cette courte période, j’ai développé une très belle relation avec sa maman et sa fratrie. Dieu était évoqué régulièrement, mais rien de choquant ni de troublant. Je voyais également à quel point la communauté chrétienne était présente dans le quotidien de la famille ; cependant, mon amie semblait sereine et heureuse.

Et il y a eu ce tournant lorsque les médecins ont annoncé à la famille qu’ils ne pouvaient plus rien pour elle. Le sort de ma douce amie était remis entre les mains de Dieu…

Cela signifiait que la famille serait désormais très réticente à ce que les médecins la soulagent adéquatement. Même si j’avais la conviction que la famille se trompait et que nul n’avait le droit de la faire souffrir, je n’avais aucun droit de contester.

Quand mon amie, sa mère et moi nous trouvions seules dans la chambre de l’hôpital, tout allait bien. Inversement, dès que la communauté entrait dans le décor, rien n’allait. Malheureusement, c’était le jour et la nuit. La communauté religieuse régnait sur la maman et mon amie. Elles étaient dominées.

Au cours de la dernière journée de vie de mon amie, je suis restée avec elle; sa maman était partie.

Puis, une dame est entrée dans la chambre. Elle était très élégante, c’était une amie de la communauté. Elle s’est penchée vers mon amie et lui a demandé si elle voulait qu’elle lui « fasse la lecture ».

Mon amie n’avait même plus la force de répondre tellement elle était faible et souffrante, mais la dame a interprété ses moindres balbutiements comme un « oui ». Elle a sorti un livre noir de son sac à main ; c’était la Bible. Elle a lu des dizaines de passages à voix haute en insistant sur le fait que Dieu est le seul à décider, qu’il est le seul à avoir le pouvoir de faire un miracle et soulager ses souffrances.

Mon amie avait peine à respirer, mais la dame persistait pour qu’elle réagisse et fasse signe de la tête en guise d’accord. J’étais complètement déconcertée et surtout terriblement impuissante.

Lorsqu’elle a terminé sa lecture, je lui ai demandé quelle était sa profession… elle m’a dit qu’elle travaillait dans deux grands hôpitaux de Montréal et qu’elle était en charge de la formation. Je me rappelle m’être dit que cette femme était un vrai danger public.

Elle a quitté la chambre et je suis restée seule avec la grand-mère maternelle. Durant tout l’après-midi, je l’ai entendue répéter haut et fort au-dessus de mon amie : « Dieu est plus puissant que les médicaments, n’est-ce pas, ma fille ? Dieu voit tout, n’est-ce pas, ma fille ? Dieu sait tout, n’est-ce pas, ma fille ? Le Seigneur peut faire des miracles, n’est-ce pas, ma fille ? C’est lui qui a le dernier mot, n’est-ce pas, ma fille ? »

Durant ce temps, mon amie était à l’agonie et la maman était absente.

L’équipe médicale et moi avons insisté auprès de la mère par téléphone pour qu’elle donne son consentement à une injection de médicament pouvant la soulager. Elle a finalement dit oui ! La grand-mère était outrée et elle a appelé le pasteur.

Je n’ai rien compris de la conversation, puisqu’ils parlaient une langue que je ne maîtrise pas. Ma protégée s’agitait dans son lit, c’était insoutenable.

La maman est revenue, je suis sortie de la chambre pour la laisser seule avec sa fille et sa mère et j’ai entendu : « Médecins veulent donner médicaments, mais Dieu est plus fort. » Puis, un peu moins de 15 minutes plus tard, ma douce amie est morte dans la souffrance.

INDIGNÉE

Les jours suivant sa mort, j’ai exprimé mon indignation à l’un des membres de l’équipe médicale : « Le système, je dirais même la société avait laissé tomber cette enfant en la laissant entre les mains de cette communauté chrétienne. » Le système a laissé un vide que le fanatisme a investi.

J’ai assisté aux funérailles. J’étais la seule Blanche parmi 350 personnes et je me sentais étrangère, non pas par la différence ethnique, mais par le culte du religieux délirant. Puis, le pasteur a prononcé les prétendues dernières paroles de ma belle amie. Elle avait supposément dit juste avant de mourir : « Ah, maman, maman ! Je vois Dieu qui vient me chercher ! »

J’étais outrée. « Mais ce ne sont que des mensonges », me suis-je dit ! Elle ne pouvait plus prononcer un seul mot ! Elle n’était que souffrance !

C’était la première fois que j’étais confrontée à tant de fanatisme dans le cadre de mes accompagnements. J’ai été déstabilisée et profondément choquée. En lisant le reportage « Dieu guérira ton cancer », j’ai senti le sang glacé dans mes veines. Je ne veux pour rien au monde qu’un enfant puisse terminer ses jours dans la souffrance au nom de Dieu !

Salmigondis

LE G7 ENFIN TERMINÉ

Cette réunion bidon qui coûte des millions $ s’est terminée le mois dernier en France. Ces rassemblements de bouffons, principalement Donald Trump et son air de beu hautain, sont de moins en moins crédibles.

Robert, un ami musicien, m’a fait parvenir une statistique éloquente sur le PIB moyen des 7 pays concernés, qui ne cesse de décliner depuis les 30 dernières années :

1989 : 51 %

1999 : 44 %

2009 : 35 %

2019 : 29 %

Une preuve évidente de tenir une telle rencontre qui ne sert qu’à dépenser de l’argent qui devrait être mieux dépensé dans ce qui en vaut vraiment la peine.

LE TEXAS REVIENT À L’ÉPOQUE DU FAR-WEST

Donald Trump l’a dit; « Ce ne sont pas les armes qui posent problèmes au États-Unis, ce sont les maladies mentales qui sont responsables de ces tueries de masse. » Brillant comme réflexion mais ces mêmes malades mentaux peuvent acquérir ces armes aussi facilement que faire son épicerie.

La dernière tuerie au Texas a déjà fait 7 morts et 22 blessés. Pour contrer ce fléau, CNN rapportait la nouvelle qu’en date du 1er septembre, les lois sur les armes à feux sont plus souples et les citoyens du Texas peuvent désormais; apporter une arme à l’école, tant qu’elle demeure dans leur voiture; entreposer des armes en maison d’accueil; garder une arme dans leur logement, malgré l’opposition de leur propriétaire; aller à l’église ou dans tout autre lieu de culte avec leur arme et se déplacer avec une arme à feu lors de désastre ou de catastrophe naturelle, même sans permis. Édifiant !

Alors si vous tenez à la vie, évitez le Texas qui revient au temps des cowboys !

WALMART, LA DOUCE

Ainsi donc, après les dernières tueries au Texas qui ont fait près de 30 décès, les Walmart de cet État, ne vendront plus de munitions pour les armes semi-automatiques. Wow ! Tout un changement ! Et personne n’a pensé interdire la vente d’armes à feu, et tout ce qui tire des balles. Non, c’est beaucoup trop !

Walmart la douce a, et je cite, « demandé à ses clients de s’abstenir de déambuler dans ses enseignes avec des armes à feu à la vue de tous, dans les États où il est autorisé de les porter de manière visible. Évidemment, la National Rifle Association (NRA) a réagi à cette décision en disant regretter que Walmart « succombe à la pression des élites anti-armes ». Définitivement, c’est l’anarchie.

EMBAUCHE : EXCELLENTE INITIATIVE D’UN PATRON DE BAR

Le patron d’un bar de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent, fait appel à ses clients pour trouver de la main d’œuvre. Il offre un incitatif financier à celui ou celle qui lui trouvera des serveuses. « Je leur dis : – si vous me présentez quelqu’un qui pourrait travailler au Pub et qui fait un minimum de six mois, je vais remettre 300 $ en argent à la personne », a fait savoir Gaétan Landry, copropriétaire du bar Pub Le St-Alex.

La nouvelle s’est répandue et la méthode a déjà mené à l’embauche d’au moins une serveuse, recommandée par une autre employée. Aussitôt qu’elle aura complétée ses six mois de travail, celle qui l’a recommandée recevra les 300 $ promis, car le programme s’adresse aussi aux autres serveuses.

L’entreprise emploie de cinq à six personnes qui travaillent de façon régulière ou sporadique. Pour aider à l’embauche, M. Landry a aussi augmenté les salaires de 2 $ de l’heure et fera des rénovations pour améliorer la zone de travail des serveuses.

Stéphanie Gendron, JdeM

AIDE MÉDICALE À MOURIR : BELLE VICTOIRE

Enfin, les malades n’auront pas à attendre leurs derniers jours ou leurs dernières heures pour obtenir l’aide médicale à mourir. Il était temps ! Nicole Gladu et Jean Truchon qui contestaient l’ancienne version de la loi, viennent d’obtenir gain de cause en Cour supérieure où a juge Christine Baudouin leur a donné raison. Les gouvernements devront revoir la loi afin de tenir compte de ce jugement.

Une maladie mortelle et incurable, sera une raison valable pour demander l’aide médicale à mourir selon les volontés du ou de la patiente. Il ne sera plus nécessaire d’attendre d’être en fin de vie pour la recevoir. Le patient pourra choisir son moment, en autant que leur mort soit raisonnablement prévisible, et pas nécessairement à court terme.

Les gouvernements ont 6 mois pour contester ou en appeler de cette loi. On verra bien ce qu’il en adviendra. Entretemps, c’est une belle victoire très attendue.

La leçon de français (59)

LE PASSÉ ANTÉRIEUR ET LE FUTUR ANTÉRIEUR

Règles

Le passé antérieur exprime les faits accomplis et qui se situent avant une autre action passée exprimée au passé simple ou au plus-que-parfait. On dit que c’est le passé du passé.

– Il se rencontre généralement dans les propositions subordonnées.

– Il est formé du passé simple de l’auxiliaire – être ou avoir – et du participe passé du verbe conjugué.

Quand j’eus parcouru deux kilomètres, je m’arrêtai.

Le futur antérieur exprime une action qui sera achevée à un moment donné du futur. On dit que c’est le passé du futur.

– Il se rencontre généralement dans les proportions subordonnées.

– Il est formé du futur simple de l’auxiliaire – être ou avoir – et du participe passé du verbe conjugué.

Quand j’aurai parcouru deux kilomètres, je m’arrêterai.

Attention ! Il ne faut pas confondre la forme du passé simple du verbe avoir « eut » avec celle du participe passé « eu » ou avec celle de l’imparfait du subjonctif « eût ».

Exercices

1- Quels pronoms personnels complètent cette phrase ?

Quand … sera rentrée à la maison, … effectuera des exercices.

A) tu / tu – B) elle / elle – C) il / il – D) je / je

2- Quel verbe complète cette phrase ?

Dès que tu … la porte de l’immeuble, tu sentis une odeur étrange venant du sous-sol.

A) eus franchi – B) eut franchi – C) auras franchi – D) aura franchi

3- Quels verbes complètent cette phrase ?

Lorsque la cantatrice … la voix, elle … en scène.

A) se sera chauffée / entra – B) s’était chauffé / entra

C) se sera chauffée / entrera – D) s’était chauffée / entrais

4- Quels verbes complètent cette phrase ?

Dès que nous … le GPS, nous … facilement l’itinéraire.

A) auront consulté / trouveront – B) eûtes consulté / trouvâtes

C) aurons consulté / trouverons – D) aviez consulté / trouverez

5- Complétez la phrase comme il convient.

Lorsque Tom … un grand acteur, il … des autographes.

A) sera devenu / signera – B) étais devenu / signais

C) fut devenu / signas – D) es devenu / signe

6- À quel temps de l’indicatif les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Les ouvriers poseront le câble électrique lorsqu’ils auront creusé la tranchée.

A) futur antérieur / futur simple – B) futur simple / plus-que-parfait

C) futur antérieur / passé antérieur – D) futur simple / futur antérieur

7- À quel temps de l’indicatif les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Comme le beau temps étais revenu, les restaurateurs ressortaient les tables et les chaises.

A) passé antérieur / imparfait – B) passé antérieur / passé simple

C) plus-que-parfait / imparfait – D) passé composé / futur antérieur

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B – 2) A* – 3) C** – 4) C – 5) A*** – 6) D – 7) C
* Le second verbe est au passé simple; l’auxiliaire du premier verbe doit être à la 2e personne du singulier du passé simple.
** ATTENTION : le verbe pronominal a un COD placé après le participe passé : il n’y a pas d’accord avec le sujet. D’autre part, dans le 3e couple de verbes, le second n’est pas conjugué à la 3e personne du singulier du passé simple.
*** Les deux verbes doivent être conjugués à la 3e personne du singulier; une seule solution.

Un navire de guerre ressuscite des restes d’acier du World Trade Center

C’est aujourd’hui un triste anniversaire. Le 18e de l’attentat terroriste du World Trade Center. Les restes d’acier des deux tours ont servi, dès 2003, à la construction de ce navire de guerre ultra moderne de nouvelle génération. En voici une brève présentation.

Quel beau bateau amphibien de type San Antonio. C’est le USS New York. Belle initiative en mémoire des disparus de ce terrible attentat dont le monde se souvient comme si c’était arrivé hier. Leurs âmes vogueront sur la mer parce que l’Amérique ne baisse pas les bras.

Remarquez les deux tours symboliques !

La proue du USS New York a été construite avec 7,5 tonnes de ferraille provenant des décombres du World Trade Center.

C’est le cinquième d’une nouvelle classe de navires de guerre dessinés spécialement pour des missions antiterroristes. Il est en service depuis le 19 décembre 2007.

Il transportera un équipage de 360 marins et 700 Marines prêts au combat, déposés au sol par hélicoptères avec des barges d’assaut. L’acier du World Trade Center a été fondu dans une fonderie à Amite, en Louisiane, afin de mouler la proue du navire.

Quand il fut coulé dans les moules le 9 septembre 2003, les rudes travailleurs ont traité l’acier avec le plus grand respect comme l’a souligné le capitaine du navire Kevin Wensing qui était là sur place.

« Ce fut un moment spirituel pour chacun de ceux qui étaient présents. »

Junior Chavers, gérant des opérations de la fonderie, dit que lorsque l’acier du World Trade Center arriva en premier, il le toucha avec sa main en disant : « Les cheveux se sont dressés sur ma tête. » Cela avait une grande signification pour nous tous. « Ils nous ont mis à genoux. Ils ne pourront pas nous garder ainsi. Nous allons nous relever. »

La devise du navire : « Never Forget ». Jamais oublié.

Sa première mission s’est déroulée le 10 juin 2012 sur le détroit d’Ormuz, dans la région du golfe persique où ont été déployés des marines de trois unités. Ils sont retournés en décembre 2012, avec le USS Iwo Jima et le USS Gunston Hall avec d’autres marines attachés aux trois navires.

Mieux comprendre le suicide

Aujourd’hui, 10 septembre 2019, c’est La journée mondiale de la prévention du suicide. Et pour l’occasion, je vous propose le texte qui suit, signé par Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, afin de mieux comprendre le suicide.

Cet article était de l’édition du 3 février dernier du Journal de Montréal, dans sa section Psychologie.

MIEUX COMPRENDRE LE SUICIDE Dre Christine Grou

Chaque jour au Québec, trois personnes s’enlèvent la vie et huit sont hospitalisées pour avoir tenté de le faire. En cette 29e Semaine nationale de prévention du suicide, j’ai souhaité vous parler de cette réalité aux conséquences tragiques et que l’on vise autant que faire se peut à prévenir.

UNE ACTION, PLUSIEURS RAISONS POSSIBLES

Pour agir en amont et éviter le pire, il importe de comprendre ce qui peut pousser un individu à poser ce geste tragique, et ce, autant pour les proches que pour la personne concernée.

UN APPEL À L’AIDE

Les propos ou les gestes suicidaires ne doivent jamais être pris à la légère, qu’il s’agisse ou non d’une tentative échouée ou d’une récidive. Bien souvent, le geste suicidaire est l’expression d’une profonde détresse et d’un insupportable mal de vivre. Parfois aussi, ce geste traduit un besoin de ne plus souffrir seul ou en silence. Il s’agit alors d’un ultime appel à l’aide.

UN BESOIN DE RÉPIT

Dans certains cas, la personne suicidaire ne souhaite pas réellement mettre fin à ses jours, mais se sent incapable de continuer sa vie. Souffrante, désespérée et épuisée, elle ne voit plus d’autres solutions que de se donner la mort pour trouver enfin le repos.

LE DÉPART D’UN ÊTRE CHER

À la suite d’une rupture ou du décès d’un être aimé, une personne peut tomber dans un état de détresse si profond qu’elle va intenter à sa vie, se sentant incapable de vivre sans la présence de l’autre. C’est une façon, aux yeux de cette personne en détresse, d’aller rejoindre la personne qu’elle ne veut pas quitter.

UNE AGRESSIVITÉ ENVERS SOI-MÊME

Une personne convaincue d’être un fardeau pour ses proches peut éprouver un profond sentiment de culpabilité et croire que son entourage vivrait mieux sans elle. La croyance erronée qu’elle va ainsi « alléger » les autres de cette charge peut être à l’origine d’un geste suicidaire.

UN GESTE POSÉ ENVERS LES AUTRES

Une personne peut être convaincue que les autres sont à la source de sa douleur, et ce, même si cette perception n’est pas fondée. Elle peut en venir à vouloir punir son entourage en leur signifiant l’importance de sa souffrance.

Plusieurs facteurs de risque, lorsque conjugués à un contexte donné, peuvent augmenter les risques d’idées ou de gestes suicidaires :

– Troubles graves de santé mentale ou physique.

– Dépendances à l’alcool, aux drogues ou au jeu.

– Impulsivité et difficulté à gérer ses émotions.

– Grande culpabilité ou faible estime de soi.

– Importantes difficultés familiales ou financières.

– Difficultés importantes et à long terme sur le plan relationnel.

Certains signes et comportements précurseurs peuvent permettre de mieux reconnaître et prévenir un geste suicidaire :

– Phrases marquées de désespoir, de culpabilité.

– Messages d’adieu, directs ou indirects.

– Faire de l’ordre dans ses affaires personnelles sans raison apparente (ex. : assurances et testament).

– Intérêt soudain envers certains médicaments ou armes à feu.

– Isolement ou épuisement.

– Insomnie ou agitation.

– Négligence de l’apparence ou de l’hygiène.

– Difficultés relationnelles importantes sur une longue période de temps.

– Changement de l’humeur, des comportements et retrait des activités.

LE SUICIDE, UN GESTE BIEN SOUVENT IMPRÉVISIBLE

Malgré toute l’attention et l’affection qu’on peut porter à nos proches, il n’est malheureusement pas toujours possible d’empêcher ce geste qui ne montre pas toujours de signe précurseur. Je tiens donc à souligner également à quel point il est important de prendre soin de ceux qui ont perdu quelqu’un qui a mis fin à ses jours. Les familles endeuillées et les proches d’une personne qui s’est donné la mort vivent une souffrance que les mots ne peuvent décrire.

BESOIN D’AIDE ?

Si vous ou un de vos proches êtes en détresse, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) pour obtenir une aide immédiate partout au Québec, 24 heures par jour et 7 jours par semaine, ou rendez-vous à l’urgence.

Encore le français écrit massacré

Le français écrit écope encore. La ville de Montréal, et sa mairesse qui oublie que nous sommes au Québec, s’apprête à massacrer la langue de Molière en proposant une écriture inclusive. Une déformation des mots, en quelque sorte, qui rendra la lecture encore plus difficile. 

Imaginez, on écrit déjà très mal, est-ce nécessaire d’empirer la chose? Mathieu Bock-Côté en a fait le sujet d’une de ses récentes chroniques et c’est ce que je vous propose aujourd’hui. Moi, ça me dépasse totalement ! On dit que la langue française est complexe dans son ensemble alors pourquoi en ajouter ?

LE POUVOIR DES LOBBIES IDÉOLOGIQUES Mathieu Bock-Côté

Le journal Métro nous apprenait dernièrement que la Ville de Montréal entendait se convertir officiellement à ce qu’on appelle l’écriture « inclusive ».

J’ai déjà et l’occasion de dire tout le mal que je pensais de cette déformation programmée de la langue française. Officiellement, l’écriture inclusive prétend lutter contre le supposé sexisme structurel de notre langue – un sexisme imaginaire, faut-il vraiment le préciser ? Car il y a des limites à voir du sexisme partout !

Avec l’écriture inclusive, on hachure les mots, on les déforme. Chers amis devient « Chèr.e.s ami.e.s ». Les manifestants deviendront « les manifestant.es », Et ainsi de suite. Il faut aussi bannir certains mots trop « genrés ».

INTIMIDATION

À terme, la langue écrite devient tout simplement inintelligible. Qui s’oppose à l’écriture inclusive ne manque pas de respect envers les femmes, mais témoigne de son respect pour la logique propre à la langue française.

J’aimerais toutefois aborder le problème sous un autre angle aujourd’hui.

Je ne crois pas exagéré d’affirmer que l’écriture inclusive est une lubie idéologique qui nous provient des franges radicales du féminisme académique.

Pourtant, de plus en plus d’institutions s’y convertissent, comme si elles s’en sentaient obligées.

Comment expliquer que cette lubie s’impose aussi au commun des mortels et à l’immense majorité de la population, hommes et femmes confondus ?

Ce n’est pas la première fois que l’homme ordinaire (oups, un terme genré!) se voit ainsi pris d’assaut par des idéologues radicaux.

Pensons simplement au remplacement, dans certains formulaires administratifs, de la notion de père et mère par parent 1 et parent 2. On avait compris qu’il s’agissait de s’ouvrir aux nouvelles situations familiales, ce que tout le monde peut comprendre. Mais pourquoi, encore une fois, au nom des marges, fallait-il abolir un vocabulaire ancré dans la mémoire longue de l’humanité pour plaire à quelques groupuscules voyant quelque chose de discriminatoire dans l’usage des notions père et mère ?

Même chose lorsqu’on parle de la théorie du genre. On le sait, cette théorie considère que le masculin comme le féminin sont des constructions sociales artificielles qu’il faudrait démontrer pour permettre à chacun de s’identifier sexuellement comme il l’entend.

À terme, il faudrait se définir selon le modèle de la fluidité identitaire. Chacun déciderait s’il se sent homme ou femme. Mieux : il pourrait ne s’identifier à rien. Son identité sexuelle serait flottante, insaisissable.

RÉSISTANCE

On pourrait accumuler les exemples semblables.

Ce qui distingue ces lobbies idéologiques, c’est qu’ils ont le pouvoir de transformer le simple fait de ne pas voir le monde comme eux en scandale. Ils misent sur une violence verbale extrême et n’hésitent pas à diaboliser leurs contradicteurs en les traitant de tous les noms. Ils ont un pouvoir d’intimidation médiatique extrême.

C’est à cela qu’il faut apprendre à résister.

Le Québec : une vraie société distincte

Vous aimez les parodies, les histoires vraies, les invraisemblances, les bouffonneries, bref, tout ce qui sort de l’ordinaire ? Alors le Québec c’est l’endroit tout désigné.

On ne s’ennuie pas au Québec, surtout quand on fait le survol de tout ce qui se passe dans les milieux hautement gérés. Dans le cercle de ceux qui nous dirigent ou sont en position d’autorité.

Eh bien, le texte qui suit devrait vous faire sourire. En tout cas, dans mon cas, ce fut le début de ma journée, tout sourire. Écrit par Richard Martineau dans les pages du Journal de Montréal d’hier, il raconte l’arrivée d’un immigrant dans cette tour de Babel qu’est le Québec.

Une drôle de société distincte dont il vaut mieux en rire que se fâcher et d’en pleurer. Ce n’est pas très bon pour le système digestif parait-il… En contrepartie, on peut abondamment le critiquer sans être enfermé et condamné à mort comme dans d’autres pays totalitaires.

LE SANTA BANANA DU NORD Richard Martineau

« Bonjour, monsieur. Je suis immigrant, je viens tout juste d’arriver au Québec et j’aurais besoin de quelques informations…

– Vous venez de quel Pays ?

– Santa Banana ! J’en avais assez de la corruption qui régnait là-bas, alors j’ai décidé de plier bagage et de venir m’installer dans une État de droit !

– Ouf, vous tombez mal…

– Pourquoi ?

– Parce qu’il y a beaucoup de corruption ici aussi. Tellement qu’on a dû mettre sur pied une commission d’enquête sur la question. On a découvert que dans le milieu de la construction, la corruption est quasi endémique…

– (Déçu) Ah oui ?

– Hé oui ! Mais ne vous en faites pas, on a créé une escouade spéciale pour lutter contre la corruption et arrêter les fraudeurs !

– (De nouveau enthousiasme) Donc, le droit l’emporte !

– Oui, sauf que… Cette escouade n’a plus de chef.

– Plus de chef ?

– Non. Et puis ça magouille tellement dans cette escouade spéciale qu’on a demandé au Bureau d’enquête indépendant d’enquêter sur les enquêteurs qui enquêtent sur la corruption !

– Mais… vous avez une police provinciale, quand même ?

– Oui, mais le chef de cette police a été écarté, car il aurait posé des gestes de nature criminelle…

– (Stupéfait) Le chef de police a été écarté ?

– Oui. Mais on l’a remplacé.

– Ah, OK.

– Mais son remplaçant vient de démissionner.

– (Éberlué) Donc, cette agence de police n’a pas de chef non plus ?

– C’est en plein ça !

– Bon… Oublions le système de justice et parlons du système de santé, alors. Vous avez de bons médecins ?

– Certainement ! Ils font partie des médecins les mieux payés au monde !

– Wow ! Vous êtes riches, donc ?

– Non, on est pauvres ! On est tellement sur la paille que le gouvernement fédéral nous a donné 13 milliards de dollars cette année pour nous sortir du trou !

– Et qu’est-ce que vous faites avec cette aide ?

– Plein de choses ! Par exemple, on paie 800 000 $ pour des locaux de maternelle qui en valent 300 000 $…

– Euh…

– Oui, monsieur ! Ce n’est pas parce qu’on tire le diable par la queue qu’on ne peut pas être généreux ! Tenez, il y a quelques années, on a mis en place un système de gestion informatique pour les ministères du gouvernement. Il devait coûter 83 millions. Eh bien, on l’a payé un milliard !

– Un milliard de dollars d’argent public ?

– Yes ! On croit à ça, la social-démocratie, nous autres !

– Et l’environnement ? J’espère que vous protégez l’environnement, quand même ?

– Bien sûr ! La preuve : nos écolos sont contre la construction de pipelines!

– Ah, bravo !

– Oui. Vois-tu, mon ami, nous, au Québec, on préfère transporter le pétrole par train ! À travers les villages ! C’est plus sécuritaire ! Et autre preuve qu’on a la nature à cœur : on protège les chiens dangereux !

– Euh… Vous pouvez me conduire à l’aéroport ?

– Quoi, tu as oublié une valise ?

– Non, je veux retourner chez nous ! »